COVID-19 : Comment le Groupe de la Banque mondiale aide-t-il les pays à faire face à la pandémie ? Suivez notre actualité

Jordanie Présentation

  • Réformes marquantes 

    En 2019, la Jordanie a poursuivi d’importantes réformes structurelles, adoptant de nouvelles règles en matière de transactions financières pour réglementer les faillites, les paiements numériques et la passation des marchés publics. Le pays s’est ainsi hissé dans le peloton de tête des 20 pays les plus réformateurs dans l’édition 2020 du rapport Doing Business, qui met en évidence les progrès accomplis pour simplifier la vie des petites et moyennes entreprises. La Jordanie a soumis à la chambre basse du Parlement une loi sur les partenariats public-privé et réussi à ramener l’entreprise publique d’électricité, la NEPCO, à un point de quasi-équilibre. 

    En collaboration avec la Banque mondiale et d’autres partenaires du développement, la Jordanie a élaboré une matrice de réforme couvrant une période de cinq ans, afin de jeter les bases d’une croissance plus durable et inclusive à même de soutenir les avancées sur le front de l’emploi, de la jeunesse et de l’égalité hommes-femmes. Ces réformes à moyen terme ont pour objectif de rendre l’économie plus efficace et de la réorienter vers une croissance tirée par les exportations, grâce à l’amélioration de l’environnement des affaires et des investissements.  

    Performances économiques 

    La croissance économique de la Jordanie est restée atone en 2019. Pour les trois premiers trimestres, le PIB réel n’a progressé que de 1,9 %, soit pratiquement le même taux qu’en 2018. Malgré la dynamique impulsée par des termes de l’échange favorables et une hausse des exportations nettes, la croissance a été plombée par une demande intérieure morose et n’est donc pas parvenue à soulager les tensions sur le marché du travail national. Résultat, le chômage a continué d’augmenter, pour atteindre 19,1 % en 2019, contre 18,6 % l’année précédente.  

    L’impact de la pandémie de COVID-19 (coronavirus) sur l’économie mondiale devrait sérieusement assombrir les perspectives à court terme du pays. Une reprise progressive à moyen terme pourrait cependant se profiler, à la faveur de la baisse des cours du pétrole et du maintien de l’élan de réforme. 

    Sur le front budgétaire, les dérapages se sont poursuivis pour la deuxième année consécutive, faute de mobilisation suffisante des recettes et d’un manque de flexibilité pour freiner les dépenses, en particulier celles à caractère récurrent. Le déficit budgétaire global (dons et utilisation des liquidités compris) du gouvernement central est ressorti juste sous la barre des 5 % du PIB, soit 1,5 % de plus qu’au cours de la même période en 2018. La médiocrité de ces performances conjuguée à une croissance économique morose expliquent la hausse des ratios dette publique/PIB, l’endettement du gouvernement central atteignant 99,1 % du PIB en 2019.  

    En 2020, les mesures d’assainissement budgétaire resteront délicates à introduire, face aux risques réels de détérioration dus à des dépenses sanitaires et sociales plus importantes qu’anticipé et à toutes les décisions supplémentaires qui seront prises pour stimuler l’économie. La balance des paiements de la Jordanie s’est en revanche nettement redressée en 2019, grâce à une amélioration des termes de l’échange liée pour l’essentiel au repli des cours du pétrole, ce qui a permis de freiner l’alourdissement de la facture des importations. En 2019, le déficit courant s’est réduit de pratiquement 60 %, à 1,23 milliard de dollars (soit 2,8 % du PIB), contre 2,97 milliards (7 % du PIB) en 2018.  

     

    La pandémie de COVID-19 et l’effondrement récent des cours du pétrole auront des effets opposés sur le déficit courant de la Jordanie qui devrait, selon les prévisions, s’alourdir en 2020 avant de s’atténuer à moyen terme avec la dissipation des conséquences de la pandémie et la persistance de prix pétroliers plus bas. L’effet d’aubaine de cette baisse du prix de l’or noir sera cependant probablement compensé par une demande extérieure plus faible, sachant que la chute des exportations, des remises migratoires, du tourisme et des investissements étrangers devrait rejaillir sur l’économie nationale. Face à des conditions de financement déjà difficiles, l’évolution de la situation mondiale accentue encore la dépendance de la Jordanie vis-à-vis des bailleurs de fonds publics multilatéraux et bilatéraux, sans compter que des obligations de paiement lié à des eurobonds arrivent à échéance en 2020. 

