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Le président de la Banque mondiale souligne la nécessité de protéger les Africains les plus démunis encore très exposés à la crise, tout en posant les fondements de la croissance future
03 février 2010
Addis-Abeba, 3 février 2010 – Les effets de la crise alimentaire, énergétique et économique mondiale n’ont pas fini de se faire sentir sur les populations d’Afrique, et il importe de maintenir les actions entreprises pour protéger les plus vulnérables tout en posant les fondements de la productivité et de la croissance de demain, a déclaré mardi dernier le président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick.
Pour Robert Zoellick, qui achevait une visite de huit jours dans trois pays d’Afrique, il est crucial de faire du continent une destination plus prisée des investisseurs, de convaincre les bailleurs de fonds d’assurer aux États un appui suffisant, en particulier à ceux qui sortent d’un conflit, et de travailler avec les Africains afin de garantir que chaque dollar dépensé contribue effectivement à vaincre la pauvreté.
« Des risques considérables continuent de peser sur l’année 2010 et nous devons œuvrer à réparer les dégâts que la crise économique mondiale a infligés à d’innombrables vies humaines », a-t-il insisté à l’issue de son déplacement en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire et en Éthiopie. « Dans le même temps, il nous faut veiller à ce que les formidables taux de croissance affichés par l’Afrique ces vingt dernières années ne restent pas sans lendemain, et nous assurer que les fondements de la productivité et de la croissance futures soient posés pour permettre l’élimination de la pauvreté sur le continent. »
Robert Zoellick a rappelé que la Banque mondiale, en collaboration avec les Nations Unies et d’autres partenaires, avait aidé les pays à mettre en place des dispositifs de protection sociale tels que des programmes de distribution de repas à l’école et des programmes d’emploi. Dans une optique de plus long terme, il a appelé de ses vœux un renforcement des investissements dans toute la région afin d’élargir la part de l’Afrique dans les échanges mondiaux et intracontinentaux, tout en favorisant l’intégration régionale et en construisant les infrastructures indispensables dans les domaines de l’énergie, des transports et de l’irrigation pour promouvoir l’agriculture et l’industrie de transformation.
« Je quitte l’Afrique impressionné par les actions engagées par bon nombre de pays pour faire face à la crise économique mondiale, mais conscient également que les États et leurs partenaires, dont le Groupe de la Banque mondiale, doivent faire plus encore pour créer des opportunités et améliorer les perspectives de croissance économique. Les progrès que j’ai vus dans toute la région, y compris dans des pays fragiles et sortant d’un conflit, me confortent dans l’idée que l’Afrique a le potentiel pour devenir une nouvelle source de croissance pour l’économie mondiale », a affirmé le président de la Banque mondiale.
Au cours d’un petit déjeuner-rencontre organisé en marge du sommet de l’UA conjointement par Robert Zoellick et le président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka, les dirigeants africains ont reconnu la nécessité de faire davantage non seulement pour lever les nombreux obstacles qui freinent les investissements privés dans les technologies de l’information et des communications (TIC), mais plus généralement pour donner un coup de pouce à l’entreprise privée dans leurs pays. Le secteur privé a été un moteur du progrès technologique sur l’ensemble du continent, avec environ 60 milliards de dollars investis dans les TIC entre 1998 et 2008. Soixante-cinq pour cent des Africains ont accès à un réseau de radiotéléphonie et quelque 400 millions de téléphones portables sont actuellement en service.
La Banque mondiale a signé un protocole d’accord avec Microsoft à Addis-Abeba pour aider l’Afrique à suivre l’évolution rapide des technologies, faciliter l’accès des petites entreprises africaines aux TIC, et rendre les remises de fonds vers l’Afrique moins coûteuses.
À l’occasion du sommet semestriel de l’UA à Addis-Abeba, le Groupe de la Banque mondiale a réaffirmé aux dirigeants africains sa volonté d’appuyer les mesures prises par les gouvernements pour stimuler les économies nationales et saisir la balle au bond lorsque la croissance et le commerce mondiaux repartiront. La Banque mondiale apportera également son assistance aux projets qui permettront d’assurer aux ménages et aux entreprises une alimentation en électricité fiable, propre et abordable, mais aussi à ceux qui exploiteront le potentiel des énergies renouvelables telles que l’hydroélectricité, le solaire et l’éolien, qui amélioreront l’efficacité des centrales thermiques et qui aideront les pays à faire face au changement climatique.
Robert Zoellick a exposé aux dirigeants les nouveaux mécanismes imaginés par la Banque mondiale pour attirer les investisseurs privés en Afrique. La branche de l’IFC dénommée Asset Management Company mobilise et gère des fonds de participation privés destinés à investir conjointement avec l’IFC sur le continent. Dans les prochains mois, l’IFC devrait conclure une première opération portant sur un fonds de 500 millions de dollars pour l’Afrique subsaharienne, l’Amérique latine et les Caraïbes, qui prendra des participations dans des entreprises de ces régions. Elle espère également finaliser bientôt un fonds de recapitalisation pour l’Afrique d’un montant de 200 millions de dollars, qui investira dans des banques jouant un rôle systémique important.
Robert Zoellick, qui était accompagné du vice-président de la Banque mondiale pour la Région Afrique, Obiageli Ezekwesili, a indiqué être venu en Afrique pour écouter et s’informer auprès des dirigeants africains ainsi que de représentants de parlementaires, d’autorités locales, du secteur privé, de la société civile, et d’associations de femmes et de jeunes d’Afrique. Durant cette visite, des responsables gouvernementaux, des représentants du secteur privé, des bailleurs de fonds et de la société civile ont souligné la nécessité de créer des emplois, plus spécialement pour les jeunes et les femmes, de développer les capacités entrepreneuriales, de favoriser la réconciliation et de promouvoir des institutions stables et capables. Ces objectifs sont particulièrement importants dans les pays sortant d’un conflit qui ont besoin de mesures politiques, sociales et économiques plus solidaires pour donner aux pauvres une chance d’échapper à la misère.
Depuis le déclenchement de la crise économique mondiale à la mi-2008, le Groupe de la Banque mondiale a engagé un montant exceptionnel de ressources, soit 88 milliards de dollars, sous la forme de prêts, de dons, de participations et de garanties. L’IDA, qui fournit des aides financières et des prêts à faible intérêt aux 79 pays les plus pauvres de la planète, dont la moitié se trouve en Afrique, a engagé 7,8 milliards de dollars au profit des pays d’Afrique subsaharienne pendant l’exercice 2009, un chiffre en hausse de 36 % par rapport à 2008. L’IFC, la branche de la Banque qui travaille à promouvoir le secteur privé dans les pays en développement par le biais d’investissements et de services-conseils, a vu ses engagements en Afrique passer de 445 millions de dollars en 2005 à 1,82 milliard de dollars en 2009.
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