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Novembre 2012

Tendances de l’évolution des prix alimentaires mondiaux

Après les records enregistrés en juillet sur les marchés internationaux, les prix des denrées alimentaires se sont stabilisés en août et en septembre, avant d’entamer un repli en octobre (figure 1). L’indice des prix alimentaires d’octobre est inférieur de 5 % à son pic de juillet où, en un mois, les cours avaient flambé de 10 %. Concrètement, cela signifie que l’évolution observée sur le trimestre allant d’août à octobre n’aura permis de rattraper que la moitié de cette brusque envolée de juillet.

Figure 1. Indice des prix alimentaires de la Banque mondiale

Source : Groupe d’étude des perspectives de développement (DECPG) de la Banque mondiale.
Note : L’indice des prix alimentaires estime le prix à l’exportation de différents produits vivriers
dans le monde, exprimé en dollars nominaux (2005=100).


Tableau 1. Évolution du prix de certains produits
   alimentaires essentiels

 Commodity août 2012
- oct. 2012 (%)
oct. 2011 -
oct. 2012 (%)
fév. 2011 -
oct.Oct 2012 (%)
Indices
  Denrées alimentaires -5 7 -4
    Céréales -2 12 8
    Matières grasses et huiles -10 12 -7
    Autres -1 -7 -13
  Engrais 0 -13 10
Prix
  Maïs -3 17 10
  Riz (thaï, 5 %) -2 -7 7
  Blé (dur rouge d’hiver américain) 3 24 3
  Sucre (monde) -3 -20 -31
  Huile de soja -6 4 -14
  Pétrole brut, cours moyen -2 4 6
Source : Groupe d’étude des perspectives de développement (DECPG) de la Banque mondiale.

En dépit du fléchissement récent, les prix alimentaires internationaux restent proches de leurs records historiques. Au mois d’août, l’indice des prix alimentaires de la Banque mondiale a franchi un nouveau palier historique, en dépassant le niveau de juillet. Le recul observé en septembre a ramené l’indice exactement à son niveau de février 2011, date du précédent record. En octobre, la baisse a avoisiné les 4 % par rapport à l’indice de février 2011 (tableau 1), due pour l’essentiel à un brusque repli des prix du sucre (au plus bas depuis deux ans), du soja et de l’huile de palme. Pour autant, les prix alimentaires d’octobre continuent d’être 7 % plus élevés qu’un an auparavant et les cours des céréales sont particulièrement hauts, soit à 12 % au-dessus de leur niveau d’octobre 2011 et très proches de leur record absolu de 2008.

Les prix des trois principales catégories de denrées ont baissé entre août et octobre 2012. L’essentiel de cette diminution trimestrielle s’est produit en octobre, sous l’effet notamment du recul des matières grasses et des huiles, les céréales et les autres denrées suivant le mouvement mais de manière moins marquée (figure 1). La catégorie des matières grasses et des huiles (dont l’huile de soja et de palme) a perdu 8 %, contre - 2 % pour les céréales, alors que les autres denrées (sucre et viande notamment) ont diminué de 1 % (tableau 1). Plus spécifiquement, les cours du maïs ont reculé de 3 %, ceux du riz et de l’huile de soja baissant de respectivement 2 et 6 % ; le blé est la seule céréale à avoir vu ses prix augmenter entre août et octobre (+ 3 %).

Le comportement des cours internationaux des denrées alimentaires a été très hétéroclite en ce troisième trimestre 2012, signe que des dynamiques différentes sont à l’œuvre depuis le pic de juillet. Les prix mensuels du maïs n’ont cessé de baisser depuis juillet, à l’inverse des cours du blé et alors que le riz et le soja suivaient un parcours plus accidenté (figure 2).

À l’échelle de la planète, les marchés du maïs restent tendus, malgré les relativement bonnes nouvelles des trois derniers mois, qui ont quelque peu atténué la pression sur les cours.1Plusieurs phénomènes ont en effet soulagé la tension sur les exportations de maïs : l’arrivée, fin juillet, de précipitations dans les régions des États-Unis les plus durement frappées par la sécheresse ; un léger tassement de la demande américaine pour l’élevage et l’industrie, qui a renforcé la concurrence des exportations brésiliennes 2 , et le gonflement saisonnier de l’offre en provenance de l’hémisphère Sud 3. Mais les marchés restent sous tension en raison d’une campagne d’hiver décevante aux États-Unis et des prévisions de recul de la production dans l’Union européenne (UE), alors même que la récolte de 2012/2013 devrait être la deuxième plus abondante jamais enregistrée. 4 Le département américain de l’Agriculture (USDA) table sur un recul respectif de pratiquement 5 et 12 % pour la production alimentaire et les stocks de denrées dans le monde en 2012/2013. 5

Les dernières estimations du ratio stocks-utilisation sont de 6 % pour les États-Unis et de 14 % dans le reste du monde, un plus bas historique depuis 1972/1973 6. Étant donné le niveau limité des stocks et la cherté des denrées, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) prévoit un recul de l’utilisation du maïs pour l’élevage et l’industrie dans le monde. 7 Aux États-Unis, en particulier, l’utilisation du maïs pour la production d’éthanol devrait s’effondrer de 10 % en 2012/2013 — une première depuis dix ans. 8

Des inquiétudes croissantes entourant la production de blé expliquent le niveau soutenu des cours internationaux, en progression au dernier trimestre. La sécheresse qui se prolonge dans les trois principaux pays exportateurs de la mer Noire (le Kazakhstan, l’Ukraine et la Fédération de Russie) comme en Australie et dans l’UE a entraîné une diminution de la production de blé. Les prévisions de production mondiale pour 2012/2013 tablent sur un recul supérieur à 5 % par rapport à la récolte record de 2011/2012 9. Le ratio mondial stocks-utilisation pour le blé, qui se situe à 26 %, reste à un niveau que d’aucuns considèrent comme « relativement confortable » 10 après la récolte exceptionnelle de 2011 même si l’on n’est pas très loin du plus bas historique de 2007/2008, où le taux s’était établi à 22 % 11.

