DISCOURS ET TRANSCRIPTIONS

Allocution de Jim Yong Kim : conférence de presse d’ouverture des Réunions de printemps 2017

20 avril 2017


Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale Conférence de presse d’ouverture des Réunions de printemps 2017 Washington, DC, États-Unis

Tel que préparé pour l'allocution

Bienvenue aux Réunions de printemps 2017 du Groupe de la Banque mondiale et du FMI. Je vais vous part brièvement de ce dont nous allons discuter avec nos actionnaires cette semaine, ensuite nous répondrons à vos questions.

Comme toujours, l’économie mondiale est au premier plan.

Il est encourageant de constater que les perspectives économiques s’améliorent après des années de croissance mondiale décevante. Les risques que la situation se dégrade à nouveau restent cependant nombreux, et les pays qui disposent d’une marge budgétaire devraient poursuivre leurs réformes structurelles. Cela est indispensable pour accélérer la croissance économique durable et inclusive nécessaire pour mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030.

Ces réunions se tiennent à un moment où nous faisons face à plusieurs crises qui se chevauchent, sont causées par la nature et par l’homme, et rendent toutes notre mission urgente.

Vos confrères et consœurs et vous-mêmes en parlez tous les jours :

  • les conflits ;
  • les chocs climatiques ;
  • la pire crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale ; et
  • la famine qui sévit dans certaines parties de l’Afrique de l’Est et au Yémen, considérée par l’ONU comme la pire depuis 70 ans.

S’agissant de la famine en particulier, le monde a été pris au dépourvu. Trop souvent, nous oublions les crises dès qu’elles s’estompent, d’où un cycle de panique et de négligence. Avec les pays affectés et nos partenaires, nous travaillons déjà à une réponse à la famine, et nous utiliserons chaque outil à notre disposition, notamment les instruments financiers et les services-conseils, pour empêcher qu’une autre famine survienne. Samedi, je convoquerai une réunion que je coprésiderai avec le Secrétaire général des Nations Unies et dont l’objet sera d’apporter une réponse coordonnée et efficace avec des ressources importantes.

Outre la fragilité, les progrès technologiques qui s’accélèrent changent la donne. Selon nos estimations, les deux tiers des emplois qui existent aujourd’hui dans les pays en développement seront détruits par l’automatisation.

Dans le même temps, l’internet, les téléphones intelligents et les médias sociaux permettent à tout un chacun de voir exactement comment les autres vivent, ce qui amène les personnes à revoir à la hausse leurs aspirations partout dans le monde. Je le vois partout où je me rends.

Donc, au beau milieu de ces crises et face à des aspirations croissantes, nous devons revoir nos méthodes de travail.

Nous devons trouver des moyens inédits et innovants d’aider les pauvres et de rendre le monde plus sûr et plus stable. La semaine dernière, à la London School of Economics, j’ai expliqué comment nous nous employons à changer d’approche. 

Nous devons commencer par nous poser la question de savoir si le secteur privé peut financer un projet. Si les conditions ne s’y prêtent pas, nous travaillerons avec nos partenaires pour éliminer les risques de ce projet ou, si nécessaire, de pays ou de secteurs entiers.

Ce ne sera pas chose facile. Il faudra en effet que l’ensemble du système international de financement du développement – organismes multilatéraux et bilatéraux – s’accorde pour modifier l’architecture mondiale du développement dans ce sens.

Mais c’est le seul moyen d’agir avec la célérité et à l’échelle qu’imposent les temps actuels.

Voici la bonne nouvelle : le moment n’a jamais été aussi propice pour trouver ces solutions mutuellement bénéfiques. Il y a des milliers de milliards de dollars qui sont mis de côté et génèrent peu d’intérêts, alors que les investisseurs recherchent de meilleurs rendements. Ces capitaux devraient être mobilisés pour nous aider à répondre aux aspirations des personnes, qui montent en flèche aux quatre coins du monde. Et avec les crises auxquelles nous sommes confrontés, notre mission se fait beaucoup plus urgente que jamais.

Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions. 

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À Washington
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