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FÉVRIER 2014

Tendances des prix alimentaires mondiaux

Les céréales vendues sur les marchés internationaux et les produits classés dans la catégorie des « autres » denrées — en particulier le sucre — sont à l’origine du reflux général des prix alimentaires entre octobre 2013 et janvier 2014, les unes et les autres ayant cédé 5 % sur la période. Le prix des matières grasses et des huiles est inchangé.

Figure 1 : Indice des prix alimentaires de la Banque mondiale
Source : Groupe d’étude des perspectives de développement (DECPG) de la Banque mondiale.
Note :L’indice des prix alimentaires estime le prix à l’exportation de différents produits vivriers dans
le monde, exprimé en dollars nominaux (2010 = 100). La base de référence précédente (2005)
a été actualisée.


Tableau 1. Évolution du prix de certains produits alimentaires
essentiels

 Aliments Oct. 2013–
janv. 2014 (%)
Janv. 2013–
janv. 2014 (%)
Août 2012–
janv. 2014 (%)
Indices
  Denrées alimentaires -3 -11 -18
    Céréales -5 -27 -31
    Matières grasses et huiles 0 -2 -16
    Autres -5 -4 -6
  Engrais 4 -21 -24
Prix
  Maïs -2 -35 -40
  Riz (thaï, 5 %) 3 -20 -21
  Blé (dur rouge d’hiver américain) -15 -18 -21
  Sucre (monde) -16 -17 -25
  Huile de soja -4 -21 -25
  Pétrole brut (moyenne) -3 -3 -3
Source : Groupe d’étude des perspectives de développement (DECPG) de la Banque mondiale.

L’évolution des cours des céréales au dernier trimestre varie en fonction des cultures. Le prix du blé a reculé de 15 % sur les marchés internationaux entre octobre 2013 et janvier 2014. Cette baisse, la plus forte de toutes les céréales, constitue une inversion de tendance par rapport aux trimestres précédents, surtout après la brusque augmentation d’octobre 2013 liée aux intempéries. Les cours du maïs n’ont perdu que 2 % sur la période considérée, même si les baisses enregistrées pendant ce trimestre portent à neuf le nombre de mois consécutifs de repli. En janvier 2014, les prix du maïs étaient inférieurs de 35 % à leur niveau de janvier 2013 sachant que, pour l’essentiel, cette baisse est intervenue entre juin et octobre 2013, comme l’avait indiqué l’édition du rapport Food Price Watch de novembre 20132. Les prix du riz ont connu des évolutions différentes selon l’origine et la qualité du produit entre octobre 2013 et janvier 2014, avec une augmentation de 3 % du riz thaï (5 %) mais une hausse de 11 % du riz vietnamien (dont les variations de prix ne sont pas répertoriées dans nos tableaux). À l’inverse et sur la même période, les prix à l’exportation du riz indien et du riz thaï de qualité inférieure ont diminué en raison de l’abondance de l’offre et en dépit des programmes d’achats publics, qui ont en partie freiné cette baisse. Dans les produits de base hors céréales, le pétrole brut a atteint 104 dollars le baril au cours du trimestre qui s’est terminé en janvier 2014 (moyenne des différents types de pétrole établie par la Banque mondiale), se situant à cette date à environ 3 % en deçà de sa moyenne d’octobre 2013. Les engrais se sont renchéris de 4 % sur la période, alors même que l’année a été marquée par d’importantes baisses3. Si les cours du sucre ont nettement fléchi (de 16 %), ceux de l’huile de soja ont connu un déclin plus modéré (de 4 %)4.

Des conditions propices ont confirmé les anticipations de récoltes record de céréales, ce qui a entraîné de nouvelles baisses de prix — mais moins marquées — entre octobre 2013 et janvier 2014. Grâce à des conditions de production globalement favorables dans les deux hémisphères, les prévisions pour le blé tablent sur des niveaux record pour la période 2013-2014. Les grands pays producteurs de la mer Noire, les États-Unis, l’Union européenne (UE), le Canada, la Chine et l’Inde font tous état de conditions propices aux récoltes, malgré des campagnes plus ou moins avancées5. Dans l’hémisphère Sud, les grands producteurs que sont l’Australie, l’Argentine et l’Afrique du Sud notamment, prévoient des conditions plutôt positives, même si des inquiétudes récentes provoquées par la chaleur et la sécheresse persistent pour l’Argentine et l’Australie et viennent brouiller ces perspectives6. La baisse de l’utilisation du blé comme fourrage, remplacé par le maïs et d’autres céréales secondaires, moins chers, a allégé les tensions sur les cours internationaux7. À l’inverse, la hausse de la demande d’importations en provenance de l’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et du Japon et l’augmentation des prix d’achat officiels en Inde ont accentué la pression sur les prix à l’exportation8.

L’anticipation d’une récolte record de maïs aux États-Unis, premier producteur et exportateur mondial (après la dégringolade de 2013), la nette montée en puissance des pays producteurs de l’UE et de la mer Noire et des récoltes plus abondantes en Chine9 contribuent au recul des cours internationaux. Les nouvelles baisses de prix pourraient être tempérées par une reprise de la demande de fourrage, notamment en Chine et aux États-Unis10. L’utilisation du maïs pour produire de l’éthanol aux États-Unis regagne du terrain, traduisant une production soutenue et des prévisions en hausse pour ce type de carburant dans ce pays11. Mais des ajustements à la baisse de la production de maïs sont récemment intervenus en Argentine, en Russie et dans l’UE — sans oublier les répercussions des intempéries au Brésil et en Afrique du Sud et l’augmentation du prix des achats publics en Chine12.