 

Figure 2. Prix nominaux à l’exportation de certains produits de base (USD/tonne), octobre 2011 - octobre 2012


Source : Groupe d’étude des perspectives de développement (DECPG) de la Banque mondiale.. Note : prix mensuels en dollars nominaux (par tonne).

Les stocks devraient considérablement se réduire en 2012/2013 12 L’augmentation de la consommation intérieure aux États-Unis (liée en particulier au remplacement des fourrages traditionnels que sont le maïs et le soja 13 — par du blé) a entraîné une baisse des exportations américaines de blé. Il s’agit là d’une tendance majeure, dans la mesure où les États-Unis sont le premier exportateur de blé dans le monde, même si la concurrence accrue d’autres gros exportateurs et les attentes d’un rebond de la production mondiale — sous réserve de conditions météorologiques favorables — incitent à un optimisme prudent 14 L’imposition possible de restrictions à l’exportation par les principaux pays producteurs reste en outre une source d’inquiétude. Des informations contradictoires à propos de l’Ukraine ont perturbé les marchés 15

Sans surprise et même si aucun interdiction n’est encore entrée en vigueur, les prix du blé ont grimpé courant octobre. L’édition de novembre du rapport sur l’état de l’offre et de la demande agricole dans le monde (WASDE) de l’USDA table sur une augmentation des exportations par l’Ukraine et la Russie de respectivement 2 millions et 1 million de tonnes, pour 2012/2013, 16 Les analystes restent attentifs aux annonces de restriction qui pourraient intervenir en novembre et en décembre, au cas où les conditions météorologiques défavorables dans les pays de la mer Noire se maintiennent. Les dernières prévisions pour la prochaine campagne d’hiver restent bonnes pour l’Ukraine mais mitigées pour la Russie et les États-Unis 17

Les tendances récentes des prix du riz à l’exportation témoignent de résultats variables en fonction des pays d’origine. L’offre demeure abondante au niveau du marché international : la production de 2012 est équivalente à la récolte — record — de 2011 18En Thaïlande, premier exportateur mondial de riz, la prolongation du mécanisme de soutien aux riziculteurs mis en place par le gouvernement pour la récolte principale de 2012 garantit dans le pays des cours soutenus. Les prix du riz thaï ont cependant fléchi entre août et octobre (pour certaines variétés) à la suite de l’annonce de la vente de 750 000 tonnes sorties des stocks de l’État, afin de faire de la place aux futurs achats publics. Parallèlement, chez les principaux concurrents de la Thaïlande — l’Inde, le Pakistan et le Viet Nam —, malgré la récolte exceptionnelle de 2011/2012 et des prévisions en hausse pour l’Inde grâce à une bonne mousson tardive, les prix ont progressé sous l’effet d’une forte demande en provenance de l’Asie du Sud-Est, de l’Afrique de l’Ouest et de la Chine. Si ces deux évolutions ont permis de réduire les écarts de prix entre la Thaïlande et ses concurrents, ceux-ci restent suffisamment élevés 19 pour permettre éventuellement à l’Inde de ravir à la Thaïlande sa place de premier exportateur de riz dans le monde en 2012 20Enfin, les stocks mondiaux de riz restent solides après deux campagnes exceptionnelles d’affilée, avec un ratio stocks-utilisation supérieur à 33 % en 2011/2012 (et qui devrait atteindre 35 % en 2012/2013) 21 Les perspectives positives pour la campagne 2012/2013 en Australie, en Égypte et aux États-Unis insufflent un optimisme supplémentaire aux marchés. 22

La configuration des cours des céréales au cours du trimestre écoulé n’augure pas d’une évolution favorable des prix à brève échéance. L’USDA, le Conseil international des céréales (IGC) et le système d’information sur les marchés agricoles (AMIS) de la FAO prévoient tous un recul de la production de céréales, bien qu’à des degrés divers 23 pour 2012/2013. Les inquiétudes quant au tassement de la demande en période de ralentissement de l’économie mondiale persistent. Des prix élevés pourraient museler en partie la demande de blé et de maïs, même si personne ne peut prédire dans quelles proportions. La bonne nouvelle, c’est que le monde n’a pas connu de réactions de panique face à la flambée des prix en juillet, provoquée par la sécheresse aux États-Unis, et a pu éviter des interventions d’urgence 24 Mais les marchés restent très attentifs et sensibles à tout achat de céréales d’une ampleur inhabituelle. Début septembre, l’Égypte a acquis pratiquement 500 000 tonnes de riz en provenance de la mer Noire et, fin septembre, la Chine aurait importé de larges quantités de blé (environ trois fois plus qu’en septembre 2011) 25 L’Ukraine a évoqué de possibles restrictions aux exportations tandis que l’Argentine a annoncé avoir autorisé l’exportation de plus de 2 millions de tonnes supplémentaires prélevées sur ses stocks. 26

Le comportement des prix à court terme dépendra en grande partie de l’évolution des conditions météorologiques. Si les récoltes dans l’hémisphère Sud pendant la seconde moitié de la campagne 2012/2013 sont effectivement abondantes, alors les tensions sur les exportations de maïs et de blé devraient se desserrer quelque peu. Or les prévisions de juillet concernant un phénomène El Niño fort à modéré ne se sont pas matérialisées. On table désormais de plus en plus sur un épisode de faible intensité qui s’étendra jusqu’en février 2013, ce qui réduira le risque de sécheresses graves en Asie et en Australie mais également la probabilité de bonnes précipitations dans d’autres régions du monde, notamment en Amérique du Sud. Compte tenu de la phase neutre qui a prévalu en novembre (La Nada), tous les paris sont ouverts quant aux conditions météorologiques des mois à venir 27 Pour autant, les inondations touchant actuellement les régions céréalières de l’Argentine et la sécheresse qui sévit dans le sud du Brésil ne manquent pas d’inquiéter.

