DISCOURS ET TRANSCRIPTIONS

Allocution de Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale au Sommet Tripartite

10 juin 2015


Jim Yong Kim Sommet Tripartite Charm el-Cheikh, Égypte (République arabe d’)

Tel que préparé pour l'allocution

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Chefs d’États et de gouvernement, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs, c’est merveilleux d’être ici, en Égypte. Je suis honoré de votre invitation et je vous remercie pour votre accueil chaleureux.

Je tiens à féliciter les chefs d’État et de gouvernement pour tout le travail qu’ils ont investi dans la préparation de l’accord de libre-échange tripartite. J’espère que vous trouverez un moyen de finaliser un accord commercial qui apportera aux pauvres et aux plus démunis de nouvelles opportunités économiques pour une vie meilleure.   

Un accord de libre-échange peut constituer une étape importante pour l’avenir économique du continent africain, en instaurant des liens qui vont du Caire au Cap, en passant par de nombreux autres pays, et en intégrant plus complètement l’Afrique dans le système économique mondial. Les chefs d’État et de gouvernement ont défini un agenda ambitieux, qui réunit 26 pays représentant ensemble un PIB de plus de 1 200 milliards de dollars et comptant plus d’un demi-milliard d’habitants, et qui peut tout simplement transformer le continent africain. 

Le libre-échange ne peut en lui-même éliminer la pauvreté et stimuler la prospérité partagée. Ces accords doivent s’accompagner de politiques et de programmes permettant à la majorité de la population de profiter de l’amélioration des possibilités commerciales qui incluent, entre autres, l’accès des jeunes à une éducation de qualité, des infrastructures plus adaptées, des technologies de communication plus abordables et un meilleur accès aux services financiers.  

L’Afrique a accompli des progrès considérables au cours des deux dernières décennies : ses taux de croissance sont impressionnants et ses habitants toujours plus nombreux à bénéficier de son développement. En même temps, l’environnement mondial est toujours plus incertain : les prix des matières premières reculent, les conflits s’aggravent dans plusieurs régions, le changement climatique fait peser une grave menace et certaines maladies infectieuses se propagent de manière incontrôlée.  


« Notre objectif est de faire de l’Afrique et du Moyen-Orient des régions plus prospères. Vous pouvez compter sur nous, à Washington et dans les bureaux-pays. »

Jim Yong Kim

président du Groupe de la Banque mondiale

Je peux vous assurer que le Groupe de la Banque mondiale s’attache résolument à vous aider à gérer tous ces risques. Ainsi, en 2014, nous avons engagé près de 20 milliards de dollars au profit de l’Afrique et du Moyen-Orient, et, cette année, nous apporterons un appui dans les mêmes proportions. Nous nous sommes restructurés afin de renforcer nos principaux atouts, à savoir l’alliance d’un vaste savoir et d’un financement innovant qui doit nous permettre de déployer dans vos pays des programmes qui auront un impact maximal. Nous sommes aussi en train de promouvoir un dispositif mondial de lutte contre les pandémies, qui permettra d’améliorer la prévention et d’agir plus efficacement en cas d’épidémie comme celle due au virus Ebola ou au coronavirus MERS. Et notre nouveau Mécanisme mondial de financement des infrastructures (GIF) opèrera avec le secteur privé pour avancer dans ce domaine.  

Nous savons tous que le secteur privé tient une place essentielle dans le développement : il crée les emplois qui conduiront à la prospérité. L’Afrique est plus que jamais un continent accueillant pour les entreprises mais les pays doivent continuer de réduire les coûts de transaction. 

Aujourd’hui, il faut en moyenne 37 jours pour importer des produits en Afrique subsaharienne, et 31 jours à cette région pour en exporter, contre moins de 20 jours en Afrique du Nord, en Amérique latine ou en Asie du Sud-Est. Le délai moyen est encore plus long dans les pays enclavés : 50 jours pour importer et 40 jours pour exporter.  

L’intégration régionale va bien au-delà du commerce. Une intégration régionale plus poussée a un rôle vital à jouer pour aider les pays à se relever d’un conflit. Ainsi, dans la région des Grands Lacs, au Sahel et dans la Corne de l’Afrique, nous élaborons des programmes d’aide d’envergure régionale, et nous soutenons notamment des projets multinationaux pour la production d’énergie durable et l’amélioration du commerce transfrontalier, ce qui favorisera la paix et la stabilité. Ces efforts, déployés en partenariat avec les Nations Unies et des institutions telles que la Banque islamique de développement, s’accompagnent d’un dialogue au niveau politique et d’une diplomatie du développement. Nous cherchons également à élargir cette approche régionale aux pays du Moyen-Orient.  

Face à l’instabilité actuelle au Moyen-Orient, je sais qu’il est difficile d’envisager la paix et la prospérité universelles, mais je reste optimiste. Nous devons commencer dès maintenant à nous préparer au retour de la paix et aux opportunités économiques, et nous devons investir dans le patrimoine le plus précieux et le plus sous-utilisé de la région : les jeunes et les femmes. Il faut investir dans les jeunes et les femmes en leur offrant une meilleure éducation, en leur donnant accès à des soins de santé de qualité et en leur permettant d’acquérir des compétences professionnelles. Le Groupe de la Banque mondiale est prêt à mobiliser les ressources financières et l’assistance technique qui appuieront les réformes de l’éducation et de la formation professionnelle, en partenariat avec les pouvoirs publics et le secteur privé. Nous avons pour objectif d’améliorer la qualité de l’éducation et de remédier à l’inadéquation des qualifications. Ces mesures élargiront nettement les opportunités d’emploi des jeunes, des femmes et des populations économiquement défavorisées.

Je voudrais aujourd’hui réaffirmer qu’au sein du Groupe de la Banque mondiale, nous partageons une vision commune. Notre objectif est de faire de l’Afrique et du Moyen-Orient des régions plus prospères. Vous pouvez compter sur nous, à Washington et dans les bureaux-pays. Nous ferons tout pour vous aider à améliorer les conditions de vie de vos concitoyens. Je vous remercie de votre attention.  


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