COMMUNIQUÉS DE PRESSE

La démocratisation des toilettes contribue à améliorer les résultats scolaires des enfants et à réduire les retards de croissance

18 novembre 2013

WASHINGTON, le 18 novembre 2013 – Un meilleur accès à l’hygiène peut favoriser l’acquisition des savoirs par les enfants, selon une nouvelle étude de la Banque mondiale. L’étude vient compléter un nombre croissant de recherches qui apportent la preuve de l’existence d’un lien entre les retards de croissance et la défécation à ciel ouvert. À l’heure actuelle, plus de 2,5 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des toilettes et un milliard pratique la défécation à ciel ouvert. 

Le dernier document de travail consacré à la recherche sur les politiques de la Banque mondiale, intitulé Effects of Early-Life Exposure to Sanitation on Childhood Cognitive Skills et publié en prélude à la première Journée mondiale des toilettes des Nations Unies, célébrée le 19 novembre, a étudié les effets sur l’acquisition des connaissances chez les enfants d’une sensibilisation précoce à la Campagne pour l’assainissement total de l’Inde, un programme public national qui a incité les autorités locales à renforcer et à promouvoir l’utilisation de latrines à fosse à bas coût.

« Notre étude a montré que les enfants de six ans qui ont été sensibilisés au programme d’amélioration de l’hygiène de l’Inde au cours de leur première année de vie éprouvaient moins de difficultés pour reconnaître des lettres et des nombres simples que ceux qui ne l’ont pas été », a déclaré Dean Spears, auteur principal du document. « C’est une excellente nouvelle. L’étude montre que les stratégies en faveur de l’hygiène en milieu rural à bas coût, tels que la Campagne pour l’assainissement total de l’Inde, peuvent favoriser le développement cognitif des enfants. »

Les résultats démontrent également que la défécation à ciel ouvert, c’est-à-dire aller faire ses besoins dehors sans utiliser de toilettes ou de latrines, représente une menace importante pour le capital humain des pays en développement. L’étude conclut également qu’un programme accessible aux pays, dont les capacités d’amélioration de l’hygiène sont moins développées, pourrait favoriser l’acquisition des connaissances.

« La défécation à ciel ouvert est au cœur de nombreux défis en matière de développement, compte tenu de l’impact du manque d’hygiène et de la privation d’un accès à des toilettes sur la santé publique, l’éducation et l’environnement », a déclaré Jaehyang So, responsable du projet pour l’eau et l’assainissement de la Banque mondiale. “Cette étude récente vient compléter un faisceau croissant de preuves révélant le caractère préjudiciable de la défécation à ciel ouvert pour les enfants et la croissance de leurs corps et de leurs esprits. »

Un document de travail de la Banque mondiale publié plus tôt cette année a révélé que les enfants davantage exposés aux bactéries fécales ne grandissent pas autant que ceux qui le sont moins. Les études ont démontré que la taille représente une variable économique fondamentale qui reflète la santé et le capital humain. Selon le rapport, les écarts de richesses ne suffisent toutefois pas à expliquer les différences de taille moyenne entre les pays en développement.

Les enfants indiens sont plus petits, en moyenne, que les petits Africains qui sont plus pauvres, en moyenne, un paradoxe qualifié d’« énigme asiatique », un sujet auquel les économistes ont prêté une attention toute particulière (des études montrent qu’une petite fille indienne de 5 ans mesure 7 mm de moins que son homologue d’Afrique subsaharienne). Le document de la Banque mondiale, How Much International Variation in Child Height Can Sanitation Explain?, a été le premier à conclure à l’existence d’une corrélation quantitativement importante entre la taille des enfants et l’hygiène, qui peut expliquer statistiquement une grande partie des écarts de taille constatés à travers la planète (les données de l’Unicef/OMS montrent que les taux de défécation à ciel ouvert en Afrique subsaharienne n’étaient que de 26 % en 2011, contre 50 % pour l’Inde).

« Au-delà du triptyque habituel, alimentation, soins et environnement, ces documents confirment que le manque d’hygiène est l’un des principaux facteurs à l’origine de la malnutrition, notamment en Inde », a déclaré Bert Voetberg, chef sectoriel par intérim, Santé, nutrition et population en Asie du Sud.

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