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Au Kenya, des agriculteurs obtiennent des crédits carbone grâce à l’agriculture durable

21 janvier 2014

NAIROBI, 21 janvier, 2014 – À l’ouest du Kenya, de petits exploitants agricoles reçoivent désormais des crédits carbone grâce à l’amélioration de leurs techniques agricoles. Il s’agit des premiers crédits au monde émis dans le cadre de la méthodologie de comptabilisation du carbone liée à la gestion durable des terres agricoles (GDTA).

Soixante mille exploitants agricoles participent au « Projet kenyan de carbone agricole » (Kenya Agricultural Carbon Project ou KACP) et cultivent 45 000 hectares à l’aide de pratiques agricoles plus productives, plus durables et plus respectueuses de l’environnement. Du fait de la dégradation des terres au fil des ans, de nombreux fermiers avaient des difficultés à cultiver de quoi nourrir leur famille. Aujourd’hui, ils appliquent différentes méthodes pour augmenter la matière organique des sols. À long terme, ces méthodes devraient améliorer l’absorption d’eau par les sols, l’apport en nutriments, préserver la biodiversité et contribuer à empêcher l’érosion.  De meilleurs sols produisent des rendements agricoles plus élevés, améliorent la sécurité alimentaire et renforcent la résilience de l’agriculture face au changement climatique.

Les premiers crédits carbone, obtenus dans le cadre de ce projet, ont été émis le 16 janvier sous le standard VCS (Verified Carbon Standard) grâce à la séquestration de carbone dans le sol suite aux modifications des pratiques de gestion des terres agricoles. Ces crédits représentent une réduction de 24.788 tonnes métriques de dioxyde de carbone, l’équivalent des émissions annuelles de 5 164 véhicules.

«Cet exemple inspirant montre que des pratiques agricoles qui améliorent la productivité et les conditions de vie des petits agriculteurs peuvent également être bénéfiques d’un point de vue climatique » a déclaré Diarietou Gaye, directeur des opérations pour le Kenya à la Banque mondiale. « Ce projet démontre les synergies entre l’adaptation au changement climatique et les stratégies de mitigation adoptées dans l’agriculture. Les crédits carbone créent  une source de revenus qui permet de renforcer les services de vulgarisation agricole, essentiels à l’adoption de telles pratiques, et fournit aux agricultures des revenus complémentaires  en plus de ceux obtenus grâce à l’augmentation de leurs rendements. Ceci se traduit également par une amélioration de la  sécurité alimentaire, un facteur d’autant plus important aujourd’hui compte tenu de la vulnérabilité face au changement climatique ».

L’expérience acquise en trois ans auprès de 1 505 groupes de fermiers illustre comment le financement lié au carbone peut promouvoir l’adoption des pratiques de GDTA et ouvrir le marché du carbone aux petits exploitants agricoles.  Selon les résultats obtenus, la GDTA peut augmenter les rendements agricoles jusqu’à 15-20%. Ces gains de productivité, grâce à une meilleure fertilité des sols, peuvent contrecarrer les effets les plus néfastes de conditions climatiques de plus en plus extrêmes. En séquestrant plus de carbone dans le sol, La GDTA contribue en effet à atténuer les effets du changement climatique.

Le KACP constitue un élément important des efforts de la Banque mondiale visant à étendre le financement lié au climat pour inciter à une meilleure gestion des terres. L’ONG suédoise Vi Agroforestry gère la mise en œuvre du projet au Kenya, soutenu par le Fonds Biocarbone de la Banque mondiale et par ses participants, l’Agence française de développement (AFD) et la Fondation Syngenta pour une agriculture durable. Le Fonds achètera une partie des crédits carbone générés par le projet d’ici 2017 pour une valeur estimée à 600 000 dollars.

« En tant qu’organisation, Vi Agroforestry se consacre à l’amélioration des conditions de vie des petits exploitants agricoles grâce à de meilleurs rendements liés à l’adoption de meilleures techniques de culture. La méthodologie de GDTA s’avère très concluante », estime Henrik Brundin, directeur régional de Vi Agroforestry.

La méthodologie pionnière de GDTA du Fonds Biocarbone a été approuvée par le VCS en décembre 2011. Cette méthodologie explique comment mesurer la séquestration du carbone dans les sols. Les paysans eux-mêmes sont impliqués dans le processus de suivi ; ces derniers pouvant, pour la première fois, mesurer l’impact de leurs pratiques agricoles sur leurs rendements agricoles.

« Ceci démontre une fois de plus que de  bonnes pratiques environnementales sont de bonnes pratiques commerciales, et dans ce cas précis, de bonnes pratiques agricoles qui ont d’immenses bénéfices complémentaires », déclare David Antonioli, le PDG de VCS. « Les résultats obtenus au Kenya montrent qu’un investissement stratégique d’organisations de développement telles que la Banque mondiale peut véritablement bénéficier aux agriculteurs du monde en développement en les aidant à tirer profit du marché international du carbone ».  

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Le Fonds Biocarbone de la Banque mondiale apporte une réponse à la nécessité de soutenir les communautés agricoles pauvres en développant la première méthodologie approuvée de pratiques de gestion durable des terres agricoles (GDTA) qui permettent aussi une séquestration du carbone dans le sol. La Banque mondiale a mis au point 38 méthodologies approuvées à ce jour, à libre disposition des concepteurs de projets. La GDTA est simple et rentable mais solide. Elle permet de mettre au point des projets visant à améliorer la productivité agricole et créer des incitations visant à encourager le stockage du carbone dans les sols, partout dans le monde. 

 

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