Les prix du pétrole et l’émergence plus ou moins marquée d’une concurrence dans les exportations de céréales pèsent également sur les cours alimentaires mondiaux. En premier lieu, les cours du pétrole n’ont pas cessé d’augmenter depuis juin et ont franchi le seuil de 100 dollars le baril. L’impact de cette augmentation est difficile à cerner puisqu’elle n’a pas eu d’effet sur les prix des engrais 28 stables, tandis que le cours du brut est en repli depuis octobre. En deuxième lieu, si l’accroissement de la concurrence dans les exportations de céréales est une bonne nouvelle, la capacité de ces nouveaux exportateurs à compenser les baisses de la production américaine est peu prévisible du fait de contraintes logistiques chez les nouveaux acteurs que sont le Brésil et l’Argentine 29.

Enfin, le poids des biocarburants dans la future demande de maïs est lui aussi incertain. L’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) vient de confirmer le mandat relatif aux normes sur les carburants renouvelables (RFS) pour 2013 alors que l’UE a approuvé des plafonds pour l’utilisation de biocarburants d’origine agricole. En outre, si les cours soutenus du pétrole augmentent la rentabilité des biocarburants, des prix élevés du maïs réduisent la marge des producteurs. Il est difficile de dire lequel de ces deux effets prendra le pas sur l’autre.

Tendances des prix intérieurs

Les prix intérieurs des céréales correspondent aux variations saisonnières attendues dans la plupart des régions. En l’Afrique de l’Ouest et dans certaines régions d’Afrique de l’Est, on assiste à des tendances saisonnières normales avec des prix stables ou en recul du fait de la mise sur le marché des récoltes 30L’avancement de la période de soudure affecte actuellement — et sans doute jusqu’à fin février — les marchés du sud de l’Afrique dans les régions déficitaires tandis qu’ailleurs, les prix restent stables mais soutenus. L’Asie du Sud et de l’Est connaît aussi une stabilité générale des prix alimentaires alors que les récoltes en cours en Amérique centrale ont allégé les tensions. 31. La grave sécheresse qui touche l’Europe de l’Est et l’Asie centrale a réduit l’offre régionale et poussé les prix des denrées de base à la hausse. Mais, comme cela a été observé dans l’édition du rapport Food Price Watch du mois d’août, la répercussion des pics atteints sur les marchés internationaux en août ne devrait être ni totale, ni uniforme, ni immédiate. 32

La dépréciation des monnaies nationales, la fin des subventions aux carburants, la constitution de stocks alimentaires par les pouvoirs publics et les préoccupations sur le front de la sécurité sont autant de pressions supplémentaires à court terme sur certains marchés intérieurs. En revanche, l’augmentation des échanges, formels et informels, l’accès accru à l’aide alimentaire et l’amélioration des conditions économiques et sécuritaires contribuent à un relâchement des prix sur d’autres marchés.

Entre juillet et septembre, les augmentations des prix intérieurs du blé ont atteint en moyenne 27 et 16 % respectivement au Tadjikistan et au Kirghizistan, contre 15 % dans les capitales du Bélarus et d’Afghanistan, en raison d’une diminution des récoltes et d’une augmentation des importations de pays voisins (tableau 2). L’Amérique latine a enregistré des baisses de prix modérées, inférieures à - 10 % sur plusieurs marchés. Dans le cas du maïs, les grands producteurs d’Europe de l’Est, la Russie et l’Ukraine, ont vu leur prix intérieurs moyens augmenter (+ 20 et 18 % respectivement). Le scénario est identique pour les cours moyens du maïs dans les pays importateurs d’Amérique centrale, fortement dépendants des exportations américaines, comme Haïti (+ 28 %) et le Honduras (+ 19 %). Les marchés des zones productrices d’Afrique de l’Ouest ont connu un recul des prix du maïs (- 20 % ou plus), mais qui ne s’est pas encore répercuté sur les marchés des villes de la région. Les prix intérieurs du riz ont plutôt moins fluctué que ceux des autres céréales, grâce en partie à des cours internationaux plus stables. Le recul de la production au Brésil et en Haïti explique l’augmentation des prix intérieurs dans ces pays (respectivement + 14 et 11 %) alors qu’au Myanmar, où les marchés sont sous contrôle, l’augmentation de la demande d’exportations et des inondations localisées ont entraîné un renchérissement de 11 %. Des baisses plus faibles du prix du riz (moins de 10 %) ont été observées sur les marchés sous contrôle du Mali, de Colombie et du Niger, liées à une offre accrue, alors que le prix du riz importé a reculé en Somalie.

Les variations des prix intérieurs entre septembre 2011 et septembre 2012 sont typiques des larges écarts traditionnellement observés sur une année, et découlent de plusieurs facteurs : niveau soutenu des prix du pétrole, récoltes peu abondantes dans certains cas en 2011/2012, dévaluations et autres politiques poursuivies. La situation est complexe. Le prix du blé au Bélarus en septembre 2012 est supérieur de 67 % à son niveau de septembre 2011, en partie sous l’effet d’un affaiblissement du taux de change alors même que le pays a vu ses importations augmenter et sa production reculer. L’Uruguay, qui exporte du blé, a connu une augmentation des prix intérieurs de la farine (+ 21 %) supérieure à celle enregistrée l’année précédente, victime de la répercussion de cours internationaux soutenus. Dans un contexte différent, la présence de stocks suffisants en Géorgie et la réglementation des prix en Bolivie expliquent le recul des prix du blé (- 13 % l’an dans les deux cas) 33 Certains marchés du sud du Malawi 34 font état des plus fortes augmentations des prix du maïs (plus de 100 %), qui tiennent en grande partie à la médiocrité des récoltes, à une inflation soutenue et à l’alourdissement de la facture des carburants. 35 Des hausses plus modestes du prix annuel du maïs ont été enregistrées sur certains marchés du Lesotho (37 %), ainsi qu’en Tanzanie et en Haïti (31 %). Des récoltes tardives et une offre abondante expliquent la baisse du prix annuel du blé en Somalie et sur les marchés d’Amérique centrale.

