Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneurs (We-Fi)

Partout dans les pays en développement, des femmes sont parvenues à monter des affaires florissantes. On estime néanmoins que 30 % seulement des entreprises officiellement immatriculées dans le monde sont détenues par des femmes. Soixante-dix pourcent des petites et moyennes entreprises (PME) féminines dans les pays en développement sont soit exclues du système financier formel, soit dans l’impossibilité de bénéficier de services financiers adaptés à leurs besoins.

D’où un déficit de crédit en faveur des PME dirigées par des femmes de 300 milliards de dollars par an. Sans accès au capital, il est virtuellement impossible de perpétuer une activité économique. L’absence de réseaux et de connaissances agit également comme un frein à l’activité entrepreneuriale des femmes.

L'objectif de l'initiative We-Fi est de changer ces statistiques. Son approche holistique aidera les femmes des pays en développement à accéder plus facilement aux services financiers, aux marchés et aux réseaux nécessaires pour démarrer et développer une entreprise.

L’initiative We-Fi relève d’une collaboration entre les gouvernements des pays suivants : Allemagne, Arabie saoudite, Australie, Canada, Chine, Corée du Sud, Danemark, Émirats arabes unis, États-Unis, Japon, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni et Fédération russe. 

Face à ce potentiel inexploité, la nouvelle Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneurs (ou « We-Fi » selon son acronyme en anglais) mobilisera plus de 1 milliard de dollars de financements pour améliorer l’accès au capital, apporter une assistance technique et investir dans des projets de soutien aux femmes et aux PME féminines dans les pays clients du Groupe de la Banque mondiale.

L’objectif est de lever plus de 325 millions de dollars de contributions auprès des donateurs et de mobiliser plus de 1 milliard de dollars auprès des institutions financières internationales et des banques commerciales, en faisant appel à des intermédiaires, des fonds ou d’autres acteurs du marché et en s’inspirant des modèles proposés notamment par la Société financière internationale (IFC) avec son dispositif Women Entrepreneurs Opportunity Facility et son programme Banking on Women.

L’initiative We-Fi s’emploiera à démanteler les obstacles à l’accès au crédit et à offrir des services complémentaires, comme des activités de renforcement des capacités, un accompagnement en matière de réseautage et de mentorat ou encore des opportunités pour évoluer sur les marchés intérieurs et internationaux, tout en s’attachant à améliorer l’environnement des affaires pour les PME détenues ou dirigées par des femmes dans les pays en développement.

L’initiative We-Fi s’appuie sur les succès passés et actuels des programmes du Groupe de la Banque mondiale et d’autres partenaires et s’efforce d’élargir les perspectives, en soutenant les entreprises féminines très en amont pour favoriser leur croissance et en débloquant l’accès aux capitaux et aux services d’assurance. Dans le même temps, le dispositif de financement entend étayer des interventions complémentaires du secteur public qui confortent l’environnement des affaires et élargissent les débouchés commerciaux pour les femmes chefs d’entreprise.

L’initiative We-Fi comble une lacune, puisqu’avant elle, aucun fond ni mécanisme d’envergure axé sur une approche globale public-privé ne s’était attaché à lever les contraintes à l’activité entrepreneuriale des femmes.

L’initiative We-Fi apporte des ressources dédiées à la promotion de solutions novatrices pour démanteler les obstacles que rencontrent les entrepreneuses. Elle permettra également de mobiliser les pouvoirs publics et le secteur privé autour de cet enjeu.

L’initiative We-Fi prend la forme d’un fonds d’intermédiation financière administré par la Banque mondiale, et bénéficie à ce titre de la solide expérience de l’institution en matière de conception et gestion de ce type de dispositif pour garantir les meilleures pratiques sur le plan de la gouvernance et de l’efficacité.

La Banque mondiale exerce le rôle d’administrateur du fonds, forte de son assise financière et de la vaste expérience qu’elle a acquise dans le cadre d’autres dispositifs similaires ; elle assume également la fonction de secrétariat. La Banque mondiale agit aussi comme partenaire d’exécution du fonds, au même titre qu’IFC. D’autres banques multilatérales de développement peuvent se joindre à elles pour proposer des activités susceptibles de bénéficier du fonds dans le secteur public ou privé. Un comité de direction composé des donateurs fondateurs du dispositif décidera de l’affectation des ressources.

