COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Les prix alimentaires reculent mais restent élevés et proches de leurs pics historiques

27 mars 2013

Des prix alimentaires soutenus ne freinent pas l’épidémie de surpoids et d’obésité dans le monde

WASHINGTON, le 27 mars 2013. Les prix des denrées alimentaires sur les marchés internationaux, en recul pour le sixième mois consécutif, restent élevés et proches de leurs records historiques. Selon le rapport trimestriel Food Price Watch du Groupe de la Banque mondiale, la persistance de ce phénomène, associé à la volatilité des cours, influe sur les situations de faim et de sous-alimentation dans le monde, mais aussi sur l’obésité qui se propage malgré des prix alimentaires élevés, car les ménages optent pour des aliments moins chers et moins nutritifs.

« Les ‘mauvais’ aliments tendent à coûter moins cher que les produits sains. La ‘malbouffe’ dans les pays développés relève de ce phénomène. Les ménages pauvres des pays en développement disposant d’un peu de moyens s’efforcent de réagir au niveau et à l’instabilité croissante des prix en préférant eux aussi des aliments bon marché riches en calories mais peu nutritifs », explique Otaviano Canuto, vice-président de la Banque mondiale pour la lutte contre la pauvreté et la gestion économique (PREM). « La moitié de la population en surpoids dans le monde se concentre dans neuf pays — la Chine, les États-Unis, l’Allemagne, l’Inde, la Russie, le Brésil, le Mexique, l’Indonésie et la Turquie —, signe que l’épidémie d’obésité n’est pas l’apanage des pays riches ».

Selon la dernière édition du rapport Food Price Watch du Groupe de la Banque mondiale, les cours des denrées alimentaires sur les marchés internationaux ont poursuivi leur repli entre octobre 2012 et février 2013 — une tendance enclenchée depuis le record absolu d’août 2012 — même s’ils ne sont qu’à 9 % en deçà de ce pic. Le tassement de la demande, lié à la baisse marquée de l’utilisation du blé pour l’alimentation animale et du maïs pour produire de l’éthanol aux États-Unis, tire les prix vers le bas. Les bonnes conditions météorologiques dans certaines régions productrices laissent aussi présager d’un redressement de l’offre en 2013.

Mais des incertitudes demeurent. Les stocks mondiaux de céréales se sont contractés de 3 % en 2012, affectés notamment par le recul des stocks de blé et de céréales secondaires. La sécheresse en Argentine, en Afrique du Sud et en Australie suscite également des inquiétudes sur le niveau de l’offre dans les mois à venir. Les cours du pétrole, à la hausse pendant trois mois d’affilée, ont franchi un palier en février, le premier depuis avril 2012. La reprise de la demande au Mexique, en Indonésie, en Corée du Sud, en Turquie et probablement en Chine pourrait exercer une tension sur les marchés.

Avec cette « nouvelle norme » de prix alimentaires élevés et volatils, des millions d’êtres humains continueront de souffrir de malnutrition sous toutes ses formes (faim, dénutrition ou obésité), dont on sait qu’elle réduit l’espérance de vie. En 2008, le monde comptait 1,46 milliard d’adultes en surpoids, dont 508 millions d’obèses. Les prévisions même les moins alarmistes tablent sur une nouvelle hausse à l’horizon 2030, avec 2,16 milliards d’adultes en surpoids et un quasi-doublement du nombre d’obèses, à 1,12 milliard. Le phénomène touchera toutes les régions et n’épargnera pas des pays comme la Chine et l’Inde.

Malgré la gravité du problème, la communauté internationale ne semble pas véritablement faire de la lutte contre l’obésité l’une de ses priorités, s’alarme le rapport. Les réactions à cette épidémie vont de l’inaction totale à la volonté de promouvoir des comportements plus sains, par le biais de la fiscalité, d’interdictions pures et simples, de restrictions sur certains aliments ou de campagnes de sensibilisation. Dans certains cas extrêmes, comme au Japon, les employeurs dont les salariés ont un tour de taille supérieur à certains seuils se voient infliger une amende.

Selon M. Canuto, « les négociations pour l’après-2015, date butoir des objectifs du Millénaire pour le développement, parallèlement à la réunion de haut niveau des Nations Unies sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, offrent une occasion unique pour faire converger des mesures nationales et internationales de lutte contre toutes les formes de malnutrition, des retards de croissance à l’obésité ».

