COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Lancement d'un fonds pour soutenir les initiatives à l'appui des marchés du carbone dans les pays en développement

08 décembre 2010

Cancun, le 8 décembre 2010 — Les pays en développement qui se donnent de recourir aux instruments de marché pour porter à l’échelle supérieure leurs efforts d’atténuation du changement climatique vont désormais avoir accès à un appui d’ordre technique et financier grâce aux ressources mobilisées par un nouveau mécanisme mondial dont le lancement a été annoncé aujourd’hui.

C’est en marge de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques que le président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, a annoncé la mise en place de ce mécanisme, appelé Partenariat pour le développement des marchés du carbone, qui a fait ce même jour à Cancun l’objet d’engagements s’élevant à plus de 20 millions de dollars.

Des promesses de contribution ont en effet été reçues de l’Australie (pour 10 millions de dollars australiens), de la Commission européenne (pour 5 millions d’euros) et des États-Unis (pour 5 millions de dollars), et cela vient s’ajouter à un engagement de 5 millions de dollars annoncé auparavant par la Norvège. Par ailleurs, l’Allemagne, le Japon et le Royaume-Uni ont eux aussi annoncé leur intention de contribuer financièrement à ce fonds.

En termes de capitalisation totale, le partenariat vise un objectif de 100 millions de dollars. Il est censé devenir opérationnel au début de 2011, et permettra de financer toute une gamme d’initiatives, aussi bien techniques que politiques ou opérationnelles, destinées à développer les marchés du carbone.

« Ce nouveau partenariat, qui réunit les nations développées et en développement, aidera les pays à se préparer à la mise en place de dispositifs intérieurs d’échange de quotas d’émissions, et autres instruments de marché, pour atteindre leurs objectifs nationaux en matière d’atténuation », a déclaré à ce sujet M. Zoellick. « Le fait que les pays en développement recherchent un appui pour développer pleinement leurs marchés à cet égard témoigne de l’élan dans le sens d’une action au niveau national dans le domaine climatique. Ces pays n’attendent pas : cela s’inscrit dans leurs objectifs de développement et ils ont entrepris de lancer le mouvement. »

Un certain nombre de pays, tels que la Chine, le Chili, l’Indonésie et le Mexique, envisagent d’utiliser les instruments de marché et mécanismes d’échange de quotas d’émissions comme moyen d’encourager l’investissement dans des solutions de rechange aux technologies qui émettent du carbone. Ils se donnent de tirer ainsi parti des enseignements accumulés depuis dix ans dans le cadre du Mécanisme pour un développement propre institué au titre du Protocole de Kyoto, en les adaptant à leur propre contexte. C’est ainsi que les responsables chiliens ont mis à l’étude la mise en place d’un marché intérieur d’échange de quotas. De même, l’Inde a entrepris de se doter d’un dispositif semblable appliqué aux certificats d’énergie renouvelable et de rendement énergétique.

La Chine a elle-même décidé de se joindre au partenariat. Comme l’a expliqué le vice-président de sa Commission nationale pour le développement et la réforme, Xie Zhenhua: « La Chine a lancé des projets pilotes de promotion de l’économie à faible intensité de carbone dans cinq villes et huit provinces. Elle compte explorer la faisabilité des programmes intérieurs d’échange de quotas d’émissions comme moyen d’assurer l’atténuation. Le Partenariat pour le développement des marchés du carbone viendra à point nommé à l’appui de cette initiative. »

En annonçant la contribution de l’Australie au partenariat, le ministre du Changement climatique et de l’Efficacité énergétique, Greg Combet, a déclaré : « Un marché du carbone de grande envergure et fonctionnant de manière effective aidera les pays à réduire la pollution due au carbone de la manière la plus juste, efficiente et coût-efficace qui soit. L’Australie se promet de travailler avec les autres partenaires à la mise en place de la capacité voulue pour établir et développer les marchés du carbone. »

Intervenant au côté de M. Zoellick, le ministre chilien de l’Énergie, Ricardo Raineri Bernain, a présenté l’initiative menée par son pays pour mettre en place un marché des échanges de quotas d’émissions. Parmi les autres personnalités présentes figuraient des ministres et hauts responsables de la Commission européenne et de plusieurs pays : Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Chine, Colombie, Espagne, États-Unis, Indonésie, Japon, Mexique, Norvège, Royaume-Uni et Suède.

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2011/232/SDN