Dans le cas du riz, plusieurs facteurs se sont conjugués pour expliquer la nouvelle révision à la hausse des anticipations d’une récolte record : amélioration des rendements et des surfaces cultivées aux États-Unis, au Brésil et au Pakistan ; excellentes campagnes dans les gros pays producteurs d’Asie, notamment la Thaïlande et l’Inde ; et perspectives plus positives en Indonésie13. Ces records de production mais aussi l’abondance des stocks publics en Inde et les efforts du gouvernement thaïlandais pour écouler ses stocks importants tirent les prix à l’exportation vers le bas. Ce qui n’a pas empêché le prix de certaines variétés et de riz d’origines différentes d’augmenter récemment, sous l’effet de plusieurs facteurs : programme contesté de soutien au riz paddy en Thaïlande14, hausse de la demande de riz vietnamien après le passage du super-typhon Haiyan aux Philippines15et production décevante en Chine où, pour la première fois depuis dix ans, la récolte devrait être en baisse16.

À court terme, les pressions devraient se relâcher. La dernière édition du Commodity Markets Outlook17 de la Banque mondiale évoque des « tendances normales » en ce qui concerne l’état des cultures, ce qui laisse présager d’une évolution favorable sur fond de marchés bien approvisionnés et de stocks de céréales solides18. La poursuite attendue du recul du prix des engrais, une certaine stabilité de la production des biocarburants et le maintien de politiques commerciales raisonnables (à l’instar de celles adoptées lors de la dernière flambée des cours en 2012) pointent tous vers des perspectives positives. Pour autant, des inquiétudes d’ordre météorologique dans les grands pays producteurs et exportateurs, notamment en Argentine, en Australie et dans certaines régions de Chine19, la hausse des cours du pétrole et les conséquences sur les prix du riz à l’exportation d’une politique attendue d’écoulement encore plus systématique des stocks publics en Thaïlande sont autant de risques qui exigent une surveillance attentive dans les mois qui viennent.

Tendances des prix intérieurs

Les prix des céréales sur les marchés intérieurs sont restés globalement stables, avec des évolutions plus contrastées pour certaines régions. En Afrique de l’Ouest, le niveau des prix n’a guère évolué ces derniers mois ou alors à la baisse, grâce à une augmentation de l’offre dans les pays côtiers (notamment le Nigéria) qui a plus que compensé une production en berne dans le Sahel20. En Afrique australe, le prix du maïs est resté soutenu quand il n’a pas augmenté, atteignant un niveau record en Afrique du Sud, en raison d’un approvisionnement saisonnier plus restreint, d’une demande en hausse, de la dépréciation du rand et des inquiétudes entourant les futures récoltes21. En Afrique de l’Est, les prix du maïs calés sur les variations saisonnières sont en recul depuis peu, grâce aux campanes en cours, mais ils restent soutenus. En Amérique centrale, les prix du maïs sont stables ou en recul, l’offre étant abondante et les perspectives favorables, sachant que les tendances sont moins nettes pour les haricots22. En Amérique du Sud, les prix du blé se maintiennent à des niveaux élevés, même après les baisses observées après la clôture des campagnes, alors que les prix du maïs restent stables et faibles, grâce à de bonnes récoltes. En Asie de l’Est et du Sud, le prix des denrées de base a connu des évolutions contrastées : dans les principaux pays exportateurs, les prix intérieurs ont baissé à la suite de récoltes record alors qu’ils ont augmenté ailleurs, attisés par les intempéries. Dans le cas du blé, les prix sont stables mais soutenus faute d’une offre suffisante. En Asie centrale, les prix du blé sont soutenus mais stables, tirés par des cours du pétrole et des frais de transport élevés malgré de bonnes campagnes récentes et un recul des prix à l’exportation dans la région23.

Entre octobre 2013 et janvier 2014, les plus fortes augmentations du prix du blé (tableau 2) sont intervenues sur l’ensemble des marchés observés au Soudan (30 %), sous l’effet d’une demande en hausse et d’une dépréciation monétaire, ainsi qu’en Uruguay (20 %), en Ukraine (13 %) et en Russie (11 %), étant donné la forte demande régionale d’exportations24. De fortes baisses de prix, liées à l’arrivée sur le marché des dernières récoltes, ont été enregistrées sur les marchés observés en Argentine (59 %), en Éthiopie (21 %), en Moldova (20 %), au Brésil (13 %, moyenne nationale) et au Tadjikistan (6 %, moyenne nationale)25. Sur la même période, les prix intérieurs du riz ont augmenté de 18 % en Somalie, traduisant en partie la dépréciation de la monnaie locale26, et de respectivement 10, 9 et 9 % sur les marchés au Pérou, au Malawi et au Sri Lanka29. Les plus fortes baisses sont intervenues sur les marchés des capitales de la Mauritanie (16 %), sous l’effet d’une hausse de la production nationale30, du Myanmar (13 %) et du Cambodge (11 %), reflétant avant tout une offre abondante et des perspectives positives.