Le prix du riz sur certains marchés intérieurs sous contrôle d’Inde a augmenté de 30 %, sous l’effet conjugué de l’ampleur des volumes négociés, d’exportations soutenues et de la hausse des prix des carburants 36 Au Bangladesh, les prix annuels ont reculé grâce à une récolte 2012 satisfaisante et la mise à disposition de stocks publics alors qu’en Somalie, les prix auraient atteint leur niveau le plus faible depuis la crise de 2008. 37

Tableau 2. Principales variations de prix sur les marchés intérieurs
 Variations trimestrielles : juillet 2012 – septembre 2012
Blé % de variation Maïs % de variation
Tajikistan - moyenne nationale- blé (farine 1ère catégorie) - prix de détail (Somoni/Kg) 27 Haiti - Port-au-Prince - Maïs (imported) - prix de détail (Gourde/Local) 28
Kyrgyzstan - moyenne nationale - blé (farine 1ère catégorie) - prix de détail (Som/kg) 16 Russian Federation - moyenne nationale - Maïs (offer EXW) - prix de gros (Russian Ruble/tonne) 20
Belarus -Minsk - blé (farine) - prix de détail (Belarussian Ruble/Kg) 15 Honduras - moyenne nationale - Maïs (blanc) - prix de gros (USD/Kg) 19
El Salvador-San Salvador - blé (farine) - prix de détail (USD/Local) 14 Ukraine - moyenne nationale-Maïs (bid EXW, processing) prix de gros (Hryvnia/tonne) 18
Afghanistan - Kabul - blé (farine) -prix de détail (Afghani/Kg) 14 Rwanda - Kigali - Maïs - prix de gros (USD/tonne) -19
Costa Rica-National Average - blé (farine) - prix de détail (USD/kg) -2 Nigeria - Kano - Maïs - prix de gros (Naira/Local) -22
Peru - moyenne nationale - Wheat (durum) - prix de gros (Nuevo Sol/Kg) -2 Ghana - Tamale - Maïs - prix de détail (Ghana Cedi/Kg) -26
Ethiopia - Shashemene - blé (blanc) - prix de gros (Ethiopian Birr/Local) -5 Chad - Moussoro - Maïs - prix de détail (CFA Franc/Kg) -31
Bolivia - LaPaz - blé (décortiqué) - prix de gros (Boliviano/Local) -7 Uganda - Kampala - Maïs - prix de gros - (USD/tonne) -43
Riz   Sorgho  
Brazil - moyenne nationale - Riz - prix de détail (Brazilian Real/Kg) 14 Niger - Maradi - Sorgho (local) - prix de gros (CFA/Franc) 16
Haiti - Port-au-Prince - Riz (imported) - prix de détail (Gourde/Local) 11 Ethiopia - Addis Ababa - Sorgho (blanc) - prix de gros (USD/Kg) 10
Mexico - Mexico City - Riz - (Morelos) - prix de gros (Mexican Peso/Kg) 11 El Salvador - San Salvador - Sorgho (Maicillo) - prix de détail (USD/Local) 4
Myanmar - Yangon - Riz (Emata 25%) - prix de gros (Kyat/Kg) 11 Burkina Faso - Ouagadougou - Sorgho (local) - prix de gros (CFA/Franc/Local) 2
Mali - Barnako - Riz (local) - prix de gros (CFA Franc/Local) -5 Haiti - Port-au-Prince - Sorgho - prix de détail (Gourde/Local) -2
Colombia - moyenne nationale - Riz (second quality) - prix de détail (Colombian Peso/Kg) -5 Nigeria - Kano - Sorgho - prix de gros (Naira/Local) -6
Costa Rica - moyenne nationale - Riz (second quality) - prix de détail (USD/Kg) -6 Sudan - Khartoum - Sorgho (Feterita) - prix de gros (Sudanese Pound/Local) -12
Niger - Agadez - Riz (imported) - prix de gros (CFA Franc/Local) -9 Somalia - Bossaso - Sorgho (red) prix de détail (Somali Shilling/Kg) -14
Somalia - Mogadishu - Riz (imported) - prix de détail (Somali Shilling/Kg) -13 Mali-Barnako - Sorgho (local) - prix de gros (CFA Franc/Local) -16
 Annual Price Movements: septembre 2011 - septembre 2012
Blé % de variation Maïs % de variation
Belarus - moyenne nationale - blé (farine) prix de détail (Belarussian Ruble/Kg) 67 Malawi - Liwonde - Maïs - prix de détail (Kwacha/kg) 116
Uruguay - moyenne nationale - blé (farine) Retail 21 Lesotho - Maseru - Maïs meal (imported) - prix de détail (Loti/Kg) 37
Bangladesh - Dhaka - blé (farine) - prix de détail (Taka/Kg) 20 Haiti - Port-au-Prince - Maïs (imported) - prix de détail (Gourde/Local) 33
Ukraine - moyenne nationale - Wheat, 3rd class (bid, EXW, processing) Hryvnia/tonne 20 United Republic of Tanzania - Dar es Salaam - Maïs - prix de gros (USD/Tonne) 31
Sudan - Khartoum - Wheat - prix de gros (Sudanese Pound/Local) 18 Peru - Lima - Maïs (blanc) - prix de détail (Nuevo Sol/Kg) 29
Nepal - Khatmandu - blé (farine) - prix de détail (Nepalese Rupee/Kg) -6 Honduras - moyenne nationale - Maïs (blanc) - prix de gros (USD/Kg) -23
Mauritania - Nouakchott - Wheat - prix de détail (Ouguiya/Kg) -7 Colombia - Bogota - Maïs (blanc) - prix de gros (Colombian Peso/Kg) -24
Ethiopia - Addis Ababa - blé (blanc) - prix de gros (USD/kg) -7 Nicaragua - moyenne nationale - Maïs (blanc) - prix de détail (Cordoba Oro/Kg) -30
Bolivia - La Paz - blé (décortiqué) - prix de gros (Boliviano/Local) -13 El Salvador - San Salvador - Maïs (blanc) prix de détail (USD/Local) -33
Georgia - moyenne nationale - blé (farine) - prix de détail (Lari/Kg) -13 Bolivia - La Paz - Maïs (hard yellow,cubano) prix de gros (Boliviano/Spanish quintal (46 Kg)) -35
El Salvador - San Salvador - blé (farine) - prix de détail (USD/Local) -20 Somalia - Mogadishu - Maïs (blanc) - prix de détail (Somali Shilling/Kg) -40
Riz % de variation Sorgho % de variation
Rwanda - Kigali - Riz - prix de gros (USD/tonne) 50 Sudan - Khartoum - Sorgho (Feterita) - prix de gros (Sudanese Pound/Local) 83
United Republic of Tanzania - Dar es Salaam - Riz - prix de gros (USD/tonne) 40 Mali - Bhamako - Sorgho - (local) - prix de gros (CFA Franc/Local) 60
Mexico - Mexico City - Riz - (Morelos) - prix de gros (Mexican Peso/Kg) 40 Chad - N/Djamena - Sorgho - prix de détail (CFA Franc/Kg) 48
India - Chennai - Riz - prix de détail - (Indian Rupee/Kg) 34 Burkina Faso - Ouagadougou - Sorgho (local) - prix de gros (CFA Franc/Local) 45
Chad - N'Djamena - Riz (local) - prix de détail (CFA/Franc) 29 Niger - Niamey - Sorgho (local) - prix de gros (CFA Franc/Local) 43
Russian Federation - Natrional Average - Riz (local) - prix de détail (Russian Ruble/Kg) -7 Ethiopia - Addis Ababa - Sorgho (blanc) - prix de gros (USD/Kg) 27
Peru - moyenne nationale - Riz (paddy) - prix de gros (Nuevo Sol/Kg) -9 Haiti - Port-au-Prince - Sorgho - prix de détail (Gourde/Local) 20
Bangladesh - Dhaka - Riz (coarse) - prix de gros (Taka/Kg) -23 El Salvador - San Salvador - Sorgho (Maicillo) - prix de détail (USD/Local) -36
Somalia - Mogadishu - Riz - (imported) - prix de détail (Somali Shilling/Kg) -48 Somalia - Mogadishu - Sorgho (red) - prix de détail (Somali Shilling/Kg) -59
   
