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Conclusion
: Contenu
L'analyse Doing Business s'appuie
sur des travaux de recherche selon lesquels les caractéristiques
de l'environnement des affaires dans un pays ont un impact
direct sur les performances des entreprises et sur les résultats
macroéconomiques. S'agissant d'un exercice de comparaison
entre pays, elle ne cherche pas à saisir les spécificités
de chaque pays et n'a pas les moyens de le faire. Elle constate
que les indicateurs ont été très utiles pour attirer l'attention
du monde sur le fardeau que fait peser la réglementation.
Les réformes mesurées par
les indicateurs Doing Business consistent généralement à
diminuer la réglementation et la charge qu'elle représente
pour les entreprises, sans tenir compte de ses bienfaits
potentiels .
Recommandation
Le Groupe de la Banque et les autres parties concernées
doivent replacer les indicateurs Doing Business dans chaque
contexte national et les interpréter en conséquence. Être
clair sur les limitations d'emploi des indicateurs dans
le cadre d'une réflexion plus large sur les priorités
de développement d'un pays.
Conclusion
: Validité
L'évaluation a confirmé
que les indicateurs Doing Business mesuraient essentiellement
la législation et la réglementation telles qu'elles sont
écrites dans les textes. Mais pour qu'un indicateur soit
valide dans un pays donné, il faut que les dispositions
réglementaires soient effectivement appliquées, ce que l'analyse
Doing Business n'a pas vocation à mesurer. De même, l'impact
d'une réforme de la réglementation dépendra du poids de
ladite réglementation dans la pratique. Recommandation
Les indicateurs Doing Business doivent être interprétés
avec prudence et être utilisés parallèlement à des outils
complémentaires tels que les évaluations du climat de
l'investissement.
Conclusion
: Sources des informations
Les informations concernant la législation et la réglementation
sont fournies par un réseau mondial d'informateurs experts.
Mais il y a peu d'informateurs- pour la plupart des avocats—
pour chaque indicateur dans chaque pays. Pour l'indicateur
Paiement des taxes et impôts, Doing business compte exclusivement
sur une seule entreprise pour fournir aussi bien la méthodologie
de référence que les données de 142 pays. Recommandation
L'équipe de Doing Business devrait adopter une approche
stratégique pour sélectionner et élargir les sources d'information
:
- Établir des critères de sélection
des informateurs et les rendre publics.
- Se concentrer sur les indicateurs
pour lesquels le nombre d'informateurs est le plus restreint
et sur les pays où les informations sont les moins fiables.
- Formaliser les contributions des informateurs
complémentaires en leur faisant remplir le questionnaire.
- Mettre plus activement à contribution
le personnel du Groupe de la Banque pour identifier
des informateurs potentiels.
Conclusion
: Transparence
Les indicateurs Doing Business ont connu des changements
continus par rapport aux précédentes données publiées. Par
exemple, il y a 2200 changements entre août et octobre 2007
par rapport aux données publiées en 2007. Ces derniers ont
modifié les classements qui ont été publiés pour 48 pays
de 10 points ou plus. Bien que les indicateurs Doing Business
rendent un grand nombre de leurs informations sur ces données
et méthodes disponibles, cela reste insuffisant sur le nombre
et les types d'informateurs pour chaque indicateur et sur
les changements faits par rapport aux données publiées précédemment
et leurs effets sur les classements. Recommandation
Le site de Doing Business devrait rendre public toutes
les corrections des données et les changements qui sont
apportés, en expliquant leur effet sur les classements.
Pour faciliter la recherche, le site Web devrait offrir
un lien vers les données publiées précédemment. Doing
Business rend également public le nombre des informateurs
pour chaque indicateur au niveau du pays .
Conclusion
: Le sous-indicateur « taux d'imposition total »
Le taux d'imposition des
entreprises est un facteur important des affaires, mais
son inclusion dans les classements Doing Business est anormale
parce que ce sous-indicateur ne mesure pas uniquement le
poids de la réglementation. Il dépend des exigences et politiques
fiscales propres à chaque pays. De plus, la complexité de
ce sous-indicateur nécessite que l'indicateur dépende de
Pwc comme unique source d'information. Recommandation
L'équipe de Doing Business devrait réviser l'indicateur
Paiement des Taxes et Impôts pour inclure uniquement les
mesures à charge administrative. Étant donné que le taux
d'imposition est une partie importante du climat des affaires,
Doing Business devrait continuer de recueillir des informations
à son sujet, mais l'exclure du système de classement.
Une série plus importante d'informateurs devrait également
être engagée pour cet indicateur.
Conclusion
: L'influence des réformes
Les indicateurs Doing Business ont été très efficaces
pour attirer l'attention des fardeaux de la réglementation
des affaires. Ils ont motivé les discussions parmi les dirigeants
politiques, mais ont eu moins d'influence en ce qui concerne
le choix, l'étendue, et le contenu des réformes. La plupart
des décideurs locaux et des agents du Groupe de la Banque
ont indiqué qu'ils partaient de différents matériaux d'analyse
pour déterminer la nature, le séquencement et l'orientation
des réformes. L'analyse Doing Business comparant des pays,
on ne peut pas en attendre qu'elle restitue les aspects
purement nationaux qui entrent en ligne de compte lorsque
l'on élabore et que l'on planifie des réformes.
