NOTE

Les forêts, une source d’emplois et de revenus

16 mars 2016


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Flore de Prenéuf / PROFOR

Les forêts créent de la richesse et des millions d’emplois, et cette tendance ira croissant car la demande de produits forestiers ne cesse d’augmenter.

L’exploitation forestière formelle offre plus de 13,2 millions d’emplois, génère plus de 5 000 produits différents et engendre une valeur ajoutée brute supérieure à 600 milliards de dollars par an. Mais sa contribution économique est en réalité encore plus importante. En effet, ce secteur étant principalement informel, son activité ne peut pas être précisément chiffrée. Son inclusion dans le calcul du PIB pourrait doubler sa contribution et quadrupler le nombre d’emplois à temps plein concernés. De plus, le secteur du bois de chauffage procure des emplois à des dizaines de millions de ménages. Ces emplois consistent à ramasser du bois, à produire du charbon de bois, à transporter et à vendre ces produits. D’après les estimations, en Afrique subsaharienne, la filière du charbon emploie à elle seule 7 millions de personnes.

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Le développement économique, l’expansion démographique et l’urbanisation s’accompagnent d’un accroissement de la demande de produits forestiers. Selon les projections, cette demande augmentera considérablement dans les prochaines décennies. À elle seule, la demande mondiale de bois rond industriel devrait être multipliée par quatre à l’horizon 2050. Les forêts naturelles ne couvriront jamais l’ensemble de ces besoins, et ce n’est d’ailleurs pas l’objectif car les services qu’elles procurent aux écosystèmes et à la société en pâtiraient fortement. On estime par ailleurs qu’environ deux milliards d’hectares de paysages forestiers sont dégradés, voire ont disparu. La reforestation et la plantation d’arbres pourraient permettre de recréer ces espaces.

À l’échelle mondiale, la gestion durable des forêts nécessiterait entre 70 et 160 milliards par an (Banque mondiale, 2014). Cependant, la mobilisation d’un financement adéquat pour le secteur forestier reste difficile. Le financement privé est prometteur, mais il n’est pas réparti de manière égale entre les régions, et il est à ce jour inexistant dans nombre de pays en développement.

Stratégie

Le Groupe de la Banque mondiale aide les pays à gérer durablement leurs forêts naturelles, à étendre la couverture forestière et à mettre en place des chaînes de valeur durables pour créer des emplois et pour contribuer à une croissance pérenne.

Il aide les institutions du secteur forestier à renforcer leurs capacités de gestion, au niveau national et local ; participe à l’amélioration des pratiques de gestion; et contribue aux investissements dans la lutte contre les insectes ravageurs et contre les incendies. La création de solides bases de données sur les ressources forestières et l’instauration de systèmes de suivi efficaces constituent deux autres priorités. En s’appuyant sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication, la Banque s’attache aussi à accroître la transparence et la reddition de comptes sur la gestion des ressources forestières.

La Banque cherche par ailleurs à exploiter le potentiel des petites et moyennes entreprises forestières pour générer de la richesse et des emplois. Dans la plupart des pays en développement, ces PME constituent en effet la première source d’emplois dans le secteur forestier : elles représentent entre 80 et 90 % des emplois formels et informels, et couvrent une grande partie de la demande de bois dans ces pays. L’exploitation du potentiel économique des forêts passe notamment par l’organisation de filières efficientes et durables, par l’amélioration de l’accès des produits aux marchés et par l’instauration d’un environnement d’affaires favorable.

Il est en outre impératif d’aider les pays à éliminer les restrictions pesant sur les plantations, afin qu’ils puissent répondre à la demande croissante de produits et de services forestiers. À cette fin, il faut, par exemple, définir plus clairement les droits fonciers, améliorer le savoir technique des petits exploitants et leur maîtrise des questions financières, et assurer l’accès à l’information sur les marchés. En outre, la Banque soutient les initiatives publiques-privées qui visent à créer et à gérer les plantations et les vergers sur des terres publiques.

Le Groupe de la Banque mondiale contribue à l’instauration d’un climat d’affaires propice à l’investissement privé, ainsi qu’à l’élaboration de normes d’investissement responsable. La Banque mondiale travaille avec les pouvoirs publics pour définir un cadre de réglementation qui permettra aux investisseurs de s’engager dans des activités forestières bénéfiques à l’économie, à la société et respectueux de l’environnement. La Société financière internationale (IFC) encourage les investissements privés responsables et les évalue pour vérifier qu’ils sont viables, rentables et « pro-pauvres ». L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) peut, elle aussi, encourager les investissements en atténuant les risques.

Résultats

Le programme européen pour l’application des législations forestières et la gouvernance (IEVP-FLEG [a]) est une initiative financée par l’Union européenne et mise en œuvre par la Banque mondiale, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le Fonds mondial pour la nature (WWF). Il aide les pays participants, dont le Bélarus, la Moldova et l’Ukraine (a), à élaborer des politiques et des plans forestiers durables. Ces plans définissent les réformes à mettre en œuvre dans le secteur de la sylviculture afin d’attirer des investissements dans la gestion durable des forêts et de dynamiser la croissance économique.

Au Libéria (a), via le Programme pour les forêts, la Banque mondiale a cofinancé un système qui permet, au moyen de codes-barres et de formulaires, de suivre le bois depuis le site d’abattage jusqu’au point d’exportation. Grâce à ce système, l’État a engrangé plus de 27 millions de dollars de recettes fiscales nettes sur la période 2008-2012.

Au Mexique (a), de nombreuses communautés forestières ont créé des entreprises commerciales performantes, qui opèrent dans le secteur du bois et dans d’autres secteurs non liés à la sylviculture. Dans les zones où la Banque mondiale mène des projets, l’aide à la sylviculture communautaire (a) a fait progresser l’emploi de 27 % et la valeur nette des produits et services forestiers de 36 %.

Au Viet Nam (a), grâce à des plantations d’arbres à petite échelle, qui s’inscrivent dans un projet durable sur le plan environnemental et économique, 43 000 ménages cultivent aujourd’hui 76 500 hectares de terres autrefois non forestières. Environ 29 000 d’entre eux ont reçu une attestation pour leurs droits fonciers, et plus de 28 000 ménages agricoles ont bénéficié de prêts gérés par une banque de développement publique locale.

Au Bélarus (a), les investissements dans de meilleures pratiques de gestion forestière renforcent les capacités, accroissent l’utilisation efficiente des résidus de coupe et améliorent la prévention, la détection et la lutte contre les incendies de forêt.