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Soutenir les efforts de redressement et réduire la vulnérabilité aux catastrophes naturelles en Haïti

Projet de redressement d’urgence et de gestion des catastrophes

03 avril 2013

Une école remise en état à Roseaux, Grand’Anse.

Le Projet de redressement d’urgence et de gestion des catastrophes a permis d’améliorer la préparation aux catastrophes naturelles et de réduire la vulnérabilité au niveau local en Haïti. Le projet a mis en place 76 comités communaux de protection civile (CCPC), qui couvrent plus de la moitié des 144 communes. De plus, le projet a assuré la réalisation de 130 petits travaux d’atténuation des catastrophes à la suite d’évaluations des risques de catastrophes menées auprès des collectivités.
76

comités communaux de protection civile ont été établis, équipés et formés.

CARTE DU PROJET

Défi

En 2005, Haïti sortait d’une période de conflit politique. Le pays était confronté à d’énormes difficultés de développement, se trouvant notamment très exposé et vulnérable aux risques naturels. Une pauvreté endémique, une déforestation de grande ampleur et une dégradation générale des terres et des bassins hydrographiques ont aussi contribué à exacerber la vulnérabilité du pays.

L’année précédente (mai 2004), des inondations subites et des glissements de terrain à Belle-Anse et Fonds-Verrettes ont touché plus de 100 000 personnes et ont fait pas moins de 1 000 victimes. L’ouragan Jeanne (septembre 2004) a provoqué des crues  subites qui ont touché 300 000 personnes entre Cap-Haïtien, Port-de-Paix et Gonaïves. Plus de 3 000 personnes ont péri à la suite des inondations.

Solution

Bien que le projet ait été préparé sous la forme d’un projet d’urgence, il s’efforçait d’équilibrer les interventions structurelles et non structurelles pour réduire la grande vulnérabilité du pays aux catastrophes naturelles. Les interventions structurelles étaient axées sur la remise en état des systèmes de drainage et d’irrigation, des écoles, des cliniques et des centres sociaux touchés par les inondations, dans un premier temps à Fonds-Verrettes, Belle-Anse et Gonaïves. Grâce à la rallonge budgétaire de 2008, le projet a financé des interventions similaires dans d’autres départements.

Les interventions non structurelles portaient sur le renforcement des  capacités institutionnelles de la Direction de la protection civile et du Secrétariat permanent de gestion des risques et des désastres, ainsi que sur l’appui à la gestion des risques au niveau local. Localement, la Banque a soutenu les efforts du gouvernement pour passer d’un engagement communautaire ponctuel à une approche systématique plus productive de l’engagement communautaire en matière d’action en cas de catastrophe et de préparation aux catastrophes. La Banque a utilisé l’approche du développement piloté par la collectivité pour mettre en place les comités communaux de protection civile et réaliser les petits travaux d’atténuation des catastrophes.

Résultats

Les principaux résultats obtenus :

  • Les capacités des collectivités en termes de préparation aux catastrophes et d’action en cas de catastrophe ont été renforcées grâce à l’établissement de 76 comités communaux de protection civile, équipés et formés.
  • Les comités communaux de protection civile couvrent environ 1,3 million de personnes. Ils ont joué un rôle clé en accueillant et en aidant des personnes déplacées depuis la capitale après le séisme de janvier 2010 et ils ont facilité la distribution de l’aide humanitaire de la communauté internationale.
  • Les entités institutionnelles et techniques appuyant le système national de gestion des risques de catastrophes ont été renforcées pour être plus opérationnelles. La capacité de gestion de la préparation aux catastrophes et des activités d’intervention en cas d’urgence a été notamment renforcée.
  • Des remises en état et/ou reconstructions de petites infrastructures publiques jugées prioritaires dans des zones touchées par des catastrophes naturelles ont été définies et menées à bien.
  • Des cartes locales du risque et des plans d’urgence ont été préparés pour 76 collectivités.
  • Environ 130 petits travaux d’atténuation des catastrophes ont été réalisés.

Contribution du Groupe de la Banque mondiale

Après le règlement des arriérés début 2005, le gouvernement remplissait de nouveau les conditions pour recevoir un soutien financier. Le Projet de redressement d’urgence et de gestion des catastrophes était le premier projet financé par la Banque depuis 1997. Le coût total du projet se montait à 19,4 millions de dollars, dont 12 millions de dollars du projet original et 7,4 millions de dollars de la rallonge budgétaire approuvée en 2008. Ces fonds ont été répartis entre la reconstruction et la réduction des risques dans les zones touchées par les inondations, le renforcement des institutions et la gestion des risques au niveau local.

Partenaires

Une collaboration étroite et solide a été menée avec d’autres partenaires de développement soutenant le programme de gestion des risques de catastrophe en Haïti, en particulier avec le Programme des Nations Unies pour le développement, la Banque interaméricaine de développement (BID), l’Office of Foreign Disaster Assistance des États-Unis ainsi que l’Union européenne, qui ont veillé à travailler de façon complémentaire. Cette collaboration a exploité les synergies entre partenaires tout en évitant que les efforts se chevauchent. En outre, le rôle fédérateur du projet et d’étroites relations de partenariat ont établi un cadre important qui devrait continuer à guider l’engagement multilatéral dans le domaine de la gestion des risques de catastrophe.

Perspectives

Un nouveau don vise à consolider les acquis dans les domaines du renforcement des institutions et de la gestion des risques au niveau local. L’octroi de cette subvention permet une transition en souplesse et le maintien de l’appui aux comités communaux de protection civile mis en place par le projet. La Banque renforce par ailleurs le processus de concertation politique afin de plaider en faveur d’une Direction de la protection civile (DPC) plus forte et d’appuyer la réforme du système national de gestion des risques de catastrophe. Elle étudie par ailleurs des options pour intégrer la gestion des risques de catastrophe dans une prochaine politique de développement.

Bénéficiaires

Les principaux bénéficiaires du projet ont été les populations touchées par les inondations de 2004. Les habitants des régions sinistrées de Belle-Anse, Fonds-Verrettes et Gonaïves ont bénéficié de la remise en état d’infrastructures publiques touchées par la catastrophe. Le projet ciblait aussi les populations où les comités communaux de protection civile ont été mis en place et où des fonctionnaires ont collaboré avec des agences de mise en œuvre du projet.