NOTE 8 juillet 2017

Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneurs (We-Fi)

Sans accès au capital, il est virtuellement impossible de perpétuer une activité économique. On estime que 30 % environ des entreprises officiellement immatriculées dans le monde sont détenues par des femmes. Pourtant, 70 % des petites et moyennes entreprises (PME) féminines dans les pays en développement sont soit exclues du système financier formel, soit dans l’impossibilité de bénéficier de services financiers adaptés à leurs besoins. D’où un déficit de crédit en faveur des PME dirigées par des femmes de 300 milliards de dollars par an. Les femmes entrepreneurs sont en outre pénalisées par leur manque d’accès aux réseaux, à l’information et aux marchés à forte valeur ajoutée.

Parce qu’elles stimulent la croissance et créent des emplois, les entrepreneuses jouent un rôle clé dans le développement économique, surtout pour les 40 % les plus pauvres de la population. Elles se heurtent pourtant à de nombreux obstacles pour financer, acquérir et faire prospérer une activité : accès limité au capital et à la technologie, absence de réseaux et manque d’accès à l’information, freins juridiques et politiques à la détention et la création d’entreprises.

Les entreprises dirigées par des femmes tendent à se concentrer dans la vente au détail et les services, où les profits et les débouchés sont moindres. Elles sont rarement présentes dans les filières plus lucratives que sont le bâtiment, l’électronique ou l’industrie du logiciel.

L’absence de réseaux et de connaissances agit également comme un frein à l’activité entrepreneuriale des femmes. Les études montrent que, par rapport aux femmes, les hommes ont davantage de liens sociaux grâce auxquels accéder à des débouchés commerciaux et à des informations.

Comme elles manquent de contacts professionnels, de modèles à suivre et de possibilités d’accompagnement, les femmes démarrent avec un handicap supérieur, ce qui peut compromettre à terme leur activité.

 

STRATÉGIE

Face à ce potentiel inexploité, la nouvelle Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneurs (ou « We-Fi » selon son acronyme en anglais) mobilisera plus de 1 milliard de dollars de financements pour améliorer l’accès au capital, apporter une assistance technique et investir dans des projets de soutien aux femmes et aux PME féminines dans les pays clients du Groupe de la Banque mondiale.

L’objectif est de lever plus de 325 millions de dollars de contributions auprès des donateurs et de mobiliser plus de 1 milliard de dollars auprès des institutions financières internationales et des banques commerciales, en faisant appel à des intermédiaires, des fonds ou d’autres acteurs du marché et en s’inspirant des modèles proposés notamment par la Société financière internationale (IFC) avec son dispositif Women Entrepreneurs Opportunity Facility et son programme Banking on Women.

L’initiative We-Fi s’emploiera à démanteler les obstacles à l’accès au crédit et à offrir des services complémentaires, comme des activités de renforcement des capacités, un accompagnement en matière de réseautage et de mentorat ou encore des opportunités pour évoluer sur les marchés intérieurs et internationaux, tout en s’attachant à améliorer l’environnement des affaires pour les PME détenues ou dirigées par des femmes dans les pays en développement.

L’initiative We-Fi s’appuie sur les succès passés et actuels des programmes du Groupe de la Banque mondiale et d’autres partenaires et s’efforce d’élargir les perspectives, en soutenant les entreprises féminines très en amont pour favoriser leur croissance et en débloquant l’accès aux capitaux et aux services d’assurance. Dans le même temps, le dispositif de financement entend étayer des interventions complémentaires du secteur public qui confortent l’environnement des affaires et élargissent les débouchés commerciaux pour les femmes chefs d’entreprise.

L’initiative We-Fi comble une lacune, puisqu’avant elle, aucun fond ni mécanisme d’envergure axé sur une approche globale public-privé ne s’était attaché à lever les contraintes à l’activité entrepreneuriale des femmes.

L’initiative We-Fi apporte des ressources dédiées à la promotion de solutions novatrices pour démanteler les obstacles que rencontrent les entrepreneuses. Elle permettra également de mobiliser les pouvoirs publics et le secteur privé autour de cet enjeu.

L’initiative We-Fi prend la forme d’un fonds d’intermédiation financière administré par la Banque mondiale, et bénéficie à ce titre de la solide expérience de l’institution en matière de conception et gestion de ce type de dispositif pour garantir les meilleures pratiques sur le plan de la gouvernance et de l’efficacité.

La Banque mondiale exerce le rôle d’administrateur du fonds, forte de son assise financière et de la vaste expérience qu’elle a acquise dans le cadre d’autres dispositifs similaires ; elle assume également la fonction de secrétariat. La Banque mondiale agit aussi comme partenaire d’exécution du fonds, au même titre qu’IFC. D’autres banques multilatérales de développement peuvent se joindre à elles pour proposer des activités susceptibles de bénéficier du fonds dans le secteur public ou privé. Un comité de direction composé des donateurs fondateurs du dispositif décidera de l’affectation des ressources.

 

PARTENAIRES

Les États-Unis et l’Allemagne ont invité le Groupe de la Banque mondiale à mettre sur pied ce mécanisme. L’initiative We-Fi relève d’une collaboration entre les gouvernements des pays suivants : Allemagne, Arabie saoudite, Australie, Canada, Chine, Corée du Sud, Danemark, Émirats arabes unis, États-Unis, Japon, Norvège, Pays-Bas et Royaume-Uni.