Iraq Présentation

  • La situation sécuritaire en Iraq s’est globalement améliorée à la suite de la défaite du groupe État islamique en 2017, mais le pays peine à se redresser depuis. À l’issue de quatre années d’un conflit intense qui a coûté la vie à 67 000 civils iraquiens, le gouvernement a en effet la lourde tâche de reconstruire les infrastructures, de rétablir la sécurité et la stabilité et d’organiser les services pour les déplacés de retour. 

    À la faveur d’une remontée des cours du pétrole, l’Iraq a pu engager sa reconstruction et s’atteler à des problèmes persistants, notamment sur le front des services de base. L’économie reprend progressivement des couleurs, les estimations tablant sur un PIB à 4,8 % en 2019, contrairement à la contraction observée les deux années précédentes. Cette accélération est à imputer essentiellement à la hausse de la production de pétrole brut et au rebond des secteurs non pétroliers, qui ont bénéficié de précipitations plus favorables, d’une amélioration de la production d’électricité et d’une politique budgétaire expansionniste, associée à une hausse de la masse salariale et de la consommation du secteur public. Mais la lenteur du programme de reconstruction, les problèmes d’exécution des investissements publics et l’alourdissement de la facture des importations sont autant de freins qui empêchent le pays de réaliser pleinement son potentiel de croissance.

    Le budget de l’Iraq pour 2019 consacre une hausse significative des dépenses courantes, notamment pour la masse salariale de la fonction publique et les subventions, éclipsant les investissements publics dans les secteurs hors pétrole et des dépenses vitales pour développer le capital humain et accélérer la reconstruction. Avec un déficit des finances publiques attendu à plus de 4 % du PIB, sur fond de dépenses irréversibles et d’efforts limités pour accroître les recettes non pétrolières, cette politique procyclique laisse peu de marge de manœuvre pour constituer des amortisseurs budgétaires et accentue la vulnérabilité du pays aux chocs pétroliers. Les secteurs de la sécurité et de l’énergie continuent de dominer les affectations budgétaires, au détriment de l’éducation et de la santé, tandis que les fonds alloués aux gouvernorats ravagés par le conflit sont insuffisants pour assumer les coûts de la reconstruction. La nécessité de recourir à l’aide extérieure pour financer le budget est devenue moins urgente, le gouvernement iraquien capitalisant sur les réserves constituées en 2018 grâce à la manne pétrolière. À moyen terme, la politique d’assouplissement budgétaire risque de pénaliser la croissance.

    Prévisions

    La croissance devrait s’établir à 5,1 % en 2020, avant de retomber à 2,7 % en 2021, en raison principalement de l’affaiblissement attendu des cours et des exportations sur les marchés pétroliers, sur fond de diminution de la demande mondiale et d’incertitude quant à la reconduction de l’accord OPEP+. La croissance devrait rester positive dans l’économie non pétrolière, tant que les investissements nécessaires à la reconstruction du réseau d’infrastructures se poursuivent, le niveau atteint restant cependant en deçà des besoins. Avec l’augmentation des dépenses et le repli des prix du pétrole, le déficit budgétaire devrait ressortir à 3,3 % du PIB en 2020 et rester stable en 2021. Le fléchissement des cours du pétrole conjugué à l’augmentation des importations va entretenir le déficit de la balance courante et réduire les réserves de change. Faute d’être suffisamment diversifiée et contrainte par des rigidités budgétaires, l’économie iraquienne a tout à redouter des aléas des prix pétroliers. Ces facteurs grignotent les amortisseurs financiers du pays et accentuent sa vulnérabilité aux chocs extérieurs. D’autant que cette volatilité pourrait également saper les avancées obtenues sur le front des réformes, en particulier dans les secteurs de l’électricité et de l’agriculture. 

