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RD Congo : Des projets sociaux améliorent la vie des populations au Katanga

20 janvier 2012


LES POINTS MARQUANTS
  • Des projets ayant un impact social réel sur la vie de la population bénéficient, depuis plus de cinq ans, de l’appui financier de la Banque mondiale
  • Au Katanga, les communautés de base s’impliquent dans la réalisation de ces ouvrages, pour mieux se les approprier
  • L’approche a été étendue aux onze provinces du pays afin de répondre efficacement aux besoins exprimés par la population congolaise

LUBUMBASHI, 20 janvier 2012—L’école primaire Shaba dans la banlieue de Lubumbashi, capitale de la province du Katanga (sud-est de la RD Congo), n’était considérée il y a peu, que comme une école de démunis. Sans porte ni bancs, elle fonctionnait dans un vieux magasin datant de l’époque coloniale. A peine une trentaine d’élèves y étudiaient. « Seuls les enfants des familles démunies étaient inscrits chez nous, raconte Placide Yombo, le directeur. Et chaque fois qu’il pleuvait, tout le monde restait à la maison ».

Mais depuis le début de 2010, cette école a changé de visage. Reconstruite, elle a désormais six nouvelles salles de classe munies de bancs et de tableaux noirs bien montés. Ce qui fait la joie du directeur, qui travaille lui-même dans un bureau tout neuf. «Avec ces nouveaux bâtiments, nous avons gagné la confiance des parents et nos effectifs ont augmenté», témoigne-t-il.

De 30 élèves hier, les effectifs sont en effet aujourd’hui passés à 250. Les raisons qui expliquent cet afflux sont évidentes. Car, en plus de nouvelles salles de classe et bureaux du personnel dirigeant, l’école dispose aussi d’un bloc sanitaire propre.

Projets à impacts sociaux réels

Ces nouvelles infrastructures ont été réalisées par le Fonds social de la République démocratique du Congo (FSRDC), l’agence d’exécution du Projet d’Action Sociale d’Urgence (PASU). Financé par la Banque mondiale à hauteur de 60 millions de dollars, ce projet qui s’est achevé en 2010 a débuté cinq ans auparavant. Il avait comme objectifs de faciliter l’accès des pauvres aux services sociaux et d’améliorer la gestion des ressources consacrées au développement, au niveau des communautés de base.

Outre les infrastructures, le PASU avait trois autres composantes portant sur le renforcement des capacités, les études et la coordination, la gestion et la vulgarisation.

Au Katanga, le PASU a financé 34 projets pour 2,8 millions de dollars américains, parmi lesquels 33 sont déjà achevés et un seul est  en cours d’exécution. Ces projets touchent des secteurs de la santé, de l’éducation, de l’environnement, de l’énergie, d’eau potable, de marchés et stockage des produits agricoles ou encore du transport rural. Comme l’explique Eugène Kasato, chef d’antenne du FSRDC au Katanga, leur mise en œuvre exige l’implication des communautés bénéficiaires. « Le besoin doit venir de la population pour qu’elle se sente concernée. Sinon, elle ne prendra pas soin du projet et sa pérennisation sera difficile», souligne-t-il.

Le FSRDC demande en effet à chaque communauté qui soumet un projet de contribuer pour au moins  10 % de son coût global, en nature ou en espèces. Les communautés de base, du reste pauvres, apportent  souvent une contribution en nature aux projets : sable, moellons, briques… notamment, pour la construction des infrastructures. « C’est ainsi  qu’elles s’approprient le projet », explique Eugène Kasato.

Impliquer les communautés locales

Dans les communes de Lubumbashi, différents projets du PASU ont bénéficié de cette nécessaire implication des communautés locales. C’est le cas du centre de santé de référence de la Kenya, qui a été réhabilité avec le concours de la population bénéficiaire. Ce centre permet la prise en charge des malades, avant leur transfèrement éventuel vers l’hôpital général de référence de la ville. A la Rwashi, un nouveau marché communal fait la joie des mamans vendeuses. Avant, elles étalaient leurs marchandises à même le sol, obligées d’arrêter leurs activités chaque fois qu’il pleuvait. Maintenant, « je vends sous un hangar, à l’abri du soleil et des intempéries », se réjouit une vendeuse de poisson fumé.

Dans la commune de la Katuba, ce sont les ménagères qui voient leurs tâches allégées. Elles puisent désormais l’eau potable près de leurs domiciles, à l’école primaire Katuba II. «Finies les longues files d’attente pour remplir juste un bidon d’eau», se réjouit une ménagère qui perdait beaucoup de temps à aller chercher le précieux liquide loin de chez elle. Cette école a aussi été réhabilitée dans le cadre du PASU. Un bâtiment de huit salles de classe également bien équipées, un bloc sanitaire et un robinet d’alimentation en eau y ont été construits. Les élèves de la Katuba II peuvent ainsi étancher leur soif, mais aussi arroser la pelouse de leur école et maintenir la propreté des classes.

Des besoins exprimés, des défis rencontrés

Sur financement du PASU, le Fonds Social a pu s’implanter dans les onze provinces du pays afin de répondre efficacement aux nombreux besoins exprimés par la population congolaise. Des défis ? Ils sont également nombreux et de tous ordres. Il y a d’abord la vaste étendue d’un pays aux dimensions continentales, avec une superficie de plus de 2 millions de kilomètres carrés.

Ils sont également et surtout d’ordre financier. C’est sans doute ce qui justifie le financement additionnel de la Banque mondiale, d’un montant de 35 millions de dollars, depuis octobre 2010. Mais pour l’instant et dans sa première phase, le PASU a permis au Fonds Social de réaliser 601 petits projets d’infrastructures, disséminés à travers le pays. Il s’agit de 364 projets dans le secteur de l’éducation, 80 de santé, 72 d’eau et assainissement, 44 dans le secteur de dépôts et stockage des produits agricoles, 23 de transport rural, 11 d’énergie et un dans le secteur de micro périmètre irrigué.

Les capacités de 855 structures locales (agences locales d’exécution, bureaux d’étude, cellules des projets) ont été renforcées pour un total de 1.938 participants, dont 339 femmes. La composante études a payé 7.615 bourses d’études et distribué 30.300 livres de lecture à 305 écoles primaires et secondaires.

Un bilan largement positif qui ne laisse pas indifférent Ruphin Bo-Elongo, le Coordonnateur Général du Fonds Social. «  Aujourd’hui mieux qu’hier  le Projet PASU donne un visage humain à la Banque mondiale, parce qu’il touche au quotidien la vie des populations et exprime ainsi l’amour de l’autre », dit-il.

« En effet, s’engager aux côtés des communautés de base dans une approche participative et responsabilisatrice en vue de la mise en œuvre des projets de développement communautaire est une manière concrète et efficace de participer à la reconstruction du pays et à l’épanouissement de l’humain », conclut-il.


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