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Laboratoire de l'investissement privé

Laboratoire de l’investissement privé - Photo : Gratte-ciels à Panama City, Panama. Photo © Gerardo Pesantez/Banque mondiale

Le Laboratoire de l’investissement privé est une initiative de collaboration entre le Groupe de la Banque mondiale et des dirigeants de grandes entreprises mondiales du secteur privé. Son objectif est de trouver des solutions susceptibles de lever les obstacles qui entravent l’investissement privé dans les marchés émergents et les économies en développement.  
 
Le Laboratoire développe des approches qui peuvent être mises en œuvre puis déployées à grande échelle, dans le but de mobiliser efficacement des volumes plus importants de capitaux privés et de contribuer ainsi à la résolution des problèmes de développement les plus pressants dans le monde. La mobilisation accrue de capitaux privés est l’une des priorités du Groupe de la Banque mondiale. Cet effort concerne de nombreux aspects de son nouveau modèle stratégique pour le développement et fait l’objet d’un suivi dans sa nouvelle fiche de performance institutionnelle (a). 

L’objectif principal de cette initiative est de renforcer le rôle joué par le Groupe de la Banque mondiale dans la mobilisation de capitaux privés au profit des marchés émergents, à savoir atténuer les risques pour les investisseurs du secteur privé et favoriser un environnement propice au développement de projets susceptibles d’être financés.  

Le noyau central du Laboratoire est composé des dirigeants de : AXA, Bayer, Bharti Enterprises, BlackRock, Dangote Group, HSBC, Hyatt, Macquarie, Mitsubishi UFJ Financial Group, Ninety One, PIMCO, Royal Philips, Standard Bank, Standard Chartered, Sustainable Energy for All, Tata Sons, Temasek et Three Cairns Group. Sa présidence est assurée par Shriti Vadera, présidente de Prudential plc.

Depuis la mise en place du Laboratoire en 2023, les dirigeants du secteur privé ont fait part de précieux commentaires qui ont permis au Groupe de la Banque mondiale de mieux ajuster ses stratégies et de lancer de nouvelles initiatives visant à accroître et accélérer les flux de financements privés au service du développement. 

Plusieurs initiatives sont déjà en cours qui s’emploient à appliquer les recommandations formulées par le Laboratoire, dont le lancement de la plateforme Mission 300 visant à raccorder à l’électricité 300 millions de personnes en Afrique de l’Ouest, la création de nouveaux programmes de financement concessionnel dans le cadre de la Société financière internationale (IFC), ou encore une opération pionnière sur les marchés financiers visant à céder des actifs inscrits au bilan d’IFC sous forme de titrisations. 

D’autres initiatives en cours de mise en œuvre concernent la mise au point de solutions destinées à atténuer les risques de change dans les prêts à long terme octroyés à des projets dans les marchés émergents, le déploiement du programme unifié de garanties et un programme à long terme visant à développer des mécanismes de mobilisation à grande échelle des capitaux d’investisseurs institutionnels pour des priorités de développement urgentes en exploitant les capacités combinées du Groupe de la Banque mondiale. 

Les membres du Laboratoire se réunissent deux fois par an afin d'examiner les progrès accomplis sur les axes d’action prioritaires. La dernière réunion s’est tenue à Washington en octobre 2025, et la prochaine aura lieu en avril 2026 en marge des Réunions de printemps.

Les solutions envisagées continueront d’être testées auprès des membres du Laboratoire et d’autres parties prenantes afin d’en valider le concept avant leur déploiement. En outre, il a été convenu l'intégration éventuelle de nouveaux membres, issus selon toute probabilité du secteur réel (promoteurs de projet, par exemple). 

Le Groupe de la Banque mondiale collaborera avec les membres du Laboratoire et d’autres acteurs pertinents en vue d’identifier et mener à bien les applications possibles des recommandations du Laboratoire. 

Réalisations et prochaines étapes  

À ce jour, le Laboratoire a formulé des recommandations dans cinq axes d’action : 

  1. assurer une certitude réglementaire ; 
  2. accroître le recours aux garanties du Groupe de la Banque mondiale, avec un plus grand souci d'efficacité ; 
  3. réduire les risques de change ; 
  4. créer une classe d’actifs pour les économies émergentes et en développement ;
  5. déployer davantage d’investissements en capitaux propres subordonnés. 

Les progrès à ce jour :

Certitude réglementaire : L’existence d’un environnement stable et propice à l’investissement donne aux acteurs privés la confiance nécessaire pour engager des capitaux à long terme. Le Groupe de la Banque mondiale a approfondi son soutien en faveur de politiques réglementaires plus lisibles, de manière à favoriser l'émergence de projets « bancables » pour une participation de grande ampleur du secteur privé.

  • Grâce à cette approche, Mission 300, la plateforme phare du Groupe de la Banque mondiale pour l’accès à l’énergie en Afrique, a déjà permis de raccorder plus de 50 millions de personnes à l’électricité dans 40 pays depuis son lancement en 2024. Mission 300 sert désormais de modèle aux activités de « banque de connaissances » du Groupe, avec une équipe dédiée aux réformes politiques et réglementaires visant à attirer davantage de capitaux privés vers les marchés émergents, tous secteurs confondus.

Programme de garanties : Le renforcement des solutions de garantie (a), dont l’objectif est de réduire l’exposition des investisseurs aux risques commerciaux et politiques dans les marchés émergents, constitue une priorité. Conformément à la recommandation du Laboratoire, les activités de garantie du Groupe de la Banque mondiale ont fait l’objet d’une refonte destinée à amplifier leur portée, en simplifier l’accès et favoriser l’innovation. Une plateforme de garanties unifiée a été créée pour regrouper les produits des différentes entités du Groupe au sein d’un guichet unique, de manière à rationaliser et simplifier l’offre, mieux la promouvoir auprès du secteur privé grâce à un élargissement de la couverture client et permettre la vente croisée de produits de garantie de la MIGA aux clients d’IFC.

