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Créer des emplois et réduire les inégalités sociales : une priorité pour le Togo

09 juillet 2015


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Dafi Akou Massan bénéficie d’un emploi temporaire qui lui permet de subvenir à ses besoins quotidiens et de s’engager dans diverses activités économiques.

Oubéda Sabi Zato / PDCplus

LES POINTS MARQUANTS
  • Un programme d’infrastructures et de création d’emplois temporaires aide à relancer l’économie de certaines régions démunies.
  • Les emplois proposés agissent à court terme comme un filet social, réduisant la vulnérabilité des populations face aux aléas économiques.
  • Financé par le Projet de développement communautaire et des filets sociaux, ce programme a déjà touché des milliers de bénéficiaires et a réalisé 155 infrastructures de base.

TOMÉ, 9 juillet 2015 — Dans le canton de Tomé, au Togo, une nouvelle piste est en construction pour relier la ville de Tomé aux importants marchés de Avikpa Kondji, village situé à la frontière entre le Togo et le Ghana. Tous les jours, Dafi Akou Massan se rend sur le chantier ou elle participe aux travaux d’aménagement. « Se rendre au marché de Avikpa Kondji sera beaucoup plus facile grâce à la piste, car la distance à parcourir passera de de 13 à 3 km », se réjouit-elle.

Massan fait partie des 10 000 togolais, parmi lesquels 43 % de femmes, à bénéficier d’emplois temporaires permettant de subvenir aux besoins quotidiens mais aussi de s’engager dans diverses activités économiques. Le projet fournit des emplois à court terme grâce à des travaux exigeant une main-d’œuvre importante. Les revenus ainsi générés agissent comme un filet social auprès de populations régulièrement exposées aux aléas économiques.



« Lorsque nous terminerons le chantier, j’investirai une partie de cet argent dans une activité commerciale qui permettra d’assurer le bien-être de ma famille »

Dafi Akou Massan

Bénéficiaire du Projet de développement communautaire et des filets sociaux de la Banque mondiale


« Je fais ce travail temporaire pour moi mais aussi pour mon village. Nous recevons tous une rémunération journalière, et un compte bancaire a été ouvert au nom de chaque ouvrier à la Poste. Lorsque nous terminerons le chantier, j’investirai une partie de cet argent dans une activité commerciale qui permettra d’assurer le bien-être de ma famille », a-t-elle ajouté.

Ces emplois constituent une composante du Projet de développement communautaire et des filets sociaux (PDCplus), soutenu par la Banque mondiale (26 millions de dollars) et le gouvernement du Togo (6 millions de dollars). Outre de ces postes temporaires, le projet œuvre à la construction d'infrastructures socioéconomiques de base (écoles, points d’eau, centres de santé, etc.), au développement activités génératrices des revenus au profit des micro-entrepreneurs communautaires, à l'ouverture de cantines scolaires et à la mise en oeuvre d'allocations au profit des populations des deux régions les plus pauvres au Togo, Kara et Savanes. Le gouvernement du Japon appuie ce dernier volet à la hauteur de 2,5 millions de dollars à travers une subvention indépendante.

« L’ambition du gouvernement en initiant ce type de projet est de réduire l’inégalité sociale, en mettant en place dans les zones les plus pauvres des structures adéquates, permettant aux populations d’avoir accès notamment à l’éducation, aux soins de santé primaire, à l’eau potable et de pouvoir assurer aisément le transport de leurs productions vers des marchés, pour une plus-value de leurs activités économiques », a précisé Victoire Tomégah Dogbé, ministre du Développement à la base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes, à l’occasion de la revue à mi-parcours du projet.

La philosophie de PDCplus est de doter les communautés bénéficiaires de capacités suffisantes pour leur permettre de prendre en charge leur développement. Le PDCplus donne aux communautés les moyens de faire entendre leur voix quant au type d'infrastructures et d’activités dont elles ont besoin pour sortir de la pauvreté. Les communautés s’impliquent davantage dans la réalisation de projets qu’elles ont elles-mêmes proposé. C’est en cela que réside le succès du projet.

Depuis sa mise en œuvre en juillet 2012, le PDCplus a réalisé 155 microprojets dans le domaine des infrastructures de base, sur 320 microprojets prévus à la clôture du projet en 2017. 90 bâtiments scolaires comportant 248 salles de classe ont été construits ainsi que 13 centres de santé, 44 forages, 4 latrines communautaires, 2 pistes rurales et ouvrages de franchissement et 2 hangars de marché. Les projets financés concernent en premier lieu des activités génératrices des revenus (149 au total, soit 99% des 150 projets prévus dans cette catégorie).  Ces projets comptabilisent 3275 bénéficiaires, un chiffre nettement supérieur aux 2250 bénéficiaires initialement anticipés.

Le programme de soutien aux cantines scolaires, mis en place dans 308 écoles situées en zones défavorisées, fournit 1 repas par jour à plus de 80 000 élèves pendant la période scolaire. Quant au programme pilote relatif aux transferts monétaires, qui couvre la région des Savanes et celle de la Kara, 13 000 bénéficiaires reçoivent un montant de 5 000 FCFA par mois (environ 8 dollars) pour la prise en charge des enfants de moins de 5 ans exposés à un risque de sévère malnutrition.

« Le PDCplus va au-delà d’une simple mise à disposition d’ouvrages communautaires pour contribuer à régler la question d’inégalité sociale et de vulnérabilité des plus pauvres. Par son approche, il a une dimension forte de construction du capital humain, et c’est pourquoi, le gouvernement réaffirme son engagement à poursuivre sa mise en œuvre et invite les partenaires techniques et financiers à l’accompagner dans son extension et son développement », indique Mme Dogbé.


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