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Améliorer la production et la distribution d’électricité

Des rendements en essor et plus de Nigérians raccordés au réseau

12 décembre 2012

Dans le cadre d’une série d’investissements visant notamment à élargir l’accès à l’électricité, le projet a soutenu la réforme du secteur énergétique et facilité le passage en douceur à une nouvelle organisation du marché et des institutions. Environ 25 000 nouveaux ménages nigérians ont été raccordés au réseau, 117 000 logements et petites entreprises ont été équipés de compteurs neufs et 4,4 millions de consommateurs ont pu recevoir des services plus efficaces et de meilleure qualité. Ces progrès aident le Nigéria à se doter d’un secteur énergétique plus compétitif qui pourra contribuer davantage à la croissance et à l’amélioration des services socioéconomiques.
CARTE DU PROJET

Défi 

Le Nigéria, qui est le pays le plus peuplé d’Afrique, doit faire face à une insuffisance chronique des capacités de production, de transport et de distribution d’électricité, dont la moitié est perdue en raison des vols et des pertes techniques. Alors que le Nigéria est l’un des plus gros producteurs de pétrole du monde, 70 % de ses 160 millions d’habitants vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2010. Du fait des insuffisances du secteur énergétique, 55 % des Nigérians n’avaient pas accès à l’électricité, et lorsqu’ils y avaient accès, le service était de mauvaise qualité. Une grande partie du pays n’était pas raccordée au réseau et la compagnie nationale d’électricité, la Power Holding Company of Nigeria (PHCN) — anciennement connue sous le nom de National Electric Power Authority (NEPA) — avait des problèmes d’inefficacité, de manque d’entretien et de sous-investissement. L’absence de méthodes de comptage, la vétusté des systèmes informatiques et une facturation irrégulière causaient un manque à gagner de plus de 120 millions de dollars par an. En 2005, l’IDA a mis à profit son engagement à long terme dans le secteur énergétique du Nigéria et lancé le projet national de développement de l’énergie.

Solution 

Le projet visait à améliorer la prestation des services, à créer des conditions favorables à la croissance des secteurs non pétroliers et à améliorer la transparence et la responsabilité en matière de gouvernance. Il a aidé à moderniser le système de transport grâce à la remise en état des sous-stations électriques vétustes, à l’installation de matériel dans les sous-stations existantes et au financement d’études pour la construction de nouvelles lignes de 330 kilovolts (kV). Afin d’accroitre l’efficacité de la distribution, la compagnie d’électricité a investi dans l’amélioration des lignes, l’acquisition de transformateurs, l’assistance technique et le renforcement des capacités. Le « Guide pour la réorientation commerciale du secteur de l’électricité » a été étendu afin de lutter contre les vols d’électricité et d’améliorer les normes de service aux clients, grâce notamment à l’installation de lignes haute tension, condensateurs et compteurs, ainsi qu’à l’adoption d’un système de facturation universelle. Le projet a également soutenu le développement d’énergies renouvelables dans les zones rurales, la mise en place de mécanismes d’atténuation des risques en vue de faciliter la privatisation, la réalisation d’une campagne de communication et le renforcement des institutions du secteur. À Mfarminyen, un village inaccessible pendant la saison des pluies, le projet a par exemple financé l’installation de panneaux solaires photovoltaïques pour l’électrification et le chargement des piles, ainsi que la construction d’un local communautaire doté d’ordinateurs et d’un poste de télévision, de réverbères solaires et d’un puits fonctionnant à l’énergie solaire, preuve que les énergies renouvelables sont une solution à la fois possible et financièrement abordable en milieu rural. 

