Results 01 décembre 2017

Mobilité

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Au Sénégal, un nouveau système de liaisons rapides par autobus va améliorer la mobilité urbaine, réduire la pollution et favoriser la croissance économique.

Défis et opportunités

La transformation de la mobilité mondiale passe par la mise en place de systèmes de transport plus sûrs, plus propres, plus efficients et plus accessibles. Selon les Nations Unies, la planète comptera plus de 8,5 milliards d’habitants en 2030, et la demande de mobilité continuera à s’accroître. Le transport est un moteur crucial du développement économique et social : il offre des opportunités aux pauvres et contribue aux gains de compétitivité des pays. Les infrastructures de transport permettent l’accès aux emplois, à l’éducation et aux services de santé, ainsi que la livraison des produits et des services.

Si l’on veut atteindre la cible de l’accord de Paris (ramener les émissions dues aux transports de 7,7 gigatonnes d’équivalent CO2 actuellement à 2-3 gigatonnes d’ici à 2050), il faut développer des solutions de mobilité non polluantes dans le monde entier, ce qui requiert d’investir massivement. Mais comment aider les pays à adopter des systèmes de transport sobres en carbone ? Notamment en encourageant l’utilisation des transports publics, de sorte que le secteur des transports contribue à la réduction des émissions mondiales.

Aujourd’hui, l’ensemble du secteur des transports (mobilité des personnes et acheminement des marchandises) est responsable d’environ 23 % des émissions de CO2 dues aux combustibles fossiles, soit 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Pour que les transports produisent moins de carbone, il faut associer des stratégies éprouvées, axées sur des systèmes multimodaux intégrés de transport et de transit urbains (route, rail, maritime et aérien) et des solutions qui changent la donne, comme la mobilité partagée, les véhicules autonomes et l’électrification. Or, ces transformations se chiffrent en milliers de milliards de dollars d’investissements publics et privés sur les dix prochaines années.

Le Groupe de la Banque mondiale collabore avec de multiples partenaires pour encourager une mobilité durable dans le monde et aide à mettre en place les conditions qui attirent les investisseurs : un environnement d’affaires favorable et concurrentiel, des chaînes logistiques et des financements innovants pour les projets d’infrastructure et les technologies émergentes, telles que les véhicules électriques, les véhicules autonomes (sans conducteur) et les plateformes d’autopartage.

Au sein du Groupe de la Banque mondiale, la Société financière internationale (IFC) œuvre elle aussi à promouvoir la mobilité durable sur l’ensemble du globe. En 2017, elle a investi 10 millions de dollars dans Blackbuck, une entreprise technologique indienne qui propose des solutions de logistique B2B pour le transport routier longue distance. La plateforme technologique de Blackbuck facilite la réservation de capacités de fret sur des liaisons interurbaines par mise en relation des expéditeurs et des camionneurs. Blackbuck maximise l’efficience tout en limitant le plus possible les temps d’indisponibilité des camions. En réduisant le nombre de trajets à vide ou avec un chargement partiel, Blackbuck participe effacement à la lutte contre les émissions de GES en Inde.

 

Transformation par l’action

À Dakar, au Sénégal, la Banque mondiale et ses partenaires contribuent au développement d’un nouveau système de transport intelligent, qui doit accueillir quelque 300 000 voyageurs par jour. Le projet pilote de système de bus rapides sur voie réservée à Dakar (BRT) améliorera les conditions de déplacement et divisera par deux la durée moyenne des trajets dans les transports publics aux heures de pointe. Ce projet, dans le cadre duquel la Banque mondiale et d’autres partenaires de développement apportent des financements qui permettent d’atténuer les risques, donnera lieu à des contrats de concession attrayants pour le secteur privé et ouvrira la voie à des améliorations technologiques. Pour le Sénégal, la contribution déterminée au niveau national prévue dans l’accord de Paris accorde au BRT un rôle central dans la lutte contre les émissions de carbone liées au transport.

Ce projet va remodeler l’économie et l’environnement des transports publics à Dakar et s’accompagnera d’une transformation urbaine durable sur l’artère principale et les routes adjacentes, mais aussi dans d’autres parties de la ville. Il prévoit notamment la construction de 18,3 kilomètres de voies réservées aux bus, reliant les principaux terminaux de passagers, ainsi que 20 autres stations. Ce service de transport sera sûr, rapide et fiable ; il améliorera l’accès aux emplois et favorisera une croissance économique durable.

Chiffres clés

  • L’ensemble du secteur des transports est actuellement responsable d’environ 23 % des émissions de CO2 dues aux combustibles fossiles (soit 15 % des émissions totales de GES). Si rien n'est fait, la part des transports dans les rejets de CO2 pourrait atteindre 33 % d’ici à 2050. 
  • L’accord de Paris prévoit que les émissions liées aux transports soient ramenées de 7,7 gigatonnes d’équivalent CO2 actuellement à 2-3 gigatonnes d’ici à 2050.
  • Les technologies de propulsion électrique utilisant des sources d’énergie renouvelables peuvent réduire de plus de 90 % les émissions des camions, sur l’ensemble de leur cycle de vie, d’ici à 2050.
  • De juillet 2016 à juin 2017, la Banque mondiale a consacré 4,9 milliards de dollars aux transports durables dans 32 pays, dont 1,2 milliard de dollars pour des mesures d’atténuation et 500 millions de dollars pour des mesures d’adaptation.