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Une vision pour un Sénégal émergent

22 mars 2013

Le Sénégal, qui aspire à devenir un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure d’ici à la prochaine décennie, est enlisé depuis 2006 dans un équilibre de faible croissance. Pour sortir de cette situation, le gouvernement nouvellement élu a élaboré un programme ambitieux. La Stratégie nationale de développement économique et social (SNDES) vise précisément à inverser cette tendance négative en augmentant la productivité de l’ensemble de l’économie sénégalaise, à la fois dans le secteur public et dans le secteur privé, des secteurs dont les performances sont inférieures à celles réalisées par le pays dans le passé et à celles des autres pays. La nouvelle stratégie de partenariat-pays commune de l’Association internationale de développement (IDA), de la Société financière internationale (IFC) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) pour les exercices 2013 à 2017 vise à soutenir les axes prioritaires de la SNDES ainsi que les efforts entrepris par le Sénégal pour favoriser la reprise et s’engager sur la voie d’une prospérité partagée à moyen terme (au cours des cinq prochaines années).
CARTE DU PROJET

Défi

Le Sénégal n’a pas bénéficié de la croissance rapide qu’ont connue de nombreux autres pays d’Afrique subsaharienne au cours de la décennie écoulée. La mauvaise gouvernance a entravé les progrès dans le domaine de la lutte contre la pauvreté. Les catastrophes naturelles telles que les sécheresses et les inondations ont ralenti la croissance et accru la vulnérabilité de l’ensemble de l’économie. Globalement, la capacité du secteur privé à stimuler l’économie a été limitée en raison d’un environnement peu favorable à l’investissement et d’une baisse de la compétitivité, qui s’expliquent par les défaillances des dispositifs de gouvernance et les problèmes de suivi au niveau de l’exécution des projets. Avec un indice de développement humain (IDH) de 0,459 en 2012, le Sénégal arrive à la 155e place sur 187 pays, contre une moyenne de 0,463 pour l’Afrique subsaharienne. Pour résoudre l’ensemble de ces difficultés, le Sénégal se doit d’appliquer des politiques propres à améliorer la gouvernance et à accroître sa résistance aux chocs externes, et qui soient de nature à accélérer l’instauration d’une croissance inclusive et durable, à créer de l’emploi et à améliorer la prestation des services afin de protéger les personnes pauvres et vulnérables. 

Solution

La SNDES correspond au changement souhaité par la population sénégalaise, qui a exprimé, par le scrutin de 2012, la demande de politiques publiques qui débouchent sur une croissance économique durable capable de créer de l’emploi, en particulier pour les jeunes, et d’ouvrir des possibilités de réduction significative de la pauvreté au Sénégal. La nouvelle stratégie de partenariat-pays (a) 2013-2017, axée sur la croissance économique, la création d’emplois et la réduction de la pauvreté pour un « Sénégal émergent », est parfaitement alignée sur la stratégie et les priorités du gouvernement. Le soutien du Groupe de la Banque mondiale repose sur la consolidation du cadre de gouvernance et le renforcement de la résilience, avec deux axes majeurs : i) promouvoir une croissance plus inclusive et offrir plus d’emplois et ii) améliorer la prestation des services. Il vise à améliorer considérablement les débouchés pour les femmes, notamment en ce qui concerne l’accès à la terre, tandis que l’ensemble du pays bénéficiera de l’expérience des contrats de performance qui constituent un instrument novateur mis en place pour améliorer la qualité et l’efficacité du secteur de l’enseignement supérieur.

Résultats

Projet à long terme dans le secteur de l’eau

Ce projet s’est achevé en juin 2009 avec des résultats très satisfaisants :

  1. Le nombre de personnes supplémentaires disposant désormais d’un accès à l’eau potable dans les zones d’implantation du projet (Dakar et autres centres urbains) s’élève à 1 415 000 (alors que l’objectif était de un million, soit un taux de réalisation de 141 %).
  2. Le nombre de personnes raccordées au réseau des égouts (Dakar et autres centres urbains) s’est accru de 144 000 personnes (pour un objectif de 140 000, soit un taux de réalisation de 103 %).
  3. Le nombre de personnes bénéficiant de systèmes d’assainissement sur site ou semi-collectifs dans les zones périurbaines de Dakar a augmenté de 583 000 (pour un objectif de 400 000, soit un taux de réalisation de 146 %).
  4. Le volume des eaux d’égout collectées et traitées dans les zones du projet a augmenté de 11 745 m³/jour (pour un objectif fixé à 10 000 m³/jour, soit un taux de réalisation de 117 %).
  5. L’équilibre financier du sous-secteur de l’adduction d’eau en milieu urbain a été atteint à la fin de 2003 et a été maintenu depuis.