  • Les premiers résultats, tant en termes de volumes que de retours des clients, sont prometteurs. Depuis le lancement de la plateforme en juillet 2024, le volume des garanties émises a progressé de 19 % pour atteindre 12,3 milliards de dollars au cours de sa première année. La plateforme devrait dépasser l’objectif de 14 milliards de dollars de nouvelles émissions sur l’exercice actuel et elle est globalement en bonne voie pour atteindre la cible de 20 milliards de dollars par an d’ici à 2030. Cet objectif devrait être atteint grâce à un déploiement accru des produits de garantie par l’ensemble des entités du Groupe. Le Groupe de la Banque mondiale continue d’innover dans ce domaine en s’appuyant sur les retours du secteur privé, avec notamment la couverture de portefeuille pour les fonds et les institutions financières ; la couverture combinée des risques politiques et des risques commerciaux ; le renforcement des capacités du Groupe en matière de financement du commerce ; et des structures combinant première perte et seconde perte pour le rehaussement du crédit souverain lors d’emprunts auprès de prêteurs privés. Les efforts se poursuivent pour faire en sorte que les utilisateurs de l’assurance contre le risque politique puissent bénéficier d’un allègement des exigences de fonds propres réglementaires.

Risque de change : Le Laboratoire a identifié la volatilité des changes comme l’un des principaux freins à l’investissement. Le Groupe de la Banque mondiale s’emploie à mettre au point des solutions d’atténuation du risque de change, notamment en développant les financements en monnaie nationale. Un tiers des engagements de dette à long terme d’IFC sont désormais libellés en monnaie nationale (contre 20 % en 2020 et 28 % en 2023), l’objectif étant d’atteindre 40 % d'ici à 2030. Le Groupe de la Banque mondiale analyse actuellement les retours d’expérience sur les solutions existantes concernant le transfert et la convertibilité des monnaies afin de mieux répondre aux risques encourus par les investisseurs internationaux.

  • Les efforts se poursuivent en vue d’apporter d’autres solutions de couverture ou de protection contre le risque de change à long terme pour les projets financés en devises fortes. Parallèlement, le Groupe de la Banque mondiale collabore avec le FMI pour approfondir les marchés financiers locaux dans 20 pays.

Création d’une classe d’actifs pour les économies émergentes et en développement : Le Laboratoire a très tôt mis en lumière que le moyen le plus efficace de mobiliser des investissements institutionnels à grande échelle consistait à transformer des actifs de développement fragmentés en produits d’investissement. L’une des voies privilégiées consistait à céder sur les marchés les actifs émis par le Groupe de la Banque mondiale — et, à terme, par d’autres banques de développement et banques commerciales — afin de créer une classe d’actifs liquide et négociable. Cette liquidité suppose un volume d’émissions plus élevé et exige que le Groupe collabore avec d’autres banques multilatérales de développement (BMD) et institutions de financement du développement (IFD), et à terme avec des émetteurs privés, pour standardiser et regrouper des portefeuilles de prêts.

  • En 2025, IFC a réalisé sa première émission d’obligations structurées adossées à des prêts, dans le cadre de son Programme de titrisation dans les marchés émergents. Cette opération a mobilisé 510 millions de dollars, dont une tranche de rang supérieur (senior) notée, à partir d’un portefeuille diversifié de prêts octroyés à 57 emprunteurs. Elle illustre un changement d’approche : le passage de la conservation des prêts au bilan à leur titrisation pour mobiliser des capitaux privés à grande échelle. 

  • Un groupe de travail des BMD a également été mis en place pour favoriser une plus grande standardisation des actifs provenant de ces diverses institutions et développer des plateformes de cession permettant de regrouper leurs actifs et de gagner ainsi en envergure, en diversification et en liquidité. Ce groupe de travail œuvre également à une opération pilote de fonds de dette commun aux BMD, avec l’objectif d’avancer concrètement sur son montage d’ici aux Assemblées annuelles d’octobre 2026. Ces travaux nécessiteront une collaboration étroite avec les investisseurs afin de recueillir leurs retours, et le soutien continu des membres du Laboratoire sera essentiel tout au long de ce processus.

Investissements en capitaux propres subordonnés : Le Laboratoire a recommandé de remédier à la pénurie de capital-risque d’amorçage qui décourage les investissements privés sur les marchés frontières. À cette fin, IFC a renforcé sa capacité à déployer des capitaux propres subordonnés en investissant 100 millions de dollars de ses bénéfices non distribués dans un nouveau fonds, le Frontier Opportunities Fund (FOF), dont la taille cible initiale est de 500 millions de dollars (dont 160 millions ont été mobilisés sous forme de contributions directes et de co-investissements). IFC accroît ainsi sa capacité à assumer des positions de risque plus complexes et à catalyser l'investissement du secteur privé là où les besoins sont les plus importants. Le portefeuille de projets en préparation du FOF s’élève actuellement à environ 100 millions de dollars.

L’ensemble de ces évolutions concourent à une transformation structurelle et continue de la mobilisation des capitaux privés, et démontrent la valeur des enseignements et de la coopération entre secteurs public et privé. Beaucoup reste à faire, et la prochaine réunion des dirigeants du Laboratoire sera l’occasion d'explorer les moyens de faire progresser davantage ce programme.

Dernière mise à jour: 25 juin 2026