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La Banque mondiale améliore l’accès au crédit des micro et petites entreprises dans l’Égypte d’après la révolution

15 septembre 2011


Le 15 septembre 2011 — La Banque mondiale soutient l’élargissement de l’accès au crédit des micro- et petites entreprises (MPE) d’Égypte qui jouent un rôle déterminant pour créer des emplois et améliorer les conditions de vie des citoyens les plus vulnérables.

Le Projet d’élargissement de l’accès au crédit des micro- et petites entreprises est la première intervention financée par la Banque mondiale en appui à ce secteur qui, dans le sillage de la révolution du 25 janvier, revêtira une importance encore plus grande pour les autorités égyptiennes dans les mois à venir.

Le secteur représenterait plus de 99 % des entreprises d’Égypte, 85 % de l’emploi dans le secteur privé hors agriculture et pratiquement 40 % de l’emploi total. Il apparaît donc comme un levier incontournable pour instaurer un système plus ouvert capable d’aider les catégories de la population les moins privilégiées.

« Potentiellement, les MPE peuvent créer les emplois dont la jeunesse d’Égypte, en pleine expansion, a tant besoin. Un accès durable et sans exclusive au crédit contribuera donc à réduire la pauvreté et à doper la croissance pour les citoyens les plus vulnérables. C’était l’une des revendications majeures de la révolution égyptienne », rappelle David Craig, directeur des opérations de la Banque mondiale pour l’Égypte, le Yémen et Djibouti.

Le projet entend améliorer la viabilité des crédits accordés aux MPE et élargir l’offre de services financiers à travers un mécanisme d’acheminement et des produits financiers innovants. Le projet ouvre une ligne de crédit au Fonds social pour le développement (SFD), organisme faîtier pour le financement des MPE en Égypte. Celui-ci réaffecte les sommes à des banques et des ONG éligibles et engagées dans des activités de microfinance lesquelles, à leur tour, prêtent l’argent aux MPE.

Aux côtés de cette ligne de crédit, le SFD soutient, en tant qu’agence d’exécution du projet, l’octroi d’un certain nombre de services non financiers aux MPE, comme une formation aux rudiments du marketing et de la finance. Par le biais de guichets uniques, le SFD aide aussi les MPE établies et en création à préparer leurs plans d’affaires, monter leurs dossiers de crédit ou obtenir les autorisations nécessaires.

La priorité accordée aux femmes est l’un des traits distinctifs de ce projet, qui ne se contente pas d’intégrer le genre dans tous les volets principaux, mais cible aussi directement les femmes grâce à des dispositions annexes novatrices.

« Plusieurs études ont montré que l’augmentation du revenu de la femme avait tendance à être corrélée à une augmentation des dépenses pour le bien-être de la famille et des enfants. En effet, les femmes allouent une plus grande part de leur revenu que les hommes à l’alimentation, la santé et l’éducation de leurs enfants », souligne Sahar Nasr, économiste principal spécialiste des finances et responsable de l’équipe de projet. « Le fait de financer des entreprises détenues et gérées par des femmes contribue certes à leur autonomisation économique mais aussi à leur émancipation sociale ».

Depuis avril 2011, le SFD a signé des contrats avec quatre grandes banques et l’une des plus grandes ONG intervenant dans le secteur de la microfinance en Égypte. Conformément au calendrier de versement de ce projet quinquennal, 30 % des fonds prévus dans la ligne de crédit ont été utilisés par le SFD pour financer environ 1 300 microcrédits et 3 000 petites entreprises, pour un total de 168 millions de livres égyptiennes. En moyenne, 25 % des bénéficiaires sont des femmes.

Les femmes et les prêts aux MPE

Dans l’Égypte d’après la révolution, les prêts aux MPE créent des emplois et assurent aux jeunes et aux femmes du pays des activités rémunératrices qui leur permettent d’aider leur famille, alors même que le chômage s’aggrave.

Les bénéficiaires de ces prêts, qui vont de 25 000 à 2 millions de livres égyptiennes, sont surtout des femmes. Soha Nabeh, par exemple, a utilisé ce crédit pour agrandir la cimenterie qu’elle possède avec son mari dans un village du sud du pays.« Beaucoup d’habitants de notre village et aux alentours profitent de notre activité : nous avons six employés à plein temps, un chiffre qui peut monter à dix pendant la pleine saison. Nous avons aussi trois chauffeurs. Des tas de gens bénéficient indirectement de ce prêt ! » se réjouit-elle.

Le fait d’avoir son entreprise permet également à Marwa Esaam, 26 ans, d’aider sa famille qui traverse une passe difficile, les revenus de son mari, guide touristique, ayant été durement touchés par le ralentissement du secteur. Marwa a monté une supérette dans la ville de Qina, grâce à un prêt de 100 000 livres égyptiennes.

« Nous avons trois enfants. Avec la chute du tourisme, nous n’avons plus de revenu. Ce magasin nous permet d’avoir des rentrées régulières, jusqu’à ce que le tourisme reparte », indique la jeune femme.

Pour Naema Basyouni, ce sont les microcrédits qui ont fait de son petit atelier de couture une activité vraiment rentable. L’argent lui a permis d’acheter du tissu pour fabriquer des vêtements prêt-à-porter, qu’elle vend ensuite sur les marchés d’Alexandrie. « Sans mon atelier, je n’aurais pas pu éduquer mes quatre enfants ».

Suraya Mustapha a pour sa part utilisé le prêt de 3 000 livres égyptiennes pour développer sa petite activité d’artisanat. Elle travaille dans le petit deux-pièces qu’elle partage avec son mari et ses deux filles. « Je peux fabriquer mes objets tout en gardant mes enfants. Ils sont trop petits pour que je les laisse seuls ».

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