Les fluctuations des prix intérieurs entre janvier 2013 et janvier 2014 sont conformes aux écarts habituellement observés sur douze mois. En janvier 2014, les prix du blé étaient supérieurs de 168 % à leur niveau de 2013 en Argentine (Buenos Aires), en raison de tensions sur l’offre et de perspectives mitigées, contre une hausse de 92 % au Soudan (Dongola), provoquée par une dépréciation monétaire et une baisse des importations liée à des problèmes de réserves de change, et de 54 % en Bélarus, mais aussi de 50 % en Éthiopie (Debre Marcos) et de 39 % en Bolivie (La Paz), sous l’effet, respectivement, d’une production réduite et d’un recul des importations. La Russie (-30 %, moyenne nationale), Moldova (Chisinau, -26 %), l’Ukraine (-19 %, moyenne nationale) et l’Afghanistan (Kaboul, -16 %) affichent tous des baisses liées à des récoltes exceptionnelles31. De fortes augmentations du prix annuel du maïs ont été enregistrées sur les marchés observés au Malawi (Liwonde, 89 %), à cause de la dévaluation de la monnaie et d’un recul de la production dans certaines régions32, en Bolivie (La Paz, 54 %), où la production l’an dernier a déçu mais aussi en Afrique du Sud (Randfontein, 47 %) et en Somalie (Hargeisa, 36 %), reflétant en partie des problèmes d’approvisionnement liés à des troubles civils. Les cours se sont repliés par rapport à l’an dernier en Ukraine et en Russie (38 %, moyenne nationale) ainsi que dans les capitales de Moldova (34 %), de Haïti (33 %) et de Tanzanie (22 %), à la suite le plus souvent de récoltes exceptionnelles en 201333. Le prix du riz a augmenté sur les marchés observés en Bolivie (41 %), au Bangladesh (28 %), au Pérou (20 %) et au Malawi (18 %)34 — une évolution inverse de la Thaïlande, du Rwanda et du Mali, où le prix annuel a plongé de plus de 20 %35.


Variations trimestrielles : octobre 2013 – janvier 2014
Blé
% de variation Maïs Variation
Soudan, Dongola, prix de gros, livre soudanaise/local 30 Afrique du Sud, Randfontein, maïs (jaune) prix de gros, rand/tonne 47
Uruguay, moyenne nationale, blé (farine), prix de gros, peso uruguayen/kg 20 Malawi, Lizulu, prix de détail, kwacha/kg 45
Bélarus, moyenne nationale, blé (farine), prix de détail, rouble du Bélarus/kg 15 Mozambique, Milange, maïs (blanc), prix de détail, metical/kg 41
Ukraine, moyenne nationale, classe 3, à l’achat, EXW, traité, hryvnia/tonne 13 Bolivie, Cochabamba, maïs (hard yellow), cubano, prix de gros, boliviano/local 27
Fédération de Russie, moyenne nationale, EXW, prix de gros, rouble russe/tonne 11 Tanzanie, Arusha, prix de gros, USD/tonne 24
Tadjikistan, moyenne nationale, blé (farine catégorie 1), prix de détail, somoni/kg -6 Équateur, Quito, maïs (jaune), prix de gros, USD/kg 21
Brésil, moyenne nationale, prix de gros, réal brésilien/kg -13 Zambie, moyenne nationale, maïs (blanc), prix de détail, kwacha/local 17
Moldova, Chisinau, prix de détail, leu moldave/kg -20 Honduras, Tegucigalpa, maïs (blanc), prix de gros, USD/kg -16
Éthiopie, Jimma, blé (blanc), prix de gros, birr éthiopien/local -21 Togo, Korbongou, maïs (blanc), prix de détail, franc CFA/kg -29
Argentine, Buenos Aires, prix de gros, USD/kg -59 Moldova, Chisinau, prix de détail, leu moldave/kg -30
    Éthiopie, Addis-Abeba, prix de gros, USD/kg -41
Riz
% de variation Sorgho Variation
Somalie, Mogadiscio, riz (importé), prix de détail, shilling de Somalie/kg 18 Somalie, Hargeisa, sorgho (rouge), prix de détail, shilling de Somalie/kg 29
Pérou, Lima, riz (blanchi), corriente, prix de gros, nuevo sol/kg 10 Soudan, Dongola, sorgho (feterita), prix de gros, livre soudanaise/local 17
Malawi, Lilongwe, prix de détail, kwacha/kg 9 Togo, Korbongou, prix de détail, franc CFA/kg 14
Sri Lanka, Colombo, riz (blanc), prix de détail, roupie sri-lankaise/kg 9 Mali, Ségou, sorgho (local), prix de gros, franc CFA/local -9
Mozambique, Nampula, prix de détail, metical/kg 7 El Salvador, San Salvador, sorgho (maicillo), prix de gros, USD/local -15
Bangladesh, Dhaka, riz (grossier), prix de gros, taka/kg 6 Niger, Maradi, sorgho (local), prix de gros, franc CFA/local -25
Inde, Patna, prix de détail, roupie indienne/kg -9 Tchad, Abéché, prix de détail, franc CFA/kg -32
Togo, Amegnran, importé, prix de détail, franc CFA/kg -9 Éthiopie, Addis-Abeba, sorgho (rouge), prix de gros, USD/kg -35
Cambodge, Phnom Penh, riz (mélange), prix de gros, riel/kg -11    
Myanmar, Rangoon, riz (emata Manawthukha FQ), prix de gros, kyat/kg -13    
Mauritanie, Nouakchott, importé, prix de détail, ouguiya/kg -16    
Variations annuelles : janvier 2013 – janvier 2014 (suite)
Blé
% de variation Maïs Variation
Argentine, Buenos Aires, blé (farine), prix de gros, USD/kg 168 Malawi, Lilongwe, prix de détail, kwacha/kg 89
Soudan, Dongola, prix de gros, livre soudanaise/local 92 Bolivie, La Paz, maïs (hard yellow), cubano, prix de gros, boliviano/local 54
Bélarus, moyenne nationale, blé (farine), prix de détail, rouble du Bélarus/kg 54 Afrique du Sud, Randfontein, maïs (blanc), prix de gros, rand/tonne 47
Éthiopie, Debré Marcos, blé (blanc), prix de gros, birr éthiopien/local 50 Somalie, Hargeisa, maïs (blanc), prix de détail, shilling de Somalie/kg 36
Bolivie, La Paz, blé (farine), importé, Argentina, prix de gros, boliviano/local 39 Zambie, moyenne nationale, maïs (blanc), prix de détail, kwacha/local 28
Afghanistan, Kaboul, blé (farine), prix de détail, afghani/kg -16 Tanzanie, Dar-es-Salaam, prix de gros, USD/tonne -22
Ukraine, moyenne nationale, classe 3, à l’achat, EXW, traité, hryvnia/tonne -19 Togo, Cinkassé, maïs (blanc), prix de détail, franc CFA/kg -25
Moldova, Chisinau, prix de détail, leu moldave/kg -26 Haïti, Port-au-Prince, maïs (farine, local), prix de détail, gourde/local -33
Fédération de Russie, moyenne nationale, EXW, prix de gros, rouble russe/tonne -30 Moldova, Chisinau, prix de détail, leu moldave/kg -34
    Fédération de Russie, moyenne nationale, EXW, prix de gros, rouble russe/kg -38
    Ukraine, moyenne nationale, à l’achat, EXW, traité, prix de gros, hryvnia/tonne -38
Riz
% de variation Sorgho Variation
Bolivie, La Paz, blé (grano de oro), prix de gros, boliviano/local 41 Somalie, Baidoa, sorgho (rouge), prix de détail, shilling de Somalie/kg 75
Bangladesh, Dhaka, riz (grossier), prix de gros, taka/kg 28 Éthiopie, Addis-Abeba, sorgho (blanc), prix de gros, USD/kg 65
Pérou, Lima, riz (blanchi), corriente, prix de gros, nuevo sol/kg 20 Soudan, Al-Fashir, sorgho (feterita), prix de gros, livre soudanaise/local 52
Malawi, Lilongwe, prix de détail, kwacha/kg 18 Tchad, Moundou, prix de détail, franc CFA/kg 25
Somalie, Buale, riz (importé), prix de détail, shilling de Somalie/kg -12 Niger, Agadez, sorgho (local), prix de gros, franc CFA/local 17
Colombie, moyenne nationale (qualité 1er choix), prix de détail, peso colombien/kg -13 Mali, Kayes, sorgho (local), prix de gros, franc CFA/local 10
Mali, Sikasso, riz (local), prix de gros, franc CFA/local -20 Burkina Faso, Ouagadougou, sorgho (local), prix de gros, franc CFA/local 7
Rwanda, Kigali, prix de gros, USD/tonne -22 El Salvador, San Salvador, sorgho (maicillo), prix de gros, USD/local -5
Thaïlande, Bangkok, riz (25 % de brisures), prix de gros, baht/tonne -27 Togo, Cinkassé, prix de détail, franc CFA/kg -31
Sources : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et Système mondial d’information et d’alerte rapide (GIEWS).
Note : les monnaies sont celles indiquées par la FAO

