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La Banque mondiale accroît ses financements pour la lutte contre le changement climatique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

15 novembre 2016

 L’objectif est de mobiliser 1,5 milliard de dollars par an en appui à l’action climatique

MARRAKECH, 15 novembre 2016 – Le Groupe de la Banque mondiale a dévoilé aujourd’hui un nouveau plan pour renforcer son soutien aux pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) confrontés aux multiples menaces découlant du changement climatique. Le Plan d’action climatique pour la région MENA devrait ainsi pratiquement doubler la part des financements dédiés à la lutte contre le changement climatique au cours des quatre prochaines années, pour la porter à quelque 1,5 milliard de dollars par an d’ici 2020. Lors d’une conférence de presse organisée pendant la COP22 à Marrakech, le vice-président de la Banque mondiale pour la Région MENA, Hafez Ghanem, a décliné les quatre axes de ce plan : sécurité alimentaire et hydrique ; adaptation durable des villes à la nouvelle donne climatique ; transition vers des énergies décarbonées ; et protection des plus pauvres, les plus exposés aux conséquences du changement climatique.

« Le changement climatique va aggraver une situation déjà difficile et touchera des millions d’individus dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, souligne Hafez Ghanem. L’amenuisement des ressources en eau, déjà rares et parmi les moins abondantes du monde, risque de menacer des industries critiques qui, comme l’agriculture, assurent la subsistance de millions de pauvres ruraux. »

Dans la région MENA, l’agriculture est aux deux tiers pluviale, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux écarts de température et de précipitations. Les températures, en hausse partout, augmenteront encore plus vite dans les pays de cette région du monde. En 2015, le Maroc a ainsi vu son produit intérieur brut chuter de 1,5 % avec la destruction, par la sécheresse, de la moitié des champs de blé. Si un quart environ de la main-d’œuvre dans la région est employée dans l’agriculture, cette proportion atteint 40 % au Maroc. Mais il faut s’attendre à un exode vers les villes à mesure que le changement climatique dégradera les conditions de survie des ruraux. En plus de la surpopulation et de l’aggravation de la pollution, l’accélération des migrations vers les grandes villes côtières de la région expose les populations à un autre risque : la hausse du niveau de la mer. Avec un réchauffement de 1,5 °C, la mer Méditerranée devrait monter de 0,2 à 0,5 mètre, menaçant près de 25 millions d’habitants entre Alger et Beyrouth.

« Bien conscients des risques, les pays de la région ont commencé à agir, rappelle Hafez Ghanem. En adoptant de meilleures pratiques de gestion de l’eau et en plantant des variétés plus résistantes au changement climatique, le Maroc œuvre pour l’adaptation de son agriculture sachant que, parallèlement, il réduit son niveau d’émissions avec la suppression de la plupart des subventions à l’énergie et la construction d’une immense centrale solaire à Ouarzazate. C’est ce type d’actions globales de lutte contre le changement climatique que nous soutenons dans la région, avec le souci constant de protéger les plus pauvres et les plus vulnérables. »

Le Plan d’action climatique pour la région MENA repose sur un ensemble de cinq engagements qui exploitent les atouts de la Banque en matière de financement climatique, son expérience internationale et sa capacité à tisser des partenariats. Les deux premiers engagements, complémentaires, induisent un déplacement des moyens en faveur de l’action climatique puisqu’il s’agit de pratiquement doubler le soutien à l’adaptation à cette nouvelle donne environnementale. Le but, entre autres, est d’appuyer la protection sociale des plus vulnérables, de mieux planifier les villes et anticiper les risques pour protéger les personnes et les biens en cas d’événement climatique extrême mais également de gérer de manière optimale les ressources naturelles et, en particulier, les écosystèmes vulnérables.

Le troisième engagement concerne l’appui aux réformes qui poseront les jalons d’un avenir vert, à l’instar de la suppression des coûteuses subventions aux combustibles fossiles qui favorisent les gaspillages d’énergie ou de la création de réglementations adaptées pour inciter les investisseurs privés à faire le pari des énergies renouvelables. Les deux derniers engagements portent respectivement sur le financement de la transition vers une économie décarbonée, en s’appuyant sur les programmes de la Banque mondiale pour attirer des investisseurs privés et sur ses garanties pour atténuer les risques, et sur la construction de partenariats régionaux dans le but d’inventer des solutions communes face à des défis communs que sont par exemple la pénurie d’eau ou l’accès à l’énergie.

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