COMMUNIQUÉS DE PRESSE 01 avril 2019

Moyen-Orient et Afrique du Nord : les réformes doivent se poursuivre pour accroître la productivité du travail et stimuler la croissance

Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, la croissance devrait s’établir à 1,5 % en 2019 avant de se renforcer en 2020 et 2021

WASHINGTON, 1 avril 2019 — Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, la croissance économique dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) devrait se contracter légèrement en 2019, à 1,5 %, contre 1,6 % en 2018. Malgré ce fléchissement, la situation devrait s’améliorer en 2020 et 2021, avec une reprise modeste de respectivement 3,4 et 2,7 %.

Le dernier rapport de suivi de la situation économique dans la région MENA, une publication semestrielle de la Banque mondiale dont le dernier opus a été présenté aujourd’hui, affirme que la croissance attendue est tirée par les pays en développement importateurs de pétrole, comme l’Égypte, laquelle représente environ 8 % du PIB de la région et dont la croissance devrait ressortir à 5,5 % en 2019 et se renforcer en 2020-21. Les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) devraient afficher une croissance de 2,1 % en 2019. Cette reprise en Égypte et dans les pays du CCG est à imputer partiellement et indirectement aux réformes intérieures introduites. Mais le ralentissement attendu sur les principaux marchés d’exportation de la région MENA — l’Union européenne, les États-Unis et la Chine — aura des effets négatifs.

« Nous invitons les gouvernements de la région MENA à engager des réformes ambitieuses, déclare Ferid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Les réformes visant à améliorer la productivité et à favoriser l’innovation et la concurrence deviennent urgentes. D’ici 2050, 300 millions de jeunes gens vont entrer sur le marché du travail dans ces pays. La région ne peut pas réussir sans démanteler les obstacles structurels à la croissance. Les pays qui ont su prendre des mesures difficiles pour réformer leurs politiques sont devenus les moteurs de la croissance économique régionale. »

La modeste reprise attendue dans les années à venir ne règlera pas la faiblesse persistante des taux de croissance du PIB par habitant. Elle ne remédiera pas non plus aux déficits durables des comptes courants dans certains pays en développement de la région. Bon nombre de pays importateurs de pétrole présentent un déficit commercial et courant importants depuis plus de dix ans. La situation a en revanche changé ces derniers temps pour les pays exportateurs, qui avaient longtemps affiché des excédents courants substantiels. La dégradation des soldes extérieurs a réduit la capacité de la région à faire circuler l’épargne depuis les pays exportateurs de pétrole à revenu élevé vers les économies en développement présentant un déficit courant persistant, en particulier depuis la restructuration mondiale du marché du pétrole en 2014.

Le nouveau rapport de la Banque mondiale, intitulé Réformes et déséquilibres extérieurs : la voie de la productivité du travail au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, plaide pour la poursuite urgente des réformes structurelles capables de renforcer la productivité globale du travail afin de stimuler la croissance et, dans le même temps, de réduire les déséquilibres extérieurs dans la région.

« Les pays MENA devraient a minima doubler leur taux actuel de croissance, souligne Rabah Arezki, économiste en chef de la Banque mondiale pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord et auteur principal du rapport. Pour utiliser son potentiel inexploité, la région doit transformer ses économies, accentuer la contestabilité des marchés et avoir une approche visionnaire de l’économie numérique. »

Les déficits actuels excessifs des comptes courants doivent être résorbés progressivement, explique le rapport, sans attendre que la détérioration des flux de capitaux n’impose des renversements aux économies de la région MENA.

Pour les auteurs, l’évolution démographique et la productivité globale du travail sont deux déterminantes essentielles du solde courant d’un pays. Des réformes structurelles doivent être engagées d’urgence pour renforcer la productivité globale du travail, comme notamment la réforme des dépenses budgétaires, pour accroître l’épargne budgétaire et consolider la productivité du travail lorsque des subventions nuisent à la contestabilité des marchés ; la réforme du commerce, pour abaisser le coût des échanges au-delà des tarifs douaniers afin de favoriser l’intégration de la région MENA dans les chaînes de valeur mondiales ; la réforme du marché du travail, pour améliorer la productivité de la main-d’œuvre tout en procurant une protection sociale aux travailleurs déplacés ; et des réformes intelligentes dans les entreprises publiques de réseaux (comme l’énergie et les télécommunications), pour améliorer leur efficacité et accroître la productivité globale du travail.

Dernière mise à jour: 01 avr. 2019


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