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Fiches de résultats 07 novembre 2017

Les progrès réalisés dans les secteurs du tourisme et de l’horticulture en Gambie

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Un agriculteur participant au projet en faveur de la croissance et de la compétitivité.


LES POINTS MARQUANTS

  • La mise en place d’un système d’immatriculation en ligne a permis de réduire le coût de création d’une entreprise, ainsi que le délai, ramené de 27 à 3 jours en moyenne.
  • Les petits agriculteurs ont vu leurs ventes augmenter de 463 % entre 2011 et 2015.
  • Un centre professionnel dédié aux métiers de l’accueil et du tourisme a formé 1 235 personnes et contribué à une hausse de 71 % du nombre de touristes en provenance de nouveaux pays entre 2011 et 2015.

Washington, 7 novembre 2017 – À la tête d’une entreprise de produits naturels locaux (yaourts, aloe vera, confitures…), Claudette Sarr-Krook cherchait à accroître ses ventes, mais peinait à trouver des clients.

« Nous avions besoin de prendre la température du secteur pour mieux définir le prix de nos produits et être plus compétitifs », explique la PDG de Care for Natural. « Mais cela nécessitait un savoir-faire qui n’était tout simplement pas disponible à un coût abordable en Gambie. Notre collaboration avec le Groupe de la Banque mondiale nous a permis de gagner en professionnalisme, et donc en crédibilité aux yeux de notre clientèle potentielle. »

Un projet du Groupe de la Banque mondiale en faveur de la compétitivité et de la croissance en Gambie, qui s’est achevé en 2015, visait en effet à améliorer l’environnement économique pour des entrepreneurs comme Claudette Sarr-Krook. Il a été financé par un don de 12 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA), l’institution du Groupe de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète, et mis en œuvre par son pôle mondial d’expertise en Commerce et compétitivité.

Pour Claudette Sarr-Krook, ce projet a permis des gains de qualité et une meilleure prévisibilité du côté de ses fournisseurs. Mais son entreprise a également bénéficié du volet formation de ce projet : Care for Natural a adopté un nouveau packaging avec logos, valeurs nutritionnelles et ingrédients des produits, est parvenue à calculer plus précisément ses prix, s’est doté d’une stratégie marketing et a pu se rapprocher de nouveaux acheteurs en Suède et dans d’autres pays d’Europe. L’entreprise a développé son activité et, au terme du projet, son chiffre d’affaires annuel atteignait 3,4 millions de dollars, contre 1,3 million auparavant.

« Le projet pour la compétitivité et la croissance a énormément changé nos pratiques », estime Claudette Sarr-Krook. « Nous pouvons fournir plus vite des informations à des clients potentiels, nous maîtrisons mieux nos prix et nos coûts, nous avons amélioré la présentation de nos produits et nous avons davantage de visibilité sur nos bénéfices, ce qui nous permet de prendre des décisions d’investissement plus sereinement. »

« Nous avons connu une période difficile en Gambie », ajoute l’entrepreneuse. « La situation politique empêchait les entreprises de se développer. Mais le pays évolue et nous sommes désormais prêts à saisir toutes les opportunités qui pourraient se présenter. »

En 2016, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a classé la Gambie parmi les pays en situation de fragilité, de conflit et de violence. Une approche adaptée au contexte du pays était donc nécessaire, ce qui explique que le projet ait eu plusieurs dimensions ; il s’agissait d’améliorer l’environnement des entreprises en s’attaquant aux problèmes de fond, pour faciliter l’entrepreneuriat local, et de renforcer deux des principaux secteurs de la Gambie, la petite agriculture et le tourisme.

L’environnement des entreprises

En 2010, lors du lancement du projet, créer une entreprise en Gambie était un processus difficile et onéreux. En moyenne, cela prenait 27 jours et coûtait aux entrepreneurs environ 215 % de leur revenu annuel moyen (mesuré d’après le RNB par habitant).

En contribuant à la mise en place d’un système d’immatriculation en ligne des entreprises et la suppression des taxes et règlements superflus, le projet a considérablement amélioré les choses. En 2015, il ne fallait plus que trois jours en moyenne pour créer une entreprise, pour un coût ramené à 141 % du revenu annuel moyen.

Ces changements ont permis à de nouveaux entrepreneurs de démarrer leur activité. Au terme du projet, plus de 10 000 nouvelles entreprises avaient vu le jour.