    Dernière mise à jour: 01 oct. 2019

  • Le Groupe de la Banque mondiale est en train d’élaborer un nouveau cadre de partenariat avec l’Iraq, afin d’apporter des solutions en appui à la transition du pays vers une économie plus résiliente et inclusive. Il s’agira également d’aider le gouvernement à atténuer les risques liés au secteur privé, mobiliser des financements en soutien au développement et créer des marchés grâce à des instruments financiers innovants et des partenariats public-privé. Conforme au plan quinquennal de développement national du pays, ce cadre s’articule autour de deux axes prioritaires : l’amélioration des services, à travers une gouvernance plus efficace ; et l’instauration d’un environnement propice à une croissance tirée par le secteur privé et à la diversification. Une version provisoire du texte sera accessible en ligne, en plus du calendrier prévu pour organiser des consultations dans l’ensemble du pays. 

    Depuis 2015, la Banque a centré sa stratégie pour l’Iraq sur les priorités suivantes :

    • Stabilisation fiscale

    En décembre 2015 et décembre 2016, la Banque mondiale a approuvé deux opérations à l’appui des politiques de développement d’un montant respectif de 1,2 et 1,44 milliard de dollars, afin d’aider l’Iraq à surmonter sa crise budgétaire et faire avancer les réformes dans trois domaines : gestion des finances publiques, mise en place d’un approvisionnement énergétique plus stable et plus durable, et amélioration de l’efficience et de la transparence des entreprises d’État.

    • Opérations d’urgence à l’appui du développement

    En juillet 2015, la Banque mondiale a approuvé une aide de 350 millions de dollars pour financer la reconstruction des infrastructures endommagées et le rétablissement des services publics (santé, électricité, eau, transport, éducation et agriculture notamment) dans plusieurs municipalités libérées de l’emprise du groupe État islamique. Face à l’énormité des besoins de reconstruction à Mossoul, le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé en 2017 un financement additionnel de 400 millions de dollars pour cette opération.

    • Fonds social pour le développement

    Doté de 300 millions de dollars, le projet de développement piloté par les communautés visant à améliorer l’accès aux services essentiels et multiplier les offres d’emploi à court terme a bien progressé dans les trois gouvernorats visés : Salah ad-Din, Al-Muthanna et Dahuk. Le projet, d’une durée de cinq ans, s’adresse aux communautés des 18 gouvernorats du pays. 

    • Autres projets

    - Projet d’urgence pour la stabilisation sociale et la résilience en Iraq

    Un prêt de 200 millions de dollars vise à améliorer les moyens de subsistance des populations dans les régions libérées, élargir l’accès à des services de soutien psychosocial et renforcer et étendre les systèmes de protection sociale. Le projet prévoit des dispositifs de travail contre rémunération, d’aide sociale, de moyens de subsistance et de filets sociaux résilients.

    - Projet de couloirs de transport

    Doté de 355 millions de dollars, le projet entend améliorer les liaisons et la sécurité routières sur certains tronçons le long de la voie express 1 et de l’axe de transport Nord-Sud. 

    - Projet d’amélioration des services d’alimentation en eau et du système d'égout à Bagdad

    Ce projet de 210 millions de dollars cherche à renforcer la qualité des services d’eau potable et de traitement des eaux usées à Bagdad, dans le but d’optimiser la gestion de ces services publics et installer un environnement porteur. 

    - Projet de modernisation des systèmes de gestion des finances publiques

    Financé par un prêt de la BIRD de 41,5 millions de dollars pour une mise en œuvre entre 2017 et 2021 dans les ministères fédéraux des finances et de la planification et le ministère de la planification de la région autonome du Kurdistan, ce projet améliorera la gestion et la transparence des informations financières, la gestion de la trésorerie et des investissements publics et la modernisation du système de passation de marchés publics dans plusieurs organismes fédéraux et provinciaux. 

    - Projet de reconstruction et de renforcement des services d’électricité

    Ce projet infranational de 200 millions de dollars, dont l’accord de financement a été signé en juillet 2019, vise à renforcer la fiabilité et l’efficacité opérationnelle des services électriques dans le gouvernorat d’al-Basra, y compris sur le plan de l’efficience afin d’accroître la participation du secteur privé à moyen terme et d’aider le gouvernement à décentraliser les services. 