Source : Food and Agriculture Organization (FAO), Global Information and Early Warning System (GIEWS). Currencies as originally reported by FAO.

 

Au-delà des seuls prix alimentaires

Même si le pic de juillet n’a pas déclenché de nouvelle crise alimentaire mondiale 38 comme l’évoquait le numéro d’août du rapport Food Price Watch, il a contribué à conforter le sentiment grandissant selon lequel des prix élevés et volatils (sujets à de fréquentes flambées) constituent la nouvelle normalité 39 Dans ce contexte, il faut de toute évidence consentir des efforts supplémentaires pour consolider les filets de protection sociale, investir dans une agriculture durable, placer la nutrition au cœur de toutes les interventions et assurer un suivi constant des prix alimentaires. Au bout du compte, il est vital que la sécurité alimentaire se hisse en tête des priorités de l’ordre du jour international et soit considérée comme telle.

De nombreuses raisons justifient que l’insécurité alimentaire fasse impérativement partie des priorités de la communauté internationale. L’ampleur des problèmes reste très préoccupante. Fin octobre, la FAO, le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont publié des chiffres sur la malnutrition chronique : 870 millions de personnes en étaient victimes en 2010/2012. S’il est stable depuis 2007-2009, ce chiffre est sans commune mesure avec le recul indispensable pour pouvoir atteindre l’objectif du Millénaire pour le développement (OMD) relatif à la faim d’ici 2015 (encadré 1). La situation entre régions et au sein d’une même région 40 se révèle assez hétérogène et, selon une étude de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), la date butoir de 2015 pour réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim par rapport à 1990 sera largement dépassée 41

Encadré 1. Comment le monde agit pour éradiquer l’insécurité alimentaire

Avec l’éradication de la pauvreté, l’éradication de la faim est le premier des OMD. Plusieurs agences des Nations Unies se saisissent de ce problème, sous de nombreux angles. Il s’agit notamment de la FAO, du FIDA, du PAM, de l’UNICEF et, depuis peu, de l’Équipe spéciale de haut niveau sur la crise mondiale de la sécurité alimentaire (HLTF). Le mouvement en faveur du Cadre d’action pour le renforcement de la nutrition (Scale-up Nutrition), qui s’efforce à l’échelle des pays de renforcer l’efficacité des programmes de nutrition, atteste également de l’importance accordée à cette question par la communauté internationale. Ce ne sont là que quelques-unes des multiples initiatives engagées parallèlement au travail des banques multilatérales et régionales de développement, des organisations de la société civile et des fondations. Cette année, la 67e session de l’Assemblée générale des Nations Unies a organisé une réunion de haut niveau sur le renforcement de la nutrition, sans oublier la Journée mondiale de l’alimentation (célébrée depuis 1945) et, plus récemment, les sommets du G20 qui s’intéressent sans relâche au renforcement de la sécurité alimentaire et à la question de la volatilité des prix des matières premières. Sur le front des ressources, le rapport du dernier sommet du G8 indique que le financement d’activités visant spécifiquement la nutrition ou sensibles à cette question a frôlé les 3 milliards de dollars en 2011 (soit une augmentation de près de 50 % par rapport aux niveaux de 2009. a Au total les montants décaissés au titre de l’aide publique au développement (APD) dans les domaines de la nutrition et de la sécurité alimentaire ont atteint en moyenne de 12,6 milliards de dollars sur la période 2008-2010, soit environ 50 % de plus en termes réels qu’en 2002 b.


