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Emplois sans frontières

02 juin 2015


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LES POINTS MARQUANTS
  • La généralisation de l’accès à Internet crée de nouveaux types d’emplois, ouvre de nouvelles perspectives et transforme les habitudes de vie dans le monde entier.
  • Le Groupe de la Banque mondiale et ses partenaires, au nombre desquels la Fondation Rockefeller et Dalberg, proposent une étude et une « boîte à outils » destinées à aider les entreprises, les États et les particuliers à saisir les opportunités qu’offre l’externalisation.
  • L’externalisation numérique facilite les procédures de recrutement, assouplit le cadre de travail et favorise l’insertion de populations traditionnellement touchées par un chômage élevé, comme les femmes et les jeunes.

Au fil des ans, la question du chômage devient plus difficile à résoudre. Les Nations Unies ont estimé qu’en 2014 le nombre de chômeurs, tous pays confondus, dépassait les 201 millions de personnes, parmi lesquelles les femmes et les jeunes sont légion.

La généralisation de l’accès à Internet modifie l’organisation du travail, crée de nouveaux types d’emplois, ouvre de nouvelles perspectives et transforme les habitudes de vie à la fois dans les pays développés et en développement. Pour les employeurs, cette révolution se traduit par la possibilité d’accéder à un vivier de talents sans précédent et d’étendre la portée de leurs offres d’emplois ; pour les particuliers, c’est le sésame qui leur permet d’accéder, où qu’ils soient dans le monde, à l’emploi et de travailler à distance. Ce modèle économique — appelé « externalisation numérique » ou plus simplement « travail en ligne » — témoigne du potentiel que recèle Internet non seulement pour stimuler une nouvelle croissance économique mais aussi pour favoriser l’insertion sociale.

Cependant, pour réussir, un entrepreneur du numérique devra développer des compétences significatives et se constituer un réseau social. La réussite de ce type d’externalisation suppose également des pouvoirs publics et des entreprises qu’ils évaluent tout ce qu’elle implique, sur le plan des ressources humaines, des politiques publiques et des infrastructures.

Avec l’appui de la Fondation Rockfeller, le Groupe de la Banque mondiale a publié un rapport (a) et mis en ligne une boîte à outils numérique, destinés à aider les entreprises, les États et les particuliers à saisir les opportunités qu’offre l’externalisation.

Ce travail, mené conjointement avec la société Dalberg Consulting, s’inscrit dans un partenariat plus large avec la Fondation Rockfeller et visant la mise en place d’un certain nombre d’activités en faveur de la création d’emplois numériques sur le continent africain. Parmi ces activités figurent notamment le développement d’un parc dédié aux technologies de l’information et le renforcement des capacités de numérisation des archives publiques au Ghana (a).

L’initiative « Digital Jobs Africa » de la Fondation Rockefeller a pour première ambition de promouvoir des opportunités d’emploi et de formation professionnelle nouvelles et durables au profit des jeunes Africains. Elle se donne pour objectif d’améliorer, grâce aux technologies de l’information de la communication, les conditions de vie d’un million de personnes en Égypte, au Ghana, au Kenya, au Maroc, au Nigéria et en Afrique du Sud, pour contribuer in fine au mieux-être social et économique des familles, des communautés et des pays.

Devant le succès de ces collaborations, la Fondation Rockefeller et la Banque mondiale ont décidé de reconduire et renforcer leur partenariat en faveur de la promotion des emplois numériques et de la formation des jeunes. Il s’agit, par le biais d’activités novatrices et de cofinancements porteurs, de doter les jeunes des compétences qui leur permettront de travailler dans de nombreux secteurs (agriculture, commerce électronique, éducation transport…).

Le 3 juin 2015, le Groupe de la Banque mondiale a publié la première étude complète portant sur l’externalisation numérique, intitulée The Global Opportunity in Online Outsourcing (a). Ce travail est assorti d’une boîte à outils en ligne (à télécharger depuis le site www.ictforjobs.org), qui permet d’évaluer la faisabilité de cette mutation dans les pays en voie de développement, l’objectif étant d’élargir l’accès à l’emploi et à des opportunités rémunératrices. Des séances (a) d’information organisées en mai dernier au Nigéria et au Kenya ont permis de débattre du potentiel de l’externalisation numérique avec des responsables politiques, des intermédiaires locaux chargés de ces questions et des travailleurs.

L’étude synthétise et analyse des expériences d’externalisation recueillies dans le monde entier ainsi que leur incidence sur la création d’emploi, le développement économique et l’insertion sociale. Le document formule également des recommandations stratégiques afin d’instaurer et d’exploiter cette nouvelle forme de travail dans un contexte de développement visant une croissance inclusive et un bien-être social.

Dans un récent billet (a), Toks Fayomi indique que le marché de l’externalisation numérique pourrait peser entre 15 et 25 milliards de dollars à l’horizon 2020 et employer au moins 30 millions de travailleurs formels. Le rapport segmente le secteur du travail en ligne et décrit les tâches « externalisables » ainsi que les compétences nécessaires pour chacune de ces fonctions.


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Source: “The Global Opportunity in Online Outsourcing” 



L’impact de l’externalisation numérique

Le marché du travail en ligne est en plein essor. L’externalisation numérique offre des avantages aux employeurs comme aux travailleurs : un accès plus large au vivier de qualifications, des procédures de recrutement plus rapides, une production 24 heures sur 24 grâce à des prestataires situés dans le monde entier, des offres d’emplois « mondialisées » et un environnement de travail plus flexible. Elle fournit en outre des débouchés à toute une gamme de compétences techniques, de la saisie de données à la programmation, et présente une large fourchette de rémunérations. À l’instar des emplois traditionnels, ces nouveaux emplois offre des revenus et des possibilités de développement qui varient en fonction de la complexité de la tâche, sachant que l’on observe des écarts importants entre les différents types de fonction et les diverses plateformes d’externalisation.

L’étude montre par ailleurs que le travail en ligne est le moteur de changements sociaux positifs pour les femmes. En Inde, par exemple, il permet aux mères de famille d’avoir une activité rémunérée tout en restant à la maison pour s’occuper de leurs enfants ou de leurs parents âgés. En Égypte, des femmes issues de milieux traditionnels indiquent pratiquer cette forme de travail indépendant pour éviter d’avoir à travailler dans des environnements dominés par les hommes.

Les premiers résultats de l’étude montrent aussi qu’au Kenya, au Nigéria et en Inde, les travailleurs en ligne à plein temps ont un salaire comparable, voire supérieur, à leurs homologues sur le marché du travail traditionnel. En outre, ils mentionnent que leur activité leur permet de développer leurs compétences et de progresser professionnellement.

L’externalisation numérique recèle donc un fort potentiel, tant du point de vue des travailleurs que de celui des États ou des entreprises. Mais, si ses perspectives de croissance sont considérables, les pouvoirs publics et l’ensemble des parties concernées auront beaucoup à faire pour permettre à ce secteur de porter tous ses fruits et d’en faire bénéficier autant de travailleurs que possible. Le travail en ligne, en ce qu’il est porteur de flexibilité, d’insertion et d’innovation, pourrait être en mesure de fournir des débouchés aux femmes et jeunes en quête d’emploi.

Cet article a été réalisé par Saori Imaizumi (Groupe de la Banque mondiale) et Wairimu Kagondu (Fondation Rockefeller).


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