|
(mise à jour : 15 avril 2013)
Les prix de toutes les céréales de grande consommation (à l’exception du riz) restent résolument soutenus par rapport à leurs niveaux de 2008 et sont devenues la « nouvelle norme ».Face à des prix alimentaires élevés, les familles pauvres ont tendance à consommer des produits moins chers et moins nutritifs ainsi qu’à retirer leurs enfants de l’école. Cette réaction peut avoir des conséquences désastreuses et durables sur le bien-être social, physique et mental de millions de jeunes.
Conseils stratégiques. À leur demande, la Banque mondiale a engagé un dialogue avec plus de 40 pays sur les politiques à mener face aux crises alimentaires de 2008 et 2010 et à la « nouvelle norme » que constituent la volatilité et la cherté des denrées alimentaires. Son intervention s’organise autour d’une évaluation rapide de la situation du pays, un dialogue à haut niveau, une politique de communication et des analyses de fond. Pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, la Banque mondiale a publié, en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Fonds international de développement agricole (FIDA), un rapport intitulé Renforcer la sécurité alimentaire dans les pays arabes (a). Elle a engagé d’autres travaux analytiques sur les réactions à la volatilité des prix alimentaires, qui ont ensuite fait l’objet d’une synthèse dans une publication économique et sectorielle consacrée à cette question, Responding to Higher and More Volatile World Food Prices (a).
Renforcement de la nutrition. La Banque mondiale améliore la collaboration internationale pour la production et l’échange de savoirs sur tout ce qui touche à l’agriculture, à la sécurité alimentaire et à la nutrition, avec la plateforme SecureNutrition. (a) Engagés dans un mouvement visant au renforcement de la nutrition (Scaling Up Nutrition, ou SUN) (a), 100 partenaires (dont la Banque mondiale) ont validé le Cadre d’action pour le renforcement de la nutrition destiné à lutter contre la sous-alimentation.
Un appui financier accéléré. En mai 2008, le Conseil des Administrateurs a approuvé le Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP) (a). Bénéficiant d’une dotation initiale de 1,2 milliard de dollars, ce mécanisme de financement rapide a permis aux pays les plus démunis et les plus vulnérables d’accéder à un soutien financier et de bénéficier de conseils techniques et stratégiques. En 2009, la Banque mondiale a relevé le plafond du GFRP à 2 milliards de dollars et a prolongé le dispositif jusqu’en juin 2012, pour pouvoir réagir rapidement aux appels à l’aide de pays durement frappés par les flambées de prix. Depuis juillet 2012, l’aide d’urgence de la Banque mondiale transite par le « guichet de financement des ripostes aux crises » de l’Association internationale de développement (IDA) et un tout nouveau « mécanisme de riposte immédiate », future rampe de lancement pour ce type d’aide.
À la mi-mars 2013, le GFRP avait financé des opérations pour un montant de 1,56 milliard de dollars, bénéficiant à pratiquement 66 millions de personnes vulnérables dans 49 pays (environ 89 % des fonds approuvés ont été décaissés). Outre les ressources de la Banque mondiale (1,24 milliard de dollars, dont 96 % ont été déboursés), le GFRP a reçu des dons mobilisés par le biais de trois fonds fiduciaires financés par des ressources extérieures.
Les ressources ainsi mises à disposition ont un impact considérable sur le terrain. Au Niger, les rendements obtenus sur des parcelles de riz irriguées et traitées avec les doses d’engrais préconisées ont dépassé de 116 % le rendement de référence moyen par hectare (5,4 tonnes/ha contre 2,5 t/ha), une performance qui a bénéficié à 33 coopératives et 20 784 cultivateurs. Au Nicaragua, 609 000 repas ont été distribués à des enfants d’âge préscolaire et scolarisés en primaire, entraînant une augmentation du taux d’assiduité scolaire dans les zones visées.