 

 

Programme Banking on Women

Le programme Banking on Women collabore avec un large réseau d’institutions financières pour accroître l’accès des femmes entrepreneurs aux financements – surtout les femmes dirigeant des petites et moyennes entreprises. En juin 2017, le programme Banking on Women avait investi, mobilisé des investissements et fourni des conseils d’expert à 55 institutions financières dans 36 pays pour un portefeuille d’une valeur totale de 1,44 milliard de dollars. Le programme est renforcé par des partenariats, notamment avec le dispositif Women Entrepreneurs Opportunity Facility  de Goldman Sachs d’un montant de 600 millions de dollars, et US Overseas Private Investment Corporation.

Laboratoire d’innovation pour l’égalité des sexes

Le laboratoire d’innovation pour l’égalité des sexes (GIL) réalise des évaluations d’impact dans quatre domaines clés, à savoir l’agriculture, le développement du secteur privé, les droits fonciers et l’emploi des jeunes. Il mène aussi de nombreuses autres évaluations portant sur de nouveaux domaines de recherche ou apporte un appui spécifique à des projets en cours. Le GIL travaille actuellement sur plus de 50 évaluations d’impact en Afrique subsaharienne. 

Influences positives

Développement d’entreprises détenues par des femmes en République dominicaine

Bertha Souri et sa sœur cousaient elles-mêmes les vêtements de leurs filles à la maison. Elles ont reçu tellement de compliments sur leur travail qu’elles ont décidé d’essayer de vendre leurs produits à une boutique locale. À l’instar de toutes les femmes entrepreneurs en République dominicaine et dans le monde, les sœurs Souri ont du mal à obtenir les crédits nécessaires pour démarrer leur activité. Grâce à l’appui d’un programme de la Banque mondiale, la banque leur a accordé un prêt qui leur a permis de commander leur première cargaison de tissus importés. Ce prêt a été décisif en permettant à ces entrepreneuses de travailler sur les tissus de qualité dont elles avaient besoin pour soutenir la concurrence avec des entreprises plus importantes. 

YES aux crédits en Inde

Le docteur Seema Garg a quitté son emploi bien payé et a utilisé ses économies pour lancer SB Hospital and Healthcare Private Limited, une société de conception, de construction et de rénovation des hôpitaux.  En 2014, elle obtient un important marché de construction d’un hôpital de 150 lits à Delhi. Pour obtenir les fonds nécessaires au démarrage du projet, Seema approche plusieurs banques qui expriment toutes leur réticence à prêter de l’argent à une femme seule. Puis, YES Bank se proposa d’apporter le financement voulu. Le Groupe de la Banque mondiale mit à la disposition de cette institution financière un montant de 50 millions de dollars pour l’accompagner dans son initiative visant à accorder des crédits à des femmes comme Seema pour permettre aux entrepreneuses de réaliser leur potentiel inexploité. Lire plus.

Accroître les bénéfices mensuels en Éthiopie

Serkalem Belay possède un atelier de mécanique industrielle dans lequel elle répare et revend les pièces automobiles usées. Dans le cadre du Women’s Entrepreneurship Development Program (WEDP), Serkalem a sollicité un crédit auprès de Wasasa, l’une des institutions de microfinance du programme. En trois mois, l’atelier de Serkalem employait non plus six mais douze personnes à temps plein et ses bénéfices ont augmenté de 50 %.

Briser les barrières au Pakistan et au Nigéria

Grâce à leur sens des affaires et leur détermination, Ishaq et Alim sont devenues des entrepreneuses prospères. Mais le chemin fut jalonné d’écueils. Il est difficile pour les femmes chefs d’entreprise d’évoluer au Pakistan : en 2012, seuls 5 % des entrepreneurs étaient des femmes. Au milieu d’autres freins sociaux et économiques, les entrepreneuses pakistanaises sont surtout pénalisées par leur faible niveau de scolarisation, leur accès limité aux financements et le fait qu’elles ont peu de contacts professionnels. Pour aider des femmes comme Ishaq et Alim à braver ces difficultés et lancer leur activité, le Groupe de la Banque mondiale a lancé le programme WomenX, dont l’une des composantes clés est une formation commerciale de quatre mois destinée à doter les femmes des compétences commerciales de base en comptabilité, marketing, gestion des opérations et fondamentaux du droit des affaires. Le programme WomenX a lancé des initiatives similaires pour venir en aide à 300 femmes à Lahore, 50 femmes à Peshawar, 100 femmes dans de plus petits districts du Pendjab, et 400 femmes au Nigéria.