a. Sommet du G8 de Camp David (2012), Camp David Accountability Report: Actions, Approach and Results.
b. OCDE (2012) Aid for Food and Nutrition Security (2012; 1-2)

Les coûts humains du retard des interventions ou de l’inaction sont intolérables. Chaque année, la malnutrition provoque la mort de 3,5 millions d’enfants de moins de cinq ans, soit autant de décès qui pourraient être évités 42 Tout retard pris dans les interventions a des conséquences désastreuses. Dans le cas de la récente famine qui a sévi dans le sud de la Somalie, par exemple, une réponse humanitaire à la hauteur des besoins n’est intervenue qu’en juillet 2011, soit à une date « extrêmement tardive » 43 alors même que des alertes avaient été largement diffusées et en temps utile dès août 2010. Beaucoup considéraient cette catastrophe humaine comme « normale » 44 dans un pays perpétuellement en crise et sans structures étatiques fonctionnelles. Sans compter que la catastrophe s’est déroulée au moment même où la communauté internationale était obnubilée par le Printemps arabe, la récession mondiale, le séisme et le tsunami au Japon et les accidents nucléaires. 45 Conclusion, malgré des alertes précoces et du fait d’une réponse humanitaire tardive, il a fallu attendre la déclaration officielle de l’état de famine en juillet 2011 pour pouvoir prendre en charge les 1,5 million de Somaliens au bas mot touchés par la crise (figure 3).

 

Figure 3. Évolution du nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire, financements cumulés et calendrier des alertes à la crise alimentaire en Somalie (décembre 2010 – novembre 2011)

 


Source : C. Hillbruner et G. Moloney, “When Early Warning Is Not Enough—Lessons Learned from the 2011 Somalia Famine”, Global Food Security (à paraître).
Note : * Le taux de malnutrition aiguë globale (MAG) mesure le pourcentage de la population souffrant d’émaciation grave, c’est-à-dire présentant un rapport poids/taille inférieur à – 2 z-scores et des œdèmes nutritionnels (IPC Global Partners, Integrated Food Security Phase Classification Technical Manual, version 1.1, FAO, Rome [2008]).

Des interventions adaptées sur la nutrition ont des effets bénéfiques étendus et remarquables. Selon un rapport du Consensus de Copenhague, le regroupement d’interventions pour lutter contre la malnutrition des enfants d’âge préscolaire est l’initiative qui a le rapport coût-efficacité le plus élevé parmi celles menées dans les domaines de la lutte contre le changement climatique, les maladies, les conflits armés et les catastrophes naturelles. 46 Les investissements de recherche et développement visant à accroître les rendements agricoles tirent eux aussi très nettement leur épingle du jeu en termes de bénéfices avérés. 47 En mettant en place des programmes destinés à améliorer la nutrition, on peut démultiplier les effets positifs obtenus : de la relance de la croissance économique à l’amélioration du développement cognitif et de l’apprentissage en passant par un appui à l’émancipation des femmes, l’amélioration de la santé maternelle, du poids des nouveau-nés et de la nutrition infantile ou la réduction des interactions délétères entre malnutrition et maladies infectieuses, dont le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) 48 L’édition 2012 du Rapport de suivi mondial (GMR) 49 de la Banque mondiale constate que la malnutrition infantile est à l’origine de plus d’un tiers de la mortalité des enfants de moins de cinq ans et que la malnutrition des femmes enceintes explique plus de 20 % des décès maternels.

Parmi d’autres effets difficiles à inverser, les retards de croissance (petite taille, insuffisance pondérale par rapport à l’âge) et les mauvais résultats scolaires. En moyenne, la scolarisation d’un enfant mal nourri commence avec sept mois de retard et est écourtée de 0,7 classe. À l’âge adulte, cette personne souffrira d’une perte de revenus potentielle de 10 à 17 % durant toute sa vie. De ce fait, la malnutrition a un impact négatif sur le capital humain futur et occasionne des pertes économiques qui peuvent atteindre 2 à 3 % du PIB des pays concernés. Autrement dit, la malnutrition n’est pas seulement une conséquence de la pauvreté : elle est aussi l’une de ses causes.

Mais la sécurité alimentaire fait-elle partie des priorités d’action de la communauté internationale ? 50 À l’inverse du combat contre l’extrême pauvreté, la lutte contre la faim n’a pas enregistré de grands progrès : depuis l’éclatement de la crise mondiale de 2008, la situation semble stagner. Le rapport du G8 fait état d’importants besoins non satisfaits (environ 50 %) pour financer les plans nationaux de sécurité alimentaire dans le monde 51Dans son Rapport de suivi mondial 2012, la Banque mondiale relève que le volet de l’aide directement axé sur l’agriculture, l’alimentation et la nutrition — 11 % du total des engagements en 2010 — n’a pas augmenté à la suite des récentes flambées des prix alimentaires ni depuis l’adoption des OMD en 2000 52Cela s’explique en partie par le fait que la malnutrition est invisible, multisectorielle et très vite irréversible si rien n’est fait quand tout est encore possible 53

D’autres difficultés — liées à la production, à l’accessibilité, aux échanges et à l’innocuité des produits alimentaires mais aussi aux caractéristiques géographiques (pour ne citer que celles-ci) — rendent l’insécurité alimentaire encore plus complexe à aborder. Une analyse récente de Save the Children et World Vision (The Nutrition Barometer, 2012) montre que même les pays solidement ou correctement mobilisés en faveur de la nutrition n’obtiennent pas forcément de résultats solides ou corrects immédiatement. 54

L’efficacité accrue de l’action des gouvernements, grâce à une mobilisation supplémentaire de ressources et de savoirs, l’optimisation des interventions et une plus grande priorité accordée aux résultats, contribuera à faire de la sécurité alimentaire une question plus prégnante dans les priorités internationales. Il faut aussi plus particulièrement veiller à ce que l’on dispose de données fiables en temps voulu (notamment à l’échelle de nombreux pays à faible revenu) et prévenir les réactions de panique. Car, l’un dans l’autre, la sécurité alimentaire est un problème que le monde ne peut se permettre d’ignorer ou de traiter avec plus ou moins d’urgence en fonction des caprices des cours des produits alimentaires.  

