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eLearning Benin permet aux jeunes Béninois de mieux s’intégrer sur le marché du travail à travers la formation en ligne

22 octobre 2015


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Les membres du projet eLearning Benin ont rencontré les représentants des universités publiques et privées pour discuter des moyens d’intégrer la formation en ligne. 


LES POINTS MARQUANTS
  • Les universités nationales du Bénin cherchent des solutions pour répondre à une croissance des effectifs étudiants et un nombre réduit de formateurs.
  • Le projet eLearning Benin entend combler les lacunes pédagogiques à travers la formation en ligne.
  • Lancé par de jeunes cadres de la Banque mondiale, cette initiative veut améliorer la qualité, l’accès et la variété de formations disponibles aux jeunes Béninois.

COTONOU, 22 october 2015 - Amphithéâtres surchargés, manque d’équipement, manque de ressources financières : autant de défis auxquels le secteur de l’enseignement supérieur au Bénin doit faire face au quotidien. L’insuffisance des infrastructures sur les campus universitaires publics nuit à la qualité de l’enseignement pour des milliers d’étudiants béninois.  

Comme en témoigne la floraison des institutions universitaires privées qui attirent des étudiants issus de familles aisées à la recherche de meilleures conditions d’apprentissage, le secteur de l’enseignement supérieur est vecteur d’initiatives pour former les ressources humaines capables de répondre aux demandes du marché du travail. Dans ce contexte, la formation en ligne apparaît comme un atout de taille pour offrir aux étudiants de nouvelles perspectives en termes d’apprentissage et de développement de compétences, leur permettant de mieux s’intégrer sur le marché du travail local, régional et international.


« Si les jeunes Béninois sont prêts à débourser de l’argent pour avoir accès aux réseaux sociaux, nous pensons qu’ils seront également prêts à explorer les possibilités de suivre des cours en ligne, voir même de payer des petites sommes pour avoir accès à des ressources pédagogiques qui les aideront à avoir plus de chances de trouver un emploi »

Larissa Y. Kougblenou-Siebens

Analyste informatique en gestion d'entreprise à la Banque mondiale

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Les universités du Bénin souhaitent remédier aux amphithéâtres surchargés, au manque d’équipement et à l'insuffisance des ressources financières.


Accroître les possibilités de formation, à travers les formations en ligne

À l’occasion d’un atelier tenu à Cotonou le 27 août 2015 dans le cadre du projet eLearning Benin, une initiative de jeunes cadres du Groupe de la Banque mondiale, le Vice-Premier Ministre, chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, François Abiola, a rappelé les défis que les formations en ligne doivent aider le Bénin à résoudre : « L’effectif croissant des apprenants dans les universités nationales du Bénin, le nombre réduit des formateurs, l’insuffisance des amphithéâtres et autres salles pouvant accueillir les apprenants sur tous les sites universitaires, la mise en œuvre du système licence-master-doctorat (LMD), entre autres. »  

eLearning Benin a donc pour objectifs de promouvoir la formation en ligne et d’élargir les possibilités d’apprentissage pour les étudiants béninois, en mettant à disposition une gamme de cours en ligne massifs et ouverts (MOOC), dont plusieurs sont gratuits. Le site internet mis en ligne par le projet comporte déjà une vingtaine de ressources pour les enseignements à distance offerts par des universités prestigieuses situées un peu partout dans le monde.

« Les avantages qu’apporte ce projet sont multiformes. Il s’agit d’abord de permettre aux étudiants de préparer de bons diplômes auprès des universités prestigieuses, telles que Harvard, Yale et MIT. De plus, les étudiants peuvent compléter leurs études par des formations spécialisées, surtout dans des domaines pour lesquels l’offre de formation n’est pas disponible au Bénin, mais qui sont demandés sur le marché du travail », explique Boulel Touré, économiste principal au bureau de la Banque mondiale au Bénin.