Pertes et gaspillage alimentaires

On parle de pertes et de gaspillage alimentaires lorsque les parties comestibles d’une plante ou d’un animal destinées à la consommation humaine ne sont finalement pas consommées36. Les pertes alimentaires interviennent à toutes les étapes de la filière alimentaire : production, stockage, transformation, distribution et vente. Elles ont essentiellement lieu dans les pays en développement37, où elles sont le résultat involontaire de contraintes techniques ou d’infrastructures inadaptées38. Dans les pays développés, le gaspillage alimentaire intervient en bout de chaîne, au niveau de la distribution et de la consommation : il procède d’une décision délibérée de jeter telle ou telle denrée. Jusqu’à l’apparition récente d’aliments bon marché, beaucoup considéraient que ce choix conscient de jeter de la nourriture relevait d’un « embarras de richesses ». Mais après les envolées répétées des prix depuis la crise de 2008 et face à une demande alimentaire toujours plus forte, du fait de la pression démographique39, les pertes et le gaspillage alimentaires commencent à préoccuper sérieusement la communauté internationale. Une attention qui se justifie pleinement quand on découvre ces chiffres accablants :

  • entre un quart et un tiers de toutes les denrées produites chaque année et destinées à la consommation humaine — soit environ 4 milliards de tonnes d’aliments — sont perdus ou gâchés40 ;
  • en teneur calorique, les céréales constituent plus de la moitié du total de ces pertes ou de ce gaspillage (53 %). En poids, ce sont les fruits et les légumes qui se classent en tête, avec 44 %41 ;
  • l’essentiel de ces déperditions interviennent à trois étapes de la chaîne d’approvisionnement alimentaire : la consommation (35 %), la production (24 %) et la manutention/le stockage (24 %) ;
  • mais il existe des différences marquées entre pays développés et pays en développement comme d’une région à l’autre. Globalement, pratiquement 56 % du total des pertes et du gaspillage alimentaires sont le fait des pays développés, les régions en développement représentant les 44 % restants. La figure 2 propose une ventilation de ces pertes par région.

Ces niveaux ahurissants suscitent de vives inquiétudes pour la sécurité alimentaire, parce qu’ils réduisent la quantité de denrées disponibles pour la consommation humaine. D’après des données de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)42, les pertes alimentaires par habitant dans les pays développés atteignent un volume moyen impressionnant de 250 à 300 kg par an — dont 75 à 115 kg sont le résultat du gaspillage par les consommateurs eux-mêmes — soit entre 750 et 1 500 kcal par personne et par jour43 ! De leur côté, les pays en développement perdent entre 120 et 220 kg de nourriture par personne et par an, ce qui signifie que même les régions où la malnutrition est endémique, comme l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne, privent chaque jour chaque habitant de 400 à 500 kcal...