Résultats 

Le projet a permis d’améliorer la distribution d’électricité et les rendements énergétiques tout en contribuant à la mise en place d’institutions et cadres commerciaux essentiels dans le secteur gazier et énergétique. Plus concrètement :

  • Plus de 25 000 ménages ont été raccordés au réseau et 117 000 ménages et petites entreprises ont été équipés de compteurs neufs.
  • Quelque 4,4 millions de consommateurs d’électricité au Nigéria — ménages, entreprises industrielles et commerciales, administrations publiques — ont pu recevoir des services plus efficaces et de meilleure qualité.
  • Un nouveau modèle de tarification a été adopté, prévoyant notamment un service minimal essentiel pour protéger les pauvres.
  • Plusieurs sous-stations ont été remises en état pour améliorer le rendement énergétique. La distribution d’électricité a augmenté de 56 % dans l’agglomération de Karu, dans la zone d’Abuja, la capitale du Nigéria, et les ventes d’électricité grâce à l’installation de compteurs à consommation prépayée ont doublé entre la deuxième moitié de 2011 et le premier trimestre 2012.
  • Des lignes haute tension ont été installées dans les zones rurales, ce qui a permis d’accroître le courant de queue, de réduire les coupures d’électricité et de rendre les vols plus difficiles.
  • Environ 8 100 mètres de lignes électriques ont été installées en milieu rural, ce qui a permis de raccorder 24 600 ménages dans 40 localités du pays. Les exploitations agricoles commerciales de l’État de Kaduna ont été électrifiées, ce qui a amélioré leur productivité et leur compétitivité.
  • L’installation de plus de 45 systèmes solaires à usage domestique, de 17 réverbères solaires et de deux pompes à eau solaires dans quatre secteurs pilotes hors réseau pour promouvoir les activités commerciales des groupes d’usagers a montré que les énergies renouvelables sont une solution à la fois possible et financièrement abordable en milieu rural.

Contribution du Groupe de la Banque mondiale

Lorsque le projet a été approuvé, l’IDA entretenait des relations de longue date avec la compagnie nationale d’électricité et ses services avaient l’expérience voulue dans des domaines tels que les réformes, l’organisation de la gestion des services publics, la réglementation, la stratégie de communication et la commercialisation des services publics. La contribution de l’IDA au projet, qui se chiffre à 172 millions de dollars, a notamment permis de financer les activités suivantes : extension du système de transport (54 millions de dollars), amélioration de l’efficacité du réseau de distribution (92 millions de dollars), élargissement de l’accès et développement des énergies renouvelables (7 millions de dollars), assistance technique pour l’unité de gestion du projet (6 millions de dollars) et assistance technique pour la réforme et la participation du secteur privé (4 millions de dollars).

Partenaires

Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a fourni un financement de 1 million de dollars afin de promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables en facilitant l’exploitation des sources d’énergie renouvelables raccordées ou non raccordées au réseau.

Perspectives

Deux projets feront suite à cette opération : un projet d’amélioration de l’approvisionnement en électricité et en gaz et un projet de garanties du secteur de l’électricité. Leur objectif est de poursuivre le dialogue sur la réforme du secteur tout en aidant à améliorer la production d’électricité, la politique gazière et la réglementation. Le premier comprend un crédit de 200 millions de dollars et une garantie partielle de risque de 400 millions de dollars visant à atténuer le risque en accroissant l’approvisionnement en gaz des centrales électriques publiques, en améliorant l’infrastructure de transport et de distribution, et en fournissant les services d’un conseiller technique pour le soutien logistique et la poursuite des réformes. Le deuxième fournira un appui au secteur privé pour la construction de centrales électriques indépendantes.   

Bénéficiaires

L’atelier photo de Simon, à Karu, n’a jamais été aussi productif que depuis qu’il n’est plus interrompu par des pannes de courant. À Karu et Nyanya, un autre secteur du projet, les femmes apprécient tout particulièrement de pouvoir réfrigérer les denrées périssables et les parents se réjouissent que leurs enfants aient davantage de possibilités d’éducation et de loisirs grâce à la climatisation, tandis que les entreprises accroissent leur capital d’exploitation grâce à l’argent économisé sur les groupes électrogènes. Un habitant de Nyanya témoigne : « Je suis heureux de voir la lumière. Je crois que la lumière est une source de bonheur pour tout le monde. »