La Banque poursuit sa participation à la seconde génération des réformes de ce secteur, dans le cadre de l’actuel projet d’eau et d’assainissement pour le millénaire.

Programme dans le secteur de l’éducation

L’IDA est un soutien traditionnel du système éducatif sénégalais. Avec son appui technique, le gouvernement du Sénégal a entrepris en 2000 un Programme décennal de l’éducation et de la formation (PDEF). La deuxième phase du programme, qui s’est achevée en décembre 2012, a donné les résultats suivants :

  • Le taux brut de scolarisation dans l’enseignement primaire, qui était de 81 % en 2005, a atteint 94,1 % à la clôture du projet en 2012.
  • Le taux d’accès au cours préparatoire, qui était de 96 % en 2005, a atteint 113,1 % en 2012.
  • Le taux d’achèvement du cycle primaire est passé de 48,70 % en 2005 à 66,90 % en 2012.
  • Le nombre total des étudiants en université est passé de 59 400 en 2005 à 90 500 en 2009, soit une augmentation de 52 % en quatre ans à peine, dont 23 % dans le secteur universitaire privé.

Les disparités filles-garçons ont également été sensiblement réduites, comme le montre l’amélioration de l’indice de parité, qui est passé globalement de 0,95 en 2005 à 1,15 en 2012, avec les résultats suivants aux différents degrés d’enseignement :

  • enseignement primaire : 1,09 en 2010 contre 0,97 en 2005 et 0,87 en 2000 (avec, en outre, un taux d’achèvement plus élevé chez les filles que chez les garçons) ;
  • premier degré du secondaire : 0,91 en 2010 contre 0,78 en 2005 ;
  • deuxième degré du secondaire : 0,74 en 2010 contre 0,64 en 2005.

Compte tenu des résultats importants enregistrés en matière d’accès à l’éducation, l’IDA, associée à une coalition composée d’autres bailleurs de fonds, soutient le programme du secteur de l’éducation du pays, en mettant l’accent sur l’amélioration des acquis scolaires.

Bénéficiaires directs du projet :

De 2011 à 2012 :

  • 1 429 000 élèves au cycle élémentaire, dont 723 000 filles ;
  • 28 000 élèves au premier degré du cycle secondaire, dont 14 000 filles ;

À la clôture du projet en décembre 2012 :     

  • 1 725 840 élèves au cycle élémentaire, dont 881 678 filles ;
  • 617 911 élèves au premier degré du cycle secondaire, dont 299 999 filles.

Contribution du Groupe de la Banque mondiale

Le portefeuille de la Banque compte un nombre total de treize opérations nationales et quatre opérations régionales financées par l’IDA ainsi que sept opérations financées par des fonds fiduciaires. L’engagement total pour tous les projets en cours s’élève à 890 millions de dollars, dont 334 millions ont été décaissés (avec un taux de décaissement cumulé de 38 %). La majeure partie du portefeuille est consacrée à l’éducation (22 %) suivie par l’énergie (19 %), le développement urbain (15 %), l’agriculture et le transport (12 % chacun).

Le portefeuille engagé de l’IFC au Sénégal au 30 septembre 2012 représentait un montant de 98 millions de dollars investis dans 12 entreprises. Il se répartit entre six prêts, six prises de participation et deux garanties.

L’engagement brut de la MIGA au Sénégal s’élevait à 165,5 millions de dollars, soit l’équivalent de 9 % du portefeuille de la MIGA en Afrique subsaharienne et 30 % de son portefeuille en Afrique de l’Ouest (Côte-d'Ivoire, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau et Mali). Cet engagement est largement concentré dans le domaine de l’infrastructure, qui bénéficie d’une enveloppe de plus de 156 millions de dollars.