Récapitulatif des actions menées par la Banque mondiale

  • L’investissement dans l’agriculture et le développement rural constitue une priorité pour le Groupe de la Banque mondiale, qui leur a alloué plus de 9 milliards de dollars sur l’exercice 2012. L’aide conjuguée de la BIRD et de l’IDA pour l’exercice 2012 a atteint un niveau sans précédent depuis 20 ans.
  • En réponse à la sécheresse qui frappe la Corne de l’Afrique, le Groupe de la Banque mondiale a apporté 1,8 milliard de dollars pour sauver des vies, améliorer la protection sociale, encourager la reprise économique et renforcer la résistance des populations à la sécheresse.
  • L’IFC va investir jusqu’à 2 milliard de dollars dans son Programme de financement des produits de première nécessité (CCFP) pour appuyer les échanges de produits agricoles et énergétiques clés afin de réduire le risque de pénurie et de renforcer la sécurité alimentaire pour les pauvres du monde entier.
  • Le Mécanisme de gestion des risques proposé par l’IFC (le premier de ce type) permet de protéger les négociants et les agroindustriels dans les pays en développement contre la volatilité des cours, en entretenant une circulation vitale des échanges de denrées.
  • Le Groupe de la Banque mondiale soutient le Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP), doté de 1,5 milliard de dollars, pour lutter contre la faim et la pauvreté en milieu rural dans les pays à faible revenu. Dix donateurs abondent le GAFSP, qui finance 28 programmes dans 18 pays dans le but d’accroître les revenus et la productivité agricole, d’améliorer la nutrition et de favoriser l’autonomisation des femmes.
  • Le Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale (GFRP) vient en aide à 66 millions de personnes dans 49 pays, en leur procurant une aide d’urgence de 1,56 milliard de dollars. Depuis juillet 2012, l’effort de riposte d’urgence de la Banque mondiale relève du Guichet de financement des ripostes aux crises (CRW) de l’Association internationale de développement (IDA) et du Mécanisme de riposte immédiate (MRI), qui a été récemment approuvé et constituera la future rampe de lancement pour ce type d’aide.
  • Les allocations de la BIRD et de l’IDA aux filets de protection sociale ont été multipliées par six entre les exercices 2006-08, avant la crise, et les exercices 2009-12, passant de 1,2 milliard de dollars à plus de 10 milliards.
  • Le Groupe de la Banque mondiale coordonne son action avec celle des agences des Nations Unies dans le cadre du Groupe de travail de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale, de même qu’avec celle des organisations non gouvernementales. Il apporte son appui au Système d’information sur les marchés agricoles (AMIS), avec l’objectif d’améliorer la transparence des marchés des produits alimentaires et d’aider les pays à prendre des mesures adaptées face aux flambées des cours internationaux.
  • Le Groupe de la Banque prône par ailleurs une augmentation des investissements dans la recherche agronomique, notamment par le biais du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR), et la surveillance des échanges agricoles afin de déceler d’éventuelles pénuries alimentaires.
  • Il œuvre en outre pour une meilleure alimentation des populations vulnérables, via des programmes de proximité visant à généraliser le recours aux services de santé et à améliorer les soins prodigués. Dans le cadre de sa réponse à la crise alimentaire, la Banque a soutenu la distribution quotidienne d’environ 2,3 millions de repas scolaires aux enfants de pays à faible revenu.
  • Le Cadre d’action pour le renforcement de la nutrition (Scaling Up Nutrition, ou SUN), destiné à lutter contre la sous-alimentation, a été validé par plus de 100 partenaires, dont la Banque mondiale.
  • Celle-ci améliore la collaboration internationale pour la production et l’échange de savoirs sur tout ce qui touche à l’agriculture, à la sécurité alimentaire et à la nutrition, via la plate-forme www.securenutritionplatform.org.
  • L’IFC a lancé son Programme mondial pour l’irrigation (GIP), pour permettre aux professionnels du secteur d’améliorer la disponibilité et l’accès à des équipements d’irrigation efficients et faciliter ainsi une gestion optimale des ressources en eau dans l’agriculture.

 

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° :
2013/299/PREM