    - Appui à la mise en œuvre de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives en Iraq

    Avec ce financement alloué sous la forme d’un don exécuté par le bénéficiaire, la Banque mondiale aide le gouvernement iraquien à s’appuyer sur l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives pour renforcer la transparence de son secteur pétrolier.

    - Promotion de l’inclusion des jeunes Iraquiens touchés par le conflit

    Ce don exécuté par le bénéficiaire a pour objectif de favoriser l’inclusion économique et sociale d’au moins 3 000 jeunes Iraquiens touchés par le conflit (âgés de 15 à 29 ans) en soutenant leur participation dans l’écosystème entrepreneurial et les activités de développement communautaire engagées à leur initiative. 

    - Mécanisme pour l’égalité des sexes au Machreq

    Élaboré spécialement pour la région du Machreq et premier du genre, ce mécanisme veut accroître l’émancipation économique des femmes au service de l’émergence de sociétés plus inclusives, durables et pacifiques sur fond de croissance économique bénéficiant à tous. Il prévoit d’apporter une assistance technique et des financements sur la période 2019-2024 en soutien aux activités régionales stratégiques et aux priorités de chaque pays, les opérations étant articulées autour de trois axes interdépendants : dialogue et participation ; données et connaissances ; et innovation axée sur les résultats.

    - Fonds pour la reconstruction, la réforme et le redressement en Iraq (I3RF)

    En partenariat avec le gouvernement iraquien, la Banque mondiale a lancé le fonds I3RF dans le but d’améliorer l’efficacité et la pérennité des investissements publics pour le redressement et la reconstruction, mais également de promouvoir des réformes économiques et financières ciblées. Le fonds intervient en complément du Fonds des Nations Unies pour la reprise et la reconstruction. Regroupant plusieurs bailleurs de fonds autour de l’Allemagne et du Royaume-Uni, ses partenaires fondateurs, le fonds I3RF permet de coordonner les activités de financement, de dialogue stratégique et de soutien catalytique pour réformer, reconstruire et développer l’Iraq. Ses activités, mises en œuvre par le gouvernement iraquien et par la Banque mondiale, seront articulées autour de trois domaines prioritaires : redressement socioéconomique et reconstruction ; diversification économique et croissance tirée par le secteur privé ; et renforcement de la coordination, des dispositifs institutionnels et du suivi du programme de réforme et de reconstruction. 

    Société financière internationale (IFC) 

    Depuis cinq ans, le portefeuille d’engagements d’IFC en Iraq a considérablement augmenté, franchissant la barre de 1,5 milliard de dollars répartis entre différentes régions et différents secteurs, comme l’énergie, les télécommunications, les industries manufacturières, l’agro-industrie, la logistique et les services. Au cours de l’exercice 2016, IFC a investi 375 millions de dollars dans MGES Power, le principal investisseur privé et local dans le secteur de l’énergie. Sur l’exercice 2018, elle a engagé 269 millions de dollars au profit de Zain Iraq, le premier opérateur mobile du pays, pour faciliter la remise en état de son réseau dans les territoires récemment reconquis par le gouvernement. Au cours de l’exercice 2019, IFC a investi 6 millions de dollars supplémentaires dans un nouveau complexe commercial et de divertissement dans le nord du pays. Les autres projets à l’étude concernent des investissements dans les secteurs de la santé (hôpital), des ports, de la finance électronique et de l’énergie. 

    En étroite collaboration avec les équipes de la Banque mondiale, IFC s’attache à appliquer les principes de maximisation des financements pour le développement dans des secteurs stratégiques. En plus des infrastructures et de l’énergie, le transport et l’eau font partie des secteurs identifiés dans ce cadre, au même titre que le secteur financier, considéré comme critique.