Partenaires

La plupart des organismes bilatéraux et multilatéraux de développement ont une présence active au Sénégal. Des progrès considérables ont été enregistrés ces dernières années dans l’harmonisation de l’aide au développement en faveur du Sénégal, conformément aux principes articulés dans la Déclaration de Paris et dans le Programme d’action d’Accra. Au début de 2008, les donateurs ont adopté un Protocole d’accord — l’Accord-cadre pour les appuis budgétaires (ACAB) — qui comprend l’Union européenne, la France, les Pays-Bas, le Canada, l’Allemagne, la Banque africaine de développement et la Banque mondiale. Des progrès remarquables ont été accomplis avec l’adoption d’indicateurs de suivi communs. Le Premier ministre sénégalais réunit chaque trimestre la communauté des donateurs pour évaluer les progrès obtenus dans la réalisation des objectifs du Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP).

Perspectives

Le Groupe de la Banque mondiale soutiendra les efforts déployés par le gouvernement afin d’accélérer la croissance et de créer des emplois, notamment à travers l’amélioration de la stabilité macroéconomique dans le but d’accroître la marge de manœuvre budgétaire pour l’investissement. Cette approche, couplée à l’appui fourni au gouvernement pour l’amélioration de l’environnement général des affaires, devrait entraîner une baisse des dépenses publiques dans certains secteurs (par exemple, le secteur de l’énergie) et une amélioration du cadre macroéconomique et budgétaire. Le Groupe de la Banque mondiale aidera le gouvernement à améliorer l’affectation et l’efficacité des dépenses et leur impact sur les résultats, en particulier dans les secteurs sociaux. La Banque continuera également de collaborer avec le gouvernement en vue d’accroître l’obligation de rendre compte et la transparence dans la gestion des ressources publiques et de renforcer la résistance de la population face aux chocs d’ordre naturel (catastrophes) et économique.

Dans une région où l’instabilité politique s’est accrue dans de nombreux pays, il est nécessaire pour le Sénégal de demeurer un des pays les plus stables d’Afrique. Le pays a considérablement renforcé ses structures démocratiques, comme en témoigne le scrutin de 2012, qui s’est déroulé en garantissant un haut degré de transparence, s’est conclu par l’acceptation des résultats par tous et a débouché sur une deuxième alternance démocratique, après celle, historique, de 2000.

Bénéficiaires

Ndeye Fatou Ndiaye – Communauté rurale de Notto Diobass : « Nous les femmes, nous n’avions pas accès à la terre depuis longtemps. On nous avait fait croire que la loi ne nous y autorisait pas. Grâce au renforcement des capacités dont nous avons bénéficié dans le cadre du projet de gestion durable des terres, nous avons découvert nos droits et nous nous sommes jurées de tout faire pour accéder à la terre. Nous avons plaidé notre cause auprès de l’administration locale. Désormais, une femme peut obtenir légalement un à deux hectares, en fonction de sa capacité à mettre en valeur la parcelle de terre qui lui est octroyée par le Conseil rural. Plusieurs femmes cultivent actuellement leur propre terre et, en se regroupant, les agricultrices peuvent obtenir cinq hectares de terres collectives auprès du Conseil rural. Ce nouveau statut a transformé nos vies : nous gagnons plus d’argent qu’avant et nous pouvons gagner plus si nous nous organisons pour améliorer notre accès aux marchés. La Banque mondiale a accru nos capacités et, maintenant que le projet est terminé, nous continuons de mettre en pratique des méthodes qui permettent de régénérer le sol, de produire de la bioénergie et de développer de nouvelles activités agricoles. Avec l’expérience que nous avons acquise, nous formons les femmes dans d’autres villages afin qu’elles apprennent les techniques de régénération des terres agricoles. Le projet a été particulièrement bénéfique pour les femmes (53 % des bénéficiaires) et il a eu aussi pour effet d’enrayer l’exode rural : les jeunes qui étaient partis pour aller en ville, à Dakar essentiellement, commencent à revenir car il y a plus de terres à cultiver ».