Formation technique en Albanie

Erlisa Zherka est une jeune étudiante de 22 ans en maths financières au Kosovo. Elle a récemment obtenu un contrat à plein temps dans une startup américaine grâce au programme  Women in Online Work , un programme pilote de la Banque mondiale financé par le fonds fiduciaire Korea Green Growth Trust Fund et exécuté par l’entreprise danoise CodersTrust. Ce programme vise à doter les bénéficiaires de compétences techniques (technologies de l’information) et générales très recherchées.

Quelques projets d’autonomisation économique réalisés par le Groupe de la Banque mondiale à travers le monde

La Banque mondiale

Inde : l’aide apportée ces dix dernières années par la Banque mondiale à l’État de Bihar a transformé la vie des femmes rurales qui avaient jusque-là du mal à obtenir des crédits des sources formelles. Plus de 7 000 d’entre elles ont participé à des groupes d’entraide qui ont pu épargner près de 64 millions de dollars et levé 511 millions de dollars auprès du secteur financier formel. Ce projet a ouvert la voie à une initiative nationale d’autonomisation économique des femmes dans 13 des États les plus pauvres de l’Inde. Des délégations venues de plus de 30 pays ont visité le projet afin de s’en inspirer.

Nicaragua : entre 2012 et 2015, 458 557 personnes, dont plus de la moitié étaient des femmes, ont bénéficié d’un projet de renforcement des droits fonciers grâce à de meilleurs services de délivrance et d’enregistrement des titres fonciers. Ainsi, plus de 42 000 familles ont reçu des titres de propriété.

Pakistan : De 2009 à 2016, 359 887 nouveaux emprunteurs ont pu accéder à des microcrédits grâce au fonds pour la réduction de la pauvreté au Pakistan. Les femmes représentaient 78 % de ces emprunteurs.

Sénégal : en 2014, 870 902 hectares de forêts se trouvaient sous un régime de gestion durable, contre 400 000 hectares en 2008. Le projet a eu pour effet d’accroître les revenus de la production de charbon destinés aux villages, qui sont passés de 6 % en 2009 à 52 % en 2013. De même, la part des revenus destinée aux femmes a augmenté, de 3 % en 2009 à 12 % en 2013.

Îles Salomon : de 2010 à 2016, 12 000 jeunes issus de groupes vulnérables ont été employés à la construction d’infrastructures communautaires et ce projet a généré plus de 664 000 jours de travail dans le pays. Soixante pour cent des personnes employées étaient des femmes et 53 % d’entre elles étaient âgées de 16 à 29 ans.

Afghanistan : la Banque mondiale et le fonds fiduciaire pour la reconstruction de l’Afghanistan apportent leur appui aux groupes d’entreprises rurales et aux petites et moyennes entreprises au moyen du programme national de développement des entreprises rurales. Ce programme aide à consolider les marchés et les chaînes de valeur au profit des entreprises rurales à travers l’Afghanistan en fournissant une assistance technique à plus de 1 400 groupes d’entreprises (dont 63 % d’entreprises féminines) et à 500 petites et moyennes entreprises (dont 14 % féminines), choisis pour leur potentiel rôle moteur dans l’emploi rural et la création de revenus. Le projet accompagne aussi le mécanisme Microfinance Investment Support Facility, qui offre des micro-financements à près de 2 500 clients, dont 35 % de femmes.

IFC

Inde : 400 millions de personnes ne sont pas raccordées au réseau national d’électricité et  IFC a aidé à mettre en place un marché de produits d’éclairage hors réseau dans le cadre de son programme Lighting Asia/India.   Les femmes entrepreneurs ont aidé à créer un réseau de « sœurs solaires » qui distribue des produits solaires à faible coût à de milliers de personnes vivant dans des zones reculées.

