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COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Le rapport d’évaluation des politiques et institutions des États africains révèle des résultats inégaux : la gouvernance demeure problématique

26 juin 2013

NAIROBI, 26 juin 2013 – La dernière édition du rapport CPIA (Country Policy and Institutional Assessment) de la Banque mondiale, qui analyse l’évolution des politiques et institutions en Afrique sub-saharienne, révèle un environnement globalement stable pour la croissance et la réduction de la pauvreté, en dépit d’écarts marqués entre les pays.

Chaque année, le rapport CPIA de la Banque mondiale mesure les performances des pays pauvres en matière de gouvernance. Depuis 1980, les notes de l’évaluation CPIA servent à déterminer les allocations de prêts sans intérêt de l’Association internationale de développement,* le fonds du Groupe de la Banque mondiale destiné aux pays les plus pauvres.

Les notes de 11 pays ont augmenté de 0,1 point ou davantage, ce qui est le signe d’un renforcement du cadre institutionnel, et les indices de 12 autres pays ont baissé d’au moins 0,1 point. Le Cap-Vert et le Kenya présentaient les notes les plus élevées, bien que le Cap-Vert aie vu sa note CPIA baisser pour la troisième année consécutive. Le Sud-Soudan et l’Érythrée—deux pays dont les pouvoirs publics font face à de profondes difficultés —ont reçu les notes les plus basses. Les États sortant d’un conflit—comme la Côte-d’Ivoire et les Comores—ont fait de solides progrès. Les conflits et l’instabilité politique ont au contraire affaibli les politiques et les institutions.

L’évaluation CPIA mesure 16 grands indicateurs du développement  portant sur quatre domaines : i) gestion économique, ii) réformes structurelles ; iii) politiques d’intégration sociale et d’équité ; et iv), gestion et institutions du secteur public. Les pays sont notés sur une échelle allant de 1 (faible) à 6 (élevé) pour chaque indicateur. La note globale CPIA représente la moyenne des 16 indicateurs.

« Les pays africains qui appliquent de meilleures politiques tendent à obtenir des taux de croissance plus élevés », selon Punam Chuhan-Pole, économiste en chef par intérim pour la région Afrique de la Banque mondiale et principal auteur du rapport, « mais il est nécessaire de redoubler d’efforts pour que cette croissance bénéficie à tous».

Les notes CPIA présentent des variations entre les divers groupes de pays. Par exemple, la mauvaise gouvernance, l’insuffisance des capacités du secteur public et les troubles civils ont réduit la note moyenne des États fragiles africains à 2,7—soit un niveau très inférieur à la note moyenne des pays non fragiles, qui est de 3,5 . De même, les pays riches en ressources de la région, dont la note CPIA moyenne s’établit à 3,0, traînent derrière leurs homologues pauvres en ressources, dont la note moyenne atteignait 3,2 en 2012.

« Les conflits et l’instabilité peuvent aussi grandement affecter les gains réalisés par les États non fragiles», ajoute Punam Chuhan-Pole. « Par exemple la crise politique à Madagascar fait chuter ses notes depuis deux ans, et la même chose se produit au Mali du fait du conflit et de l’instabilité politique ».

Dans le domaine de la gestion économique, les notes sont plus élevées cette année dans l’ensemble des pays, pour la deuxième année consécutive. Ce constat reflète le consensus existant parmi les responsables politiques africains selon lequel la stabilité macro-économique  peut faciliter l’émergence d’un secteur privé productif. Il reflète également le fait que la gestion de la politique macro-économique n’est pas aussi délicate politiquement que la réforme des institutions (comme le système judiciaire).

La hausse progressive des indicateurs qui évaluent les réformes sociales montre qu’elles sont en train de s’imposer en Afrique sub-saharienne. Les indicateurs de la gouvernance, qui mesurent la qualité de la gestion du secteur public et des institutions qui assurent la transparence, demeurent inférieurs à tous les autres domaines évalués par le CPIA, ce qui manifeste la profondeur des difficultés auxquelles font face les pays africains dans ce domaine crucial.

 

* L’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale, fondée en 1960, vient en aide aux pays les plus pauvres au monde en accordant des prêts sans intérêt et des dons pour financer des projets et des programmes qui stimulent la croissance économique, réduisent la pauvreté et améliorent la vie des pauvres. L’IDA est l’une des principales sources d’assistance des 81 pays les plus pauvres au monde, dont 39 se trouvent en Afrique.  Depuis 1960, l’IDA a soutenu des activités de développement dans 108 pays. Ses engagements ont régulièrement augmenté et s’élevaient annuellement à environ 15 milliards de dollars en moyenne ces trois dernières années, dont la moitié destinés à l’Afrique.

 

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° :
2013/472/AFR