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Yemen - Présentation

  • Théâtre d’un conflit depuis le début de l’année 2015, le Yémen, qui était déjà le pays le plus pauvre de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord avant l’éclatement de la guerre civile, connaît la pire crise humanitaire au monde selon les Nations Unies.

    Les affrontements ont dévasté l’économie du pays, détruit ses infrastructures essentielles et conduit à une situation d’insécurité alimentaire proche de la famine. En 2019, d’après les estimations de l’ONU, 24,1 millions de Yéménites (soit 80 % de la population) sont menacés par la famine et les maladies et, parmi eux, 14,3 millions ont un besoin critique d’aide. Quelque 17,8 millions de personnes sont privées d’eau potable et d’équipements sanitaires, et 19,7 millions n’ont pas accès à des soins adaptés, ce qui a conduit à la résurgence d’épidémies évitables comme le choléra, la diphtérie, la rougeole et la dengue.

    Des épisodes récurrents de dépréciation monétaire en 2018 et en 2019 ont provoqué des tensions inflationnistes, qui ont encore aggravé la crise humanitaire, et la désorganisation des infrastructures publiques et des services financiers a gravement pénalisé les entreprises privées. Plus de 40 % des ménages yéménites auraient perdu leur principale source de revenus et peinent à se procurer des aliments, même en infime quantité. La pauvreté gagne du terrain : alors qu’elle touchait pratiquement la moitié de la population avant la crise, elle concerne aujourd’hui entre 71 et 78 % des Yéménites. Les femmes sont les plus durement touchées.

    Dernière mise à jour: 01 oct. 2019

  • La nouvelle stratégie du Groupe de la Banque mondiale au Yémen pour 2020-21 reste axée, comme auparavant, sur le maintien des services essentiels et des institutions chargées de les assurer, le soutien aux moyens de subsistance des populations et la relance de l’économie. Elle définit trois grandes priorités : consolidation des capacités institutionnelles ; renforcement de la résilience de la fourniture des services ; et assistance aux populations pauvres et vulnérables affectées par le conflit. Elle vise également à stimuler une croissance économique immédiate à travers la création d’emplois temporaires et des mesures de soutien au secteur privé.

    À travers l’IDA, sa branche dédiée aux financements concessionnels, la Banque mondiale fournit une aide d’urgence de grande ampleur au Yémen pour accompagner les activités humanitaires et de développement alors que le conflit sévit toujours. Dans le cadre d’une collaboration inédite avec les Nations Unies, l’IDA a financé 1,7 milliard de dollars d’interventions d’urgence et investit ainsi dans le bien-être de la population yéménite et dans les institutions qui lui fournissent des services essentiels. 

    Le portefeuille de l’IDA comporte cinq projets en cours : le projet de riposte d’urgence aux crises, qui reçoit un financement de 848,58 millions de dollars ; le projet de santé et de nutrition d’urgence (638 millions de dollars) ; le projet de services intégrés d’urgence en milieu urbain (150 millions de dollars) ; et le projet d’accès d’urgence à l’électricité (50 millions de dollars). Le dernier projet, pour le rétablissement de la capacité de production des petits agriculteurs, est financé à hauteur de 36 millions de dollars par le Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP) et administré par la Banque mondiale.  

    Dernière mise à jour: 01 oct. 2019

  • Les dons de l’IDA ont permis de financer la fourniture de services essentiels et de préserver le capital humain ainsi que les capacités des institutions du pays. L’IDA s’est attachée à cibler les ménages et les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables dans l’ensemble du Yémen, en les aidant à faire face aux conséquences de la crise grâce à des programmes de soutien aux revenus, des transferts monétaires, des interventions sanitaires et nutritionnelles, la lutte contre le choléra et le rétablissement de la production agricole. 

    Des organismes des Nations Unies ont pu utiliser les fonds de l’IDA pour mener à bien des interventions à des périodes où l’assistance humanitaire au Yémen était aléatoire et lente à arriver.

    Face au risque de famine, la Banque mondiale s’est ainsi associée à l’UNICEF pour mettre en œuvre un programme de transferts monétaires d’urgence de 448,58 millions de dollars. Ce programme a été en partie financé par le mécanisme de riposte aux crises (CRW) de l’IDA et par le Département britannique pour le développement international (DfID), via le Fonds fiduciaire multidonateurs d’urgence pour le Yémen. Il est déployé dans la totalité des 333 districts que compte le pays. Début 2019, les allocations étaient parvenues à 1,45 million de familles pauvres et vulnérables (soit 9 millions de personnes), grâce à cinq cycles de transferts monétaires d’urgence organisés dans tout le pays, une sixième opération étant prévue courant octobre 2019. Comme l’a montré un suivi après versement des allocations, 91 % des bénéficiaires (dont 45 % sont des femmes) utilisent cet argent pour acheter de la nourriture. 

    Afin de soutenir les moyens de subsistance de la population, la Banque mondiale s’est associée au PNUD et à des dispositifs locaux clés — à savoir le Fonds social pour le développement (SFD) et le Projet de travaux publics (PWP) — dans le cadre d’un programme de travail contre rémunération et d’investissement communautaire doté d’une enveloppe de 300 millions de dollars. Ce projet a fourni un emploi salarié à plus de 367 000 bénéficiaires, donné accès à des services collectifs (eau, irrigation et routes en meilleur état) à 3,52 millions d’habitants et créé 9,15 millions de journées de travail. Plus de 296 000 mères et leurs enfants ont reçu des services de nutrition. Enfin, le projet a financé neuf institutions de microfinance et soutenu la relance de plus de 3 000 microentreprises. 

    Mené en collaboration avec l’UNICEF et l’OMS, le projet de santé et de nutrition d’urgence a aidé 15 millions de personnes dans l’ensemble des gouvernorats du pays. Environ 2 millions de Yéménites ont pu accéder à des sources d’eau potable améliorées et 1,97 million à des équipements sanitaires tandis que, dans les districts à haut risque, environ 2,3 millions d’individus ont été vaccinés contre le choléra par voie orale. Près de 6,9 millions de femmes et d’enfants ont bénéficié de services nutritionnels et 7,4 millions d’enfants ont été vaccinés. Plus de 20 000 agents de santé ont été formés et 3 550 dispensaires ont reçu des équipements et du matériel, médical et autre. Quelque 200 dispensaires qui étaient hors service avant 2017 sont désormais en état de fonctionner.

    Pour rétablir les services dans les zones urbaines touchées par le conflit, la Banque mondiale a établi un partenariat avec le Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) et des institutions locales afin de mettre en œuvre un projet de services intégrés d’urgence en milieu urbain et permettre à plus de 700 000 personnes d’accéder à des services essentiels. À terme, cette initiative soutiendra 1,4 million de Yéménites et produira 1,5 million de jours de travail, 400 kilomètres de routes urbaines et une capacité électrique estimée à 60 000 MW.  

    Enfin, pour améliorer le quotidien des populations, le projet d’accès à l’électricité d’urgence s’est associé aux institutions de microfinance répondant aux critères d’éligibilité afin de créer un guichet de financement de dispositifs solaires de qualité et à petite échelle pour les ménages et fournir des subventions partielles pour faire baisser le prix de ces équipements. Le projet passe par ailleurs des contrats avec les fournisseurs et les installateurs de solutions solaires pour équiper les infrastructures clés (dispensaires, écoles et puits) dans les zones rurales et périurbaines. Il entend bénéficier au total à 200 000 ménages et alimenter en électricité environ 1 000 installations.

    Dernière mise à jour: 01 oct. 2019

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