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Réexaminer les sources de la croissance : améliorer l’efficacité du port de Douala

Dernier numéro: 
  • Janvier 2015


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Port of Douala

Tchapa Tchouawou

LES POINTS MARQUANTS
  • Le dernier numéro des Cahiers économiques du Cameroun prévoit une croissance du PIB de 5 % en moyenne au cours des cinq prochaines années.
  • L’analyse met l’accent sur les mesures à prendre pour renforcer l’efficacité du principal port du pays.
  • Plusieurs recommandations sont formulées pour améliorer la compétitivité de l’activité portuaire.

YAOUNDÉ, 12 février 2015 - Principal point d’entrée des importations vers le Cameroun mais aussi vers ses voisins enclavés (République centrafricaine et Tchad), le port de Douala est une plaque tournante naturelle pour la région de l’Afrique centrale. Or, malgré cette situation stratégique, le port connaît un certain nombre d’inefficacités qui constituent autant d’entraves majeures à la croissance. C’est pourquoi le huitième numéro des Cahiers économiques du Cameroun, qui analyse l’évolution de l’économie nationale, se penche sur les mesures à prendre pour améliorer l’efficacité du port le plus dynamique du pays.

En 2014, 95 % au moins des exportations et des importations camerounaises ont transité par le port de Douala et son Terminal international (TID) dont les infrastructures sont parvenues à saturation, faute d’investissements et de travaux de dragage d’entretien. Les délais d’attente à l’entrée et les temps de passage des marchandises sont donc particulièrement longs et source d’encombrements, ce qui provoque le renchérissement des denrées alimentaires et des pénuries pour certains biens et produits.

L’amélioration de la gestion du port de Douala, dans l’optique de réduire sensiblement les délais de passage mais aussi d’assurer sa complémentarité avec les ports de Kribi et Limbé, sera essentielle à la compétitivité extérieure du pays. Les Cahiers économiques du Cameroun préconisent donc un certain nombre de mesures à prendre pour améliorer l’efficacité des infrastructures portuaires de Douala.

Fait marquant de cet état des lieux, l’objectif de ramener à 7 jours le délai de passage global, qui avait été fixé pour la fin des années 90, n’est toujours pas atteint en dépit des efforts déployés au fil des ans. Ce délai est encore plus de trois fois supérieur à la cible visée, en raison de plusieurs facteurs : l’absence de coordination entre les principaux acteurs portuaires, le monopole des opérateurs chargés de l’inspection et de l’exploitation du terminal à conteneurs, l’inefficacité de la législation portuaire, le nombre important de courtiers non professionnels agissant en parallèle, la complexité et la longueur des procédures d’importation et les limites physiques du port.

L’une des solutions avancées suggère de rassembler toutes les parties prenantes en vue de préparer et d’adopter un plan global de réformes structurelles, reposant sur un audit indépendant des principaux goulets d’étranglement dans tous les aspects du fonctionnement du port. Une autre recommandation porte sur la révision du cadre juridique régissant le port. Quelle que soit la solution retenue, la mise en œuvre de ces réformes passera par l’obtention d’un consensus entre tous les acteurs et l’abandon de pratiques et de comportements généralisés qui favorisent le maintien du statu quo.

La croissance de l’économie camerounaise devrait rester soutenue en 2014, à 5,3 %, en dépit de la morosité de la conjoncture économique mondiale, de la baisse des cours mondiaux du pétrole et de l’insécurité qui sévit dans la région de l’Extrême-Nord. Le PIB devrait s’établir autour des 5 % en moyenne au cours des cinq prochaines années, sur fond de maintien des performances actuelles du secteur non pétrolier ; ce niveau est toutefois inférieur aux objectifs fixés par le gouvernement dans son Document de stratégie pour la croissance et l’emploi pour la période 2010-2020.






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