Turquie :  IFC a collaboré avec le plus grand détaillant du pays, Boyner Group, pour aider à former des fournisseuses en gestion financière, afin de renforcer leur capacité à obtenir des financements et améliorer leur performance commerciale.

Cisjordanie/Gaza : IFC et Bank of Palestine ont lancé le programme Felestineya Mini-MBA, une initiative visant à accroître l’accès des femmes entrepreneurs aux financements et à stimuler la croissance économique en promouvant les entreprises dirigées par des femmes. Quarante femmes de la première promotion ont obtenu leur diplôme.

Inde : le partenariat entre IFC et la société de paiements mobiles FreeCharge, destiné à encourager plus de femmes entrepreneurs à vendre leurs produits en ligne sur la plateforme Snapdeal, devrait améliorer l’accès de celles-ci aux financements grâce à la technologie et aux paiements numériques.

Le Groupe de la Banque mondiale œuvre aux côtés de ses clients du secteur public et privé pour combler les écarts entre les hommes et les femmes dans le monde, afin d’éradiquer durablement la pauvreté et assurer une croissance économique qui ne fait pas d’exclus. Cet écart s’est réduit au cours des 20 dernières années, surtout dans l’enseignement primaire et la santé. Mais beaucoup reste encore à faire.

Plus d’informations sur le travail du Groupe de la Banque mondiale sur le genre

Stratégie pour le genre et l’égalité des sexes du Groupe de la Banque mondiale

L’égalité des sexes est au cœur du double objectif du Groupe de la Banque mondiale de mettre fin à l’extrême pauvreté et de promouvoir une prospérité partagée. Aucune société ne peut se développer durablement si elle ne répartit pas les chances et les ressources de sorte à permettre aux hommes et aux femmes de pouvoir décider de leur vie dans des conditions d’égalité, et contribuer au progrès de leurs familles, de leurs collectivités et de leurs pays.

Stratégie pour le genre

L'expertise du Groupe de la Banque mondiale

Le Groupe de la Banque mondiale a acquis une vaste expérience en travaillant sur l’égalité des sexes et l’autonomisation économique des femmes dans différents pays à travers le monde, comme l’atteste les publications suivantes :

Rapport sur le développement dans le monde 2012 : égalité des genres et développement

D’après le Rapport sur le développement dans le monde 2012 axé sur l’égalité des genres et le développement, la vie des femmes s’est considérablement améliorée à travers le monde, même si des lacunes persistent dans de nombreux domaines. Le rapport examine les progrès à date et recommande des actions à mener.

Rapport intitulé Voice and Agency: Empowering Women and Girls for Shared Prosperity

Ce rapport recense les débouchés prometteurs et les points d’entrée pour une transformation durable, comme les interventions transversales prévoyant une formation aux compétences de base, l’éducation à la santé sexuelle et reproductive, les transferts de fonds conditionnels et le mentorat.

Les Femmes, l’entreprise et le droit

Les Femmes, l’entreprise et le droit est une publication du Groupe de la Banque mondiale qui recueille des données sur les lois et règlements qui entravent l’activité entrepreneuriale et l’emploi des femmes.

Investir dans les femmes

Investing in Women: New Evidence for the Business Case (a) montre bien que l’égalité des chances pour les femmes et les hommes est bénéfique non seulement pour le secteur privé, mais aussi pour les familles, les collectivités et les économies locales. 

Certification EDGE Assess pour l’égalité des sexes

Economic Dividends for Gender Equality ou EDGE (a) est la principale norme mondiale de certification en matière d’égalité des sexes sur le lieu de travail. En accédant au premier niveau de certification, EDGE Assess, le siège du Groupe de la Banque mondiale est devenu le premier site d’une institution financière internationale à obtenir cette certification.

L'initiative We-Fi est un fonds d'intermédiation financière hébergé par la Banque mondiale, s'appuyant sur les solides antécédents de la Banque en matière de conception et de gestion de ces fonds, afin de garantir les meilleures pratiques en termes de gouvernance et d'efficacité. La Banque mondiale en est l'administrateur de fonds et a créé un secrétariat pour le comité de direction, composé des 14 contributeurs fondateurs.

