Du 17 au 21 avril : Suivezles webconférences internationales des Réunions de printemps.Voir le programme

Fiches de résultats 29 novembre 2017

Solaire

Image

En Inde, une méga-centrale solaire de 750 MW alimentera le métro de Delhi.

Défis et opportunités

Alors que ses coûts de production connaissent une baisse rapide, l’énergie solaire est appelée à progresser à vive allure dans les pays en développement, délogeant ainsi les combustibles fossiles. Dans plusieurs pays, l’énergie d’origine photovoltaïque revient déjà moins cher que l’énergie produite par les centrales à gaz et à charbon. L’évolution en cours est encourageante : partout dans le monde, les énergies renouvelables tirent l’expansion des systèmes de production d’énergie, le solaire arrivant en tête de peloton, sachant qu’aujourd’hui, plus de la moitié des dispositifs solaires se trouvent dans des pays en développement.

Les marchés ayant atteint une taille suffisante, les prix ont chuté. Plusieurs éléments déterminants ont contribué à atténuer les risques et, partant, à développer les marchés : des stratégies clairement définies par les gouvernements, une structuration financière et institutionnelle transparente et l’organisation d’appels d’offres (sous la forme de ventes aux enchères notamment). Dans certains cas, des garanties ou des financements concessionnels sont indispensables au début pour soutenir cet essor des marchés. Avec la baisse spectaculaire des coûts depuis quelques années, le Groupe de la Banque mondiale observe un intérêt croissant pour l’énergie solaire parmi ses clients.

La Banque mondiale s’emploie avec les autorités nationales à renforcer les institutions chargées de l’énergie, mettre en place des cadres juridiques adaptés et améliorer les politiques et les réglementations, ouvrant ainsi la voie à une expansion significative de l’énergie éolienne et solaire dans des pays comme l’Inde, le Maroc ou la Turquie. Elle s’efforce également de réunir des informations complètes et ouvertes à tous, à travers des outils tels que l’Atlas mondial de l’énergie solaire du Programme d’assistance à la gestion du secteur énergétique (ESMAP), qui a catalysé le développement du solaire au Viet Nam.

La Société financière internationale (IFC) soutient les énergies renouvelables à tous les maillons de la chaîne : conseil aux gouvernements sur les réglementations et les partenariats public-privé, soutien aux entreprises pour alléger leur empreinte carbone, financement des fabricants d’équipement et de projets pour des énergies renouvelables couplées au réseau, accélération du développement des énergies renouvelables et des marchés du stockage de l’énergie ou encore amélioration de l’accès des populations à des services énergétiques modernes hors réseau.

En octobre 2017, l’IFC a finalisé un financement historique de 653 millions de dollars pour la construction de 13 centrales solaires dans le complexe de Benban, en Égypte. Il s’agit de produire jusqu’à 752 MW d’énergie solaire pour alimenter plus de 350 000 clients résidentiels. Une fois achevé, ce parc solaire de 1 650 MW deviendra la première installation solaire du monde et devrait éviter le rejet de 2 millions de tonnes de gaz à effets de serre par an.

 

Transformation par l’action

Le réseau énergétique de l’Inde a beau être l’un des plus étendus au monde, la consommation d’électricité par habitant y ressort pourtant à moins d’un tiers de la moyenne mondiale et environ 300 millions d’habitants ne sont pas raccordés au réseau national d’électricité. Avec l’essor économique que connaît le pays, la demande d’approvisionnement énergétique fiable ne peut qu’augmenter.

La Banque mondiale et l’IFC aident l’Inde à créer de vastes parcs solaires et soutiennent l’ambition du gouvernement de porter à 100 GW, sur 175 GW, la part du solaire dans le mix d’énergies renouvelables à l’horizon 2022.

En 2012, l’Inde ne disposait pas encore de projets d’envergure pour l’installation de panneaux solaires sur les toits. Soucieuses d’atteindre leur objectif de produire 500 MW d’énergie photovoltaïque en 2014, les autorités de la province du Gujarat ont sollicité les conseils de l’IFC pour élaborer un modèle innovant de partenariat public-privé dans le but d’ajouter des capacités de production, élaborer des contrats types pour les projets à venir, démontrer la viabilité de cette technologie et soutenir l’émergence d’une nouvelle industrie. Ces efforts ont porté leurs fruits : actuellement, l’Inde produit 1 650 MW d’énergie solaire grâce aux installations de toiture. L’IFC, qui s’emploie à généraliser ce modèle à travers des projets menés dans plusieurs États, notamment celui d’Odisha, a pu mobiliser 37 millions de dollars de nouveaux investissements et améliorer l’approvisionnement énergétique de 27 000 personnes.

Le Groupe de la Banque mondiale a par ailleurs financé le projet de méga-centrale solaire de 750 MW de Rewa (a), qui a permis de ramener les prix du solaire à un niveau plancher record et dont l’objectif est d’attirer plus de 500 millions de dollars d’investissements privés. Avec une enveloppe de financements de 100 millions de dollars en soutien au déploiement de parcs solaires en Inde, la Banque mondiale contribue, avec le Fonds pour les technologies propres (a), à sécuriser les investissements dans ces infrastructures et à faire baisser les coûts.

 

Résultats attendus

Le projet de méga-centrale solaire de Rewa, d’une puissance de 750 MW — ce qui fait d’elle l’une des plus importantes centrales de ce type dans le monde sur un seul site — a doublé les capacités solaires de l’État du Madhya Pradesh. L’énergie produite viendra alimenter le métro de Delhi. Grâce aux tarifs pratiqués, historiquement bas pour un projet solaire, les coûts de production sont désormais équivalents à ceux du charbon. Fort du soutien de la Banque mondiale et de l’IFC, ce projet devrait éviter le rejet de 1 million de tonnes de gaz à effets de serre par an, ce qui équivaut à retirer 215 000 voitures de la circulation chaque année.

 

Chiffres clés

  • En 2016, pour la cinquième année consécutive, les investissements dans les nouvelles capacités d’énergies renouvelables ont atteint 249,8 milliards de dollars, soit deux fois plus que dans les centrales fonctionnant avec des combustibles fossiles. Cela correspond à l’ajout total de 161 GW de capacités renouvelables supplémentaires, dont 47 % dus à l’énergie photovoltaïque.
  • Le coût de l’électricité d’origine photovoltaïque continue de baisser rapidement. L’Arabie saoudite, l’Argentine, le Chili, les Émirats arabes unis, l’Inde ou la Jordanie ont organisé des appels d’offres record pour l’énergie photovoltaïque.
  • En Inde, faute d’être raccordés au réseau électrique, 300 millions d’habitants risquent d’être privés de tout développement économique et social durable.
  • La hausse de la demande d’électricité en Inde est vertigineuse, les besoins étant huit fois plus importants aujourd’hui qu’en 1970.
  • Le gouvernement indien, qui s’est engagé à raccorder l’ensemble de la population 24h/24 d’ici 2030, réalise des investissements massifs dans l’énergie solaire, les solutions novatrices et l’efficacité énergétique.