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Au Togo, l’huile de palme est un trésor

19 novembre 2013


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LES POINTS MARQUANTS
  • Grâce au « projet d’appui au secteur agricole » (PASA), AVE PALM, une unité de production d’huile de palme, s’est dotée d’équipements modernes
  • Les nouveaux équipements facilitent le travail des femmes et permettent d’augmenter les rendements de façon considérable
  • Beaucoup plus de femmes s’intéressent désormais à cette activité devenue plus lucrative

ASSAHOUN, le 19 novembre 2013- Au Togo, le palmier à huile a une importance particulière et les produits qu’on en tire, notamment l’huile de palme (extraite de la pulpe) et l’huile de palmiste (extraite de la graine), sont très prisés. La production de ces huiles a toujours été aux mains des femmes, mais les méthodes traditionnelles utilisées rendaient le travail très pénible.

Pour rendre la tâche moins ardue et accroître les rendements du secteur, l’unité de production d’huile de palme « AVE PALM », installée à Assahoun, à environ 50 km au nord-ouest de Lomé (la capitale du Togo) a fait le pari de la modernité en mettant en place un système de production qui suscite beaucoup d’intérêt.

Grâce au mécanisme de fonds compétitifs mis en place par le ministère de l’Agriculture dans le cadre du « projet d’appui au secteur agricole » (PASA) dont le but est de promouvoir l’entreprenariat et l’emploi rural, AVE PALM a pu se doter d’équipements et machines (presses, concasseuses, tricycles, marmites, etc.) qui ont non seulement permis d’accroître l’activité de transformation des noix de palme dans les villages, mais aussi de créer des emplois.

« Avec les divers équipements que nous avons pu acheter, la pénibilité du travail est très largement réduite pour les femmes et l’intérêt pour la production d’huile de palme s’est accru dans les communautés. Dans la seule préfecture d’Agou, par exemple, nous sommes passés de 240 productrices d’huile de palme à plus de 500 actuellement», nous confie Monsieur Agbo, le directeur et promoteur d’Ave Palm, entreprise créée en 2004. Et pour l’huile de palmiste, les productrices à Assahoun sont passées de 20 à 44. 


« Aujourd’hui, avec ces équipements, nous arrivons à faire le travail d’une semaine pratiquement en un seul jour, et nos doigts sont jolis à regarder »

Mme Yawa

Productrice d’huile de palme

Les femmes, quant à elles, se réjouissent de l’amélioration substantielle de leurs conditions de travail. « Avant, il nous fallait égrapper les régimes pour sortir les noix de palme à la main, et on avait tout le temps des plaies aux doigts à cause des épines. De plus, il fallait piler les noix dans un mortier, extraire manuellement l’huile de palme brute, et tout cela nous prenait beaucoup de temps. Aujourd’hui, avec ces équipements, nous arrivons à faire le travail d’une semaine pratiquement en un seul jour, et nos doigts sont jolis à regarder », confie Mme Yawa, une des femmes rencontrées sur le site.

Adjonon, qui est la responsable d’un des groupements de femmes opérant sur le site, met quant à elle l’accent sur la forte productivité du travail et l’accroissement de leurs ressources financières depuis la mise à disposition des nouveaux équipements :

« Notre groupement compte 40 membres. Nous achetons les noix palmistes sur les marchés et nous venons les presser ici grâce aux nouvelles machines. Nous préparons l’huile sur place. Grâce à ces équipements, notre groupement arrive à produire jusqu’à 10 tonnes d’huile par semaine, contre à peine 3 tonnes auparavant, et la vente nous rapporte près de 5 millions de francs CFA par semaine », témoigne-t-elle. « Nous mettons de côté ce qu’il faut pour continuer notre activité et une partie du bénéfice est utilisée pour le ménage, la santé et l’éducation de nos enfants », précise Adjonon.

Comme il fallait s’y attendre, les villages voisins cherchent eux aussi à bénéficier de ces équipements. La solution trouvée par le promoteur du projet pour répondre à la demande en attendant d’avoir des moyens supplémentaires est toute simple :

« Tous les villages veulent avoir leurs propres presses. La solution qu’on a trouvée est de monter les machines sur une plate-forme que nous tractons de village en village grâce au tricycle, pour répondre aux demandes de plus en plus fortes. Nous avons maintenant besoin de plus d’équipements pour servir cette forte demande », indique Monsieur Agbo.

Ce dernier rêve même de trouver d’autres financements pour créer une « mini-raffinerie ». L’entrepreneur souhaite également encourager  la mise en place d’un plan de relance du palmier à huile au Togo, « mais à l’échelle humaine, pour faire en sorte que chaque plantation puisse être équipée et produire son huile sur place », précise-t-il. Un rêve que le PASA pourra peut-être aider à concrétiser avec la mise en place d’un fonds de garantie bancaire des investissements dans le secteur agroalimentaire.

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Le PASA est l’un des trois premiers projets d’envergure nationale conçus dans le cadre du « programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire » (PNIASA) du Togo. Il a pour objectif de réhabiliter et renforcer les capacités productives des bénéficiaires dans des filières sélectionnées, et à mieux valoriser les filières de production, en favorisant la transformation des produits et leur commercialisation sur le marché togolais et sur les marchés voisins de la sous-région. Il est financé à hauteur de 37 millions de dollars (près de 18,5 milliards FCFA) par la Banque mondiale, le Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP) et le Programme mondial de réponse à la crise alimentaire (GFRP).


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