Le premier appel à propositions a été lancé le 13 octobre 2017 à destination des banques multilatérales de développement (BMD) accréditées suivantes : la Banque africaine de développement, la Banque asiatique de développement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la Banque interaméricaine de développement, la Société interaméricaine d'investissement, la Société financière internationale (IFC), Groupe de la Banque de développement islamique et la Banque mondiale (la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et l'Association internationale de développement). Seules les BMD peuvent demander des fonds dans le cadre de cet appel à propositions. Les décisions d'attribution sont prises par le comité de direction. Le montant minimum de la demande de financement par proposition est fixé à 10 millions de dollars.

Cadre de gouvernance We-Fi (a) | Manuel d'utilisation We-Fi (a) | Cadre de résultats We-Fi (bientôt disponible)

1)    Quel est l’objectif de l’Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneurs (We-Fi) et pourquoi ce dispositif est-il indispensable ? Parce qu’elles stimulent la croissance et créent des emplois, les entrepreneuses jouent un rôle clé dans le développement économique, surtout pour les 40 % les plus pauvres de la population. Elles se heurtent pourtant à de nombreux obstacles pour financer, acquérir et faire prospérer une entreprise, dont notamment un accès limité au capital et à la technologie, le manque de contacts professionnels et d’informations, ainsi que des freins juridiques et politiques à la détention et la création d’entreprises.  

L’initiative We-Fi est le premier dispositif de financement mondial de cette envergure conçu spécifiquement pour éliminer les barrières entravant l’émancipation économique des femmes selon une approche globale conjuguant secteur public et secteur privé. Son objectif est de remédier aux obstacles financiers et non financiers auxquels sont confrontées les petites et moyennes entreprises (PME) détenues ou dirigées par des femmes dans les pays ou territoires qui peuvent bénéficier de l’aide de l’Association internationale de développement (IDA) et de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD). L’initiative We-Fi a pour ambition d’y parvenir en mobilisant plus de 1 milliard de dollars auprès des institutions financières internationales et des banques commerciales, au profit d’entités qui s’attacheront à faciliter l’accès des femmes entrepreneurs à l’emprunt, au capital-investissement, au capital-risque et aux produits d’assurance, à les accompagner en matière de renforcement des capacités, de réseautage et de mentorat, et à les aider à évoluer sur le marché intérieur et sur les marchés internationaux, tout en œuvrant avec les pouvoirs publics nationaux à l’amélioration du cadre des affaires pour les PME féminines.  

2)    À quels types d’obstacles les femmes entrepreneurs se heurtent-elles ? L’un des principaux obstacles pour les entreprises féminines résident dans leur accès limité aux services financiers. On estime que 30 % environ des entreprises officiellement immatriculées dans le monde sont détenues par des femmes. Pourtant, 70 % des PME féminines dans les pays en développement sont soit exclues du système financier formel, soit dans l’impossibilité de bénéficier de services financiers adaptés à leurs besoins. D’où un déficit de crédit pour ces entreprises de 300 milliards de dollars par an.

Les femmes entrepreneurs sont par ailleurs pénalisées par leur manque d’accès aux réseaux, à l’information et aux marchés à forte valeur ajoutée. L’environnement des affaires et un cadre réglementaire peu propices représentent une entrave supplémentaire à l’accès des entrepreneuses aux financements. De nombreuses institutions financières des marchés émergents n’ont pas encore élaboré de stratégie durable pour combler cette lacune, ce qui constitue une véritable occasion manquée et inhibe le développement du secteur privé.

3)    Quelle est l’envergure financière de l’initiative We-Fi ? L’initiative We-Fi entend lever plus de 1 milliard de dollars de financements pour améliorer l’accès au capital, apporter une assistance technique et investir dans des projets de soutien aux femmes et aux PME féminines dans les pays clients du Groupe de la Banque mondiale. L’objectif est d’utiliser les contributions de donateurs – qui s’élèvent actuellement à plus de 340 millions de dollars — comme levier pour mobiliser plus de 1 milliard de dollars auprès des institutions financières internationales et des banques commerciales, en faisant appel à des intermédiaires, des fonds ou d’autres acteurs du marché. Pour en savoir plus : http://www.banquemondiale.org/fr/programs/women-entrepreneurs

4)    Quels types de programmes l’initiative We-Fi permettra-t-elle de financer ? Les financements de l’initiative We-Fi viendront soutenir des programmes et des activités qui s'emploient à éliminer les obstacles à l’accès au crédit et à offrir des services complémentaires qui permettent de lutter contre les barrières qui entravent les PME féminines à de multiples niveaux : renforcement des capacités, accompagnement en matière de réseautage et de mentorat, réformes juridiques et autres améliorations de l’environnement des affaires, renforcement des compétences, ou encore accès aux marchés intérieurs et internationaux.