Malgré les bénéfices que ce projet peut potentiellement apporter, la Banque mondiale et les institutions partenaires du projet demeurent réalistes. Certains obstacles doivent être levés pour permettre un déploiement adéquat, notamment en ce qui concerne la disponibilité de l’énergie électrique et l’accès à une connexion internet de bonne qualité et de moindre coût. Il s’agit également de convaincre les étudiants éventuellement sceptiques, et surtout de surmonter la réticence de certains enseignants à mettre leurs cours en ligne.

Pour ce qui concerne l’accès à l’internet, les améliorations considérables vont être apportées  via de nouveaux investissements dans la connectivité internationale, dans le cadre du Projet d’appui au programme régional d’infrastructures de communication de l’Afrique Occidentale (WARCIP), financé par la Banque mondiale.

Tirer avantage du projet pour initier des actions visant à améliorer les formations universitaires

Pour atteindre les objectifs fixés, les membres du projet eLearning Benin ont organisé des séances de travail avec les représentants des universités et institutions d’enseignement supérieur publics et privés partenaires du projet afin de promouvoir l’adoption de ces nouvelles technologies et de déterminer dans quelle mesure certains des cours donnés dans ces institutions peuvent être adaptés à la formation en ligne.

Une des idées issues de ces réunions est Medecine Online, une initiative qui s’adressera à 1 000 étudiants à la Faculté de médecine de l’Université de Parakou, au nord du Bénin. Il s’agit d’identifier certains des cours qui peuvent facilement être adaptés à ce type de formation, de sensibiliser les enseignants pour la réalisation des supports et la mise en ligne des cours, et de mettre à la disposition des étudiants les ressources nécessaires pour faciliter ce type d’apprentissage. « Nous espérons que Medecine Online va aider à désengorger nos amphithéâtres et permettra aux étudiants de mieux organiser leurs apprentissages », indique Arielle Ahouansou, étudiante en médecine à l’Université de Parakou et co-promoteur du projet.

Un projet des jeunes, pour les jeunes

L’idée du projet eLearning Benin a germé au sein d’un groupe de jeunes cadres du Groupe de la Banque mondiale, dont font partie des béninois. Il a été primé par le Youth Innovation Fund (Fonds d’innovation pour la jeunesse), qui aide les jeunes employés de l’institution à mettre en œuvre des projets de développement novateurs en faveur de la jeunesse de ses pays membres.  

« Si les jeunes Béninois sont prêts à débourser de l’argent pour avoir accès aux réseaux sociaux, je pense qu’ils seront également prêts à explorer les possibilités de suivre des cours en ligne, voir même de payer des petites sommes pour avoir accès à des ressources pédagogiques qui les aideront à avoir plus de chances de trouver un emploi », a dit Larissa Y. Kougblenou-Siebens, analyste informatique en gestion d'entreprise à la Banque mondiale, pour expliquer la motivation derrière le lancement du projet.

Raphaël Darboux, conseiller technique au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique au Bénin, a poursuivi en se réjouissant du fait que eLearning Benin soit une initiative de jeunes pour les jeunes : « Les jeunes sont très ouverts aux nouvelles technologies, et il n’y a pas un jeune aujourd’hui qui n’ait pas de smartphone, d’ordinateur ou d’adresse email. Mais ils sont encore nombreux à ne pas se servir de ces outils pour organiser leurs propres formations. Nous pensons que cette initiative, qui provient de jeunes cadres de la Banque mondiale, a plus de chances de réussir car il s’agit vraiment d’un échange entre jeunes. »

Le projet eLearning Benin vient renforcer l’appui que la Banque mondiale apporte déjà à l’enseignement supérieur au Bénin, notamment dans le cadre du Projet de Centre d’Excellence Africain en Sciences Mathématiques et Applications, actuellement en cours à l’Institut de Mathématiques et de Sciences Physiques de l’Université d’Abomey-Calavi. 


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