COMMUNIQUÉS DE PRESSE 28 août 2018

Une gestion efficace des ressources en eau dans le monde arabe est la clé de la croissance et de la stabilité futures

Un nouveau rapport décrit les risques associés aux défis de l'eau de la région et les politiques nécessaires pour y faire face

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STOCKHOLM, 28 août 2018 - Selon un nouveau rapport conjoint de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et la Banque mondiale, la pénurie d'eau dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA) peut constituer un facteur de déstabilisation ou un motif qui lie les communautés, la différence entre les deux étant déterminée par les politiques adoptées pour faire face au défi croissant.

Le rapport, Gestion de l'eau dans les systèmes fragiles : renforcer la résilience aux chocs et aux crises prolongées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, prévient que l'instabilité combinée à une faible gestion de l'eau peut devenir un cercle vicieux qui exacerbe davantage les tensions sociales tout en soulignant que les actions nécessaires pour rompre le cycle peuvent également être des éléments essentiels pour le rétablissement et la consolidation de la stabilité.

Un appel a été lancé aujourd'hui lors d'une session spéciale consacrée à la région MENA lors de la conférence de la Semaine mondiale de l'eau à Stockholm, en Suède, à abandonner les politiques actuelles axées sur l'augmentation des approvisionnements vers une gestion à long terme des ressources en eau. Des politiques inefficaces ont laissé les populations et les communautés de la région exposées aux conséquences de la pénurie d'eau, devenant de plus en plus sévères en raison de la demande croissante en eau et du changement climatique. Plus de 60% de la population de la région est concentrée dans des zones affectées par un stress hydrique de surface élevé ou très élevé, par rapport à une moyenne mondiale d’environ 35%. Si rien n'est fait, la pénurie d'eau liée au climat devrait entraîner des pertes économiques estimées entre 6 et 14% du produit intérieur brut d'ici 2050 ; le taux le plus élevé au monde.

« Les pertes économiques entraînent la hausse du chômage, aggravée par l'impact de la pénurie d'eau sur les moyens de subsistance traditionnels tels que l'agriculture », a déclaré Pasquale Steduto, coordinateur du programme régional de la FAO pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord et co-auteur principal du rapport, « Il peut s’ensuivre une insécurité alimentaire et des déplacements forcés de populations, ainsi que des frustrations croissantes liées à l’incapacité des gouvernements  de garantir les services de base, ce qui pourrait aussi contribuer à l’instabilité généralisée dans la région. Sur le plan positif, des mesures peuvent être prises pour empêcher que la pénurie d’eau et l’instabilité ne deviennent un cercle vicieux, en mettant l’accent sur la gestion durable, efficace et équitable des ressources en eau et la prestation de services. »

Une approche équilibrée sera nécessaire pour aborder les impacts à court terme de la pénurie d'eau tout en investissant dans des solutions à plus long terme, y compris l'adoption de nouvelles technologies, comme base d'une croissance durable. Un projet de la FAO en Irak appuie la résilience à la sécheresse en fournissant du travail contre rémunération aux personnes déplacées et aux réfugiés. Une usine de traitement des eaux financée par la Banque mondiale à Gaza vise à inverser des années de négligence en raison de l'instabilité de l'approvisionnement fiable en eau potable et de la reconstitution progressive de l'aquifère avec de l'eau traitée. En Égypte, 10% de l'eau agricole provient d'eau de drainage recyclée, tandis que le Maroc prévoit d'installer plus de 100 000 pompes solaires pour l'irrigation d'ici 2020.

« La rareté de l'eau a toujours une double dimension : locale, car elle affecte directement les communautés et régionale, comme les ressources en eau traversent les frontières », a déclaré Anders Jagerskog, spécialiste principal de la gestion des ressources en eau à la Banque mondiale et co-auteur principal du rapport. « S’attaquer à la réduction de la pénurie d’eau est une opportunité pour donner aux communautés locales les moyens de développer leur propre consensus local sur les stratégies permettant de relever le défi. Dans le même temps, c'est une motivation pour renforcer la coopération régionale face à un problème commun. »Plus de la moitié des eaux de surface de la région sont transfrontalières et tous les pays partagent au moins un aquifère. La longue histoire de la gestion partagée de l'eau dans la région montre comment l'eau offre la possibilité de rassembler les peuples afin résoudre des problèmes complexes liés à l'allocation et à la livraison de l'eau. Des consultations au niveau local, associées à la restauration des services d’eau, peuvent aider à rétablir le lien de confiance entre les citoyens et le gouvernement. Les partenariats régionaux pour la gestion partagée des ressources partagées sont une étape vers une plus grande intégration régionale. Le rapport souligne que, même si les politiques sont essentielles pour une gestion efficace de l’eau, elles constituent également des contributions vitales à la stabilité à long terme.


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Li Lou
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