En septembre 2009, le G-20 a demandé à la Banque mondiale de mettre en place un mécanisme multilatéral pour concrétiser les promesses de dons en faveur de la sécurité alimentaire à long terme, formulées au mois de juillet précédent à L’Aquila. Lancé en avril 2010, le GAFSP a pour objectif d’apporter aux stratégies nationales et régionales pour la sécurité agricole et alimentaire les ressources qui leur manquent. Huit pays et la Fondation Bill et Melinda Gates se sont engagés à verser environ 1,3 milliard de dollars sur les trois prochaines années et 910,5 millions de dollars ont déjà été débloqués. Depuis mai 2010, le guichet du secteur public du GAFSP a versé 658 millions de dollars à 18 pays : Bangladesh, Burundi, Cambodge, Éthiopie, Gambie, Haïti, Kirghizistan, Libéria, Malawi, Mongolie, Népal, Niger, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Tadjikistan, Tanzanie et Togo.
Au Rwanda, l’appui du GAFSP en 2012 a contribué à faire passer la proportion des terres protégées de l’érosion de 15 à 41 % dans la première zone couverte par les aides, tandis que les ventes nettes provenant des activités agricoles menées sur les coteaux non irrigués ciblés par les aides ont atteint 1 925 dollars par hectare, soit plus de 90 % de plus que la valeur de référence de 1 000 dollars/ha. En Sierra Leone, le GAFSP a permis d’aider 193 centres d’activité agricole à s’organiser, de réhabiliter les dispositifs d’irrigation sur 321 ha de marais dans les vallées intérieures et d’améliorer les capacités des services publics de vulgarisation agricole au niveau des districts.
Hausse des investissements dans l’agriculture. En 2012, les nouveaux engagements du Groupe de la Banque mondiale pour l’agriculture et les secteurs connexes ont été portés à 9,3 milliards de dollars, un record depuis 20 ans (en termes nominaux). Les investissements de l’IFC dans l’agro-industrie ont eux aussi atteint un niveau exceptionnel de 4,2 milliards de dollars. L’ensemble de ces financements dépasse les engagements prévus dans le Plan d’action pour l’agriculture (a) 2010-2012 de la Banque mondiale, qui envisageait de porter l’effort de prêt de 4,1 milliards de dollars en moyenne annuelle pour la période des exercices 2006-2008 à un niveau de 6,2 à 8,3 milliards de dollars par an pour les exercices 2010-2012. La version actualisée du Plan d’action pour l’agriculture pour la période 2013-2015 vise un niveau de 8 à 10 milliards de dollars.
Produits d’assurance sur les marchés financiers et stratégies de gestion des risques. Dans les pays en développement, toute une palette d’outils techniques, financiers et de gestion peut permettre aux agriculteurs, aux entreprises agro-alimentaires et aux pouvoirs publics d’atténuer, de transférer et de prévenir les risques. La Banque mondiale soutient le développement et la mise en œuvre de stratégies de gestion des risques (a) dans le secteur agricole et les chaînes d’approvisionnement d’un nombre croissant de pays en développement, par le biais d’une assistance technique, de transfert de compétences et de formations.
Promotion de la recherche pour combler le manque de connaissances. En collaboration avec d’autres organismes et institutions, la Banque mondiale a engagé un programme d’analyse exhaustif. Elle maintient en outre son soutien au Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) (a). En 2012, un nouveau fonds fiduciaire multidonateurs relevant du CGIAR, installé dans les locaux de la Banque mondiale qui en assure l’administration, a été constitué afin d’harmoniser les investissements des bailleurs de fonds.
La réponse concertée de la Banque mondiale et de ses partenaires à la crise alimentaire. La Banque mondiale s’investit activement au sein du Groupe de travail de haut niveau des Nations Unies sur la sécurité alimentaire (a), à travers notamment un soutien financier apporté par le biais du Mécanisme d’octroi de dons pour le développement. Elle a de plus contribué à la révision du Cadre global d’action des Nations Unies. Elle participe aussi à plusieurs groupes de travail sur l’agriculture et la sécurité alimentaire chargés de rédiger des recommandations à l’intention du G-20. En collaboration avec ses partenaires, elle met en œuvre les initiatives du G-20 pour lutter contre la volatilité des prix alimentaires, dont le Système d’information sur les marchés agricoles (AMIS) (a) conçu pour améliorer la transparence des marchés agricoles mondiaux. Enfin, elle prend régulièrement part au Groupe de travail des banques multilatérales de développement sur l’eau et la sécurité alimentaire.
|