Figure 2. Pertes et gaspillage alimentaires dans le monde, par région
a. En pourcentage des pertes totales


Source : Brian Lipinski, Craig Hanson, Richard Waite et al. (2013), « Reducing Food Loss and Waste », World Resources Institute Working Paper, juin ; Jenny Gustavsson, Christel Cederberg, Ulf Sonesson, et al. (2011), Pertes et gaspillages alimentaires dans le monde – ampleur, causes et prévention, FAO, Rome.
Note : Part dans le total des pertes et du gaspillage alimentaires, 2009 (100 % = 1,5 million de trillions / 1515 kcal)

b. Par étape dans la chaîne logistique alimentaire
Source : Lipinski et al., “Reducing Food Loss and Waste” ; Gustavsson et al., Pertes et gaspillages alimentaires dans le monde.
Note : Part en % des kilocalories perdues et gaspillées, 2009. Du fait des arrondis, les totaux ne correspondent pas forcément à 100.

Au-delà de la sécurité alimentaire, ces pertes et ce gaspillage ont de profondes implications pour l’économie, l’environnement, les ressources naturelles et, par ricochet, la pauvreté : dilapidation des investissements dans l’agriculture, production inutile d’émissions de gaz à effet de serre, gâchis considérables des ressources en eau, de l’énergie, des engrais et des terres, réduction du revenu des agriculteurs (en général, de petits exploitants) et obligation pour les consommateurs (pauvres) de dépenser plus pour avoir les apports caloriques minimums requis. Ainsi, une 1 calorie alimentaire exige en moyenne 7 à 10 calories d’intrants pour être produite44. De même, une tonne de pommes nécessite en moyenne 822 m3 d’eau, des chiffres qui passent à 1 673 m3 pour le riz (paddy), 4 190 m3 pour l’huile de soja (raffinée) et 18 925 m3 pour le café (torréfié)45.

c. En kg par habitant et par an
Source : Lipinski et al., « Reducing Food Loss and Waste » ; Gustavsson et al., Pertes et gaspillages alimentaires dans le monde.
d. En apports caloriques journaliers par habitant
Source : Lipinski et al., « Reducing Food Loss and Waste » ; Gustavsson et al., Pertes et gaspillages alimentaires dans le monde.
Note : Les régions développées recouvrent l’Amérique du Nord et l’Océanie, l’Europe et les pays d’Asie industrialisés (Chine, Japon et République de Corée) ; les autres sont considérées comme faisant partie des régions en développement.

Au niveau des ménages, il faut savoir qu’aux États-Unis et au Royaume-Uni, une famille moyenne de quatre personnes gaspille respectivement 1 600 et 1 100 dollars par an à l’étape de la consommation, et ces pertes ne cessent d’augmenter d’après les chiffres disponibles46. Une étude récente en fonction du statut socioéconomique montre qu’en Turquie, en Afrique du Sud et en Australie47, les groupes à faible revenu gaspillent moins d’aliments que les groupes à revenu supérieur en termes de poids des denrées, d’apports caloriques et de dépenses (tableau 3)48. Ces chiffres viennent étayer des analyses indiquant que les ménages les plus aisés produisent plus de déchets solides (aliments et autres) que les ménages plus démunis49.

Alors même qu’il s’agit d’un phénomène mondial, l’origine de ces pertes et de ce gaspillage est liée au contexte et procède de causes multiples, dont les principales sont une méconnaissance des pratiques agricoles optimales, des systèmes logistiques et de transport inadaptés et des installations de stockage mal conçues. Le gaspillage est étroitement lié aux pratiques commerciales et à des facteurs culturels. Ainsi dans les pays développés, les politiques des grandes chaînes de supermarché contribuent sans doute à la surproduction50. Sans parler des offres promotionnelles et des campagnes de marketing qui peuvent induire des comportements d’achats excessifs chez les consommateurs, qui finiront par jeter les aliments inutiles. Du côté des particuliers, la complexité des règles présidant à l’attribution d’une date limite de consommation, fondées sur le principe de précaution, peut entretenir ce gaspillage. Partout où, culturellement, la nourriture est considérée comme un bien bon marché et abondant, les consommateurs auront tendance à la sous-évaluer très nettement et donc à la jeter sans aucun scrupule51.

Pour être efficaces, les solutions visant à réduire les pertes et le gaspillage alimentaires impliquent clairement toute une palette d’interventions. Même s’il est illusoire de vouloir les supprimer totalement, il existe déjà des moyens techniques simples, prometteurs et rentables, adaptés au contexte, et des technologies éprouvées52. C’est le cas notamment des refroidisseurs par évaporation (utilisés en Inde et en Tanzanie) ; des sacs de stockage des céréales en plastique et scellés de manière hermétique (que l’on retrouve au Nigéria pour le niébé) ; des petits silos en métal (testés au Kenya) ; ou des boîtes en plastique (au lieu de sacs) pour cueillir les tomates (en Afghanistan)53. À une échelle plus large, les pays en développement doivent améliorer et développer leurs infrastructures : routes, voies ferrées, générateurs d’électricité, alimentation en eau potable, chauffage, ventilation et installations de stockage54. Dans les pays développés, un certain nombre d’initiatives particulièrement pertinentes ont été mises en place, à l’instar du programme d’action sur les déchets et les ressources du Royaume Uni (le Waste & Resources Action Programme [WRAP]), de l’initiative FUSIONS pour une alimentation au service de l’innovation sociale via l’optimisation des stratégies de prévention du gaspillage, dans l’UE, ou encore de l’alliance Food Waste Reduction Alliance (FWRA)55 aux États-Unis. Toutes ces actions militent pour une meilleure gestion des déchets, que ce soit au niveau des produits vivriers ou des autres ressources et cherchent à développer les banques alimentaires ou à faire évoluer les comportements, les idées reçues et les préférences des consommateurs et des revendeurs. À l’échelle internationale, des initiatives plus concertées plaident pour une sensibilisation accrue, la fixation d’objectifs, la facilitation du transfert de connaissances et de technologies et la mobilisation des ressources56.

