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Lors de la montée des prix des carburants et des denrées alimentaires durant les premiers mois de l’année 2008, M. Zoellick, président de la Banque mondiale, annonçait que le monde entrait dans "une zone de dangers" qui menaçait d’annihiler les progrès effectués ces sept dernières années dans la lutte contre la pauvreté.
L'été dernier, la crise des prix des produits alimentaires et des carburants a convergé avec la crise financière qui a d'abord concerné les pays riches.
Parallèlement, l’explosion historique des prix des produits de base prenait fin avec le ralentissement de la croissance économique mondiale, et la crise financière se propageait à mesure que l’année avançait. Initialement, les pays en développement ont semblé épargnés mais en septembre, il a fallu constater que la crise les touchait également. Alors que l’année touchait à sa fin, la crise financière se transformait en une crise de l’emploi.
Le rapport Perspectives économiques mondiales 2009, publié par la Banque mondiale en décembre, annonçait que pour la première fois depuis 1982, le commerce international enregistrait une baisse. Selon les prévisions de ce rapport pour l’année 2009, la croissance du PIB mondial devrait descendre à 0,9% alors que la croissance des pays en développement n’atteindrait que les 4,5 %.
Face à l’intensification de la crise financière, M. Zoellick a déclaré « que nous devons continuer à concentrer nos efforts sur l’assistance aux millions de personnes laissées pour compte.» Il a également ajouté à ce sujet : « Tandis que l’on se focalise dans les pays développés sur la crise financière, beaucoup oublient qu’une crise humaine se dessine rapidement sous nos yeux dans les pays en développement. Elle pousse aujourd’hui les populations pauvres aux limites de la survie ».
"While people in the developed world are focused on the financial crisis, many forget that a human crisis is rapidly unfolding in developing countries. It is pushing poor people to the brink of survival," he said.
Au cours de ces deux dernières années, la crise alimentaire mondiale a fait sombrer de 130 à 155 millions de personnes dans l’extrême pauvreté, et 44 millions de personnes supplémentaires souffrent de malnutrition.
En avril, la Banque a annoncé l’adoption par 150 pays d’une Nouvelle entente pour une politique alimentaire mondiale. Dans le cadre de cet accord, la Banque a créé un nouveau système de financement rapide de 1,2 milliard de dollars (Le programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale (GFRP)) pour accélérer l’assistance portée aux pays qui en ont le plus besoin. En date du 18 décembre, le GFRP avait approuvé et commencé le déboursement de 851 millions de dollars pour des programmes visant à fournir des produits alimentaires à des mères pauvres et des enfants ainsi qu’à acheter des engrais et des semences dans 27 pays.
M. Zoellick a également appelé la communauté internationale à lever les mesures d’interdiction et de restriction imposées à l’aide alimentaire à des fins humanitaires. Ces mesures aggravent la crise actuelle et pénalisent les plus vulnérables.
Lors de la tenue des Assemblées annuelles, M. Zoellick a annoncé que la Banque mondiale « utilisera toute la gamme de ressources à sa disposition pour aider les pays en développement à conforter leur économie, à soutenir leurs systèmes financiers, à poursuivre leur croissance et à protéger les groupes de populations les plus vulnérables contre les effets des crises actuelles ».
En décembre, la Banque a mis en place un nouveau mécanisme pour allouer rapidement aux pays les plus pauvres 2 milliards de dollars provenant de l’enveloppe de 42 milliards du fonds IDA-15. Cet argent est destiné à renforcer les filets de protection, les infrastructures, l’éducation et la santé. La BIRD, la branche de la Banque qui octroie des emprunts aux pays à revenu intermédiaire, pourrait s’engager à prêter jusqu’à 100 milliards de dollars au cours des trois prochaines années. De son côté l’IFC, la branche de la Banque qui soutient le secteur privé, lance ou étend l’envergure de quatre initiatives visant à venir en aide au secteur privé des pays en développement.
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« Dans le contexte de la crise mondiale actuelle, la manière dont le monde essaie de résoudre ses problèmes économiques doit être repensée », a déclaré M. Zoellick lors d’une conférence préliminaire aux Assemblées annuelles.
Le système multilatéral doit faire l’objet d’une modernisation pour assurer une plus grande responsabilité commune. Celle-ci est destinée à permettre que l’économie mondiale d’aujourd’hui fonctionne de manière saine et efficace, ce qui inclut la prise en compte du changement climatique et la stabilisation des États fragiles et sortant d’un conflit.
Selon M. Zoellick, « le G-7 ne fonctionne pas. Nous avons besoin d’un groupe mieux adapté à une ère nouvelle ».
Le « nouveau multilatéralisme » doit attacher autant de valeur au développement qu’à la finance internationale, sans quoi l’instabilité continuera de régner dans le monde.
Lors de la tenue des Assemblées annuelles, le Groupe de la Banque mondiale a adopté le Cadre stratégique pour le développement et le changement climatique). Ce cadre a été élaboré à l’issue de consultations qui se sont déroulées sur plus de cinq mois et ont réuni 1 800 participants de 76 pays. Il définit le rôle de la Banque mondiale dans la lutte contre un phénomène aux conséquences majeures, risquant en outre d’affecter le plus durement des pays qui en sont pourtant le moins responsables.
La Banque a également institué deux nouveaux Fonds d’investissements climatiques que dix pays industrialisés se sont engagés à financer à hauteur de 6,1 milliards de dollars. Ces fonds ont pour but de promouvoir le rendement énergétique et les technologies à faibles émissions de CO2 (telles que l’énergie éolienne et l’énergie solaire), de mettre à l’essai de nouvelles approches dans la mise en place de moyens de résistance au changement climatique dans les pays exposés, ainsi que de favoriser les investissements en faveur des forêts et le développement des énergies renouvelables.
Afin d’aider les pays en développement à soutenir les populations pauvres face à la hausse et à l’instabilité des prix de l’énergie, le Groupe de la Banque mondiale a commencé à développer une nouvelle initiative énergétique. Cette initiative a été renforcée lors des Assemblées annuelles. Le Comité du développement, dans son communiqué final « a encouragé la Banque et ses partenaires à progresser dans l’élaboration d’un nouveau programme, intitulé « Énergie pour les pauvres ». Ce programme est destiné à apporter rapidement un soutien aux pays dans leurs efforts pour renforcer les filets de protection sociale afin de protéger les pauvres des conséquences de factures énergétiques élevées. »
Crédit photo : Secrétariat MDRP
Les États fragiles constituent « le plus grave problème de développement de notre époque » a affirmé M. Zoellick dans un récent discours.
Un milliard de personnes vivent dans des États défaillants ou paralysés par un conflit. Leurs gouvernements sont généralement inaptes ou peu disposés à fournir des services de base et une sécurité suffisante. De plus, de nombreux États fragiles sont relativement négligés par la communauté internationale et reçoivent peu d’aide par habitant.
Afin d’aider ces pays, la Banque a fusionné en avril deux fonds existants en un nouveau Fonds pour la construction de la Paix et de l’État et a accepté d’allouer 100 millions de dollars pour les trois prochaines années à partir de son budget d'administration. Une vingtaine de pays vont recevoir des subventions, à commencer par une première allocation de 33 millions de dollars pour l’année fiscale de 2009.
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