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COMMUNIQUÉS DE PRESSE

La Banque mondiale lance une initiative sur les migrations et publie de nouvelles prévisions sur les envois de fonds

19 avril 2013

WASHINGTON, 19 avril 2013 – La Banque mondiale a annoncé ce jour la création de l’Alliance mondiale pour le savoir sur les migrations et le développement – Global Knowledge Partnership on Migration and Development (KNOMAD) – qui se veut un centre mondial de connaissances et d’expertise politique sur les questions de migration.

KNOMAD a été créé pour faire face à l’accroissement rapide des migrations et des envois de fonds ces dix dernières années. Près d’un milliard de personnes — ou une personne sur sept dans le monde — ont émigré à l’intérieur de leurs frontières ou à l’étranger en quête de meilleures possibilités et conditions de vie, ce qui a de profondes répercussions sur le plan du développement.

Les envois de fonds vers les pays en développement ont plus que quadruplé depuis 2000. Dans le monde entier, y compris dans les pays développés, ils ont atteint un montant estimé à 529 milliards de dollars en 2012, contre 132 milliards de dollars en 2000. 

« Les migrations et les envois de fonds sont d’une importance vitale pour des millions de personnes et peuvent contribuer énormément au décollage d’une économie. Ils permettent aux individus de participer au marché mondial de l’emploi et de créer des ressources qui peuvent servir de levier pour le développement et la croissance. Mais ils sont aussi source de conflits politiques et, c’est précisément pour cette raison qu’ils doivent être analysés de façon objective », a dit Kaushik Basu, Premier vice-président, Économie du développement, et Économiste en chef de la Banque mondiale, lors d’une manifestation marquant le lancement de KNOMAD. « La Banque mondiale joue un rôle capital dans la recherche sur les migrations et les envois de fonds, et la contribution de KNOMAD sera déterminante pour faire avancer les travaux dans ce domaine. »

Créé avec l’appui de la Suisse et de l’Allemagne, KNOMAD vise à produire et regrouper des connaissances sur les questions de migration pour le compte des pays ; proposer un éventail de moyens d’action possibles sur la base de connaissances et d’éléments probants dans de nombreuses disciplines ; et fournir une assistance technique et des moyens de renforcement des capacités aux pays d’origine et de destination des fonds pour la mise en œuvre de projets pilotes, l’évaluation des politiques migratoires et la collecte des données.

Ce programme sera axé sur un certain nombre de domaines thématiques clés : amélioration des données sur les migrations et les envois de fonds ; migration de travailleurs qualifiés et non qualifiés ; questions d’intégration dans les communautés hôtes ; cohérence des politiques et des institutions ; migrations, sécurité et développement ; droits des migrants et dimension sociale des migrations ; évolution démographique et migrations ; envois de fonds, accès aux financements et aux marchés de capitaux ; mobilisation des ressources de la diaspora ; modification de l’environnement et migrations ; et migrations internes et urbanisation. Il va aussi aborder plusieurs thèmes transversaux comme la parité hommes-femmes, le suivi-évaluation, le renforcement des capacités, les perceptions du public et la communication.

S’appuyant sur l’expertise disponible au niveau mondial, les résultats de KNOMAD seront diffusés largement sous la forme de biens publics mondiaux.

D’après la dernière édition de la publication Migration and Development Brief de la Banque mondiale qui parait aujourd’hui, les envois de fonds effectués officiellement vers les pays en développement ont augmenté de 5,3 % pour atteindre un montant estimé à 401 milliards de dollars en 2012. Les transferts vers les pays en développement devraient connaître une croissance moyenne annuelle de 8,8 % pendant les trois prochaines années, et atteindre 515 milliards de dollars en 2015.

De nombreux migrants envoyant de l’argent et des marchandises par le biais d’autres personnes ou de moyens informels, le volume réel des transferts est bien plus important que ces chiffres officiels.

Les principaux bénéficiaires des transferts officiels en 2012 sont l’Inde (69 milliards de dollars), la Chine (60 milliards de dollars), les Philippines (24 milliards de dollars), le Mexique (23 milliards de dollars) et le Nigeria et l’Égypte (21 milliards de dollars chacun). D’autres pays reçoivent des montants importants, à savoir le Pakistan, le Bangladesh, le Vietnam et le Liban.

En pourcentage du PIB, les plus gros bénéficiaires d’envois de fonds en 2011 étaient le Tadjikistan (47 %), le Liberia (31 %), la République kirghize (29 %), le Lesotho (27 %), Moldova (23 %), le Népal (22 %) et Samoa (21 %).

« Les envois de fonds ont toujours contribué à sortir les gens de la pauvreté, mais il existe également de nombreux indices qui montrent qu’avec les migrations, ils aident les pays à progresser vers la réalisation d’autres Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) comme l’accès à l’éducation, à l’eau potable, à l’assainissement et à la santé », a déclaré Hans Timmer, le Directeur du Groupe d’étude des perspectives de développement de la Banque mondiale.

Pourtant, le coût élevé des transferts effectués par voies officielles empêche d’utiliser les rapatriements à des fins de développement, les gens privilégiant des moyens informels pour envoyer de l’argent chez eux. Le coût moyen global des envois de fonds était de 9 % au premier trimestre 2013, un niveau presque identique à celui de 2012.

La publication Migration and Development Brief évoque également les efforts déployés pour intégrer les migrations et les envois de fonds dans le Cadre de développement d’après 2015 examiné à l’approche de 2015, l’année butoir de réalisation des OMD.

D’après Dilip Ratha, Chef de l’unité Migrations et envois de fonds à la Banque mondiale, qui dirige KNOMAD, « Les migrations sont un enjeu essentiel pour le développement mondial. D’où la nécessité d’initiatives comme KNOMAD, qui produira des travaux de recherche basés sur des observations concrètes pour faciliter un débat et des échanges constructifs sur les questions des migrations dans le but de proposer des solutions pragmatiques aux pays d’origine et de destination des fonds ».

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2013/353/DEC