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La Banque mondiale alloue 150 millions de dollars au Maroc pour améliorer les programmes sociaux et soutenir les petites entreprises

10 mars 2017


Washington, 10 mars 2017 – Le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale a approuvé aujourd’hui des financements d’un montant total de 150 millions de dollars destinés à appuyer les objectifs poursuivis par les autorités marocaines dans le domaine de la modernisation du système d’identification nationale et en matière d’aide aux start-up innovantes et de promotion de la création d’emplois. Les deux opérations, qui visent à renforcer l’inclusion sociale et économique, permettront, d’une part, d’améliorer le ciblage des programmes sociaux grâce à un meilleur système d’identification personnelle et, d’autre part, de lever les barrières qui empêchent les start-up et les petites entreprises d’accéder à des financements.

Près de 5,3 millions de Marocains, dont deux tiers de ruraux, risquent de replonger dans la pauvreté du fait de la précarité de leur situation économique et sociale. Avec une enveloppe de 100 millions de dollars, le Projet de développement des systèmes d’identification et de ciblage pour la protection sociale a pour objectif de venir en aide aux plus vulnérables. Plus précisément, il financera la mise en place de deux registres : un registre national de la population qui confèrera à chaque individu un numéro d’identification unique grâce auquel les procédures de vérification de l’identité seront facilitées, et un registre social qui rassemblera des informations sur la situation socio-économique des individus et des ménages afin de repérer ceux qui sont les plus défavorisés et qui remplissent les conditions pour recevoir des prestations sociales. Ce dernier aura pour effet de valoriser les dépenses sociales en réduisant les marges d’erreur et de favoriser une coordination accrue entre les différents programmes sociaux et ministères concernés. Les deux dispositifs seront gérés par une agence nationale des registres qui sera chargée d’administrer et de garantir une utilisation optimale de leurs informations.

Selon la Banque mondiale, le projet permettra de doubler l’impact des programmes de réduction de la pauvreté tels que le RAMED et le Tayssir, et de diriger les ressources de ces programmes vers les ménages et les individus les plus vulnérables uniquement, ce qui se traduira par des économies estimées à plus de 30 millions de dollars par an. Le projet sera mis en œuvre par le ministère de l’Intérieur sur une période de cinq ans et par le biais d’un financement axé sur les résultats, c’est-à-dire que les décaissements seront subordonnés à la réalisation des objectifs convenus. En plus de son aide financière, la Banque mondiale apportera une assistance technique pour l’élaboration des cadres institutionnel, juridique et opérationnel qui garantiront la bonne utilisation et la pérennisation des nouveaux systèmes.

« Grâce au programme, environ 9,3 millions de Marocains issus des couches les plus défavorisées accèderont plus facilement aux programmes de protection sociale. En se dotant d’un système d’identification mieux conçu et administré plus efficacement, le Maroc sera en mesure de mettre en œuvre des programmes sociaux mieux ciblés, avec des effets tangibles sur la population », indique Diego Angel Urdinola, économiste senior à la Banque mondiale et chef d’équipe du nouveau projet

L’autre projet approuvé aujourd’hui consiste en une opération de 50 millions de dollars destinée à améliorer les possibilités de financement pour les start-up et PME innovantes. Il vise à pallier les insuffisances du marché en ce qui concerne l’offre de financements par capitaux propres pour les PME jeunes et innovantes. Des études montrent en effet que ce sont les start-up qui, dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, contribuent le plus à la création nette d’emplois.

Bien que le Maroc soit le pays de la région qui affiche les meilleurs résultats en ce qui concerne l’accès des PME aux financements, il ne parvient pas à soutenir suffisamment les entreprises innovantes et présentant un fort potentiel de croissance aux premiers stades de leur développement. « Les petites et jeunes entreprises ont du mal à trouver des financements, principalement parce que les banques ne peuvent pas financer des start-up (sans des garanties solides) qui, par définition, n’ont pas encore de rentrées de fonds durables et sont associées à un risque élevé », explique Randa Akeel, spécialiste senior du secteur financier et chef d’équipe du projet.

Le projet soutiendra un programme de financement qui investira, aux côtés d’investisseurs privés, dans des start-up et PME innovantes et en direction d’une sélection d’investissements prometteurs. En fournissant des ressources aux prestataires de services de l’écosystème entrepreneurial pour le développement de programmes de mentorat et de préparation à l’investissement, il remédiera aussi aux lacunes qui existent dans le soutien et l’offre de savoir-faire en matière d’investissement dont la plupart des entrepreneurs ont besoin pour lancer des start-up viables. Le projet contribuera globalement à l’expansion d’un secteur privé innovant au Maroc en créant un marché du capital-risque.

« Ces deux opérations viennent soutenir les efforts menés par les autorités pour réduire l’exclusion sociale et promouvoir la croissance du secteur privé, déclare Marie Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb. Mieux cibler les programmes sociaux, renforcer les services sociaux et faciliter l’accès des entrepreneurs aux opportunités : c’est la voie qui mènera à une croissance inclusive, au profit de tous les Marocains. »

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