    Dernière mise à jour: 01 mai 2020

  • En 2016, le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé un nouveau cadre de partenariat avec la Jordanie (a) qui couvre les exercices 2017 à 2022. Ce cadre soutient un programme ambitieux en faveur de la croissance, de l’emploi et de l’inclusion, tout en aidant le pays à faire face aux conséquences de la crise syrienne, y compris par le recours à des instruments de financement novateurs. Le Groupe de la Banque mondiale a mobilisé des ressources à des conditions de faveur pour accompagner les efforts déployés par la Jordanie, par le biais d’une aide exceptionnelle de l’Association internationale de développement (IDA) de 100 millions de dollars et de la création du Mécanisme mondial de financement concessionnel (GCFF) (a), qui a permis depuis de financer un certain nombre de projets dans le pays. 

    En mars 2020, le portefeuille de la Banque mondiale en Jordanie comprend 13 projets en cours, représentant une valeur d’environ 3,2 milliards de dollars sous forme de prêts à faible taux d’intérêt, de financements concessionnels et de dons. Ces projets couvrent plusieurs secteurs clés essentiels. Une opération de financement axé sur les résultats, d’un montant de 300 millions de dollars, a pour objectif de favoriser les opportunités économiques à la fois pour la population jordanienne et pour les réfugiés syriens. Le projet d’urgence en faveur de la santé, doté de 50 millions de dollars, s’attacher à aider les autorités à assurer des services de soins primaires et secondaires aux Jordaniens pauvres privés d’assurance et aux réfugiés syriens. Le programme d’appui à la réforme de l’éducation, pour une enveloppe de 200 millions de dollars, a pour objectif d’étendre l’accès à l’éducation de la petite enfance et améliorer l’environnement d’apprentissage des enfants jordaniens et des réfugiés. Enfin, le premier financement à l’appui de politiques de développement (DPF) en faveur de l’emploi et d’une croissance équitable, d’un montant de 500 millions de dollars, aide la Jordanie à promouvoir une croissance économique inclusive, créer plus d’emplois et étendre à 85 000 ménages supplémentaires le programme d’allocations monétaires du Fonds d’aide national.  

    Un deuxième DPF, approuvé en juin 2019 pour un montant total de 1,45 milliard de dollars, permettra de poursuivre les réformes engagées au titre du premier financement afin de stimuler une croissance inclusive et la création d’emplois. Le 20 mars 2020, un projet doté de 200 millions de dollars en faveur des jeunes, de la technologie et de l’emploi a été avalisé, dans le but d’améliorer les perspectives d’emplois technologiques rémunérateurs pour les jeunes et de développer les services publics numériques dans le pays. 

    Société financière internationale (IFC) 

    La Jordanie représente le deuxième portefeuille d’investissements d’IFC dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, pour une enveloppe globale de 925,3 millions de dollars (janvier 2020). Il se décompose en prêts (76 %), participations (14 %), gestion du risque (9 %) et garanties (1 %). La stratégie d’IFC consiste à renforcer la participation du secteur privé afin de favoriser les investissements, la création d’emplois et la croissance à travers des engagements directs ; soutenir les partenariats public-privé ; et accompagner la mise en œuvre des réformes nécessaires de l’environnement des affaires conformément au plan quinquennal du pays.  

    IFC procède avec la Banque mondiale à une révision du cadre institutionnel régissant les partenariats public-privé et s’emploie avec le gouvernement jordanien à instituer un mécanisme de développement d’un portefeuille de projets prêts à recevoir des investissements. IFC agit également comme conseiller du gouvernement pour les transactions relatives au pont Roi-Hussein et à la construction de nouvelles écoles. Le portefeuille d’investissements en cours couvre le secteur de l’eau, le financement des micro, petites et moyennes entreprises, et les industries manufacturières et les services destinés à l’exportation. 

    IFC s’attache à aider le gouvernement jordanien à réformer le cadre des infrastructures de crédit pour améliorer l’accès aux capitaux des micro, petites et moyennes entreprises et améliorer l’inclusion financière. Elle accompagne les autorités dans la modernisation du régime d’assurance, l’introduction d’un cadre de sécurisation des transactions assorties de sûretés mobilières sans dessaisissement, et l’optimisation du cadre de notification des crédits, avec la création d’un bureau du crédit. IFC agit également comme conseiller pour les transactions relatives à la facilitation du commerce. Ce projet vise à améliorer l’efficacité des procédures commerciales internationales en renforçant les pratiques de facilitation des échanges et en éliminant les freins réglementaires et administratifs au commerce transfrontalier avec, à la clé, une réduction des délais et des dépenses supportés par les importateurs et les exportateurs jordaniens et, au final, une baisse significative des coûts de transaction.  

