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COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Améliorer la fiscalité et l’efficacité des pouvoirs publics au Burundi

19 décembre 2013

Bujumbura, 19 décembre 2013 — Le Burundi devra mobiliser plus de revenus intérieurs et améliorer sa transparence budgétaire afin de réduire considérablement la pauvreté, promouvoir l’emploi et mieux se protéger des crises économiques, selon la dernière « Revue des dépenses publiques » de la Banque mondiale (RDP). Cette revue intitulée  «Renforcer l’efficacité des pouvoirs publics : le rôle de la politique budgétaire» a été rédigée en étroite collaboration avec le ministère des Finances et de la Planification du développement économique du Burundi.

Ce nouveau rapport montre que le Burundi est parvenu à maintenir un environnement macroéconomique relativement stable et qu’au cours des dernières années, le pays a également amélioré ses performances dans les domaines de la santé, de l'éducation et de l’égalité des sexes. En dépit de ces progrès récents, le rapport indique que la croissance économique du Burundi reste faible, avec des taux de croissance inférieurs aux prévisions.

La croissance économique du Burundi est considérée modeste par rapport à celle des pays voisins de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et d'autres pays sortant de conflit. Avec un taux de croissance démographique d’environ 3% par an et un taux de croissance du PIB estimé à 5% à moyen terme, le Burundi aura beaucoup de mal à réduire son taux de pauvreté élevé et à améliorer les conditions de vie de sa population, sans l’adoption de réformes clés.

Le Burundi, un petit pays enclavé, situé dans la région des Grands Lacs d'Afrique, est l'un des pays au monde les plus dépendants de l'aide internationale. L’économie est vulnérable aux chocs externes tels que la volatilité des prix alimentaires et du pétrole, le déclin de l’aide internationale et l'impact négatif du changement climatique. Ces facteurs sont aggravés par la prépondérance des dépenses courantes dans le budget national, un niveau élevé d'exonérations fiscales - représentant presque 3% du PIB - et peu d’options pour parer aux chocs économiques.  

La revue compile de nouvelles données illustrant la nécessité pour le gouvernement d'adopter des politiques budgétaires saines. Ces données montrent également que le déclin de l’aide internationale et la rigidité des dépenses publiques laissent peu de marge de manœuvre budgétaire au Burundi. Le fait que le café et le thé représentent près de 70 % du total des recettes d'exportations du Burundi est particulièrement préoccupant, le manque de diversification des exportations rendant difficile l’élargissement de la base fiscale et donc le financement des investissements publics.

De plus, le rapport suggère que des efforts continus sont nécessaires afin de stabiliser les dépenses publiques en cours et réformer l’administration publique. Des politiques telles que l’élargissement de l'assiette fiscale, l’amélioration de la prévisibilité de l’aide extérieure et de la collecte des données budgétaires pourraient aider le gouvernement à surmonter les défis les plus urgents. 

« L’adoption d’une politique fiscale durable dépendra en grande partie des efforts soutenus du gouvernement visant à augmenter les recettes budgétaires, réformer l'administration fiscale, tout en améliorant la transparence dans la planification et l'exécution budgétaire », a déclaré M. Rachid Radji, le Représentant de la Banque mondiale au Burundi.

À moyen terme, il est également impératif d’augmenter la productivité agricole et de maximiser le potentiel de croissance de revenus miniers futurs.

« Pour le gouvernement, la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent rapport sera nécessaire afin d'améliorer les faiblesses structurelles dans la gestion de la dépense publique », a déclaré Son Excellence Abdallah Tabu Manirakiza, Ministre des Finances et de la Planification du développement économique du Burundi.

Le rapport, fruit d’un dialogue étroit entre la Banque mondiale, le gouvernement du Burundi et ses partenaires de développement, propose un cadre législatif visant à « soutenir le développement du Burundi, en l’aidant à éviter le piège de la fragilité et en le dirigeant sur la voie d’une croissance soutenue et d’une réduction de la pauvreté », a déclaré Marco Larizza, chef d’équipe du projet de la Banque mondiale et auteur principal du rapport.

Un "groupe de travail technique", formé de membres du gouvernement et de représentants des bailleurs de fonds, a été officiellement mis en place pour servir de forum d’analyse et de discussion des conclusions de ce rapport. Les organisations de la société civile ont partagé leurs commentaires pertinents et constructifs, l’objectif étant de promouvoir un débat public autour de politiques fondées sur des données probantes.

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2014/255/AFR