COMMUNIQUÉS DE PRESSE

La Banque mondiale détecte des signes avant-coureurs

03 juillet 2012

WASHINGTON, 3 juillet 2012 — De nouvelles données montrant que le volume des gaz torchés s’est accru de deux milliards de mètres cubes en 2011 par rapport à l’année précédente sont un signal d’alarme qui doit inciter à maintenir et même à renforcer les efforts déployés pour réduire le torchage des gaz, selon des responsables du Partenariat mondial pour la réduction des gaz torchés (GGFR), un partenariat conduit par le Groupe de la Banque mondiale.

La légère augmentation du torchage (de 138 milliards de m3 en 2010 à 140 milliards de m3 en 2011) que révèlent les dernières données satellitaires est largement due à l’accroissement de la production d’hydrocarbures en Russie et à celle de l’huile et du gaz de schiste au Dakota du Nord (États-Unis).  Bien que négligeable en regard de la tendance à la baisse du torchage sur le long terme — dont le volume est tombé de 172 à 140 milliards de m3 depuis 2005, soit une réduction de 20 % — cette recrudescence est un signal d’alarme, déclarent les responsables de la Banque mondiale.  La diminution régulière depuis 2005 du volume des gaz torchés a réduit les émissions de gaz à effet de serre d’un volume équivalent à celui émis par 16 millions de voitures.

« Cette petite augmentation montre qu’il importe que les pays et les compagnies poursuivent et même accélèrent les efforts menés en vue de réduire le torchage des gaz associés à la production de pétrole, » déclare Bent Svensson, directeur du partenariat GGFR.  « Elle signifie que les importants gains réalisés depuis quelques années risquent d’être annulés si les pays producteurs de pétrole et les compagnies pétrolières n’intensifient pas leurs efforts. »

Les données satellitaires de 2011 sur le torchage font apparaître notamment  les faits suivants :

Globalement, le volume des gaz torchés a augmenté de 2 milliards de m3 dans le monde, passant de 138 milliards de m3 en 2010 à 140 milliards de m3 en 2011. 

Les États-Unis, la Russie, le Kazakhstan et le Venezuela sont les principaux contributeurs de cette augmentation.  Ces pays doivent intensifier leurs efforts d’utilisation des gaz associés.  Cela est valable également pour l’Irak.

Aux États-Unis, la plus grande partie du torchage de gaz a lieu au Dakota du Nord, où les activités de production d’huile et de gaz de schiste ont fortement augmenté.

La Russie reste le premier pays torcheur du monde, suivie par le Nigéria, l’Iran et l’Irak.  Les États-Unis arrivent à présent au cinquième rang mondial, avec quelque 7,1 milliards de m3 de gaz torchés en 2011.

Les dernières estimations par satellite montrent aussi que la réduction du torchage continue de progresser au Nigéria, en Algérie, au Mexique et au Qatar.  Il est essentiel que ces pays maintiennent les efforts engagés en vue de réduire le volume de gaz torchés et d’accroître l’utilisation des gaz associés.

« En réduisant le volume des gaz torchés, les pays producteurs de pétrole et les compagnies pétrolières améliorent leur efficacité énergétique et atténuent le changement climatique, » selon S. Vijay Iyer, directeur du département des énergies durables à la Banque mondiale.  « Au lieu de gaspiller cette précieuse ressource, nous devons à présent développer les marchés et l’infrastructure du gaz afin que les gaz associés puissent servir à produire de l’électricité et des combustibles plus propres pour la cuisson des aliments. »

L’incohérence des données et bien souvent la sous-déclaration par les États et les compagnies pétrolières du volume des gaz torchés compliquent les efforts mondiaux déployés pour mesurer les progrès réalisés en matière de réduction  de torchage.  Le GGFR coopère avec le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) des États-Unis pour exploiter les données satellite afin d’améliorer la fiabilité et la cohérence des données mondiales relatives au torchage de gaz.  Cette coopération a permis d’aboutir à des estimations nationales et mondiales plus cohérentes des volumes de gaz torchés de 1995 à 2011.

Le GGFR, un partenariat public-privé qui réunit une trentaine des principaux pays producteurs de pétrole et compagnies pétrolières, a pour but de surmonter les difficultés que pose l’utilisation des gaz associés, notamment l’absence de cadres réglementaires et de marchés dans ce secteur.  Le principal objectif des partenaires du GGFR est de réduire l’impact environnemental du torchage des gaz, ainsi que le gaspillage d’une ressource énergétique précieuse.

Au niveau mondial, les gaz torchés, dont le volume était estimé en 2011 à 140 milliards de m3, représentent également quelque 360 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre.  Éliminer ces émissions annuelles équivaudrait à retirer quelque 70 millions de voitures de la circulation.

Note aux rédacteurs :

Les partenaires du GGFR sont : l’Algérie (Sonatrach), l’Angola (Sonangol), l’Azerbaïdjan  (SOCAR), le Cameroun (SNH), la France, le Gabon, l’Indonésie, l’Irak, le Kazakhstan, Khanty-Mansiysk (Russie), Kuwait Oil Corporation, le Mexique (SENER), le Nigéria, la Norvège, la république du Congo, le Qatar, les États-Unis (DOE), l’Ouzbékistan ; BP, Chevron, ConocoPhillips, ENI, ExxonMobil, Marathon Oil, Maersk Oil & Gas, Pemex, Qatar Petroleum, Shell, Statoil, TOTAL ; l’Union européenne, la Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), le Groupe de la Banque mondiale ; partenaire associé : Wärtsilä.

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2013/005/SDN