COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Banque mondiale : Investir dans la résilience des villes pour optimiser les ressources et lutter contre la pauvreté

12 octobre 2016


WASHINGTON, 12 octobre 2016 – Les catastrophes naturelles telles que l’ouragan Matthew et le changement climatique ont un impact dévastateur sur les villes et les quatre milliards d’habitants qui y vivent aujourd’hui. Plus concrètement, en l’absence d’importants investissements pour rendre les villes plus résilientes, d’ici 2030, le changement climatique risque de faire plonger 77 millions de citadins supplémentaires dans la pauvreté. C’est ce qu’annonce un nouveau rapport conjoint de la Banque mondiale et du Dispositif mondial de réduction des effets des catastrophes et de relèvement (GFDRR).

Présenté à la Conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable (Habitat III) qui se tient à Quito (Équateur) du 17 au 20 octobre, le rapport intitulé Investing in Urban Resilience signale que le nombre croissant de catastrophes naturelles et l’augmentation des chocs et perturbations à caractère économique, social et écologique présentent, pour des villes en croissance rapide, le plus grand risque qui soit.

Les zones urbaines qui abritent 55 % de la population du globe et contribuent à hauteur de 80 % au PIB mondial sont le moteur de la croissance mondiale. Cependant, les mêmes facteurs de densité démographique, d’emplois et d’actifs qui déterminent si largement le succès des villes contribuent également à les rendre — au même titre que l’industrie mondiale — extrêmement vulnérables à la vaste gamme de chocs et de perturbations naturels et anthropiques qui les affectent de plus en plus aujourd’hui.

« Une croissance rapide promue sans efforts de renforcement de la résilience expose les villes de la planète à un risque énorme », affirme Ede Ijjasz-Vasquez, directeur principal du Pôle mondial d'expertise en Développement social, urbain et rural, et résilience de la Banque mondiale. « La croissance démographique et les migrations humaines sont en hausse, et le changement climatique semble atteindre un seuil d’effets dévastateurs. Autrement dit, nous ne sommes pas loin d’un point de non-retour pour la sécurité des villes du monde entier. Nous devons investir aujourd’hui dans des mesures de résilience climatique susceptibles d’assurer un avenir dans lequel nos villes et les populations qui y vivent connaîtront la sécurité et la prospérité ».

Le rapport conjoint de la Banque mondiale et de la GFDRR signale que si l’on ne parvient pas à investir dans les villes pour les rendre plus résistantes aux catastrophes naturelles et aux chocs de tous ordres, cela aura d’importantes conséquences néfastes sur le plan humain et économique, et que les pauvres des villes en paieront le plus lourd tribut. Sous l’effet conjugué d’un impact climatique très lourd et des inégalités d’accès aux infrastructures et aux services de base, les catastrophes naturelles plongeront des dizaines de millions de citadins dans l’extrême pauvreté et cela pourrait coûter aux villes du monde 314 milliards de dollars par an d’ici 2030, contre 250 milliards de dollars aujourd’hui.

Cela étant, et compte tenu du fait que dans le contexte actuel de taux d’intérêts faibles les investisseurs internationaux sont à la recherche de rendements qui continuent de leur échapper, les investisseurs institutionnels et les fonds souverains manifestent de plus en plus la volonté d’étudier les moyens de financer des investissements dans le monde en développement. C’est un contexte favorable pour rapprocher les investisseurs des opportunités d’investissement.

Selon le rapport, 60 % des zones qui devraient s’urbaniser d’ici 2030 restent encore à être bâties alors qu’il faut compter un milliard de nouveaux logements pour loger d’ici 2060 une population mondiale en expansion. Quant aux financements nécessaires pour assurer que cette urbanisation tienne compte de la sécurité et de la résilience, ils existent bel et bien. Le monde compte en réalité un potentiel d’investissement de 106 000 milliards de dollars de capital institutionnel sous forme de fonds de pension et de fonds souverains. Pourtant, seul 1,6 % de ce montant à peine est investi dans les infrastructures, sans compter l’investissement supplémentaire qu’il faudrait pour les rendre résilientes. De plus, un certain nombre d’obstacles s’opposent à la libération de ces ressources.

« Les investisseurs font face à toute une série d’obstacles à l'investissement dans la résilience », déclare Francis Ghesquiere, le responsable de la GFDRR. « La plupart du temps, la capacité des municipalités à incorporer des éléments de réduction des risques dans leurs programmes et à accéder à des financements est limitée. Il y a lieu de trouver des moyens novateurs de surmonter ses difficultés si nous voulons éviter les catastrophes futures. »

Le rapport recense un certain nombre d’entraves à l’investissement dans la résilience qui existent dans de nombreuses villes en développement :

  • le manque de capacité des autorités locales à planifier, financer et mettre en œuvre des projets de résilience ; 
  • les difficultés liées à la préparation des projets, notamment le coût initial ; 
  • le manque de confiance du secteur privé.

S’il est vrai que les pouvoirs publics ne peuvent pas toujours à eux seuls faire face à toutes ces difficultés, le rapport met en lumière un certain nombre d’actions qu’ils peuvent entreprendre pour accroître l’investissement dans la résilience :

  • les responsables municipaux peuvent créer un cadre d'action au niveau local qui encourage la résilience, par exemple en mettant en œuvre un code du bâtiment moderne et rigoureusement mis en application ;
  • en établissant un portefeuille de projets bien préparés et prêts à être financés par des investisseurs, les collectivités locales peuvent faciliter et attirer davantage l’investissement dans les projets de résilience entrepris dans leurs villes.

La Banque mondiale est bien placée pour aider les administrations municipales à prendre les mesures voulues pour promouvoir l’investissement dans la résilience :

  • le financement de dons pour l’élaboration préalable et l'assistance technique pour la préparation de projets ;
  • des services-conseil pour conceptualiser, structurer et financer des projets prêts à être financés par des investisseurs ;
  • des analyses ayant pour but de prendre en compte les risques durant la conception et l’exécution des projets ;
  • l'assistance technique pour améliorer le climat de l’investissement, le cadre réglementaire et la solvabilité des villes.

Selon l’Alliance pour le leadership dans le financement de l’action climatique en faveur des villes (CCFLA), les besoins d’investissement en infrastructures urbaines se chiffrent à plus de 4 500 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale alors qu’on estime qu’entre 9 et 27 % de ce montant sont nécessaires pour assurer que ces infrastructures aient une faible intensité de carbone et résistent aux chocs climatiques. Une proportion non négligeable de cette demande provient des villes du monde en développement. 

La Banque mondiale s’attachera à répondre en partie à ce problème en procédant à l’expansion de son programme en faveur de la résilience urbaine ; elle entend mobiliser pour cela 25 milliards de dollars de financements supplémentaires par an au profit d’un milliard de personnes dans 500 villes, et pour sortir 50 millions d’individus de la pauvreté. Ce montant représenterait une nette augmentation, comparé aux deux milliards de dollars qu’elle investit actuellement dans la résilience urbaine chaque année. Au cours des cinq dernières années, la Banque mondiale a financé 9,7 milliards de dollars d’investissements dans la résilience urbaine dans 79 projets répartis dans 41 pays. 

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Shaela Rahman
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COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° :
2017/070/SURR

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