Notes

1. De même, les prix du soja restent soutenus, du fait d’un recul de la production aux États-Unis et de stocks exceptionnellement limités. L’augmentation saisonnière de l’offre, des rendements supérieurs aux attentes et une campagne exceptionnelle attendue en Amérique du Sud ont évité toute nouvelle augmentation des prix et contribué à un certain fléchissement en septembre et octobre (Conseil international des céréales [IGC], Global Market Report [GMR] 428, septembre 28, 2012.
2. USDA, World Agricultural Supply and Demand Estimates (WASDE) 511, octobre 2012.
3. IGC, GMR 424 (septembre 28, 2012); FAO and GIEWS, Global Food Price Monitor, octobre 10, 2012.
4. USDA, WASDE 512, novembre 2012.
5. Ibid.
6. En valeur absolue, les stocks mondiaux de clôture sont au plus bas depuis 2006/2007 (USDA, WASDE 512).
7. Pourtant, l’édition de novembre du WASDE (USDA, WASDE 512) fait état de reculs plus faibles par rapport aux estimations d’octobre.
8. La FAO (Outlook, novembre 2012) prévoit un repli en valeur absolue du maïs utilisé pour produire de l’éthanol de 127 005 tonnes en 2011/2012 à 114 204. Étant donné le net tassement de la production de maïs aux États-Unis, cette baisse de 10 % ne réduira pas la part destinée à l’éthanol dans la production totale, qui augmentera de 40 à 42 %.
9. USDA, WASDE 512; FAO Outlook; IGC GMR 424.
10. AMIS, Market Monitor, No. 2, octobre 4, 2012.
11. FAO Outlook.
12. La FAO (Outlook) prévoit un recul de 12 % des stocks mondiaux de blé.
13. Le blé semble se substituer aux fourrages traditionnels, comme d’ailleurs les drêches déshydratées de distillerie.
14. USDA WASDE 512; FAO Outlook.
15. FEWSNET (Réseau de systèmes d’alerte précoce contre la famine), Price Watch, 31 octobre 2012.
16. USDA, WASDE 512.
17. Globalement, 36 % de la nouvelle récolte de blé d’hiver aux États-Unis sont considérés comme bons à excellents, contre 50 % l’an dernier à la même période. Si l’on note une légère amélioration dans certains États, d’autres continuent de souffrir d’une sécheresse extrême, voire exceptionnelle. En Russie, les projections pour la récolte d’hiver sont mitigées pour les régions méridionales et bonnes pour les régions centrales – deux grandes zones de production (C. Gillam, « U.S. droughts persists despite rain; wheat struggles », RTRS, 15 novembre 2012 ; Banque mondiale, Daily Markets Report, 15 novembre 2012).
19. FAO, « Rapport de mise à jour des prix du riz », novembre 2012. http://www.fao.org/economic/est/publications/publications-sur-le-riz/rapport-de-mise-a-jour-des-prix-du-riz-de-la-fao/fr/
20. FAO Outlook.
21.Ibid.
22. USDA, WASDE 511.
23. Ces données agrégées pour les céréales englobent cependant des attentes plus positives pour le riz, comme expliqué à la section précédente.
24. Ainsi, la communauté internationale n’a pas jugé opportun de convoquer d’urgence le Forum de réaction rapide pour discuter, sous les auspices du système AMIS d’information sur les marchés agricoles mis en place par le G20, de solutions à la possible escalade des prix alimentaires. De plus, aucun accord n’a été trouvé sur la constitution de stocks stratégiques mondiaux de produits agricoles de première nécessité (Banque mondiale, « Domestic Markets Review », 4 octobre 2012).
25. USDA, USDA Grain: World Markets and Trade, novembre 2012 ; Agrimoney.com, « Surge in Chinese Wheat Imports ‘to Set a Trend », 24 octobre 2012, http://www.agrimoney.com/news/surge-in-chinese-wheat-imports-to-set-a-trend--5139.html.
26. Le Népal a levé l’interdiction pesant depuis 2008 sur les exportations de riz. Le Bangladesh a fait la même chose pour le riz aromatisé mais il a renouvelé l’interdiction pour les variétés non aromatisées jusqu’en 2013. Dans son Outlook, la FAO fait un point exhaustif de l’évolution des politiques nationales entre mai et octobre 2012. .
27. Samenow "El Nino May Fizzle and Fall Short of Hype." The Washington Post, octobre 5, 2012
28. Les prix du gaz naturel et des phosphates influent aussi sur le prix des engrais mais ils sont restés stables ces derniers mois.
29. Banque mondiale, DMR, 11 octobre 2012.
30. Les prix des principales céréales au Rwanda et en Tanzanie affichent néanmoins une augmentation saisonnière avec le début de la période de soudure. FEWSNET, Price Watch, octobre 2012.
31. Haïti fait exception. La tempête tropicale Isaac a détruit bon nombre de cultures sur l’île, aggravant la situation due à une décevante campagne de printemps (ou primera) – d’autant que les ravages provoqués par l’ouragan Sandy viennent s’ajouter à ce mauvais bilan.
32. Ainsi, seuls cinq des onze pays d’Afrique subsaharienne qui font l’objet d’un suivi ont subi une répercussion partielle du bond de 25 % des prix du maïs et du blé en juillet. Les marchés concernés sont Bujumbura au Burundi, Dire Dawa en Éthiopie, Mbeya en Tanzanie, Ndjamena au Tchad et Wau au Soudan du Sud (Banque mondiale, World and Sub-Saharan Africa – October 2012 Food Prices Update, Départements Développement durable et Lutte contre la pauvreté de la Région Afrique).
33. FAO, Global Food Price Monitor, octobre 2012.