Compte tenu de l’importance des interventions du secteur public et du secteur privé pour démanteler ces obstacles, l’initiative We-Fi soutiendra des activités qui relèvent d’approches public-privé complémentaires en vue de constituer un écosystème favorable à l’entrepreneuriat féminin. Il pourra s’agir notamment d’activités conçues pour faciliter l’accès aux capitaux et fournir les services d’investissement et de conseil connexes, ou pour améliorer l’environnement des affaires en identifiant et en remédiant aux contraintes d’ordre réglementaire et juridique, en élargissant les débouchés commerciaux et en développant des programmes novateurs. L’initiative We-Fi permettra également de mobiliser les pouvoirs publics et le secteur privé autour de cet enjeu.    

5)    Quel sera le mode de gouvernance de l’initiative We-Fi ? L’initiative We-Fi prend la forme d’un fonds d’intermédiation financière administré par la Banque mondiale, et bénéficie à ce titre de la solide expérience de l’institution en matière de conception et gestion de ce type de dispositif pour garantir les meilleures pratiques sur le plan de la gouvernance et de l’efficacité. Un comité de direction, composé des donateurs ayant apporté une contribution au moins égale au seuil minimum fixé, a été constitué lors de la réunion inaugurale de l’initiative au mois d’octobre 2017. Cette instance aura pour principales fonctions de : i.) définir les politiques opérationnelles de l’initiative We-Fi, ainsi que les critères d’admissibilité et d’allocation des ressources ; ii.) approuver les financements alloués aux partenaires d’exécution et iii.) assurer un suivi régulier et examiner les évaluations. Le comité de direction procédera à des appels à proposition périodiques à l’intention des partenaires d’exécution. 

6)      En quoi consistent les fonds d’intermédiation financière (FIF) ? Il s’agit de dispositifs de financement multilatéraux pour lesquels la Banque mondiale joue le rôle d’administrateur, ce qui consiste notamment à assurer les engagements et transferts de fonds aux organismes d’exécution des projets (qui sont en général des organisations internationales telles que banques multilatérales de développement ou agences des Nations Unies). Les fonds d’intermédiation financière (FIF) servent, en général, à lever diverses ressources publiques et privées pour soutenir des initiatives permettant à la communauté internationale de répondre à des priorités mondiales directement et de manière coordonnée. Bien souvent, les FIF comportent des mécanismes de financement et de gouvernance novateurs, et, étant conçus de façon flexible, ils peuvent lever des fonds auprès de diverses sources (États et secteur privé). [http: //fiftrustee.worldbank.org.]

7)    Quel est le rôle du Groupe de la Banque mondiale ? Les États-Unis et l’Allemagne ont invité le Groupe de la Banque mondiale à mettre ce dispositif sur pied en raison de sa longue expérience, de ses réalisations et de son important programme dans les domaines du partage de connaissance et de l’innovation. L’initiative bénéficiant d’un soutien solide de plusieurs donateurs — Allemagne, Arabie saoudite, Australie, Canada, Chine, Corée du Sud, Danemark, Émirats arabes unis, États-Unis, Japon, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni et Fédération de Russie —, le Groupe de la Banque mondiale est parvenu, en un an seulement, à formaliser ce projet, le soumettre à l’approbation de ses Administrateurs et le lancer officiellement. La Banque mondiale exerce le rôle d’administrateur du fonds, forte de son assise financière et de la vaste expérience qu’elle a acquise dans le cadre d’autres fonds d’intermédiation financière ; elle assume également la fonction de secrétariat. La Banque mondiale et IFC agiront aussi comme partenaires d’exécution du fonds aux côtés d’autres banques multilatérales de développement, en s’appuyant sur l’expertise du Groupe de la Banque mondiale dans ce secteur et sur les questions de genre et d’égalité des sexes (voir ci-dessous).

