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La région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord a besoin de jeunes entreprises productives pour promouvoir la création d’emplois

10 octobre 2014


WASHINGTON, 10 octobre 2014 – La région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) peine depuis longtemps à créer suffisamment d’emplois de qualité pour sa forte population active de plus en plus instruite, mais cela peut changer. Les États peuvent faire des progrès considérables dans la création d’emplois en refondant les politiques qui protègent les entreprises privilégiées, ce qui favoriserait la concurrence et placerait toutes les entreprises sur un pied d’égalité, selon une nouvelle étude régionale de la Banque mondiale.

Le rapport, lancé ce jour et intitulé Jobs or Privileges: Unleashing the Employment Potential of the Middle East and North Africa met en évidence le rôle central de la promotion de la concurrence dans la stimulation de la croissance du secteur privé. Il établit que les jeunes entreprises productives créent des emplois dans les économies de la région, mais les politiques destinées à protéger les entreprises privilégiées limitent la concurrence et freinent la croissance et la productivité de ces jeunes entreprises.

« Les défis de l’emploi dans la région MENA sont inextricablement liés à ses problèmes de gouvernance économique », fait observer Inger Andersen, vice-présidente de la Banque mondiale pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. « Les économies de la région devront se montrer plus ouvertes et se plier à des règles de jeu équitables pour favoriser la croissance de l’emploi et répondre aux besoins des populations », ajoute-t-elle.

Le rapport propose une analyse exhaustive du préjudice que les privilèges accordés à des entreprises ayant des liens avec les milieux politiques portent à la concurrence. En Égypte, la croissance de l’emploi diminue d’environ 1,4 % par an lorsque ces entreprises font leur entrée dans de nouveaux secteurs qui auparavant étaient libres de toute influence politique. Selon le rapport, toujours en Égypte, 71 % des entreprises entretiennent des liens avec les milieux politiques, mais seulement 4 % de l’ensemble des entreprises vendent des produits qui sont protégés par au moins trois barrières techniques à l’importation. En Tunisie 64 % des entreprises ayant des connexions politiques interviennent dans des secteurs soumis à des restrictions sur les investissements directs étrangers, contre 36 % d’entreprises n’entretenant pas ce type de relations.

« Les start-ups et les entreprises innovantes sont les moteurs de la création d’emplois dans la région MENA, mais elles peinent à se développer », regrette Marc Schiffbauer, économiste principal à la Banque mondiale et principal auteur du rapport. « Ces entreprises se heurtent actuellement à une multitude d’obstacles qui trop souvent doivent leur présence dans l’environnement des affaires au fait qu’ils profitent à un petit nombre d’entreprises ayant des relations avec les milieux politiques », explique-t-il.

Le rapport s’appuie sur de nouvelles données économiques disponibles pour déterminer les caractéristiques des privilèges accordés aux entreprises proches des cercles politiques et recenser les distorsions que ces privilèges entraînent sur les politiques, ainsi que leur impact néfaste sur la création d’emplois. Établissant la base de données de recensement d’entreprises la plus exhaustive jamais constituée jusqu’ici pour la région, le rapport compare également l’impact de la politique industrielle appliquée dans les pays de la région MENA avec celui des politiques poursuivies avec succès dans les pays d’Asie de l’Est.

Le rapport met en avant les réformes visant à réduire la portée des privilèges et qui seront portées par une administration publique forte, dont les agents sont recrutés en fonction de leur mérite, qui mettra en œuvre les changements voulus et créera des marchés à l’épreuve du risque de mainmise. Le rapport recommande la mise en œuvre de ces réformes dans un environnement transparent et ouvert de formulation de politiques, qui permet de tenir les citoyens informés de l’action gouvernementale et leur donne la possibilité de contribuer à l’élaboration des politiques.



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