34. Des augmentations semblables de prix en glissement annuel ont été observées dans les régions en déficit du Zimbabwe (Banque mondiale, October 2012 Food Prices Update).
35. La mise à disposition plus systématique de stocks publics a en partie compensé ces hausses.
36. FAO, Global Food Price Monitor, octobre 2012.
37. FAO, Global Food Price Monitor, septembre 2012.
38. Ce qui ne veut pas dire que la flambée du prix des céréales sur les marchés internationaux observée en juillet et août n’a pas eu d’impact supplémentaire sur la pauvreté ni aggravé un peu plus les conditions de sécurité alimentaire à court terme dans le monde, comme c’est malheureusement le cas après une envolée des prix.
39. Si la volatilité mensuelle des prix alimentaires sur les marchés internationaux ne cesse d’augmenter depuis 2007, la volatilité mensuelle est en baisse depuis deux ans. Mais cette moyenne sur deux ans masque les deux records de prix atteints en février 2011 et juin 2012. Il est intéressant de noter que la volatilité quotidienne des prix ne diminue que depuis trois mois, ce qui s’explique par des facteurs saisonniers (nouvelles récoltes et ensemencements). Le degré d’incertitude à court terme s’est donc réduit depuis peu. Mais l’ampleur des incertitudes sur les marchés continuera de peser sur la volatilité des prix alimentaires.
40.L’Asie de l’Est et du Sud-est ainsi que l’Amérique latine ont fait d’immenses progrès en matière de lutte contre la faim. À l’inverse, le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Asie du Sud n’ont pas suffisamment progressé pour réduire de moitié le niveau de 1990 et le nombre de personnes souffrant de la faim a de fait augmenté en Afrique subsaharienne et en Asie de l’Ouest ces 20 dernières années. Il importe de conjuguer la croissance économique et des politiques multisectorielles avisées au plan mondial et national pour pouvoir accélérer les progrès de la lutte contre la malnutrition et la faim. Ainsi, la réduction de la proportion de personnes mal nourries en Amérique latine est supérieure à celle de l’Asie du Sud, alors même que cette région connaît une croissance plus soutenue (FAO, FIDA et PAM, L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2012).
41. En 1990/1992, le nombre d’êtres humains victimes de la faim s’établissait à 1 milliard, soit 18,6 % de la population mondiale. En 2050, 766 millions d’individus affamés représenteront environ 8,5 % des 9 milliards d’êtres humains que devrait compter notre planète (J. Hoddinott, M. Rosegrant et M. Torero, Hunger and Malnutrition: Challenge Paper, Copenhagen Consensus 2012).
42. Scale up Nutrition, A Framework for Action (2008).
43.C. Hillbruner and G. Moloney, "When Early Warning is Not Enough - Lessons Learned from the 2011 Somalia Famine," Global Food Security (forthcoming)
44.S. Lautze, W. Bell, L. Alinovi, and L. Russo, "Early Warning, Late Response (Again): The 2011 Famine in Somalia," p. 5 (forthcoming)
45. Ibid.
46.Consensus de Copenhague, Expert Panel Findings (2012).
47. Ibid.
48. Scale up Nutrition, Framework.
49.Banque mondiale, Global Monitoring Report 2012: Food Prices, Nutrition, and the Millennium Development Goals, Groupe d’étude des perspectives de développement (DECPG).
50.Jose Cuesta, « Where Is Food Security Really on the Global Policy Agenda? », 15 août 2012, http://blogs.worldbank.org/voices/where-is-food-security-really-on-the-global-policy-agenda.
51. G-8, G8 Camp David Accountability Report: Actions, Approach, Results (2012, 14).
52.Qui plus est, l’aide à la nutrition représente une infime fraction de ces engagements (environ 2 % du total des flux d’aide à l’agriculture, l’alimentation et la nutrition), malgré de multiples données qui attestent que les progrès sur le plan de la nutrition et du développement de la petite enfance sont essentiels pour atteindre un certain nombre d’OMD et obtenir des résultats durables en matière de développement.
53. L. Haddad, « How Can We Build an Enabling Political Environment to Fight Undernutrition in the Future? », In A Nutritious New World: Will the World Nutritiously Feed Its Growing Population? Special Debate Section, European Journal of Development Research (à paraître).
54. Save the Children et World Vision (The Nutrition Barometer: Gauging National Responses to Undernutrition [2012]) analysent les engagements et les résultats obtenus en matière de nutrition de 36 pays. Dix-huit d’entre eux sont considérés comme faisant preuve d’un engagement fragile ou récent. Une moitié obtient des résultats fragiles ou naissants et l’autre moitié des résultats corrects ou solides. Les 18 autres pays font preuve d’un engagement correct ou solide : une moitié obtient des résultats fragiles ou naissants et l’autre des résultats corrects ou solides. Autrement dit, le niveau d’engagement n’est pas le seul déterminant des résultats obtenus.

Les rapports Food Price Watch, préparés par le Groupe pour la réduction de la pauvreté et l'équité de la Banque mondiale, cherchent à attirer l'attention sur l'évolution des prix alimentaires intérieurs dans les pays à revenu faible et intermédiaire ainsi que sur leurs implications pour les politiques.
Contact : José Cuesta (jcuesta@worldbank.org)