Après tout, les avancées que nous obtiendrons sur le plan de la production agricole et du changement climatique n’auront guère d’impact sur la sécurité alimentaire si nous continuons à perdre et à gaspiller un tiers des denrées destinées à la consommation humaine.

Tableau 3. Gaspillage alimentaire par statut socioéconomique pour une sélection de pays
Pays Faibles revenus Revenus intermédiaires Revenus élevés
Turquie, 2005 : gaspillage alimentaire total par ménage, en grammes par personne et par jour 274 285 319
Afrique du Sud, 2011 : gaspillage alimentaire total par ménage, en grammes par personne et par jour 410 740 1 290
Australie, 2009 : gaspillage alimentaire total par ménage, en dollars par an 518 635 803
Source : Turquie : G. Pekcan, E. Koksal, O. Kucukerdonmez et H. Ozel, « Household Food Wastage in Turkey », Working Paper ESS/ESA n° 6e, FAO, Rome (2006) ; Afrique du Sud : A. Nahman, W. de Lange, S. Oelofse et L. Godfrey, « The Costs of Household Food Waste in South Africa », Waste Management 32, 2147–53 (2012) ; Australie : D. Baker, J. Fear et R. Denniss, « What a Waste: An Analysis of Household Expenditure on Food », Policy Brief n° 6, Australia Institute (2009).