8)    Quand l’initiative entrera-t-elle en vigueur ? L’initiative We-Fi est d’ores et déjà entrée en activité. Le Conseil des administrateurs du Groupe de la Banque mondiale, qui représente ses 189 pays membres, a approuvé le mandat de la Banque le 29 juin 2017. Le fonds est opérationnel depuis le 12 octobre 2017, à la suite de la réunion inaugurale de son comité de direction. Les partenaires d’exécution ont jusqu’au 15 décembre 2017 pour élaborer et soumettre leurs propositions. L’actuel appel à propositions attribuera une enveloppe de financements pouvant aller jusqu’à 150 millions de dollars. Le comité de direction annoncera les soumissionnaires retenus au mois de février 2018.

9)    Qui sont les partenaires d’exécution ? Les banques multilatérales de développement (BMD) accréditées qui peuvent participer au premier appel à propositions sont les suivantes : Banque africaine de développement, Banque asiatique de développement, Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Banque interaméricaine de développement, Banque islamique de développement, Banque mondiale (Banque internationale pour la reconstruction et le développement et Association internationale de développement), Inter-American Investment Corporation et Société financière internationale (IFC).

Les BMD sont invitées à nouer des partenariats avec des organismes des Nations Unies, des institutions financières internationales, des organisations de la société civile, des organisations professionnelles et/ou d’autres entités qui travaillent actuellement dans ce domaine, afin d’aider à la mise en œuvre des activités prévues.

10)  Qui peut participer aux appels à propositions ? Les appels à propositions de l’initiative We-Fi sont exclusivement réservés aux banques multilatérales de développement (BMD) accréditées. Les BMD collaboreront avec des entités du secteur privé et du secteur public au développement de programmes/projets ayant pour objectif de favoriser l’accès des femmes entrepreneurs à l’emprunt, au capital-investissement, au capital-risque et aux produits d’assurance, de les accompagner en matière de renforcement des capacités, de réseautage et de mentorat, et de les aider à évoluer sur le marché intérieur et sur les marchés internationaux, tout en œuvrant avec les pouvoirs publics nationaux à l’amélioration du cadre des affaires pour les PME détenues ou dirigées par des femmes. L’initiative We-Fi n’accepte pas les propositions émanant directement de particuliers ou de PME. Tous les pays qui peuvent bénéficier de financements du Groupe de la Banque mondiale sont admis à recevoir des fonds dans le cadre de l’initiative We-Fi.

L’initiative We-Fi a été principalement conçue pour répondre aux besoins des petites et moyennes entreprises détenues par des femmes, et ne cible pas les très petites entreprises. Ses bénéficiaires finaux sont les programmes qui soutiennent les femmes qui dirigent ces entreprises.

11)  Quels sont les critères de financement ? Le comité de direction de l’initiative We-Fi, qui est composé des donateurs fondateurs du dispositif, décidera de l’affectation des ressources aux programmes proposés en fonction des critères suivants :

1. qualité de la conception générale du programme et fort impact sur le développement ;
2. mobilisation de financements supplémentaires pour atteindre l’objectif de 1 milliard de dollars ;
3. complémentarité entre les activités du secteur public et celles du secteur privé ;
4. additionnalité et optimisation des ressources ; 
5. ciblage des pays à revenu faible et/ou des PME dirigées par des femmes dans des zones difficiles à atteindre ou sous-desservies (par exemple, dans des régions isolées ou pauvres ou parmi des populations réfugiées dans les pays à revenu intermédiaire) ;
6. partenaires ayant acquis une solide réputation en matière d’élaboration de solutions innovantes et pour leur efficacité.

L’initiative We-Fi a pour objectif stratégique d’allouer, tout au long de sa durée d’existence, la moitié de ses ressources à des activités dans les pays IDA et/ou dans les pays fragiles ou touchés par un conflit. Concernant l’Afrique, une attention particulière sera accordée aux propositions qui prévoient des activités dans les pays concernés par le Pacte avec l’Afrique du G20.