COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Selon le Président du Groupe de la Banque mondiale M. Kim, la corruption est l'« ennemi public numéro un » dans les pays en développement

19 décembre 2013

WASHINGTON, 19 décembre 2013 - En déclarant que la corruption constitue l'« ennemi public numéro un » dans les pays en développement, le Président du Groupe de la Banque mondiale M. Jim Yong Kim a expliqué aujourd'hui comment le Groupe de la Banque mondiale intensifie sa lutte contre la corruption, et a invité les partenaires du monde en développement et le secteur privé à faire partie de la solution.

« Dans le monde en développement, la corruption est l'ennemi public numéro un, » a déclaré M. Kim qui s'exprimait à l'occasion d'un évènement organisé par la Vice-présidence de l'Intégrité, l'organe de la Banque mondiale spécialisé dans les enquêtes concernant la lutte contre la corruption. « Nous ne tolérerons jamais la corruption, et je m'engage à tout faire pour renforcer davantage la lutte sans merci que nous menons contre elle. »

M. Kim a partagé le podium avec l'ancien président de la Banque mondiale M. James D. Wolfensohn, l'ancien président de la Réserve fédérale américaine M. Paul Volcker, la présidente de Transparency International Mme Huguette Labelle et le ministre des Finances des Philippines M. Cesar V. Purisima. C'est M. Wolfensohn qui, en 1996, avait déclaré publiquement que la corruption était un « cancer », devenant ainsi le premier président de la Banque mondiale a s'exprimer ouvertement sur ce sujet.

M. Kim a décrit les effets pernicieux que peut avoir la corruption dans les pays en développement. « Chaque dollar mis en poche par un agent public corrompu ou un entrepreneur corrompu est un dollar volé à une femme enceinte qui a besoin de soins de santé ; à une fillette ou un garçon qui mérite d'avoir accès à l'éducation ; ou à des populations qui ont besoin d'eau, de routes et d'écoles. Chaque dollar doit compter pour que nous puissions atteindre nos objectifs de mettre fin à l'extrême pauvreté d'ici 2030 et promouvoir une prospérité partagée. »

Selon M. Kim, l'édification d'institutions soucieuses de plus d'intégrité est une étape importante pour lutter contre la corruption et aider un nombre plus grand d'individus à mener une vie meilleure. Décrivant trois éléments clés de l'approche du Groupe de la Banque mondiale, il a déclaré : 

« Premièrement, il nous faut améliorer notre manière de partager et de mettre en application les connaissances sur l'édification d’institutions soucieuses d'une plus grande intégrité ; deuxièmement, nous devons mettre l'information et les moyens d'action à la portée des citoyens pour que leurs gouvernements soient plus efficaces et leur rendent davantage compte ; et troisièmement, nous devons créer un mouvement mondial qui nous permette de vaincre la corruption. »

M. Kim a annoncé que le Groupe de la Banque mondiale mettrait sur pied un pôle d'expertises unique dans les domaines de l'État de droit, du secteur privé, de la gestion financière, de l'administration publique et de la passation des marchés publics. Poursuivant, il a ajouté que « le pôle des pratiques mondiales sur la bonne gouvernance » jouerait un rôle majeur dans la lutte contre la corruption pendant des années encore.

Pour montrer comment réaliser des progrès dans la lutte contre la corruption, M. Kim a cité des exemples précis, décrivant la manière dont la Banque mondiale et ses partenaires ont pu influencer la recherche de solutions à ce problème.

« Lorsque la corruption a menacé de faire échouer un important projet énergétique des pays d'Afrique australe, l'intervention de la Banque mondiale a permis d'éviter le détournement de six millions de dollars.  En Afghanistan, nous avons appuyé le Réseau pour l'intégrité dans le domaine de la reconstruction à l’effet de former 980 personnes qui ont contrôlé 281 projets d'infrastructure d'un montant total de 247 millions de dollars. »

En plus de l'action menée par les pouvoirs publics pour lutter contre la corruption, M. Kim invite d'autres partenaires à se joindre à la lutte, notamment le secteur privé. 

« Le secteur privé doit lui aussi faire partie de la solution. » De plus en plus, les compagnies pétrolières, minières et de production de gaz divulguent les contrats passés avec les États. Cela donne à chacun l'occasion d'examiner le comportement des dirigeants d’entreprises et des agents publics. »

M. Kim a indiqué que la Banque mondiale est parvenue à convaincre de grandes entreprises de s'engager à adopter des pratiques commerciales propres en ayant recours à des solutions innovatrices dans des secteurs clés tels que le conseil en ingénierie.

Trois lauréats du concours de la Banque mondiale sur l'intégrité (Integrity Awards) ont été honorés durant l'évènement de ce jour : la Gendarmerie royale du Canada dont la coopération au cours d'une enquête a permis à la Banque mondiale d'imposer des sanctions et d'engager des procédures ; un spécialiste senior en gestion financière dont la vigilance au cours de l'examen d'un projet a permis de prendre des mesures correctrices au titre des fonctions d'audit et de trésorerie d'une collectivité territoriale en Chine ; et une personne travaillant à Timor-Leste qui a mis à nu un cas de fraude et de corruption se montant à 44 millions de dollars concernant des contrats financés par la Banque mondiale.

« Inspiré par ces exemples, le Groupe de la Banque mondiale est plus que jamais déterminé à poursuivre la lutte contre la corruption -- et cela représentera une part essentielle de notre travail pour mettre fin à l'extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée, » conclut M. Kim.

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2014/272/ECR