COMMUNIQUÉS DE PRESSE 30 août 2018

RDC : la Banque mondiale met l'accent sur la prévention pour endiguer les violences faites aux femmes

WASHINGTON, 30 août 2018 — La Banque mondiale va allouer 100 millions de dollars de financement de l’Association internationale de développement (IDA)* à la prévention des violences sexistes en République démocratique du Congo (RDC).

En plus de soutenir les victimes, le projet s’emploiera à faire évoluer les normes sociales en promouvant l’égalité hommes-femmes et en suscitant des changements de comportement. Il s’appuiera à cette fin sur une collaboration étroite avec les organisations de la société civile. En RDC, où 74,8 % des femmes et 59,5 % des hommes trouvent normal qu’un mari batte sa femme, l’implication des hommes et des garçons permettra de démontrer que ces violences ne sont pas simplement une affaire « d’ordre privé » mais qu’elles concernent toute la collectivité.

« Dans un pays comme la RDC, où la société civile est dynamique, il est absolument vital de donner des moyens d’action aux organisations communautaires et de les mobiliser dans la lutte contre les violences sexistes, souligne Jean-Christophe Carret, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la République démocratique du Congo. L’absence d’autonomie économique étant l’une des causes des violences à l’encontre des femmes, le projet s’efforcera, à travers l’épargne et des activités rémunératrices à l’échelle communautaire, de créer des moyens de subsistance et des débouchés économiques. »

Le Projet de prévention et de lutte contre les violences sexistes concernera directement 795 000 bénéficiaires au cours des quatre prochaines années, dont 400 000 femmes et filles. Malgré le recul des violences physiques à l’encontre des femmes et des violences sexuelles entre 2007 et 2014, passées respectivement de 64 à 52 % et de 33 à 27 %, leur prévalence reste à un niveau inacceptable.

Le projet prévoit le déploiement d’un nombre conséquent d’acteurs locaux (hommes et femmes), qualifiés et reconnus dans leur domaine : assistants juridiques, travailleurs sanitaires et sociaux, enseignants et responsables religieux. Ces équipes mettront en place des activités de prévention dans les régions ciblées de quatre provinces de l’est du pays : Sud-Kivu, Nord-Kivu, Maniema et Tanganyika. Le projet soutiendra par ailleurs la création de lieux communautaires sûrs pour les femmes et les filles, où les victimes pourront accéder à une aide psychosociale et d’autres services de soins spécifiques.

En outre, le projet s’appuiera sur l’expertise des centres d’excellence existants — l’hôpital et la fondation de Panzi dans le Sud-Kivu et Heal Africa dans le Nord-Kivu — qui ont une expérience confirmée du traitement des violences sexistes en situation d’urgence. Ces deux établissements gèrent des dispensaires itinérants dans les zones isolées, où l’insécurité et les violences sexuelles sont endémiques.

Le Groupe de la Banque mondiale renforce son soutien à des projets de développement visant à lutter contre les violences sexistes, qu’il s’agisse d’interventions intégralement dédiées à cette cause ou de composantes dans des projets sectoriels consacrés par exemple au transport, à l’éducation ou à la protection sociale. Les efforts de prévention exigeant des investissements soutenus sur une longue période, ce nouveau projet s’attachera à conforter les acquis d’un précédent projet d’urgence régional consacré à la prise en charge des violences sexuelles et sexistes et de la santé des femmes dans les Grands Lacs. Premier projet de la Banque mondiale en Afrique à proposer des services intégrés aux femmes victimes de violences, cette opération compte déjà 40 000 bénéficiaires en RDC, dont 29 000 femmes.

* L’Association internationale de développement (IDA) est l’institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète. Fondée en 1960, elle accorde des dons et des prêts à faible taux d’intérêt ou sans intérêts en faveur de projets et de programmes de nature à stimuler la croissance économique, à réduire la pauvreté et à améliorer la vie des plus démunis. L’IDA figure parmi les principaux bailleurs de fonds des 75 pays les plus pauvres de la planète, dont 39 se trouvent en Afrique. Les ressources de l’IDA permettent d’apporter des changements positifs dans la vie de 1,5 milliard de personnes résidant dans les pays éligibles à son aide. Depuis sa création, l’IDA a soutenu des activités dans 113 pays. Le volume annuel de ses engagements est en constante augmentation et s’est élevé en moyenne à 18 milliards de dollars au cours des trois dernières années, 54 % environ de ce montant étant destinés à l’Afrique.


COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° : 2019/003/AFR

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