DISCOURS ET TRANSCRIPTIONS 06 avril 2018

Allocution de Kristalina Georgieva, Directrice générale de la Banque mondiale, à la conférence CEDRE

Monsieur le président Macron

Monsieur le premier ministre Saad Hariri

Messieurs les ministres Le Drian et Le Maire

Partenaires de développement et distingués participants,

Bon après-midi.

C’est pour moi un honneur d'être ici aujourd'hui. Notre partenariat avec le Liban remonte au début des années 1950. Aujourd'hui comme hier, nous avons à cœur de prêter assistance à ce pays et à ses habitants.

Lors de notre rencontre à Washington l'an dernier, le premier ministre Hariri a sollicité l'appui du Groupe de la Banque mondiale à son plan d'investissements. Je me réjouis que nous ayons aujourd'hui l'occasion de débattre de ce plan ainsi que de notre évaluation stratégique.

Je souhaite aussi profiter de l'occasion pour remercier Monsieur Macron et son équipe pour leur solide leadership et les efforts qu'ils ont déployés en faveur du Liban. La stabilité et la croissance économique du Liban sont essentielles non seulement pour ce pays, mais également pour le Moyen-Orient et pour l'ensemble du monde.

Le Liban a rendu un immense service au monde entier en accueillant des réfugiés, et cette action a pesé très lourd sur les finances publiques, les infrastructures et les collectivités libanaises. Nous sommes tous redevables aux Libanais de la générosité dont ils ont su faire preuve en accueillant dans leurs foyers, leurs écoles et leurs hôpitaux tous ces réfugiés, et en particulier les quelque 1,5 million de Syriens chassés de leur pays par une guerre dévastatrice. La communauté internationale vient déjà en aide aux collectivités libanaises et aux réfugiés, mais le conflit syrien qui perdure nous oblige tous à en faire encore plus.

J'ai l'honneur de représenter la Banque mondiale à la présente conférence pour le Liban.  C'est une cause qui nous tient particulièrement à cœur. Le Liban a assumé ses responsabilités vis-à-vis de la communauté mondiale ; il nous appartient désormais d'acquitter notre dette envers lui.

La conférence d'aujourd'hui, qui rassemble des représentants d'administrations publiques, du secteur privé et des organisations internationales, a pour objectif de stimuler l'économie libanaise et de créer plus d’emplois, en particulier pour la jeunesse libanaise.

Le plan d'investissements est un outil important, pertinent et nécessaire pour relancer l’économie libanaise et créer de nouveaux emplois. Nous restons déterminés à œuvrer aux côtés du Liban et de ses partenaires pour assurer la réussite de la mise en œuvre de ce plan en collaboration avec la société civile, le secteur privé et le Parlement.

Au cours des cinq dernières années, la Banque mondiale a consacré environ 3 milliards de dollars aux secteurs libanais de l'énergie, du transport, de la santé et de l’éducation, et l’IFC, notre guichet de prêts au secteur privé, gère un portefeuille de projets actifs de 700 millions de dollars. Nous avons aussi allégé la charge que représente l’afflux de réfugiés dans le pays. Par exemple, grâce à notre aide, quelque 150 000 Libanais pauvres et réfugiés syriens ont obtenu un accès aux services de santé, et 250 000 enfants réfugiés syriens fréquentent désormais l'école.

Nous nous emploierons à mobiliser chaque année au moins 500 millions de dollars des ressources de la BIRD en faveur du Liban, et nous mettrons tout en œuvre pour mobiliser les financements du secteur privé en faveur du plan libanais d'investissements. L'IFC et la MIGA consacreront environ 500 millions de dollars à cet effort de mobilisation au cours des 5 prochaines années. Nous poursuivrons par ailleurs nos efforts pour mobiliser annuellement au moins 200 millions de dollars en faveur du financement concessionnel des communautés d'accueil et des réfugiés. Le montant total de l'aide financière fournie par le Groupe de la Banque mondiale au cours des cinq prochaines années atteindra 4 milliards de dollars.

Je souhaite rappeler à tous que le plan libanais d'investissements ne pourra être viable que s'il s'accompagne de vigoureux efforts de réforme. Le secteur privé doit jouer un rôle de premier plan dans ce processus, et les autorités publiques doivent s'employer à créer des conditions propres à encourager sa participation, notamment par le biais i) d'une réforme du secteur de l’énergie ; ii) de la mise en œuvre d'une nouvelle loi sur la passation de marchés ; iii) de l'adoption d'une réglementation uniforme propre à accélérer les procédures douanières et à favoriser les importations et les exportation ; iv) d'investissements en faveur d'autres services essentiels; v) de mesures de renforcement de la transparence et de la responsabilisation.

Je voudrais saisir l'occasion pour remercier tous les partenaires qui contribuent au Mécanisme mondial de financement concessionnel. Les ressources qu'ils consacrent à ce mécanisme nous permettront de fournir des financements à des conditions concessionnelles. Nous collaborons en même temps avec les autorités libanaises afin de mettre sur pied un mécanisme de financement des infrastructures qui aidera le secteur privé à investir et à grandir. Nous nous emploierons à cette fin à mettre nos ressources en commun pour prêter assistance à un pays qui offre d’importantes perspectives encore inexploitées. Cet effort nécessitera la mise à contribution de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (la Banque mondiale), de la Société financière internationale (IFC) — l’institution du Groupe de la Banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé — et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), qui propose aux investisseurs une assurance contre les risques politiques. Nous vous exhortons tous à joindre vos efforts aux nôtres.

Le moment est venu de joindre l'action à la parole. Je sens bien en regardant autour de moi aujourd’hui que les équipes mises en place atteindront cet objectif. Permettez-moi pour conclure d'exprimer, au nom du Groupe de la Banque mondiale, notre plus sincère gratitude à la France – au président Macron et aux ministres Le Drian et Le Maire – pour l'organisation de la présente rencontre et pour les efforts inlassables qu'ils ont déployés en faveur du Liban.

Je souhaite aussi adresser mes remerciements personnels au premier ministre Hariri pour son leadership et pour les efforts qu'il a consacrés à l'amélioration des conditions de vie des Libanais, lesquels ont maintes et maintes fois fait la preuve de leur résilience et de leur générosité. Nous nous devons de continuer de leur apporter toute l'aide possible.

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