Recommandation
Pour que son analyse des réformes à entreprendre soit
plus pertinente, l'équipe de Doing Business devrait :
-
Indiquer clairement que les indicateurs
Doing Business mesurent les améliorations enregistrées
dans les coûts et les contraintes associés à la réglementation
qui ne représentent qu'une dimension parmi d'autres
dans le contexte d'une réforme globale du climat de
l'investissement.
-
Suivre l'impact des réformes mesurées
par les indicateurs Doing Business au niveau des pays
: L'équipe de Doing Business devrait travailler avec
les unités régionales pour analyser les effets des
réformes mesurés par les indicateurs Doing Business
(par exemple, des modifications législatives ou la
rationalisation de certains processus) sur : Les performances
des entreprises, (ii) la perception que les dirigeants
d'entreprise ont des contraintes imposées par la réglementation
en question, et (iii) l'efficacité de l'environnement
législatif dans le pays.
Conclusion
: Action future
Le classement des pays établi par le programme Doing
Business a démontré qu'il pouvait éveiller un intérêt pour
ces questions et stimuler le dialogue et l'action.
Recommandation
Pour planifier des ajouts ou modifications futures
aux indicateurs, l'équipe de Doing Business devrait utiliser
les analyses de la Banque pour motiver le choix des indicateurs
Doing Business. Les enquêtes sur les entreprises, les
évaluations du climat de l'investissement, entre autres
travaux, peuvent aider à définir les domaines sur lesquels
les parties concernées doivent concentrer leurs efforts
en priorité pour stimuler le développement du secteur
privé national. L'équipe de Doing Business devrait se
servir de ces études pour déterminer le choix de nouveaux
indicateurs et réévaluer régulièrement son éventail d'indicateurs.
Conclusion
: Embauche des travailleurs
L'indicateur Embauche des travailleurs est conforme
à la lettre des dispositions de l'OIT, mais quatre de ses
sous-indicateurs ne reflètent pas leur esprit. Au-delà de
ces normes minimales Doing Business attribue de moins bonnes
notes aux pays ayant choisi de protéger davantage l'emploi.
Conclusion
: Origine du droit national
On note quelques différences systématiques dans les
classements qui sont associées à l'origine du droit national
(droit civil ou common law) mais ont peu d'incidence sur
les classements généraux ni sur la validité de l'exercice.
| Est-ce
que le score des pays de droit civil est plus
faible que celui des pays de common law ? |
|
Les différences
sont significatives |
| Indicateur |
Sous-indicateur |
| Très significatif* |
|
| Embauche des travailleurs |
Indice de difficulté
de recruter |
| Embauche des travailleurs |
Indice de rigidité des horaires |
| Embauche des travailleurs |
Indice de difficulté
de licencier |
| Obtenir un crédit |
Indice de l'information sur le crédit** |
| Obtenir un crédit |
Indice des droits légaux |
| Protection des investisseurs |
Indice de la responsabilité des dirigeants |
| Protection des investisseurs |
Indice des poursuites
par les actionnaires |
| Créer une entreprise |
Procédures (nombre) |
| Créer une entreprise |
Coût (% revenu par habitant) |
| Créer une entreprise |
Capital minimum (% revenu par habitant) |
| Paiement des impôts |
Délai (heures) |
| Significatif* |
|
| Paiement des impôts |
Paiements (nombre) |
| Créer une entreprise |
Délai (jours) |
| Octroi des licences
|
Délai (jours) |
*Niveau significatif fixé
à 95 %, différences très significatives
fixées à 99 %.
**Toutes les différences étant significatives
sur le plan des statistiques favorisent
les pays de common law sauf pour l'information
sur le crédit. |
|
Sur les 13 sous-indicateurs repris dans
le tableau ci-dessous, les pays de droit civil se classent
nettement moins bien. Six de ces différences significatives
sont dues au nombre de procédures, souvent jugées excessives
dans le système français. Quatre différences concernent
le niveau de protection dont bénéficient les emprunteurs
(plus important) et les investisseurs minoritaires (moins
important) qui caractérisent le droit civil : les indices
Doing Business attribuent des points à des dimensions
rencontrées principalement dans la common law. Trois différences
ont trait à la protection de l'emploi, qui peut venir
non pas de l'origine du droit mais des choix de politique
publique dans cet ensemble de pays.
Voir
aussi : Est-ce
qu'un pays de droit civil peut réussir dans un monde Doing
Business ?
La nomenclature imprécise et le pouvoir
explicatif exagéré qui est attribué aux indicateurs font
l'objet de nombreuses critiques de la part des parties
prenantes.
Doing Business attache trop d'importance
aux classements des pays. Ces classements présentent trois
points faibles. Tout d'abord, la plupart des indicateurs
partant du principe que moins on réglemente, mieux c'est,
il est difficile de dire si les pays les mieux notés sont
ceux qui ont une réglementation bien conçue et efficace,
ou ceux dont la réglementation est trop rudimentaire.
Ensuite, compte tenu du petit nombre de sources d'informations,
il est difficile de juger de la fiabilité des valeurs
individuelles des indicateurs et donc des classements
généraux. Enfin, l'évolution du classement d'un pays dépend
largement de l'endroit où il se situe dans la distribution ;
de petits changements peuvent produire de grands sauts
dans le classement, et vice-versa. Ces facteurs contribuent
à créer des anomalies dans les classements. |