Notes

1. À l’exception notable des cours internationaux du maïs, qui affichent en janvier 2014 un niveau pratiquement 40 % plus faible que celui, record, d’août 2012 (tableau 1).
2.L’effondrement des cours internationaux du maïs entre juin et octobre 2013 s’explique par la conjugaison de plusieurs facteurs avec, d’un côté, l’anticipation d’une récolte record aux États-Unis et d’une nette reprise dans les pays producteurs de la mer Noire et en Chine et, de l’autre, une demande globalement plus faible qui soulage les marchés et permet la constitution de stocks (Banque mondiale, Food Price Watch, novembre 2013).
3.L’augmentation des cours du gaz naturel au cours des deux derniers mois (coût de production essentiel pour les engrais) explique ce renchérissement récent (Banque mondiale, Global Economic Prospects: Commodity Markets Outlook, janvier 2014).
4.Le recul marqué du sucre vendu sur les marchés internationaux est lié à des excédents de production supérieurs aux attentes au Brésil (premier producteur et exportateur du monde) mais aussi à des conditions favorables chez les autres producteurs de l’hémisphère Nord comme l’Inde, le Mexique ou la Thaïlande (Banque mondiale, Global Economic Prospects: Commodity Markets Outlook, janvier 2014). Pour le soja, l’augmentation attendue de la production aux États-Unis et au Brésil est en partie compensée par les tensions sur le marché américain et des inquiétudes d’ordre météorologique dans les pays du Sud de l’Amérique latine, notamment en Argentine (Département américain de l’Agriculture [USDA], World Agricultural Supply and Demand Estimates [WASDE], n° 525, 10 janvier 2014 ; USDA, WASDE n° 526, 10 février 2014 ; Banque mondiale, Global Economic Prospects.
5.FAO, Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales, 5 décembre 2013 ; USDA, WASDE n° 526 ; Système d’information sur les marchés agricoles (AMIS), Market Monitor n° 14 décembre 2013.
6.USDA, World Agricultural Weather Highlights, 10 février 2014 et 10 janvier 2014 ; AMIS, Market Monitor n° 14.
7.AMIS, Market Monitor n° 15 (février 2014).
8.USDA, WASDE n° 525. En Inde, dans le cadre du programme de soutien au prix minimum, le gouvernement a relevé de 4 % le prix payé pour le blé (AMIS, Market Monitor n° 14). Le 30 octobre 2013, il a par ailleurs abaissé de 13 % le prix plancher pour les exportations de blé (FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 10 février 2014 ; AMIS, Market Monitor n° 14).
9.La production devrait augmenter en Chine, sous l’effet de conditions météorologiques plus favorables que prévu et d’une augmentation des surfaces cultivées (USDA, WASDE n° 525).
10.FAO, Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales.
11.USDA, WASDE n° 525.
12.Au Brésil, un intérêt grandissant pour l’activité d’exportation et des mesures publiques de soutien viennent s’ajouter aux inquiétudes d’ordre météorologique (USDA, WASDE n° 525 et 526).
13.FAO, Perspectives de récolte et situation alimentaire, n° 4, décembre 2013.
14.Le programme thaïlandais rencontre de nombreuses difficultés, dont des retards de paiement aux producteurs, des allégations de corruption et un certain flou politique, le pays étant dirigé par un gouvernement par intérim. Pour plus d’informations, voir par exemple The Wall Street Journal (« Thai Farmers Begin Deserting Government Over Late Rice Payments », 18 janvier 2014) ou Thomson Reuters Eikon (« Rice debacle Could Spell End of Thai government », 7 février 2014).
15.Les récoltes ayant été pratiquement terminées dans les zones touchées par le super-typhon, les pertes de production ne sont pas insupportables.
16.AMIS, Market Monitor n° 15. Ce recul est dû à l’arrivée tardive des pluies qui a pénalisé les cultures intermédiaires (cette sécheresse a d’ailleurs également touché d’importantes zones de production dans les États du Nord-est de l’Inde ; voir aussi FAO, Perspectives de récolte et situation alimentaire).
17.La FAO et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) tablent aussi sur une situation de long terme favorable en termes de prix (OCDE et FAO, Perspectives agricoles 2013-2022, Paris : OCDE [2013], http://www.oecd.org/fr/sites/perspectivesagricolesdelocdeetdelafao/).
18.Dans le cas du maïs, les stocks mondiaux devraient atteindre un niveau exceptionnellement élevé. Pour ces trois principales céréales, les ratios stocks-consommation (ratios stocks-utilisation totale des principaux pays exportateurs) restent confortables : 24,9 % (16,1 %) pour le blé ; 17,6 % (13 %) pour les céréales secondaires ; et 35,9 % (28,1 %) pour le riz (USDA, WASDE, plusieurs numéros ; FAO, Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales).
19.USDA, World Agricultural Weather Highlights, 10 février 2014.
20.FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 10 février 2014.
21.FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 10 février 2014 ; FEWS NET, Price Watch, 31 janvier 2014.
22.FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 10 février 2014.
23.FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 10 décembre 2013 et 11 novembre 2013.
24.Ibid.
25.En Moldova et au Tadjikistan, le recul des prix intérieurs s’explique par une baisse des prix à l’exportation chez l’un des grands acteurs de la région, le Kazakhstan, et par un recul récent des prix du pétrole au Tadjikistan (FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 10 février 2014).
26.Pendant cette période, l’Afrique du Sud et le Malawi ont dévalué leurs monnaies (ibid.).
27.Dans le cas de l’Équateur, il s’agit d’une diminution des importations.
28.FAO, Système mondial d’information et d’alerte rapide (GIEWS), « Country Brief: Somalia », 28 janvier 2014.
29.Ces hausses de prix résultent en partie d’une production réduite (au Sri Lanka par exemple), du renchérissement des importations (Somalie) et d’une augmentation des prix consécutive à la dépréciation monétaire et au redressement du prix du pétrole (Malawi) (FAO et GIEWS, « Country Brief: Somalia », 28 janvier 2014).
30.GIEWS, « Country Brief: Mauritania », 28 janvier 2014.
31.FAO, Perspectives de récolte et situation alimentaire.
32.FEWS NET, Price Watch, 31 janvier 2014.
33.Dans le cas de la Tanzanie, la faiblesse du prix du riz a également contribué à faire baisser le prix du maïs (les citadins ayant tendance à substituer le premier au second ; FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 10 février 2014). En Moldova, l’offre a augmenté après l’arrêt des exportations de maïs décidé en 2013 pour pallier un déficit de production en 2012-2013 (FAO et GIEWS, « Country Brief: Moldova », 25 février 2013).
34.Les programmes d’achats publics au Bangladesh ; la dévaluation de la monnaie au Malawi ; une production intérieure en recul en Bolivie ; et une hausse de la demande d’importations tout au long de l’année au Pérou (FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 10 février 2014 ; FAO et GIEWS, « Country Brief: Peru », 7 novembre 2013 ; « Country Brief: Bolivia », 12 décembre 2013) ont tous contribué à ce renchérissement.
35.Au Mali, les prix ont reculé à cause de l’augmentation des importations et de l’amélioration de la situation sécuritaire. En Thaïlande, c’est l’écoulement des stocks publics et la baisse du prix des exportations qui expliquent cette amélioration alors qu’au Rwanda, elle est due à une hausse de l’offre (FAO, Suivi des prix alimentaires mondiaux, 10 février 2014 ; FEWSNET, Price Watch, 31 janvier 2014).
