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Relever les défis énergétiques d'Haïti: une priorité clé dans les années à venir

25 septembre 2012


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Souvent, les gens doivent utiliser des bougies à cause d'une pauvre alimentation électrique.

Banque Mondiale

LES POINTS MARQUANTS
  • Seulement 25% de la population en Haïti dispose d'un approvisionnement en électricité.
  • Un projet cherche à améliorer l'accès et renforcer le pourvoyeur national d'Haïti.
  • Deux ans après le tremblement de terre, il est nécéssaire de réduire les brèches en matière de services de base

L’étudiant qui apprend ses leçons le soir et l’hôpital qui doit  fonctionner jour et nuit ont une chose en commun : ils ont besoin d’électricité. Et plus de deux ans après le tremblement de terre en 2010, il reste encore des défis à surmonter dans le secteur de l’énergie en Haïti.

"EDH van kouran, EDH pa fe kado  kouran"  (EDH vend l’électricité, EDH ne donne pas l’électricité) peut-on lire sur les polos des participants lors d’une activité de sensibilisation aux Cayes sur le paiement des factures d'électricité. L’Electricité d’Haïti (EDH), la plus grande entreprise d’Etat qui détient constitutionnellement le monopole de la commercialisation de l’électricité  cherche à expliquer aux haïtiens qu’EDH est une entreprise commerciale qui doit générer des revenus sous peine de faire faillite.

"Ici c’est  une agence commerciale de l’EDH, mais les clients ne le comprennent pas" explique M. Balde, directeur de l’Agence de Pétionville.

Afin d’assurer la permanence du service aux citoyens, l’Etat doit subventionner EDH à hauteur de US$ 200 millions par an. Les déficits de recettes de l’entreprise sont désastreux pour l’entretien et l’expansion nécessaire des réseaux.

Depuis 2006, la Banque mondiale cherche à améliorer la qualité de l’approvisionnement en électricité et renforcer la gestion financière et opérationnelle d’EDH, à travers du Projet de Réduction des Pertes du Secteur Electrique (PREPSEL).

Le projet PREPSEL devrait être renforcé d’ici la fin de l’année par un appui supplémentaire substantiel de la Banque mondiale au secteur de l’énergie.

Renforcer une approche commerciale pour limiter les pertes

L’Energie est l’un des cinq "E" du programme gouvernemental (avec l’Environnement, l’Emploi, l’Education et l’Etat de droit) et l’Etat a besoin de ressources pour augmenter ses investissements et propulser la reconstruction. Dans ce contexte, le projet vise à améliorer les rendements d’EDH grâce à une meilleure gestion commerciale et une approche centrée sur le client.

Depuis 2011, PREPSEL a permis la mise en place d’un Système de Gestion Commerciale (SGC) informatique au siège de la compagnie et dans chaque agence commerciale de la métropole. La communication à distance à travers d’Internet contribue à améliorer le service rendu au client, réduire le temps de traitement des demandes et corriger des anomalies plus rapidement.

"Grâce au SGC, il est possible de générer les factures mensuelles des clients en temps réel et non pas tous les deux voir trois mois comme avec l’ancien système de gestion", confirme M. Balde.

Toutefois, le travail de terrain est de longue haleine et pour cela le personnel devrait bénéficier de formation continue.


Des alternatives durables en cas d’urgence

De plus, des alternatives rapides sont nécessaires en cas d’urgence. Après le tremblement de terre qui a frappé Haïti le 12 Janvier 2010, la Banque mondiale, avec le soutien financier du Fonds Mondial pour l’Environnement a lancé une opération d’urgence pour distribuer des lanternes solaires à la population touchée.

Il y avait un grand besoin de solutions d'éclairage portable, individuel et auto-entretenu pour fournir l'éclairage de base nécessaire à la vie familiale, la sécurité personnelle et aux soins des blessés.

50.000 lanternes solaires ont été distribuées gratuitement au cours de l’année 2010  (dont deux-tiers par le biais d’EDH), bénéficiant à quelques 200'000 personnes et à plus de 260 camps.

Se préparer à faire face au risque énergétique

La situation post-séisme a contribué à prendre conscience des nécessités de préparation pour faire face au risque énergétique. Le nouvel appui en cours de négociation de la Banque Mondiale devrait contenir une clause permettant d’allouer  des ressources en cas d’urgence en  fonction de l’ampleur des dégâts.

"Elle ouvrirait la possibilité, au cas où un problème arrive, de trouver une réponse rapide sur le plan financier" explique M. Cange, coordinateur de projet à l’EDH pour les financements de la Banque mondiale.

Un apport financier permettrait l’acquisition de  matériel ou le recours à des firmes locales pour remettre en état les lignes de distribution dans le cas où l’EDH n’aurait pas le matériel adéquat. EDH pourrait aussi faire appel à des firmes ou à des consultants externes pour réparer des lignes à hautes tensions.

Il est clair qu’ EDH doit jouer un rôle important pour rétablir la sécurité énergétique et surmonter les nombreux défis qui subsistent.  De plus, des alternatives comme les lampes solaires distribuées par la Banque mondiale sont des solutions durables pour l’environnement, faciles d’utilisations et de plus en plus populaires.

 


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