publication 23 août 2017

Au-delà des pénuries : la sécurité de l’eau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord


L’eau a toujours posé de grands défis au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Face à un contexte de croissance rapide, d’instabilité régionale et de changement climatique, ces difficultés s’avèrent plus que jamais pressantes. Le présent rapport montre comment les problèmes auxquels la région se trouve confrontée aujourd’hui remontent bien au-delà des contraintes séculaires de pénuries d’eau. Il examine comment les pays concernés peuvent anticiper ces difficultés et renforcer la sécurité de l’eau, plutôt que d’attendre pour passer à l’action que se produisent les perturbations qui seront inévitablement associées à l’eau.

Principales constatations :

  • La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord est l’une des zones sensibles du monde caractérisée par une consommation d’eau non durable, en particulier des eaux souterraines. Dans certains pays, plus de la moitié des prélèvements actuels sont supérieurs aux ressources normalement disponibles ;
  • N’étant pas recyclées, 82 % des eaux usées présentent  d’immenses possibilités pour répondre à la demande d’eau ;
  • Les pertes économiques qui devraient résulter des pénuries d’eau liées au climat sont plus importantes dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord que partout ailleurs et devraient représenter, selon les estimations, de 6 % à 14 % du PIB à l’horizon 2050 ;
  • La productivité totale en eau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ne représente qu’environ la moitié de la moyenne mondiale ;
  • Malgré la rareté de l’eau, la région applique les tarifs les plus faibles du monde et une proportion du PIB (2 %) plus élevée que partout à l’octroi de subventions au titre de l’eau ;
  • Les risques d’inondation et de sécheresse augmentent et auront vraisemblablement des impacts disproportionnés sur les populations pauvres ;
  • Quelque 60 % des eaux de surface de la région sont traversés par une frontière, et tous les pays partagent au moins un aquifère avec un autre pays, ce qui accentue l’importance d’une gestion coopérative des ressources en eaux communes ;
  • Des innovations positives prennent déjà corps dans la région :
    • le Maroc déploie des efforts à l’échelle du pays dans la gestion des eaux souterraines ;
    • la Jordanie s’efforce de tirer parti des innovations émanant du secteur privé en finançant le recyclage des eaux usées, et d’accroître l’approvisionnement en eau au moyen du dessalement ;
    • l’Arabie saoudite poursuit des réformes visant à réduire les subventions non ciblées et renforce le rôle du privé à l’appui de résultats présentant un intérêt public ;
    • l’Égypte recommence à cibler la responsabilité à l'échelon local, notamment pour les services d’approvisionnement et d’assainissement, en particulier dans les zones rurales mal desservies. 
  • Le défi réel à relever, c’est de généraliser et d’accélérer ces innovations positives dans toute la région. Cela fait appel à une « nouvelle conscience de l’eau » parmi les citoyens, qui reconnaisse qu’il appartient à chacun d’aller au-delà des pénuries d’eau : en tant qu’agriculteur, entrepreneur, agent des services publics ou à titre personnel.  


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