36.Brian Lipinski, Craig Hanson, Richard Waite et al., « Reducing Food Loss and Waste », World Resources Institute Working Paper, juin ; Jenny Gustavsson, Christel Cederberg, Ulf Sonesson et al., Pertes et gaspillages 2013 alimentaires dans le monde – ampleur, causes et prévention, FAO, Rome (2011).
37.Ibid.
38.Ibid.
39.D’autres facteurs entrent en ligne de compte, comme le changement des comportements alimentaires dans le monde et l’urbanisation qui font, notamment, que de moins en moins de gens veulent travailler dans l’agriculture (J. Parfitt, M. Barthel et S. Macnaughton, « Food Waste within Food Supply Chains: Quantification and Potential for Change to 2050 », Philosophical Transactions of the Royal Society Biological Sciences 365, 3065–81 [2010]).
40.Les chiffres précis sont de respectivement 24 % si l’on tient compte de la teneur en calories et de 32 % si l’on tient compte du poids (Lipinski et al., « Reducing Food Loss », d’après Gustavsson et al., Pertes et gaspillages alimentaires dans le monde). L’Institution of Mechanical Engineers (IME, « Global Food: Waste Not, Want Not », Londres [2013]) porte cette part à la moitié.
41.Par type de produits, les denrées les plus perdues et/ou gaspillées sont les racines et tubercules, avec 63 % de la production (teneur en calories). Pour les fruits et les légumes, les pertes ou le gaspillage atteignent 42 %, contre 26 % pour les céréales et 19 % pour la viande (Lipinski et al., « Reducing Food Loss » ; Gustavsson et al., Pertes et gaspillages alimentaires dans le monde).
42.Gustavsson et al., Pertes et gaspillages alimentaires dans le monde.
43.Les chiffres relatifs aux kilocalories par personne et par jour renvoient au total des pertes alimentaires dans les pays développés et non au gaspillage alimentaire des consommateurs.
44.Cette moyenne masque de profonds écarts d’une denrée alimentaire à l’autre. Ainsi, il faut 36 calories d’intrants pour produire 1 calorie de bœuf (IME, « Global Food »).
45.Voir Lipinski et al., « Reducing Food Loss ». Parmi les autres exemples d’inefficiences, les pertes post-récoltes qui représenteraient, selon les estimations, jusqu’à 4 milliards de dollars par an en Afrique subsaharienne. En Chine, le gaspillage des consommateurs s’élève à 32 milliards de dollars par an – un niveau assez proche de celui enregistré aux États-Unis (48 milliards) (W. Zhou, « Food Waste and Recycling in China: A Growing Trend? » http://blogs.worldwatch.org/nourishingtheplanet/food-waste-and-recycling-in-china-a-growing-trend/). Quelque 173 milliards de mètres cubes d’eau, 198 millions d’hectares de terres et 28 millions de tonnes d’engrais sont utilisés chaque année pour produire des denrées qui seront perdues ou gaspillées, ce qui représente entre 3 300 et 5 600 millions de tonnes équivalent CO2 d’émissions de GES (Lipinski et al., « Reducing Food Loss »). Ces chiffres équivalent respectivement à 10-15 % du total des émissions de GES pour l’année 2011 (EPA, Overview of Greenhouse Gases, 2014, http://www.epa.gov/climatechange/ghgemissions/gases.html), à 24 % de l’eau utilisée dans le monde pour l’agriculture et à l’agglomération de Mexico (Lipinski et al., « Reducing Food Loss »).
46.Ces chiffres font référence aux estimations actuelles de Lipinski et al. (« Reducing Food Loss ») et du programme WRAP mis en place au Royaume-Uni (http://www.wrap.org.uk/sites/files/wrap/Information%20sheet%20-20reducing%20household%20food%20waste%20in%20the%20UK%202012_0.pdf). Une autre étude par T. Jones (« The Value of Food Loss in the American Household », Bureau of Applied Research in Anthropology [2004] citée dans Parfitt [« Food Waste »]) évoque la somme de 589 dollars de denrées gaspillées pour une famille américaine de quatre personnes au milieu des années 2000. Aux Pays-Bas, selon des données du ministère de l’Agriculture, de la nature et de la qualité de l’alimentation, les ménages (une famille de quatre personnes) jetteraient pour environ 800 dollars de nourriture (soit 2,4 milliards d’euros par an pour une population d’un peu plus de 16 millions d’habitants en 2010 ; http://www.scp-knowledge.eu/sites/default/files/knowledge/attachments/LNV%20-%20Factsheet%20drieluik%20A4%20Voedselverspilling%20Eng.pdf).
47.R. Sibrián, J. Komorowska et J. Mernies (« Estimating Household and Institutional Food Wastage and Losses in the Context of Measuring Food Deprivation and Food Excess in the Total Population », division des statistiques de la FAO, Working Paper Series n° ESS/ESSA/001e, Rome [2014]) proposent d’autres éléments pour les Philippines en s’appuyant sur des données de recensement de 1978. A. Aydamo, A. Nair et M. Zuberi (« Household Solid Waste Generation Rate and Physical Composition Analysis: The Case of Hosa’ina City », SNNPRS, Journal of Recent Trends on Bioscience 2 [1], 22–28 [2012]) font de même pour une ville d’Éthiopie.
48.R.-A. Richardson et J. Havlicek, « Economic Analysis of Composition of Household Solid Wastes », Journal of Environmental Economic Management 5, 103–11 (1978) ; N. Bandara, P. Hettiarachchii, S. Wiorasinghe et S. Pilapitiya, « Relation of Waste Generation and Composition of Socioeconomic Factors: A Case Study », Environmental Monitoring Assessment 135, 31–39 (2007) ; R. Afroz, K. Hanaki et R. Tuddin, « The Role of Socioeconomic Factors on Household Waste Generation: A Study of Waste Management Program in Dhaka City, Bangladesh », Research Journal of Applied Sciences 5 (3), 183–90 (2010). Les déchets solides recouvrent, en plus des aliments, le papier, le plastique, le verre, les autres déchets organiques, les gravats, les déchets dangereux et d’autres types de déchets.
49.Des données empiriques provenant d’analyses économétriques indiquent que le niveau de revenu est, avec la taille du ménage et le profil démographique, positivement corrélé au gaspillage alimentaire (voir Parfitt [« Food Waste »] et les références citées dans cet ouvrage).
50.La surproduction est encouragée lorsque les grandes chaînes de supermarché pénalisent les fournisseurs qui ne parviennent pas à livrer les quantités convenues au cours d’une année donnée. Des pertes importantes ont aussi lieu sur pied si l’apparence physique du produit avant ou après la récolte ne satisfait pas certaines normes cosmétiques exigeantes (IME, « Global Food »).
51.Ibid., p. 23.
52.H. de Groote a présenté son exposé sur le stockage du maïs (« Economic Analysis of Maize Storage Facilities in East and Southern Africa ») lors de la conférence sur l’agriculture et la gestion post-récolte de la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne, organisée à Addis-Abeba le 29 octobre 2013.
53.Lipinski et al., « Reducing Food Loss ».
54.Certains analystes plaident pour une autre solution, à savoir le transfert de savoir-faire et l’adaptation de l’éducation agronomique, des services de formation et des systèmes de gestion aux pays moins avancés (IME, « Global Food »).
55.http://www.wrap.org.uk/; http://www.eu-fusions.org/what-is-fusions ; http://www.foodwastealliance.org/. Pour d’autres exemples, voir Food Tank, « 21 Inspiring Initiatives Working to Reduce Food Waste around the World », 3 juin 2013, http://foodtank.com/news/2013/06/twenty-one-inspiring-initiatives-working-to-reduce-food-waste-around-the-wo.
56.Lipinski et al., « Reducing Food Loss ».