COMMUNIQUÉS DE PRESSE 08 mai 2018

Les pays d’Europe et d’Asie centrale peuvent offrir de meilleures opportunités et de meilleurs services publics grâce à la blockchain

TBILISSI, 8 mai 2018, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale intitulé Cryptocurrencies and Blockchain: Europe and Central Asia Economic Update (a).

Pour cela, les décideurs politiques doivent réussir à exploiter le potentiel des nouvelles technologies, tout en s’efforçant de contenir les excès de la frénésie numérique. Par ailleurs, il est nécessaire d’adopter des politiques permettant aux citoyens de s’adapter à des marchés devenus plus flexibles, qu’il s’agit des biens, des services ou de l’emploi.

La technologie des chaînes de bloc (ou blockchain en anglais) fait partie de cette nouvelle vague digitale. Elle permet la réalisation de transactions et le partage d’informations entre individus, sans intermédiaire. Les cryptomonnaies, qui créent de la monnaie virtuelle hors du cadre d’une banque centrale et permettent d’effectuer des paiements sans passer par un établissement financier, ont été les premières à l’utiliser.

« , a expliqué Hans Timmer, économiste en chef de la Banque mondiale pour la Région Europe et Asie centrale, lors du lancement du rapport à Tbilissi. En Géorgie, par exemple, le minage de cryptomonnaies est très répandu, principalement parce qu’il existe des exonérations fiscales et parce que l’électricité est bon marché. Les pouvoirs publics doivent désormais assurer une supervision financière plus importante, et protéger les consommateurs. »

D’après le rapport, si les cryptomonnaies constituent aujourd’hui un secteur évalué à plusieurs milliards de dollars, elles continuent de susciter des avis divergents. Étant donné leur extrême volatilité, leur viabilité comme moyen de paiement alternatif est mise en doute par certains observateurs. Par ailleurs, le minage des cryptomonnaies s’accompagne de coûts d’électricité toujours plus élevés.

Cependant, la technologie des chaînes de bloc, sur laquelle reposent ces monnaies virtuelles, commence à se généraliser à d’autres applications : .

L’Ukraine, l’Estonie et la Géorgie, par exemple, utilisent cette technologie dans les secteurs du cadastre et de l’immobilier. L’Azerbaïdjan teste actuellement un système d’identification numérique pour les opérations bancaires, tandis que la Lituanie a créé un centre d’incubation de start-up dédié aux technologies blockchain. De son côté, la Suisse, qui entend devenir une plateforme internationale dans ce domaine, montre la voie en matière de réglementation.

« La blockchain a pour effet d’intensifier la concurrence dans le secteur privé, tout en encourageant la créativité et les approches innovantes au sein de l’administration publique, ajoute Hans Timmer. Cette technologie entraîne également de nouveaux enjeux pour les pays. »

Les deux principaux enjeux sont, d’une part, la supervision financière et, d’autre part, la lutte contre le blanchiment d’argent, la fraude fiscale et les transactions illicites. En outre, les pays doivent gérer la consommation massive d’électricité associée au minage des cryptomonnaies, et arbitrer leur soutien aux start-up qui se spécialisent dans la blockchain.

Le rapport, qui analyse les tendances de l’économie régionale, met en évidence la forte croissance enregistrée récemment (avec un taux record depuis dix ans), tout particulièrement en Europe centrale et en Turquie. Mais le recul du chômage et la hausse de l’inflation indiquent que cette croissance va probablement se tasser.

Durant cette phase d’expansion économique, nombre de pays d’Europe et d’Asie centrale ont exporté davantage et réduit leur déficit budgétaire, ce qui leur permettra de mieux résister à une éventuelle dégradation de la conjoncture. Cependant, à l’avenir, la région devra faire face à de nouvelles difficultés, étant donné le resserrement des conditions financières et les tendances protectionnistes qui s’accentuent dans le monde.

Télécharger le rapport :
Cryptocurrencies and Blockchain: Europe and Central Asia Economic Update (a)

 


COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° : 2018/ECA/96

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