    Parmi les autres projets nouveaux d’IFC, l’amélioration de la qualité des infrastructures nationales pour soutenir l’essor des exportations ; la rationalisation et la simplification du processus de création d’entreprises une fois identifiées les étapes que doit franchir un investisseur ; la réforme du système de délivrance des permis ; et la rationalisation du processus d’attribution des permis de construire. Les autres investissements à l’étude concernent le secteur de l’eau, le financement des petites et moyennes entreprises et les produits manufacturiers et les services destinés à l’exportation.  

    Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) 

    Le montant des engagement bruts de la MIGA en Jordanie ressortait à environ 587 millions de dollars au 13 mars 2020 — un record pour le Machrek. Le soutien de la MIGA concerne notamment les secteurs du gaz naturel et du solaire, le traitement des eaux usées, un projet d’aéroport et une usine de production de brome. 

    Dernière mise à jour: 01 mai 2020

    • Amélioration des services municipaux   

    Le projet d’urgence pour les services et la résilience sociale a aidé 16 municipalités à faire face à la demande accrue de services depuis la première vague de réfugiés syriens en 2011. Il a financé l’acquisition de biens, l’organisation de chantiers municipaux et la fourniture de services de base, ce qui a apaisé les tensions communautaires et profité à plus de 2 millions de Jordaniens et près de 50 000 réfugiés syriens, dont au moins 45 % de femmes. Le projet porte sur la collecte des déchets ménagers, la réhabilitation des infrastructures de base ainsi que l’amélioration du réseau routier ou de l’éclairage public.   

    • Réforme de l’éducation  

    Le deuxième projet de réforme de l’éducation pour une économie du savoir couvrait de nombreux aspects de l’éducation, y compris le développement d’écoles maternelles de qualité et une offre alternative radicalement innovante. Un système d’information a vu le jour pour permettre au ministère de l’Éducation de publier ses rapports de suivi et d’évaluation en ligne ; plusieurs établissements scolaires ont été bâtis et d’autres agrandis ; et les taux de scolarisation dans le primaire et le secondaire ont progressé de respectivement 96,9 à 98,1 % et de 60,4 à 76,9 %. Le projet d’appui à la réforme de l’éducation prend la suite pour étendre l’accès à l’éducation de la petite enfance, mais également améliorer l’évaluation des élèves et l’environnement d’enseignement et d’apprentissage des enfants jordaniens et des enfants réfugiés syriens. 

    • Préservation des services de santé 

    Le projet de santé d’urgence axé sur les résultats vise à préserver et assurer des services de soins dans les établissements primaires et secondaires dépendant du ministère de la Santé et, parallèlement, à améliorer l’efficacité des soins en renforçant les capacités. Les Jordaniens non assurés et les réfugiés syriens déclarés pourront bénéficier des services de santé assurés dans ces établissements. Au total, 1 million de personnes devraient accéder ainsi à des services essentiels de santé et de nutrition. 

    • Des emplois pour les femmes et les jeunes  

    Le projet de développement des micro, petites et moyennes entreprises pour une croissance inclusive a contribué à la création de plus de 2 000 emplois dans le secteur privé pour les femmes et les jeunes les plus défavorisés. Parmi les bénéficiaires, 62 % vivent en dehors d’Amman, où les taux de chômage et de pauvreté sont élevés. Les femmes chefs d’entreprise représentent 85 % des bénéficiaires. Quant aux jeunes, les plus durement touchés par le chômage, ils constituent plus de 45 % des personnes visées par le projet.  

    • Accès à une assistance juridique   

    Le projet pour l’accès à la justice a amélioré les services juridiques aux communautés vulnérables, notamment les Jordaniens les plus défavorisés et les communautés de réfugiés venus d’Iraq, de Palestine et de Syrie. La mise en œuvre du projet a été confiée au Justice Center for Legal Aid, une organisation de la société civile jordanienne. Ce centre a offert des consultations juridiques à 4 500 personnes et organisé 1 600 réunions de sensibilisation et d’information, touchant plus de 40 000 bénéficiaires.  

    Dernière mise à jour: 01 mai 2020

FINANCEMENTS

Jordanie: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA