Fiches de résultats 03 avril 2018

Pour bénéficier à tous, la croissance économique exige des politiques plus affirmées d’ouverture des échanges

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Les pays à faible revenu doivent être intégrés au système commercial mondial si l’on veut que les échanges continuent de créer des emplois et de profiter aux pauvres.

 

Groupe de la Banque mondiale


Le commerce est l’une des clés de la lutte contre la pauvreté dans le monde. Les pays ouverts aux échanges internationaux tendent à se développer plus vite, innover, afficher une productivité supérieure et offrir des revenus plus élevés et davantage de débouchés à leurs habitants. En rendant les biens et les services plus abordables, le libre-échange bénéficie également aux ménages peu fortunés. L’intégration à l’économie mondiale à travers le commerce et les chaînes de valeur mondiales stimule la croissance et participe à la réduction de la pauvreté — localement et dans le reste du monde. L’engagement du Groupe de la Banque mondiale auprès de pays comme la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine et l’Indonésie a facilité les échanges transfrontaliers, rendu les services logistiques plus fiables et rationnalisé les procédures de dédouanement. Ces projets, comme d’autres, contribuent à la création d’un système commercial international plus ouvert, plus fiable et plus prévisible pour tous.

Défi

La mondialisation et les échanges offrent certes de nouveaux débouchés, mais ils s’accompagnent également de défis. Les pays en développement peuvent avoir du mal à être compétitifs à l’échelle planétaire, et ce pour plusieurs raisons :

  • inefficacité ou inadéquation des systèmes de transport, de logistique ou de douane ;
  • faible connectivité en termes de télécommunications, de marchés financiers ou de technologies de l’information ;
  • complexité des environnements réglementaires, qui empêche les nouveaux investissements ;
  • comportement anticoncurrentiel de nombreux acteurs majeurs (ou cartels), qui bride l’innovation, la productivité ou le développement des marchés.

La complexité grandissante des échanges a de profondes implications pour les pauvres, souvent plus déconnectés des marchés mondiaux et régionaux, voire locaux, que le reste de la population. En général, la pauvreté se concentre dans des zones géographiques mal reliées aux pôles économiques. Dans ces conditions, entreprises et communautés peinent à constituer un vivier de main-d’œuvre compétente et compétitive. Et faute d’être intégrées aux chaînes de production mondiales, leurs possibilités de diversifier leurs produits et leurs compétences sont limitées.

Le renforcement des échanges commerciaux a par ailleurs des conséquences distributives. Si, au plan global, les économies ont tout à gagner de ce dynamisme accru, les secteurs qui importent des produits concurrents peuvent pâtir de cette concurrence accrue et de la création d’emplois de qualité dans les secteurs exportateurs avec, par ricochet, des baisses de salaire ou des pertes d’emplois.

Démarche

Le Groupe de la Banque mondiale soutient un système commercial multilatéral ouvert, prévisible et réglementé, dans le but d’aider les pays à y participer et à en retirer les bénéfices.

Plusieurs stratégies concourent à cet objectif :

  • Facilitation des échanges, logistique, gestion des frontières : il s’agit d’aider les pays à s’intégrer dans les chaînes de valeur mondiales, par le biais de réformes et d’investissements ciblés ;
  • Accords commerciaux : conseiller les pays sur leurs aspects techniques et aider au respect des engagements pris ;
  • Placer le commerce et la compétitivité au cœur des stratégies nationales de développement ;
  • Aide pour le commerce : le Groupe de la Banque mondiale est le premier pourvoyeur multilatéral d’« aide pour le commerce » — une initiative multilatérale conçue pour aider les pays en développement et, notamment les pays à faible revenu, à stimuler la croissance par une intégration dans l’économie mondiale ;
  • Marchés et politique de la concurrence : stimuler la croissance et promouvoir une prospérité partagée en ouvrant et en transformant les marchés.

En 2017, le volume des échanges a progressé au rythme de 4,3 % — un record depuis six ans. Cela s’est traduit par une augmentation du PIB pour certains pays, des opérations transfrontalières supplémentaires pour certaines entreprises et des biens et des services moins onéreux pour les populations. Soucieuse de renforcer le commerce international, la Banque mondiale s’emploie avec les gouvernements à lever les obstacles aux échanges, en concevant et en déployant des politiques qui maximisent la compétitivité, améliorent la connectivité et facilitent les échanges. Dans la lignée de son double objectif, qui vise à éliminer l’extrême pauvreté et à promouvoir une prospérité partagée, le Groupe de la Banque mondiale aide ses clients à améliorer leur accès aux marchés des pays développés et à accroître leur participation à l’économie mondiale.

Résultats

Les activités de conseil et de soutien au commerce recouvrent 111 projets de prêts de la Banque mondiale dans 57 pays, 219 prestations de conseil dans 64 pays et 56 projets consultatifs d’IFC dans 35 pays, dont le Programme d’appui à la facilitation des échanges (TFSP) (a) et le Mécanisme-cadre de soutien au commerce (a).

Les engagements de la Banque mondiale à l’échelle nationale, régionale et mondiale ont renforcé la compétitivité des échanges, entraînant une meilleure prévisibilité des transactions, une baisse des coûts, l’ouverture et la création de marchés et une intégration commerciale privilégiant l’inclusion de tous.

Voici un aperçu des principales réalisations obtenues dans le cadre des opérations de la BIRD.

Bosnie-Herzégovine : l’opération a soutenu les réformes en vue de faciliter les échanges transfrontaliers. Elle a contribué à simplifier l’octroi par le gouvernement des permis d’import-export, faciliter l’obtention de ces permis et réduire les coûts d’approbation. À sa clôture, le projet avait aidé les entreprises à économiser près de 1,26 milliard de dollars de frais de mise en conformité, soit une baisse de 4 % environ. Cette diminution des frais administratifs entourant les transactions a concouru à renforcer l’environnement commercial et réduit le coût des affaires dans le pays. En abaissant les obstacles commerciaux pour les entreprises, ce projet a amélioré la compétitivité des produits de Bosnie-Herzégovine et facilité son intégration sur le marché de l’Union européenne.

Macédoine : cette opération a aidé le gouvernement à améliorer l’efficacité des services de logistique commerciale (à travers deux projets au titre d’une approche-programme). Il s’agissait notamment de rendre les inspections plus efficaces, afin de stimuler les échanges transfrontaliers, et d’aider l’industrie du transport à s’internationaliser en incitant les opérateurs du secteur à rendre leurs flottes compatibles avec les normes d’émission en vigueur dans l’UE. Parmi les résultats obtenus, une diminution de 70 % des inspections matérielles aux frontières avec, à la clé, une réduction du temps de transit pour les exportations comme pour les importations. En outre, le taux de respect des normes de l’UE par les nouveaux véhicules a atteint 100 %.

Indonésie : afin de soutenir la facilitation des échanges, le Groupe de la Banque mondiale a combiné un prêt à l’appui des politiques de développement et un financement de projet d’investissement. Le premier projet visait à soutenir la mise en œuvre de procédures douanières et la définition de barrières non tarifaires simplifiées et moins élevées. Les délais ont ainsi été ramenés de 21 à 17 jours pour les exportations et de 27 à 23 jours pour les importations entre 2009 et 2012. Le second projet a financé des investissements et une assistance technique à la Direction générale des douanes et des droits d’accise, dans le but d’améliorer les services à la clientèle en optimisant les procédures douanières.

Contribution du Groupe de la Banque mondiale

La Banque mondiale travaille avec les gouvernements pour résoudre les obstacles au commerce, le total de ses engagements financiers atteignant plus de 22,5 milliards de dollars à fin 2017 (12,6 milliards pour la BIRD et 9,9 milliards pour l’IDA), contre à peine 3,3 milliards en 2004.

Fonds tripartite administré par la BIRD et lancé le 22 avril 2017, le fonds fiduciaire du le Mécanisme-cadre de soutien au commerce (a) a pour but d’appuyer la production d’analyses et de connaissances sur les enjeux commerciaux mondiaux et régionaux dans les pays soutenus par la BIRD et par l’IDA. Au cours des six prochaines années, ce mécanisme soutiendra quatre domaines d’activité clés du Groupe de la Banque mondiale en matière de commerce :

  • compétitivité et diversification des échanges ;
  • facilitation du commerce et logistique de transport ;
  • soutien à l’accès aux marchés et coopération commerciale internationale ;
  • gestion des chocs et promotion d’une inclusion accrue (commerce et pauvreté, liens entre le commerce et le genre, etc.).

Ce mécanisme a bénéficié des contributions du DfID, du SECO, de la Sida, des Pays-Bas et de la Norvège. L’enveloppe financière actuelle pour les six prochaines années est estimée à 41 millions de dollars.

Le Programme d’appui à la facilitation des échanges (TFSP) (a), qui recouvre l’aide versée à travers un fonds tripartite administré par IFC, a été lancé en juin 2014 avec le soutien de neuf partenaires de développement (Australie, Canada, États-Unis, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède, Suisse et UE), qui ont engagé 35 millions de dollars au total. Il prête son soutien aux pays BIRD-IDA qui ont besoin d’une assistance pour aligner leurs pratiques commerciales sur l’Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce (AFE OMC), entré en vigueur en février 2017.

Partenaires

Le Groupe de la Banque mondiale agit en concertation avec un large éventail de parties prenantes : autres donateurs, pays clients, secteur privé, organisations de la société civile, institutions multilatérales, communautés économiques régionales, etc. Parmi ces partenaires, figurent des promoteurs du commerce qui sont en tête de proue de la défense d’un système commercial international ouvert et réglementé.

Le secteur privé s’attache à garantir la protection du libre-échange et contribue à développer des débouchés commerciaux, y compris pour aider les MPME à croître et à participer aux échanges et aux chaînes de valeur mondiales.

Plusieurs donateurs contribuent aux fonds fiduciaires du Groupe de la Banque mondiale en appui au commerce et au climat de l’investissement et, notamment : le DFID, l’Agence française de développement, l’ONUDI, la Banque asiatique de développement, la Banque islamique de développement, l’USAID, la JICA, la Fondation Gates, l’OMC, l’OCDE, le FMI, le Secrétariat d’État à l’économie de la Suisse, l’Agence suédoise pour le développement international, l’AusAID, la Commission européenne, le Canada, le ministère norvégien des affaires étrangères et UKAID.

Perspectives

De plus en plus et afin de renforcer leur compétitivité, les pays se tournent vers le Groupe de la Banque mondiale pour des conseils sur le commerce et, plus largement, sur la réforme du climat d’investissement. De son côté, celui-ci partage des données techniques qui aident les pays en développement à prendre des décisions politiques solides en matière de commerce et d’investissement et qui seront déterminantes pour la croissance et la réduction de la pauvreté. En février 2017, l’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC est entré en vigueur, stimulant les efforts de la communauté internationale pour réduire les coûts du commerce et aider les pays à mieux s’intégrer à l’économie mondiale. Cette étape cruciale est l’occasion pour le Groupe de la Banque mondiale de renforcer son aide aux pays dans le but de concevoir des stratégies de réforme applicables en appui à la réduction de la pauvreté et la promotion d’une prospérité partagée.