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Les diasporas du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord n’apportent pas seulement des fonds

28 mars 2017


Elles représentent un gisement inexploité de capital humain qui pourrait être mis à profit, surtout en période de crise

WASHINGTON, 28 mars 2017 — Les diasporas des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA) peuvent jouer un rôle fondamental dans l’intégration, l’entrepreneuriat et la croissance économique de cette région, et aider ces pays à devenir des acteurs économiques de premier plan au niveau mondial. C’est ce qui ressort d’un nouveau rapport publié aujourd’hui par le Groupe de la Banque mondiale.

Intitulé Promotion de l'intégration économique et de l'entrepreneuriat : mobilisation de la diaspora de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, ce rapport atteste que les populations émigrées sont à même de dynamiser le commerce, l’investissement et le transfert de technologie dans la région. Mais, pour cela, il est indispensable que les pouvoirs publics et les organisations internationales de développement s’attachent à renforcer leurs liens et leurs collaborations avec les diasporas.

« Plus de 20 millions de ressortissants de la région MENA résident à l’étranger, et nous avons tendance à ne voir en eux que des pourvoyeurs de fonds, explique Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Or cette diaspora est un gisement inexploité de savoirs, de compétences et de réseaux d’activités qui, si les conditions s’y prêtent, pourrait être mis à profit pour remédier à certains des problèmes actuels de la région, tels que la faiblesse des investissements et le taux élevé de chômage des jeunes. »                                                                            

S’appuyant sur les données recueillies dans le cadre d’une enquête en ligne et d’entrevues menées auprès d’environ 1 000 membres de la diaspora de la région, disséminés à travers le monde, le rapport montre que ceux qui vivent à l’étranger sont désireux de se rendre utiles et de continuer d’agir, mais expriment aussi de profondes inquiétudes envers la qualité du contexte économique dans leur pays d’origine.

Les résultats indiquent que 85 % des répondants ont pour priorité de donner en retour à leur pays, 87 % souhaitent consacrer du temps au mentorat individuel dans leur pays d’origine, et 68 % investir des capitaux et réaliser des échanges commerciaux avec leur pays d’origine.

Cependant, plus de 54 % des répondants admettent que c’est avant tout la précarité de l’environnement d’affaires qui freine leur aspiration à investir dans leur pays d’origine, et, pour 62 %, le manque de transparence sur la réglementation et les créneaux commerciaux constitue le principal obstacle à l’investissement.

En outre, les participants estiment presque à l’unanimité que, si leur pays d’origine les considérait comme des partenaires et des parties prenantes, plutôt que comme une source de transferts de fonds, ils se mobiliseraient davantage pour celui-ci.

Le rapport note que, malgré ses doutes, la diaspora reste plus encline que les investisseurs étrangers à investir dans son pays d’origine en période de crise, car elle dispose d’une meilleure connaissance du contexte économique et des pratiques locales.

« Grâce à ces enquêtes, nous comprenons mieux que, si la diaspora est mise à contribution de manière efficace, elle peut se révéler incontournable pour accroître les échanges, dynamiser la compétitivité nationale et favoriser le transfert de savoir, précise Anabel Gonzalez, directrice principale du pôle Commerce et compétitivité du Groupe de la Banque mondiale. L’établissement de liens commerciaux, l’encouragement de l’innovation et la promotion des opportunités d’investissement sont quelques-uns des nombreux effets bénéfiques que la diaspora peut produire sur l’environnement économique de la région. »

Les diasporas de la région MENA revêtent une importance particulière à l’heure de la crise des réfugiés. La diaspora syrienne, par exemple, peut contribuer à améliorer les moyens de subsistance des réfugiés en Jordanie et dans d’autres pays.

Selon le rapport, les membres de la diaspora jugent également que les organisations internationales de développement, dont le Groupe de la Banque mondiale, peuvent les aider considérablement à s’engager auprès de leur pays d’origine. Ainsi, 84 % des répondants estiment que le Groupe de la Banque mondiale peut jouer un rôle crucial dans l’appui à la diaspora de la région MENA.

Plus précisément, ils attendent principalement des organisations de développement qu’elles agissent à trois niveaux : la mise en place de programmes de subventions de contrepartie, une assistance technique pour les programmes pilotes et un renforcement des capacités des associations, des membres de la diaspora et des réseaux.

  • Le rapport formule les recommandations suivantes à l’intention des gouvernements de la région et de leurs partenaires de développement, en soulignant que, pour être efficaces, les mesures préconisées doivent être adaptées aux caractéristiques de l’économie et de la diaspora de chaque pays :
  • recenser la diaspora, afin d’élaborer des programmes de sensibilisation spécifiques ciblant les membres dotés de compétences et animés d’intérêts différents. Cet exercice permettra aussi aux pouvoirs publics de mobiliser la diaspora plus rapidement ;
  • créer des réseaux d’échange de connaissances, avec le soutien des partenaires de développement bilatéraux et mondiaux ;
  • faire systématiquement appel aux professionnels de la diaspora et à des investisseurs providentiels pour apporter des financements d’amorçage et un mentorat aux entreprises à forte croissance, en particulier au début des opérations d’amorçage.
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