« Les projets comme celui-ci, qui soutiennent les réformes de l’environnement des entreprises, sont essentiels pour notre développement », juge Naffie Barry, présidente du comité de pilotage du projet et secrétaire permanente du ministère du Commerce, de l’Industrie, de l’Intégration régionale et de l’Emploi. « Améliorer le cadre des affaires stimule la compétitivité de notre économie et attire des investisseurs privés, créant de la croissance, de l’emploi, et de la richesse. Avec un secteur privé dynamique, le chômage reste en général maîtrisable, ce qui est un facteur de paix et de stabilité. »


« Ce projet a donné un nouveau souffle à notre activité agroalimentaire. Désormais, nous sommes très compétitifs à l’international »
Momodou Ceesay
directeur général de Gambia Horticultural Enterprises Limited

Le tourisme

L’amélioration des conditions de l’activité commerciale n’était pas la seule dimension : en collaboration avec l’Agence espagnole pour la coopération internationale au développement, le projet a aidé à reconstruire et à relancer l’institut national dédié aux métiers de l’accueil et du tourisme.

Comme l’explique Kofi-Boateng Agyen, spécialiste senior du secteur privé au sein du Groupe de la Banque mondiale et responsable du projet, ce financement a servi à recruter des enseignants et à acquérir les livres, les équipements et les locaux dont l’institut avait grandement besoin.

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Étudiants de l’Institut gambien pour les métiers d’accueil et du tourisme

En novembre 2015, on comptait 1 235 diplômés de cet institut à l’issue d’une formation à temps plein. Ces personnes étaient désormais en mesure d’entamer une carrière dans des hôtels du pays ou sur des bateaux de croisière, mais avaient aussi reçu l’enseignement nécessaire pour créer leur propre entreprise.

Avec cette formation supplémentaire, les professionnels du secteur étaient mieux préparés à accueillir les touristes du monde entier, ce qui a contribué à améliorer les services. Entre 2011 et 2015, la Gambie a vu augmenter de 71 % le nombre de touristes venant de nouveaux pays.

La petite agriculture

Comme le tourisme, l’horticulture est l’un des principaux secteurs économiques de la Gambie. Les petits agriculteurs travaillent le plus souvent avec des techniques traditionnelles et dépendent des précipitations pour faire croître leurs cultures. Un programme d’agriculture contractuelle a donc été mis en œuvre dans le cadre du projet, pour apporter à de petits producteurs de mangues de nouvelles techniques agricoles, des moyens d’irrigation de base, et l’aide de conseillers agricoles. Parallèlement à l’amélioration de la qualité des produits, ce programme a mis en relation les agriculteurs avec des entreprises plus importantes qui ont acheté les mangues pour les exporter vers le Royaume-Uni et les Pays-Bas, notamment. 

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Des producteurs de mangues préparent l’expédition de leurs produits.

Ce dispositif a concerné 311 cultivateurs de mangues, dont les ventes ont augmenté de 463 %, pour passer d’un montant de 80 dollars environ par an en 2010 à 436 dollars en 2015.

« Grâce à ce programme, nous avons pu découvrir des techniques agricoles avancées, pour exporter des produits de qualité », témoigné Mamady Jassey, qui préside une coopérative de cultivateurs de mangues. « Ainsi, nous disposons de plus de moyens pour faire de nos exploitations une source de revenus durable pour nos familles. » 

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Des cultivateurs de mangues reçoivent une formation sur de nouvelles techniques agricoles.

« Cet aspect du projet a vraiment dépassé nos attentes », souligne Kofi-Boateng Agyen. «À l’origine, on se disait que ce serait un succès si dix agriculteurs prenaient part au programme. Mais ce dispositif et ces techniques nouvelles se sont diffusés très vite. »

L’accroissement du volume de production a fait augmenter les capacités d’exportation.

« Ce projet a donné un nouveau souffle à notre activité agroalimentaire », estime Momodou Ceesay, directeur général de Gambia Horticultural Enterprises Limited (GHE). « Désormais, nous sommes très compétitifs à l’international. Depuis le projet pour la compétitivité et la croissance, GHE contribue à réduire la pauvreté, à créer des emplois, à renforcer les capacités, à encourager le développement durable et des avancées socio-économiques en Gambie, afin de rendre possibles les rêves des générations futures. »


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