    À travers son investissement dans Al-Safi Danone (18 millions de dollars), IFC a également contribué à renforcer la sécurité alimentaire. Le projet améliore la fabrication et la distribution de produits laitiers de qualité et favorise la création d’emplois en tissant des liens avec les micro, petites et moyennes entreprises opérant dans cette chaîne de valeur. L’accent mis par IFC sur le secteur de l’énergie contribue par ailleurs à résoudre les pénuries d’électricité consécutives à l’afflux de réfugiés et de personnes déplacées. Dans le secteur bancaire, IFC soutient la participation aux échanges et aux marchés des PME et des banques privées iraquiennes, par le biais de son programme de financement du commerce mondial. Enfin, sa formation Business Edge permet de former directement les Iraquiens déplacés à l’intérieur de leur pays, en partenariat avec des ONG locales.

    Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) 

    Le total des engagements de la MIGA en Iraq s'élève à 8 millions de dollars. La première opération de la MIGA dans ce pays remonte à l’exercice 2011 et a consisté à appuyer un investissement turc dans un projet d’usine d’embouteillage d’eau à Bagdad. Sur l’exercice 2014, l’Agence a émis une garantie pour un projet de télécommunications dans la région autonome du Kurdistan, avant d’apporter son soutien l’année suivante à un projet de logistique portuaire à Umm Qasr. 

    Dernière mise à jour: 01 oct. 2019

  • Rétablissement des services essentiels dans les zones du pays touchées par le conflit entre 2014 et 2017

    • Environ 257 millions de dollars versés pour la remise en état des infrastructures endommagées et le redémarrage des services clés ;
    • À ce jour, plus de 5 millions d’Iraquiens dans cinq gouvernorats ont bénéficié du programme de reconstruction ;
    • Environ 1 million de personnes dans 18 communautés ont bénéficié de services municipaux essentiels grâce au remplacement d’équipements endommagés : la réparation des stations de purification d’eau et de traitement des eaux usées ainsi que le remplacement des canalisations pour l’eau et les égouts ont permis de rétablir l’eau potable ;
    • 39 ambulances ont été remplacées et 14 dispensaires mobiles fournis pour améliorer les services essentiels de soins primaires dans plusieurs villes et villages des gouvernorats de Diyala et Salah al-Din ;
    • La reconstruction de 23 ponts et la remise en état de 300 kilomètres de routes ont bénéficié à plus de 5 millions d’habitants dans cinq gouvernorats, qui peuvent à nouveau accéder aux marchés, à l’emploi et aux services ;
    • Un demi-million d’Iraquiens ont retrouvé l’électricité grâce au remplacement des sous-stations, des groupes électrogènes, des transformateurs et des câbles endommagés. 

    Protection sociale et soutien à l’emploi

    Le projet sur le Fonds social pour le développement et le projet d’urgence pour la stabilisation sociale et la résilience en Iraq devraient bénéficier d’ici 2023 à plus de 3 millions de ménages iraquiens, soit environ 15 millions d’individus pauvres et vulnérables. Ils porteront plus précisément sur les aspects suivants : services essentiels assurés sur place à plus de 1,5 million de ménages, par le biais de projets de développement pilotés par les communautés ; aide sociale ciblée, y compris à travers des transferts monétaires assortis ou non de conditions, grâce à un système de protection sociale résilient conçu pour couvrir plus de 1,2 million de ménages pauvres ; aide d’urgence au revenu pour plus de 150 000 ménages, à travers des programmes de travail contre rémunération ; soutien psychosocial pour plus de 150 000 ménages dans les zones touchées par le conflit ; et accès à des microfinancements pour plus de 12 000 personnes. Cette riposte axée sur la protection sociale soutient la création d’un Fonds social pour le développement, indépendant et autonome, chargé de garantir la fourniture de services sociaux efficaces, pertinents et bien gérés sur l’ensemble du territoire iraquien. 

    Dernière mise à jour: 01 oct. 2019

FINANCEMENTS

Iraq: Engagements par exercice (en millions de dollars)*

*Les montants comprennent les engagements de la BIRD et de l’IDA